Canton de Mèze

Mèze

10 900 hab. (Mézois), 3 459 ha, chef-lieu de canton du département de l'Hérault dans l'arrondissement de Montpellier, 33 km au SO de la préfecture. Son nom semble en faire une ville «du milieu» de l'étang, mais vient plus probablement d'un ancien terme désignant un sol marécageux. Principale ville de la rive nord de l'étang de Thau, Mèze se partage entre la conchyliculture, la viticulture et ses activités urbaines. Le centre-ville est au bord de l'étang, sur la N 113, serré auprès du vieux port de pêche, et conserve des restes de remparts et de château, de vieilles maisons, ainsi qu'une église des 13e -17e s., dont les orgues sont classées; chapelle des Pénitents (12e et 15e s.); château classique du 17e-18e s. (à la ville depuis 1995).

La ville abrite un collège public, un centre national du tennis de table, un musée de l'aviation. Au SO, un vaste ensemble associe nouveau port, centre de vacances avec VVF, cave coopérative, centre nautique et 120 places au port de plaisance; il s'y tient des joutes en été. Au nord près de la N 113, la Plaine des Dinosaures (109 000 visiteurs/an) est un lieu de fouilles et d'exposition où l'on a trouvé en 1996 des œufs de grands animaux du Secondaire (musée de plein air); le site comprend un musée-parc de l'Évolution de l'homme. Des mas se dispersent dans le finage, dont plusieurs en forme de château avec parc, tel le château de Font-Mars (17e s.). Vers l'est, le quartier des Sesquiers a une carrière de bauxite et un centre aéré.

Yves Pietrasanta, ingénieur chimiste et professeur à l'Université de Montpellier, qui a fondé l'Institut français de l'environnement (IFEN), et qui reste vice-président du Conseil régional, avait dès 1977 donné à la municipalité de Mèze une majorité écologiste; la majorité a perduré; depuis 2001 le maire est Henry Fricou (EE-les Verts). Une station de lagunage exemplaire est souvent visitée, avec ferme aquacole (poissons d'ornement), centre de recherche, centre d'étude sur le recyclage des matières plastiques et bureau d'études; cet Écosite emploie 45 personnes. Au-delà, un nouveau port conchylicole a été aménagé au Mourre Blanc.

Le commerce du vin a été très actif au 19e s.; la ville avait déjà 7 000 hab. en 1880 et 400 tonneliers; mais la population avait décliné jusqu'à 4 400 hab. en 1954; elle augmente, surtout depuis 1985, et fortement: 3 200 hab. de plus en 2009 qu'en 1999, soit +42%! On cultive encore plus de 1 000 ha de vignes dans la commune, en partie d'AOC coteaux-du-languedoc et picpoul-de-pinet; le domaine viticole de Belle Mare occupe 70 ha. Mèze a quelques ateliers, dont une fabrique de rouleaux de caoutchouc et plastique Glynwed (50 sal.), le négoce de vins Bessière (50 sal.), les supermarchés Intermarché (60 sal.) et Carrefour (40 sal.), négoce de matériaux Chausson Trialis (20 sal.); immobilier Semabath (25 sal.), maçonnerie JMS (30 sal.), installations électriques EGE (20 sal.)

Le canton de Mèze a 0 700 hab. (22 300 en 1999), 7 communes, 15 853 ha dont 1 090 de bois et garrigues; 8 850 ha cultivés, dont 42% en vigne. Cinq communes, Gigean, Loupian, Montbazin, Poussan et Villeveyrac, ont plus de 2 000 hab.; la dernière, Bouzigues, a une spécialité réputée.


Bouzigues

1 590 hab. (Bouzigauds), 305 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Mèze, 5 km ENE de Mèze au bord de l'étang de Thau. Elle est surtout célèbre par ses huîtres et les moules de l’étang de Thau, vendues sous son nom. Leur exploitation ne remonte guère qu’à 1907, mais leur succès s’est régulièrement affirmé depuis, au point d’avoir entraîné des installations en mer, hors de l’espace communal; les bouzigues sont devenues un nom commun pour des huîtres très goûteuses, un peu salées. Le village est situé face au mont Saint-Clair de Sète et vit principalement de l’aquaculture. Il a un vieux port attrayant, avec port de pêche et nombreuses installations conchylicoles; musée de l’étang de Thau et de la conchyliculture; musée du sapeur-pompier; port de plaisance; restes de remparts et d’un château du 14e s. La commune, qui a eu 1 300 hab. au 19e s., était descendue à 750 en 1954; sa population augmente depuis et s'est accrue de 370 hab. entre 1999 et 2009, soit +31%.


Gigean

5 600 hab. (Gigeannais), 1 656 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Mèze, 14 km au NE de Mèze, 18 km au SO de Montpellier. Le gros bourg viticole sur la N 113, de forme circulaire avec des restes de remparts et de portes, d'étroites ruelles et une église des 12e et 15e s., est peu à peu est entré dans la mouvance directe de Montpellier, où travaillent une partie des habitants; mais d'autres sont tributaires du bassin sétois. Il dispose de zones d'activités, d'un lycée agricole privé; quelques petits établissements comme National Calsat (transports par citernes, 75 sal.), le négoce France-Boissons (50 sal.) et DPS (fruits et légumes, 20 sal.), une fabrique de pâtisseries (Midi Tielles, 30 sal.).

La commune cultive 300 ha de vignes, et compte 200 ha de bois et 750 de garrigues dans la Gardiole. La cave coopérative de l'Union des terroirs de la Voie Domitienne peut stocker 109 000 hl de vins, ce qui en fait la cinquième du département. Gigean avait 1 900 hab. en 1901 et, après un léger déclin, les a retrouvés en 1970; la population croît depuis 1950 et vient de faire un bond de 2 000 hab. entre 1999 et 2009, soit de +56% !

Au SE, la commune comprend une grande partie de la Gardiole autour du roc d'Anduze, où l'on trouve des sentiers pédestres, des points de vue, la grotte de la Pierre tintante et surtout les ruines de l'abbaye de Saint-Félix-du-Monceau, en cours de restauration: une fondation cistercienne du 11e s., monastère de femmes au 12e, puis bénédictine, détruite en 1514; restes du 14e s. À la pointe SO, hameau d'Issanka, dont la source est du côté de Poussan.


Loupian

2 120 hab. (Loupianais), 1 600 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Mèze, 3 km au NNE du chef-lieu. Le bourg est un village serré, au centre ancien de forme circulaire, à 1 500 m du rivage septentrional de l'étang de Thau. Il conserve de nombreux témoignages d'art du passé: anciens remparts, baptistère préroman hexagonal (4e-5e s.), églises du 12e (Saint-Hippolyte, romane) et du 14e s. (Sainte-Cécile, gothique), couverts, musée; ruines galloromaines avec mosaïques un peu au sud, formant un «parc archéologique». Une «fêre romaine» est organisée en été. La commune tient un peu moins de 3 km de la rive de l'étang entre Mèze et Bouzigues, occupés par de nombreuses cabanes de pêcheurs; elle exploite encore 250 ha de vignes (cave coopérative). Sa population a progressé récemment: elle avait atteint 1 400 hab. en 1876 mais était descendue à 870 en 1962; elle augmente depuis, et a gagné quelque 620 hab. entre 1999 et 2009, soit 41%; cet apport considérable lui a fait franchir la barre des 2 000 hab.


Montbazin

2 940 hab. (Montbazinois), 2 113 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Mèze, 20 km au SO de Montpellier. La Via Domitia traverse de part en part son territoire. Les historiens voient volontiers dans cette ville l'héritière du Forum Domitii, relais entre Sextantio (Castelnau-le-Lez) et Cessero (Saint-Thibéry). La moitié NO du finage est nue (1 400 ha de garrigues), et dominée par la montagne de la Moure, qui laisse apparaître de vigoureuses corniches dominant le mas d'Antonègre (aven), et dont les basses pentes portent de nombreuses murettes de pierre.

Le centre ancien a une certaine réputation, que lui valent des restes de fortifications dont une porte (12e-14e s.), des maisons anciennes et une église du 12e s., avec peintures. Montbazin a une cave coopérative de 27 000 hl et cultive plus de 360 ha de vignes, en partie d'AOC coteaux-du-languedoc. La population communale est longtemps restée autour de 1 100 hab., et s'est mise à croître à partir de 1980; elle a augmenté de 700 hab. entre 1999 et 2009 (+31%). Le parc éolien Nord Bassin de Thau a été ouvert en 2009 sur les hauteurs des communes de Montbazin, Poussan et Villeveyrac, avec 13 machines Repower (26 MW) pour EDF.


Poussan

4 960 hab. (Poussannais), 3 008 ha dont 315 de vignes, commune du département de l’Hérault dans le canton de Mèze, 10 km NE de Mèze et 24 km au SO de Montpellier. Poussan a un centre ancien fort intéressant, presque parfaitement circulaire, dont la structure et quelques restes (portes, remparts, maisons) sont des 11e-14e s., autour de son château de Malbois (14e au 16e s.). La ville a un collège public, cave coopérative, maison de retraite (25 sal.), nombreux commerces et services; atelier de plastiques SEG (45 sal.), base et péage des Autoroutes du Sud de la France (80 et 30 sal.), transports Prunières (50 sal.) et Rapides Languedociens (25 sal.), découpe de viandes ATSR (40 sal.); travaux publics Nebot (30 sal.).

La commune est traversée du NE au SO par la Via Domitia, qui passe au nord du bourg. Côté sud se tient le château de la Garenne (17e s.); à l’extrême sud, le finage touche au rivage de l’étang de Thau. La limite orientale suit le cours de la Vène (aussi Avène), incluant la source d’Issanka, depuis longtemps captée au profit de la ville de Sète; à l’est, zone industrielle de Trouyaux (dont une entreprise d’appareillages électriques SEG, 50 emplois). Toute la partie ouest et nord du territoire empiète sur le plateau vide et nu des garrigues, jusqu’au sommet de la Moure (1 600 ha de garrigues). Le parc éolien Nord Bassin de Thau a été ouvert en 2009 sur les hauteurs des communes de Montbazin, Poussan et Villeveyrac, avec 13 machines Repower (26 MW) pour EDF. La ville a eu 2 400 hab. en 1900, 1 600 vers 1960 et sa population augmente depuis; elle s'est accrue de 850 hab. entre 1999 et 2009.


Villeveyrac

3 020 hab. (Villeveyracois), 3 712 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Mèze, 9 km au nord du chef-lieu, 17 km à l'est de Pézenas. La bourgade est au centre d'un bassin viticole encadré de garrigues; les vignes (1 100 ha, en partie d'AOC coteaux-du-languedoc) et les incultes (1 400) se partagent assez équitablement la surface; cave coopérative (80 000 hl) et distillerie; on récolte aussi des raisins de table et des légumes; embouteillage de vins 3S (60 sal.); Koï Tropic élève des carpes d'origine japonaise et des poissons d'aquarium. La bauxite de l'éocène est encore exploitée dans le talus des garrigues à la mine des Usclades (Sodicapei, 20 emplois). Au nord, une ancienne carrière de bauxite a été aménagée en plan d'eau pour les sports nautiques (lac de l'Olivet, école de ski nautique); une autre au sud abrite un petit étang, près du château de Veyrac. La pointe méridionale de la commune englobe le château-parc de la Rouquette.

À l'ouest, au pied d'une butte rocheuse vigoureuse qui monte à 172 m, se trouve l'ancienne abbaye de Valmagne, fondée comme bénédictine en 1138 et devenue cistercienne en 1159, vendue comme bien national en 1791, rachetée par la famille de Turenne et redevenue abbaye au 19e s. et au début du 20e. Elle est à présent le siège d'un domaine vinicole réputé et un lieu de réceptions, ainsi que d'un festival estival; elle a de beaux restes de tous âges, des 13e et 15e s. surtout (église, cloître) un camping (100 places).

Aux environs, des rochers découpés sont appelés «dentelles de Valmagne»; site archéologique et écologique de l’Euzière. Le parc éolien Nord Bassin de Thau a été ouvert en 2009 sur les hauteurs des communes de Montbazin, Poussan et Villeveyrac, avec 13 machines Repower (26 MW) pour EDF. La commune avait 2 600 hab. en 1900 et sa population s’était abaissée à 1 600 en 1968; elle a augmenté ensuite moddérément mais s'est accrue de 770 hab. (+34%) de 1999 à 2009. Villeveyrac est le siège de la communauté de communes du Nord du bassin de Thau (6 communes, 24 200 hab.).