Cantons de Saint-Malo

Saint-Malo

9 800 hab. (Malouins) dont 1 600 à part, 3 658 ha, sous-préfecture d’Ille-et-Vilaine, 69 km au NNO de Rennes, à l’embouchure de la Rance, côté droit. Sauf de 1977 à 1983 où elle eut un maire socialiste, Sain-Malo est traditionnellement dirigée par la droite. Le maire est depuis 1989 René Couanau, député UMP. La commune a fusionné en 1967 avec ses voisines Saint-Servan et Paramé, ce qui avait fait passer d'un coup sa population de 17 100 hab. (1962) à 42 300 (1968). Cette intégration et la topographie locale contribuent à donner à l’agglomération une forme originale.

Avancée en mer, l'ancienne île sur laquelle a été édifiée la ville de Saint-Malo proprement dite est enceinte de puissants remparts et terminée au nord par le château. Cette ville close est prolongée vers le nord par la pointe rocheuse que couronne le fort National, et au NO par l'îlot du Grand-Bé où a été construit le tombeau de Châteaubriand. L'ancienne île de Saint-Malo a été progressivement rattachée au continent par des ensablements et des travaux d'endiguement, mais les quatre grands bassins du port l'en isolent à leur façon. Le plus central (Jacques Cartier) est entouré par la demi-ceinture que dessinent les trois autres (du nord au sud Duguay-Trouin, Vauban, Bouvet); un avant-port et, au sud, l'anse des Sablons complètent côté mer ces plans d'eau. Enfin l'anse des Sablons est fermée au sud par la pointe de Saint-Servan, dominée par le fort de la Cité, et qui s'élargit vers la mer par la corniche d'Aleth. Sur sa face méridionale se dresse la tour Solidor, un autre reste de fortifications, dont le nom véritable était Steir Dor, «porte de la rivière».

L'urbanisation récente a largement démultiplié ces premiers dispositifs en direction de l'est et du nord-est. Un tel site offrait d'excellentes possibilités par rapport à la mer, tant d'élans que de défense. On lui donne parfois le nom de Clos-Poulet, qui vient de pou-Aleth, le pays d'Aleth. Le premier établissement fut en effet celui d'Aleth (péninsule de Saint-Servan); Malo y fonda au 6e s. un évêché, qui fut transféré six siècles plus tard dans l'île de Saint-Malo, devenue le principal centre de peuplement; la cathédrale est au centre de la ville close. Les grands siècles de Saint-Malo furent les 16e, 17e et 18e, quand le port fut le point de départ d'expéditions et d'explorations, illustrées par Jacques Cartier au Canada, puis la base d'opération des corsaires comme Duguay-Trouin et Surcouf. Armateurs, corsaires et marchands peuplèrent alors les environs de manoirs plus ou moins somptueux, que l'on nomma «malouinières».

Mais la ville eut du mal à passer ensuite au commerce moderne et le port, qui avait été l'un des tout premiers de France, fut surclassé par ses concurrents. Et Saint-Malo fut rasée par les bombardements de 1944, puis entièrement reconstruite, à peu près à l'identique, jusque dans les grands hôtels d'armateurs du 18e s., ce qui donne à la ville close et à ses environs un surprenant air de maquette urbaine. Le château abrite un musée d'histoire urbaine et un musée du pays malouin; un aquarium se visite à côté. Saint-Servan a aménagé dans la tour Solidor un musée international de la navigation au long cours et des cap-horniers.

La ville attire de nombreux touristes, dispose d'un centre de voile et les ports de plaisance ont pris quelque envergure; celui des Sablons offre 1 200 places à ponton, le port Vauban 200. Au sud se trouvent l’usine marémotrice de la Rance, très visitée, le nouveau grand aquarium très spectaculaire et fréquenté (360 000 visiteurs par an, 40 sal.), puis le château du Bos, élégante malouinière avec jardins à la française sur 10 ha, et les jardins de la Briantais, sur 27 ha (84 000 visiteurs par an). Au NE de Saint-Malo, Paramé est une station balnéaire lancée à la fin du 19e s., avec casino et thalassothérapie. Elle apporte à Saint-Malo, au-delà de la plage, une côte rocheuse fréquentée, où se trouvent au village de Rothéneuf (également dans la commune de Saint-Malo) un autre aquarium, le musée-manoir de Jacques Cartier, le château du Bos et les fameux rochers sculptés, modelés au 19e s. par un moine patient et obstiné plus qu'inspiré.

Saint-Malo est un aussi une ville très fleurie (4 fleurs et grand prix) et un chef-lieu d’arrondissement bien équipé, avec collèges et lycées publics et privés, un lycée professionnel maritime, École nationale de la marine marchande, École nationale de police, institut de formation d’infirmiers, plus un institut de formation d’artisans à Saint-Jouan-des-Guérets; centre hospitalier (430 lits), cliniques (dont une de 90 lits et 130 sal.), maisons de retraite (Résidence d'Automne, 55 sal.); un hippodrome et un stade près du centre de l’agglomération, mais proches d’un quartier déclaré «zone urbaine sensible» (la Découverte). Les Thermes marins emploient 230 salariés, le casino 80 (groupe Barrière). La commune comprend 6 400 résidences secondaires (plus de 20% du parc de logements), 6 terrains de camping (un millier de places) dont un de luxe (200 places), 75 hôtels (2 200 places) dont 2 de luxe (280 places).

Il reste à Saint-Malo un port de commerce, qui traite environ 2 Mt tonnes par an, pratiquement sans hydrocarbures, ce qui en fait le premier port de marchandises générales en Bretagne; en 2008, ont été enregistrées 1,4 Mt par cargo, et 550 000 t par traversiers. La gare maritime vers l’Angleterre, avec laquelle Brittany Ferries entretient une ligne régulière, est active: il y passe plus d'un million de passagers par an, ce qui en fait le 5e port français et le 1er en Bretagne: 1 432 000 passagers en 2004 (record), 1 171 000 en 2008, dont 480 000 avec les îles Anglo-Normandes et 470 000 avec l'Angleterre, 15 000 pour les croisières et 210 000 pour les mouvements côtiers; et 255 000 véhicules. L'aéroport est celui de Dinard-Pleurtuit.

L’armement naval est marqué par le groupe Comapêche, créé en 1934 et devenu Compagnie des Pêches Saint-Malo. Il a 2 navires de grande pêche, le chalutier-usine de 90 m Joseph-Roty II (59 marins) qui fabrique du surimi, et la Grande Hermine (36 marins) qui pêche surtout le cabillaud, et sa filiale Unipêche créée en 1988 qui emploie 24 navires crevettiers de 25 m en Guyane (110 sal.); deux usines de produits tirés du poisson, surtout du surimi, composent la filiale Comaboko créée en 1991 (230 sal.).

Saint-Malo est également le fief du groupe industriel Roullier, créé en 1959 à partir d'un dépôt de maërl, spécialiste d’agro-fournitures (fertilisants Timac et Timab et aliments du bétail Agriva) qu’il complète par l’agrochimie (Agriplas et Hypred) et les produits alimentaires (Charcuteries gourmandes, Pâtisseries gourmandes, conserves de poisson Halieutis, surgelés et congelés Interaliment); en expansion, le groupe emploie au total 6 000 personnes dans le monde, dont 500 en recherche-développement et dépasse le milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Il a sur place trois usines d’engrais Timac (750 sal., spécialiste du maërl), Interaliment et Timab, et concentre en 2011 ses services dans le nouveau siège mondial du groupe, sur le port de Saint-Malo (500 salariés). Il dispose à Dinard d'un Centre d'études et recherches appliquées (CERA).

La Laiterie de Saint-Malo (125 sal.), passée de Coopagri au groupe Sill et relocalisée dans la zone industrielle Sud, complète la base agro-alimentaire malouine. En chimie figurent les engrais d’algues Goëmar (70 sal.), les produits pharmaceutiques des Laboratoires de la Mer (70 sal.), les cosmétiques Phytomer (Codif, 65 sal.). les autres ateliers sont en plasturgie (Seifel, 180 sal.), électronique (Asica 75 sal.), matériel électrique (Danfoss 65 sal.), équipements de véhicules (Automaxi, 60 sal.), menuiserie (Tercy-Levillain, 60 sal.), constructions métalliques Loncle (50 sal.). En 2005 s’est ouvert, avec la collaboration de Rennes-Atalante, un technopole des biotechnologies marines qui réunit 9 entreprises et 600 salariés sur 70 ha, dont Codif, la Comapêche, CVPA (analyses biologiques, 40 sal.), deux laboratoires, la station Ifremer et celle de Dinard.

Le commerce et la distribution sont largement représentés par les hypermarchés Carrefour (250 sal.) et Leclerc (260 sal.), des Intermarchés (55 et 30 sal.), un Conforama (45 sal.) et un Métro (45 sal.), des négoces de bois (Pinault PBM Import, 90 sal.), de vêtements (Pauline, 55 sal.), la distribution d'électricité ERDF (55 sal.), les transports de fret Le Guevel (200 sal.), de voyageurs Keolis Saint-Malo (75 sal.), Keolis Émeraude (70 sal.), TIV (Transports d’Ille-et-Vilaine, 60 sal.), plus Saint-Malo Portage (120 sal.) et la publicité Adrexo (80 sal.). Saint-Malo est aussi le siège du groupe de distribution d’articles d’habillement Beaumanoir, fondé en 1981 (Vetimod), qui dispose de près de 400 magasins dans toute la France, spécialement l’Ouest et le Nord avec le smarques Cache-cache (qui déclare 320 sal. à Saint-Malo), Patrice Bréal, Scottage et qui emploie au total plus de 800 personnes.

Dans les services, outre de très nombreux établissements d emoins de 40 emplois, la commune de Saint-Malo se distingue par une abondance d'agences de travail temporaire: Manpower (170 sal.), Randstad (160 sal.), Émeraude (140 sal.), Samsic (110 sal.), Adecco (80 sal.), Interaction Armorique (65 sal.), Régional Intérim (65 sal.). S'y ajoutent les nettoyages Sol Vit Net (60 sal.) et Chanel Passengers Service (55 sal.), le traitement des eaix Veolia (Eaux et Ozone, 100 sal.) et, dans le bâtiment, les installations d'eau et gaz Mahey (80 sal.) et Le Louarn (45 sal.), les finitions de bâtiment Émeraude (85 sal.), Fougeray (80 sal.), Degano (55 sal.), MSPI (50 sal.), les travaux publics SMPT (70 sal.).

La population communale était autour de 11 000 hab. au 19e siècle et jusqu’en 1950, 17 000 en 1962; elle a fait un bond à 42 000 en 1968 après la fusion des communes, et a crû ensuite, du moins jusqu'en 1999. Les estimations pour 2008 lui donnent en effet 2 900 hab. de moins qu'en 1999 en population totale, 2 300 de moins en population municipale. La communauté d’agglomération Saint-Malo Agglomération rassemble 18 communes, 81 400 hab., 23 900 ha: le siège a été fixé à Cancale. Le pays de Saint-Malo lui ajoute les trois communautés de communes voisines d’Ille-et-Vilaine, plus les communes hors communauté du canton de Châteauneuf-d’Ille-et-Vilaine: en tout 71 communes, 150 000 hab., 110 600 ha. L’aire urbaine est donnée pour 72 000 hab., l'unité urbaine pour 48 600 hab. L’arrondissement a 153 000 hab. (141 100 en 1999), 9 cantons, 63 communes et 95 831 ha.

Les deux cantons de Saint-Malo ont 52 600 hab. (54 200 en 1999), 3 communes, 5 456 ha; les deux autres communes sont Saint-Jouan-des-Guérets, au sud, et La Gouesnière (1 700 Gouesnériens, 874 ha) qui, à 15 km SE du chef-lieu, se trouve séparée du reste des cantons et en enclave entre les cantons de Cancale et de Châteauneuf; constructions métalliques Sacme (25 sal.), transports Dentressangle (50 sal.). La Gouesnière a gagné 600 hab. de 1999 à 2008, plus d'une moitié.


Saint-Jouan-des-Guérets

2 800 hab. (Jouannais), 924 ha, commune d’Ille-et-Vilaine dans le canton de Saint-Malo-Sud, 6 km au SSE du centre de Saint-Malo, en bordure de l’estuaire de la Rance; moulin à marée; Institut de formation de la Chambre de commerce départementale, un camping (270 places), deux hôtels (60 chambres). Elle abrite un gros centre commercial avec un hypermarché Cora (270 sal.), de smagasins MrBricolage (45 sal.), Decathlon (35 sal.), une jardinerie Truffaut (25 sal.); blanchisserie de la Côte d'Émeraude (75 sal.), maçonnerie Fougeray (50 sal.), espaces verts et architecture Lequertier (30 sal.). La population communale croît avec l’agglomération de Saint-Malo; elle était de 1 000 hab. vers 1950 (1 800 vers 1840), 1 500 en 1984; elle a augmenté de 300 hab. entre 1999 et 2008.