Canton de Domène

Domène

6 400 hab. (Domenois), 529 ha, chef-lieu de canton du département de l'Isère dans l'arrondissement de Grenoble, 10 km à l'est de la préfecture sur la rive gauche de l'Isère. C'est le site originel des papeteries Matussière, pionnières de l'électricité hydraulique; mais il n'en reste plus rien dans la commune, la dernière papeterie, dite de la Gorge, ayant fermé en 2007; subsiste seulement un façonnage de cartonnages Express Découpe (30 sal.). Le travail des métaux est bien mieux représenté, avec les fers à bétons Afba (40 sal.), les ateliers de mécanique Trappo (35 sal.), de métallerie Perfomat (30 sal.) et Sdem (30 sal.), de systèmes thermiques Atherm (20 sal.), de chaudronnerie Mazzili (20 sal.) et la fonderie de cuivre FAI (20 sal.). Domène a aussi un fabricant d'électronique embarquée sur véhicules Duhamel (45 sal.), et quelques entreprises de banlieue, comme en génie électrique Ineo (130 sal.) et Cegelec (40 sal.), le nettoyage Msei (65 sal.), les négoces de matériel de chantier Payant (150 sal.) et de bois Chambost (20 sal.). La commune bénéficie d'un Intermarché (35 sal.) et un collège public; elle accueille la Maison de pays du territoire du Grésivaudan. Sa population, qui avait atteint 1 900 hab. dans les années 1880, a crû durant tout le 20e s., passant par 3 500 hab. en 1954 et 5 000 en 1973. Mais elle n'a guère augmenté que de 150 hab. entre 1999 et 2007.

Le canton a 26 100 hab., 12 communes, 16 920 ha dont 5 384 de bois; il se déploie sur le versant occidental du massif de Belledonne, dont il atteint le sommet à 2 978 m. Six communes découpent la montagne et, avec Domène, deux autres se partagent la plaine de l'Isère: Le Versoud et Villard-Bonnot. Des premières, Laval (810 Lavallois, 2 533 ha dont 991 de bois) est la plus septentrionale, à 12 km NE de Domène et à 630 m. Son territoire occupe une vallée qui s'épanouit vers l'amont en deux cirques: celui du Muret au NE, dominé par la Dent du Pra (2 623 m) dans le massif des Sept-Laux, et dont le col du pas de la Coche (1 989 m) donne accès à la vallée de l'Eau d'Olle (GR 549), celui du Crop au sud-est, orné d'un lac de 4 ha et dominé par le sommet Colomb (2 601 m). Mais ce dernier cirque relève de la commune de Sainte-Agnès (470 hab., 2 685 ha dont 944 de bois), sa voisine au sud, à 730 m, qui occupe le versant droit de la vallée du Vorz et son cirque initial, le cirque du Boulon, qui est dominé par le Grand Pic de Belledonne (2 978 m) et son petit glacier, au-dessus du lac Blanc (2 161 m, 10 ha); refuge Jean Collet. Le col de la Mine de Fer (2 506 m), où passe le GR 549, fait communiquer les deux cirques. La commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2004. Le village de Sainte-Agnès est en adret au-dessus de Villard-Bonnot; il fait face à Saint-Mury-Monteymond (320 Murimondois, 1 109 ha dont 900 de bois), à 750 m, qui pour territoire se contente de l'ombrée du Vorz, sans atteindre le cirque du Boulon, mais seulement la Petite Lance de Domène (2 596 m). La Combe-de-Lancey (540 Combinois, 1 855 ha dont 265 de bois, à 600 m) est la quatrième commune à partir du nord et son territoire correspond bien à la vallée boisée de la Combe de Lancey. En altitude il englobe le lac du Crozet (6 ha), la Grande Lance de Domène (2 790 m) et va jusqu'au col de Belledonne; mais Lancey est dans la commune de Villard-Bonnot. Un écomusée de la houille blanche est ouvert, tandis qu'un musée rural d'art et traditions l'a été au château de la Combe; la population s'est augmentée de 80 hab. entre 1999 et 2004. La commune de Revel (1 200 Revélois, 2 955 ha dont 1 007 de bois), dont le village, à 600 m, est à 3 km au-dessus et à l'ESE de Domène, monte aussi jusqu'à la crête du massif de Belledonne, en occupant le long versant droit de la vallée du Doménon; refuge de la Pra et lacs des Doménons en altitude, sous le Grand Doménon (2 802 m). Revel est le siège de la communauté de communes du Balcon de Belledonne (10 communes, 12 600 hab.) et a gagné 110 hab. de 1999 à 2005. La commune la plus méridionale est Saint-Martin-d'Uriage.


Saint-Martin-d'Uriage

4 800 hab. (Saint-Martinois), 2 969 ha dont 600 de bois, commune du département de l'Isère dans le canton de Domène, 15 km au sud du chef-lieu (5 km à vol d'oiseau) à 626 m, la plus méridionale du canton. Son finage n'atteint que le Grand Sorbier, à 2 232 m, et les lacs Robert, qu'elle partage avec Chamrousse; les hauts chalets du Recoin de Chamrousse sont d'ailleurs dans la commune de Saint-Martin, reliés au village par une route en lacets de 16 km. Le territoire de Chamrousse a été formé en partie sur le finage de la commune (1989). Celle-ci avait 2 600 hab. en 1851, 1 250 au minimum de 1936; elle a atteint 2 000 hab. en 1980 et poursuit sa croissance (+310 hab. de 1999 à 2004).

Saint-Martin-d'Uriage est connue par la station thermale d'Uriage-les-Bains, un gros hameau à 3 km de Saint-Martin, de l'autre côté de la vallée du Sonnant; établissement de soins (120 sal.) et hôpital thermal (30 lits), parc, casino du groupe Moliflor (85 sal.), laboratoire de dermatologie (45 sal.); les thermes et leur hôtellerie emploient 100 personnes et la commune a 260 résidences secondaires. Un golf est proche, mais à Vaulnaveys-le-Haut. Grenoble n'est qu'à 12 km. Un peu au nord, le fort des Quatre-Seigneurs est juché sur la crête.

La ville s'était distinguée au cours de la dernière guerre par les activités de formation et de résistance de l'École des Cadres d'Uriage, pourtant créée par le régime de Vichy pour former les «élites de la Révolution nationale»; elle fut supprimée fin 1942 et remplacée par l'école des cadres de la Milice puis, de 1944 à 1945, par une école militaire inspirée par l'humanisme de la première, où passèrent aussi des cadres syndicaux.


Versoud (Le)

3 800 hab. (Bédouins), 635 ha, commune du département de l'Isère dans le canton de Domène, 3 km au NE du chef-lieu près de la rive gauche de l'Isère au pied du massif de Belledonne. Le curieux gentilé est d'origine inconnue, mais il est couramment utilisé; il a peut-être un ancien rapport avec le Belledonne. Le nom de la commune (Versatorio, le déversoir) fait allusion au gros cône de déjection sur lequel est installé le village. L'aérodrome de loisirs de Grenoble-Versoud y est doté de deux pistes de 900 m, trois aéroclubs totalisant une centaine d'avions et deux plates-formes d'hélicoptères. La commune accueille une base logistique du groupe Caterpillar (100 sal.), les installations électriques Gem Elec (45 sal.), des ateliers de plastiques UFP (35 sal.) et d'électronique Alp Af (25 sal.); écorçage du bois pour les papeteries de Lancey (25 sal.); transports GT (25 sal.), supermarché Casino (30 sal.). La commune n'avait que 400 hab. en 1900 puis a dépassé le millier en 1925; la population a surtout augmenté après 1975; elle a gagné 280 hab. de 1999 à 2005.


Villard-Bonnot

6 900 hab. (Villardiens), 584 ha, commune du département de l'Isère dans le canton de Domène, 6 km au NE du chef-lieu. Son territoire s'étend sur 4 km le long de la rive gauche de l'Isère, englobant au nord la cité industrielle de Brignoud (gare); c'est dans la commune que sont les papeteries de Lancey, qui appartiennent toujours au groupe Matussière-Forest (310 sal.); cartonnerie du finlandais Ahlstrom (100 sal.); emballages métalliques légers Alcan (150 sal.); l'usine électrochimique Atokem (Total, 100 sal.), qui date de 1852 et a employé jusqu'à 700 personnes, est en voie de fermeture; matériel d'aéraulique France Géothermie (50 sal.), vernis Soudée (40 sal.), emballages en bois Sipalex (30 sal.), articles de sport Vertic (25 sal.), fermetures Della Vecchia (20 sal.); ingénierie du bâtiment Cebtp (40 sal.), maçonnerie Camibat (25 sal.), travaux publics Moulin (80 sal.).

Villard-Bonnot a un collège et un lycée publics et un musée de la houille blanche, célébrant les initiatives de l'Ariégeois Aristide Bergès à Lancey, hameau de la commune, dans l'utilisation de l'hydroélectricité pour le compte du papetier Matussière, en 1869; château de Vorz (15e et 19e s.). La commune avait 1 000 ha. entre 1830 et 1875 et sa population est passée à 2 300 en 1900, 5 600 en 1931; elle a ensuite fluctué, en partie au rythme des emplois, avec une pointe à 6 500 hab. en 1962, un creux à 6 000 en 1975. Elle s'est accrue de 360 hab. entre 1999 et 200r.