Canton d'Olargues

Olargues

620 hab. (Olarguais), 1 860 ha dont 1 051 de bois, chef-lieu de canton du département de l’Hérault dans l’arrondissement de Béziers, 19 km ENE de Saint-Pons et 50 km NO de Béziers, dans le sillon du Jaur et de l’Orb. Le village, d’aspect médiéval, est perché sur un éperon de méandre du Jaur, en position fortifiée; il est considéré comme l’un des plus beaux de la région, d’ailleurs classé parmi les «plus beaux villages de France». Il offre restes de murailles, maisons anciennes et un clocher classé (ancien donjon), un vieux pont du Diable médiéval sur le Jaur; collège public; musée d’arts et traditions, centre multimédias Cébenna («la Cévenne»), avec un centre d’étude des écosystèmes du Haut-Languedoc.

La commune mord à peine sur les reliefs au nord du Jaur, où fut toutefois le premier site d’Olargues, au Castellas; à la limite septentrionale, subsistent la chapelle et l’ermitage de Saint-Martin-des-Œufs. En revanche, le finage s’étend largement au sud, sur le versant d’ombrée de la Montagne Noire, montant jusqu’à 764 m au Farrials; plusieurs grottes s’y cachent. La commune a eu plus de 1 200 hab. en 1886 et s’est dépeuplée jusqu’en 1975; elle a gagné 40 hab. de 1999 et 2009; mais le village conserve un bon équipement en commerces et services de base et attire des visiteurs en été. Olargues est le siège de la communauté de communes Orb et Jaur (12 communes, 4 100 hab.).

Le canton a 4 250 hab. (3 900 en 1999), 13 communes, 28 337 ha dont 13 134 de bois; il est limitrophe du département du Tarn. Il s’étend côté nord sur le haut plateau et jusqu’au sommet de l’Espinouse dans la grande commune de Cambon-et-Salvergues (60 Cambonais, 5 039 ha dont 2 800 de bois), vers 1 000 m, qui a été créée en 1869 avec 600 habitants, mais n’en avait plus que 150 en 1954, 70 en 1982. L’altitude extrême est à 1 151 m au nord à Valbonne, dans la forêt domaniale de l’Espinouse, point culminant de tout le département de l’Hérault. La source de l’Agout est à la limite NE de la commune, qui a reçu le centre de loisirs de l’Espinouse, avec ski de fond; réserve de chasse du Caroux et de l’Espinouse. Un ensemble de 23 éoliennes Siemens du britannique Eole-RES (30 MW), dit du Haut-Languedoc, a été installé en 2006 en cinq alignements et trois tranches (Amaysse, Mourel et Valbonne à l'ouest), vers 1 100 m, au nord sur la crête de l'Espinouse, et déborde à Castanet-le-Haut (canton de Saint-Gervais-sur-Mare) et à Murat-sur-Vèbre (Tarn).

Dans le sillon du Jaur, Mons (580 520 Monstrivalois, 2 232 ha), 5 km à l’est du chef-lieu, parfois mais non officiellement nommée Mons-la-Trivalle, est un centre de tourisme et loisirs. Son finage va des hauteurs de l’Espinouse et du Caroux à celles des Avant-Monts et occupe le confluent du Jaur et de l’Orb. On y visite les très pittoresques gorges d’Héric; gouffre du Cerisier, école d’escalade et bureau de guides. Le Verdier, un hameau juste à l’entrée des gorges, a un refuge du Club alpin et un petit train qui donne accès aux gorges; le hameau de la Trivalle, au confluent, a une coopérative viticole (14 000 hl) et celui de Tarassac une base de loisirs avec village de vacances et canoë-kayak; la commune s'est accrue de 60 hab. depuis 1999.

Un peu en amont, Colombières-sur-Orb (480 Colombiérais, 811 ha), à mi-chemin d’Olargues et de Lamalou, a également gagné 60 hab. de 1999 à 2009; elle a aussi des gorges sous le Caroux, réputées pour leur dénivelée (630 m) et leur paysage, leurs rochers, dont une paroi de 130 m (école d’escalade), ainsi que des grottes et anciens habitats troglodytes. Elle a aussi un château du 17e s. avec donjon du 14e, une fabrique de meubles, des artisans, une centrale électrique sur l’Orb. Le nom était seulement Colombières jusqu’en 1958; le peuplement est passé par un creux à moins de 270 hab. autour de 1970 mais a bien repris.

Au sud-est du canton sur l’Orb, Roquebrun (550 Roquebrunais, 3 964 ha) associe plusieurs hameaux autour de la traversée héroïque de l’Orb, au contact du massif ancien et des garrigues où se remarque le trou de Tambaou, un effondrement karstique de 400 m de diamètre et 100 m de profondeur. Le village de Roquebrun, «porte du Parc» régional du Haut-Languedoc dotée de quelques équipements touristiques, s’étire dans un site attrayant, sur la rive gauche concave d’un grand méandre de l’Orb. Classé parmi les «villages de charme», et servant de second village-centre du canton, il a quelques commerces et services, et des maisons anciennes. Sa population avait dépassé 1 400 hab. au début du 19e s. et en conservait encore un millier autour de 1900; le dépeuplement semblait arrêté depuis 1975, mais la commune aurait perdu 40 hab. de 1999 à 2009. Dans le finage sont une tour ruinée, ancien donjon du 12e s.; la grotte de l’Abenc, une fontaine intermittente, d’anciennes marbrières, une base nautique (canoë-kayak), un jardin méditerranéen en terrasses créé en 1986 et dit «le Petit Nice», avec orangers et mimosas; une exposition d’art et d’artisanat et objets traditionnels (Moulins de Roquebrun). La commune a 2 700 ha de garrigues et 500 de bois, et ses vignerons cultivent 530 ha de vignes, en partie d’AOC saint-chinian (et coteaux-du-languedoc); cave coopérative de 17 000 hl et sept caves particulières.

Un peu plus à l’ouest, Berlou (190 Berlounais, 1 134 ha) s'isole dans les reliefs mais s'est fait une réputation viticole soutenue par la cave coopérative (22 000 hl); une trentaine de vignerons exploitent 440 ha, stables, bénéficiant de l'appellation coteaux-du-languedoc et saint-chinian et d'une bonne politique de promotion au nom de Rieu-Berlou. Le village a aussi une association de producteurs d'escargots; le nom de Berlou vient du cresson (latin berula). La commune a eu plus de 300 hab. jusqu'en 1931.