Canton de Richelieu

Richelieu

Highslide JS
Richelieu. La halle de Richelieu (17e s.). © RB-RV
Richelieu. La halle de Richelieu (17e s.). © RB-RV

2 000 hab. (Richelais), 509 ha, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Chinon, au bord du Mable, petit affluent de gauche de la Veude. C'est l'une des rares villes nouvelles du 17e s.; le cardinal de Richelieu, quoique né à Paris, en avait voulu honorer le pays de sa famille. La construction a commencé en 1631 mais s'est achevée après la mort du cardinal-ministre, en 1642. L'architecte J. Lemercier avait conçu une ville fermée de 35 ha, dans un rectangle de 700 m sur 500 ceint de murs et de douves et à six portes (inachevées), orné de deux places, la Royale et la Cardinale, avec des rues en damier. Le plan a été respecté mais la ville a été lente à se peupler; le château a été détruit en 1840, laissant un parc de 500 ha reconstitué ensuite par un banquier parisien puis légué en 1930 à l'Université de Paris, et entièrement clos de murs, mais ouvert au public et très bien entretenu. Richelieu est visitée pour son aspect général, ses musées, sa halle; un train à vapeur entretenu et qui mène à Chinon sert parfois au tournage de films (musée), mais les autorités locales arrêtent les frais et ont songé à lui substituer une «voie verte»; le bourg se dépeuple et de nombreuses maisons sont fermées.

Le bourg accueille une fabrique de mobilier Arts et Meubles de France (meubles Richelieu, 130 sal.) et quelques ateliers dont les emballages plastiques Knauf (35 sal.), les entreprises de bâtiment Lhuillier (30 sal.) et La Tourangelle (20 sal.). Il est équipé d'un collège public et d'un collège privé, un institut de rééducation (55 places), une maison de retraite. Richelieu avait plus de 3 000 hab. au début du 19e s. puis sa population a décliné, jusqu'à un minimum de 1 700 ha. en 1931; elle est remontée jusqu'à 2 450 hab. en 1975 avant de diminuer légèrement, et a encore perdu quelque 200 hab. de 1999 à 2007. Le bourg est le siège de la communauté de communes du pays de Richelieu, qui correspond au canton.

Le canton a 8 300 hab. (8 400 en 1999), 16 communes et 27 185 ha dont 3 809 de bois; inclus en totalité dans le parc régional Loire-Anjou-Touraine, il est limitrophe du département de la Vienne, et riche en intérêts touristiques. Juste au sud-est de Richelieu, Braye-sous-Faye (330 hab., 1 567 ha) est un petit village de clairière qui touche au parc de l'ancien château et qui a une église romane inscrite du 12e s.; château de Poulesse au sud. Au sud de Richelieu, Faye-la-Vineuse (320 Fagiens, 1 755 ha), 5 km au sud-est du chef-lieu, est un village d'allure médiévale, jadis fortifié mais dont le château fut démantelé par Richelieu et servit à la construction de son château voisin; on y devine le vieux réseau de rues concentriques quasi circulaires et il conserve une collégiale classée du 12e s., à crypte. Au sud du village se voit le château de la Grillière (16e et 17e s.). Faye, en dépit de son adjectif, n'a que 4 ha de vignes; sa population a rapidement décliné de 1968 (600 hab.) à 1999, mais a repris une trentaine d'habitants de 1999 à 2008. Le nom est dérivé de fagus, le hêtre.

Razines (240 hab., 1 473 ha dont 320 de bois), 6 km au SE de Richelieu, cultive un peu plus de vignes (25 ha) et forme un îlot détaché et méridonal de l'aoc touraine. La commune a d'autres châteaux, dont celui de Chargé (15e-17e et 18e s.). Jaulnay (260 hab., 1 476 ha dont 244 de bois), 10 km au SE de Richelieu sur la route de Châtellerault, possède une église à voûte en coque de bateau renversée (15e-16e s.) et à l'est le château de Chillou (15e s.) à douves, avec porte fortifiée et beau pigeonnier.

Marigny-Marmande (630 hab., 3 083 ha dont 229 de bois), 17 km à l'est de Richelieu, est réputé pour ses truffes, une spécialité du 19e s., un peu oubliée et relancée récemment (marché annuel); ruines du château de Mondon (16e s.) et du prieuré de Ponçay (12e s.), château de Noire (19e s.). La commune a perdu des habitants de 1954 (940 hab.) à 1990. Les ruines du vieux château de Marmande sont restées dans le département de la Vienne au moment du dessin des départements (commune de Vellèches).

Braslou (360 hab., 1 579 ha dont 390 de bois), au centre du canton, est plutôt la capitale locale de l'asperge; meubles de Bournais (OLC, 55 sal.) avec gestion de sociétés d’ameublement APB (usine en vente en 2011). Luzé (280 hab., 2 030 ha dont 530 de bois), 12 km ENE du chef-lieu, contient le bois de Villevert et, au-delà vers l'est, l'ancienne abbaye ruinée de Bois-Aubry (12e et 15e s.) où s'était établie une petite communauté orthodoxe, en cours de travaux par un propriétaire privé et aux abords de laquelle se voit la tombe de l'acteur Yul Brynner. Verneuil-le-Château (130 Verneuillens, 844 ha), 2 km au nord de Luzé et comme elle au bord de la Bourouse, a des restes du château de la Tour du Raynier (14e et 15e s.); église du 12e s.

Au nord de Richelieu, Chaveignes (560 hab., 2 134 ha dont 702 de bois), à 4 km NNE, est à la tête d'une grande commune qui contient tout entier le grand parc de Richelieu depuis qu'elle a absorbé en 1823 l'ancienne commune du Sablon, ainsi que le château du Verger à l'est de Richelieu (15e au 17e s., à douves), et celui de la Vrillaye (19e s.) au nord près du petit village, devenu centre d'une exploitation viticole après avoir abrité une colonie de vacances; carrosserie Durand (25 sal.), magasin Intermarché (35 sal.).

Courcoué (250 hab., 1 566 ha dont 203 de bois) est à 8 km ENE de Richelieu sur la route de Sainte-Maure et de Tours (D 58); château au-dessus du village, vieux manoir de la Mabilière (17e s.) au nord-ouest. La Tour-Saint-Gelin (560 hab., 1 345 ha) est à 3 km au nord de Courcoué et s'accompagne des quatre gros hameaux d'Oiré et la Rancheraie au nord, les Bruères à l'ouest, les Caillers à l'est. La commune avait plus de 1 000 hab. dans les années 1850.

À 6 km au nord du chef-lieu, Champigny-sur-Veude (890 hab., 1 618 ha dont 370 de bois) eut un puissant château, que fit détruire Richelieu et dont il reste des communs du 16e s., bien restaurés; «sur Veude» a été ajouté en 1893. La commune conserve aussi le château de la Pataudière (16e-17e et 19e s.) au sud sur la route de Richelieu, et une très belle chapelle gothique et renaissance à vitraux, tout en partageant avec Richelieu une zone d'activités avec l'usine Arts et meubles de France et d'autres ateliers comme les pièces pour prothèses Janton (20 sal.) et les charpentes Merlot (20 sal.). Sa petite voisine de l'ouest Assay (180 hab., 1 453 ha dont 227 de bois) offre un bel étang de pêche sur 40 ha.

Highslide JS
Lémeré. Le château du Rivau à Lémeré en Touraine. © RB-RV
Lémeré. Le château du Rivau à Lémeré en Touraine. © RB-RV

C'est à Lémeré (420 hab., 1 983 ha), 5 km plus au nord, que se trouve le château du Rivau (13e-15e s.), à donjon carré et trois tours rondes, qui figure parmi les joyeuses énumérations de Rabelais et s'orne d'un parc fleuri et animé de sculptures et ornements d'artistes d'aujourd'hui; il accueille 15 000 visiteurs par an. La commune cultive 64 ha de vignes; au sud-est, se voit le château de la Noblaye (19e s.).

Ligré (1 070 hab., 2 777 ha dont 231 de bois), au NO, est réputée pour ses vins et cultive 130 ha de vignes: elle appartient mieux au Chinonais qu'au Richelais, et a droit à l'aoc chinon; dolmen du Carroir Bon Air près du village, château de Sassay (16e-17e s.) à l'ouest, manoir de Beauvais (16-18e s.), prieuré des Roches-Saint-Paul (16e-17e s.) tout au nord près de la gare, à 5 km de Chinon; services de coiffure à domicile Art'Tif (50 sal.). Ligré a gagné 90 hab. de 1999 à 2008, mais la plupart des autres communes ont du mal à conserver leur niveau de peuplement, inférieur à celui du début du 20e siècle.