Canton du Blanc

Blanc (Le)

7 500 hab. (Blancois) dont 480 à part, 5 761 ha dont 575 de bois, sous-préfecture de l'Indre dans la vallée de la Creuse, 60 km à l'OSO de Châteauroux. Sur le site d'Oblincum, carrefour de voies romaines, Le Blanc comporte sur la rive gauche escarpée de la Creuse une ville haute aux nombreuses maisons anciennes, où trônent les deux donjons (12e s.) et le corps de logis 18e s. du château Naillac, et sur la rive droite une ville basse, plus étendue et plus récente. Ces deux éléments ont appartenu longtemps à des provinces différentes, la ville haute relevant du Poitou, la ville basse du Berry; un pont ne les a reliées qu'en 1823; la ville haute compte environ 2 000 habitants. Le Blanc accueille au château un musée des amis du Blanc, un écomusée de la Brenne et du pays Blancois.

Le Blanc a un centre hospitalier public (120 lits médicaux, 300 en tout), collège public et collège privé, lycée public, institut médico-éducatif de 60 places, maison de retraite. Un aérodrome avec deux pistes, bitumée de 850 m et gazonnée de 1 050 m, aéroclub et centre de vol à voile est au sud-est de la ville, qui a aussi un stade-vélodrome réputé; la ferme caprine des Ages est une unité du lycée agricole public de Châteauroux et héberge des élèves. Le finage s'étend surtout à l'est de la ville et inclut les châteaux de Rouilly 5 km à l'est sur la rive gauche de la Creuse, de l'Étape au sud-est, de Nerveaux à 6 km ENE, de la Coletière, tous du 19e s. La ville est un centre de services et de commerces, sans beaucoup d'industries en dépit d'un passé de bonneterie et maroquinerie.

Les principaux établissements sont la fabrique de meubles Garnier (réduite de 110 à 60 sal.) et les constructions aéronautiques Centrair (70 sal.); pièces pour automobiles Hebco Thermique (groupe Minerva de Saint-Doulchard, 25 sal.), menuiserie BHM (35 sal.), maroquineries Siroon (35 sal.) et Steno (35 sal., travaillant pour Arco de Châtellerault); installations électriques Labrux (50 sal.); hypermarché Leclerc (110 sal.), supermarché Carrefour (40 sal.). Le Blanc héberge un gros centre administratif de la gendarmerie nationale; le centre hospitalier emploie 330 personnes, la mairie 120. La commune a eu 6 000 hab. dès 1846, est montée à 7 400 en 1881 puis descendue à 5 400 en 1931; sa population a augmenté ensuite jusqu'à 8 000 hab. en 1975 (sdc) mais a diminué depuis, y compris après 1999. La ville anime une communauté de communes Brenne-Val de Creuse de 23 communes et 17 000 hab., dont le siège est à Ruffec. L'arrondissement du Blanc a 32 900 hab., 6 cantons, 56 communes, 169 415 ha.

Le canton a 12 000 hab. (11 200 en 1999), 9 communes et 36 019 ha dont 6 185 de bois. Touchant au sud-ouest au département de la Vienne, il est entièrement inscrit dans le parc régional de la Brenne, et traversé d'est en ouest par la vallée de la Creuse; les paysages de Brenne avec bois et étangs dominent dans la moitié orientale du canton.

Au nord à 14 km NE du Blanc, la commune de Rosnay (640 hab. dont 150 à part, 5 903 ha dont 1 265 de bois), qui a eu jusqu'à 1 300 hab. en 1896, conserve une très grande foire de bétail, où chevaux et ânes sont en nombre croissant; elle abrite un ensemble de châteaux autour de celui du Bouchet et de l'étang de la Mer Rouge, le plus étendu des plans d'eau de la Brenne (180 ha), dont le nom aurait été attribué par un ancien seigneur retour de croisades. Au château du Bouchet, de brique rouge et de plusieurs époques (14e au 17e s.), a été installé en 1975 un puissant centre de transmission de la Marine nationale (émetteur à très basse fréquence, code HWU), nanti de très hauts pylônes montant jusqu'à 350 m, en communication avec les sous-marins nucléaires; la ferme du château est devenue le siège de la maison du Parc de la Brenne et accueille 72 000 visiteurs par an; elle héberge aussi le siège du pays de Brenne. Le finage de Rosnay comporte d'autres grands étangs, comme celui de Blizon tout au nord (93 ha), celui de Coudreau à l'est (52 ha).

À l'ouest de Rosnay, à 9 km NNE du Blanc, Douadic (440 hab., 4 314 ha dont 694 de bois) a connu durant la dernière guerre un camp de transit pour la déportation de juifs, que commémore une stèle. Rosnay s'orne aussi du château d'Avignon (15e-16e s.), et accueille un atelier de préfabriqués de béton (Maubois, 30 sal.) et un centre d'aide par le travail. La commune a eu plus de 1 100 hab. durant toute la seconde moitié du 19e s.

À 6 km au NNO du Blanc, Pouligny-Saint-Pierre (1 060 Cabouins, 4 745 ha dont 756 de bois) a donné son nom à une AOC de fromage de chèvre créée en 1976 et portant sur 22 communes de l'Indre, en Brenne; elle intéresse 3 fabricants et une vingtaine de producteurs, livrant un peu plus de 300 t par an sous la forme de pyramides à base carrée de 12,5 cm de haut et 9 cm de base, pesant 250 g; le siège du syndicat est au Blanc, plusieurs fromagers sont à Pouligny, dont Eurial (20 sal.). Au sud-ouest, le finage communal donne sur la petite gorge de la Creuse en amont de Fontgombault; le château de Bénavent (18e au 20e s.) y trône face à Sauzilles et offre un jardin avec roseraie; le château des Tessonnières (15e et 16e s.) est au nord du village, et connu pour son colombier. La commune abrite un centre médicalisé de diététique et un centre d'aide par le travail. La population de la commune diminue depuis 1911 (1 300 hab.); l'origine du gentilé est inconnue mais pourrait avoir un rapport avec la chèvre.

L'extrémité SO du canton est traversée par la vallée de l'Anglin. Ingrandes (340 hab., 1 112 ha), 9 km au SO du Blanc, dont le nom marque bien une limite historique, perpétuée par le dessin des limites de régions, conserve un ancien château fort avec donjon (13e-14e s.) et, depuis 1992 un musée consacré à l'aventurier Henry de Monfreid (mort en 1974). Concremiers (630 hab., 2 811 ha dont 384 de bois) est en amont d'Ingrandes sur la même rive, à 6 km SO du Blanc; sa population est à peu près étale depuis 1975, mais elle dépassa 1 100 hab. en 1886.

En amont du Blanc à 9 km sur la rive droite de la Creuse, Ruffec (680 hab., 4 093 ha dont 605 de bois) est le siège de la communauté de communes Brenne-Val de Creuse. Le village ne manque pas de ressources: un prieuré classé (12e et 18e s.), le château de Peuforge (15e et 19e s.) à l'est du village, le château de la Font au sud sur la rive gauche, de tous les siècles du 15e au 19e, avec donjon; le grand étang des Fourdines au nord-est (73 ha). La commune est la seule des environs du Blanc à avoir gagné récemment des habitants de manière sensible, plus d'une centaine de 1999 à 2007.

Sur la même rive à 6 km en amont de Ruffec, Ciron (560 hab., 5 794 ha dont 1 458 de bois) est le chef-lieu d'une grande commune étendue de part et d'autre de la rivière; nombreux étangs, dolmen et cromlech de Sénevaut au nord. Le haut donjon cylindrique du château de Romefort se dresse sur la rive gauche de la Creuse. Le village conserve une belle lanterne des morts du 12e s.; maison forte de la Boissière (13e-14e et 16e-17e s.), avec fontaine, château de l'Épine (19e s.); stéarinerie Dubois (90 sal.). La population communale a décliné de 1 100 hab. en 1896 à 520 (sdc) en 1982 puis s'est stabilisée à ce bas niveau; elle a perdu quelques habitants après 1999.