Cantons de Romorantin-Lanthenay

Romorantin-Lanthenay

18 200 hab. (Romorantinais) dont 640 à part, 4 531 ha dont 856 de bois, sous-préfecture du Loir-et-Cher, 45 km au SE de Blois, 70 km au SSO d'Orléans, au bord de la Sauldre. Cette ville de Sologne, dont le nom a pu être considéré comme synonyme d'isolement et de province profonde, a été profondément transformée par l'industrie dans les années 1960. Son origine est récente: c'est Léonard de Vinci qui avait conçu un plan de ville nouvelle à cheval sur la Sauldre, à la demande de François Ier; mais il est mort trop tôt et la ville a été longue à émerger. Devenue une ville du textile, elle était en difficulté quand Matra a pris le relais du tissage, définitivement fermé en 1969.

Matra, à l'origine Mécanique Aviation Traction (M.A.Tra), fondée en 1941, a commencé par s'occuper d'aviation, puis d'engins et de satellites; elle s'est intéressée au sport automobile en 1964, en reprenant René Bonnet, sous l'aile de Simca; puis, après avoir sorti les modèles Bagheera, Rancho, Murena, et avoir été au groupe Lagardère (EADS), elle a passé divers accords avec Renault, dont le plus consistant a consisté à produire le monospace Espace, et le plus récent l'Avantime, qui ne fut pas un succès. L'usine avait 2 500 salariés en 2001, 1 000 en 2003 et a fermé en 2004; restent un musée, et un atelier Matra Manufacturing & Services qui fait des vélos électriques (95 sal.). Elle avait attiré d'autres activités, dont subsiste l'équipementier d'automobiles Caillau (270 sal., colliers de serrage).

L’emploi industriel de Romorantin s’est toutefois diversifié: Carrier (groupe Linde, 170 sal.) fabrique des équipements frigorifiques; Alser (passé de 160 à 90 sal.) est un spécialiste de meubles et aménagements de magasins et qui passe pour «la Ferrari du secteur», transféré en 2007 du groupe Epta à l’italien Lafortezza; s’y ajoutent les mobiliers métalliques Rasec (260 sal.), les meubles Stal (55 sal.), le matériel électromécanique médical Axe Systems (MME Mériau, 70 sal.), les sèche-cheveux (Velecta Paramount, 30 sal.), la tôlerie Step (30 sal.), la mécanique Kopec-Verloes (25 sal.); puis les emballages plastiques Airsec (240 sal., groupe allemand Süd-Chemie) et Aircos (55 sal.), l’imprimerie de liasses et formulaires Paragon (Moore, 70 sal.), le conditionnement à façon (Moreau, 45 sal., Sologne Traitement, 40 sal.) et des entreprises de génie thermique (Thermie Sologne, 25 sal.; Savelys, 20 sal.), maçonnerie (Gauthier, 35 sal.), peinture Euro-Déco (35 sal.), travaux publics (Sotrap, 35 sal.). Romorantin accueille aussi les nettoyages OMS (140 sal.) et Prop Services (20 sal.), le centre de distribution des éditions Martinsart, les entreprises de transport Charbonnier (75 sal.) et Bréger (55 sal.); assurances GPS (40 sal.), conseil de gestion Plaisance CP (25 sal.), hypermarché Leclerc (180 sal.), supermarchés Carrefour (90 et 30 sal.), hôtel du Lion d'Or (20 sal.).

La ville propose un centre d'aide par le travail et plusieurs maisons de retraite. Romorantin, qui a fusionné avec Lanthenay (2 700 hab.) en 1961 et ainsi doublé son nom, a gardé de son passé quelques maisons anciennes et ses nombreux ponts sur la Sauldre. Elle offre un centre de loisirs, un lieu de spectacles (la Pyramide), un musée de Sologne (12 000 visiteurs par an) et, depuis mai 2000 le musée «Espace automobile Matra». L'ancien château fort remanié abrite sous-préfecture et palais de justice. La ville a un centre hospitalier public (150 lits médicaux, 690 au total), deux collèges publics, un collège privé, un lycée public, un lycée professionnel public; Maison d'accueil des Jeunes Ouvriers (Majo, 100 places). La ville est desservie par le chemin de fer à voie étroite Le Blanc-Argent, dont la Compagnie emploie 100 salariés.

Le territoire communal, qui est en grande partie hérité de Lanthenay, comprend au nord les grands étangs de Favelle et du Lieu; près de celui-ci sont le château du Lieu et des traces de l'ancienne abbaye de bernardines du Lieu; château Rioubert (16e et 19e s.) et ancienne église de Monthault (12e s.) au nord-ouest, la commune de Monthault ayant été démembrée en 1818; château de Beauvais (18e et 19e s.). Au sud, le quartier Saint-Marc est classé en zone urbaine sensible. Romorantin abrite le détachement aérien DA 273, qui utilise l'aérodrome de Pruniers.

La commune de Romorantin a eu 6 000 hab. au début du 19e s., 8 000 à la fin, et elle est restée à ce niveau jusqu'en 1954, puis a engagé une croissance soutenue, doublant le nombre de ses habitants en 1975, puis a réduit son rythme; finalement, le comptage de 2007 lui trouve 900 hab. de moins qu'en 1999. Le maire de la commune est Jeanny Lorgeoux, socialiste, ancien député, conseiller général du canton de Romorantin-Nord, ancien éditeur, qui a succédé en 1985 à un long règne du sénateur de droite Jacques Thyraud. Le bassin d'emploi de Romorantin s'étend aux cantons voisins de Selles-sur-Cher, Mennetou-sur-Cher et même Salbris à l'est, Chabris au sud. La communauté de communes du Romorantinais associe 8 communes et 26 400 hab. et siège à Romorantin. L'unité urbaine Insee est donnée pour 18 400 hab., l'aire urbaine pour 28 300 hab. L'arrondissement a 68 700 hab. (69 700 en 1999), 7 cantons, 48 communes, 205 913 ha.

Les deux cantons ont 22 600 hab. (23 100 en 1999), 8 communes et 33 468 ha dont 15 792 de bois, soit plus de la moitié. La partie sud-ouest est tenue par Pruniers-en-Sologne, où est l'aérodrome de Romorantin. À 5 km à l'est de Romorantin, à Villeherviers (500 hab., 3 890 ha dont 1 805 de bois) sur la Sauldre, ont été aménagés le grand ensemble d'aquariums et le parc de loisirs Aliotis, au confluent de la Sauldre et de la Rère, affluent de gauche, longue de 53 km; maison de retraite (30 sal.), gare du chemin de fer Le Blanc-Argent, domaine et château du Portail (19e s., mais déjà mentionné au 14e s.) au sud-ouest, châteaux des Roches (18e-19e s.) à l'est, de la Chansonnerie (17e-18e s.). Loreux (260 hab., 2 995 ha dont 1 553 de bois), à 8 km ENE de Romorantin, complète le canton Sud; la commune atteint au nord la forêt de Bruadan et a aussi une gare; châteaux de Villechaise et Villeloup (19e s.).

Le canton Nord s'étend largement en Sologne, parmi bois, étangs et châteaux récents. La pointe septentrionale en est occupée par Vernou-en-Sologne (590 Vernussois, 5 131 ha dont 2 689 de bois), 16 km au nord de Romorantin, qui a un atelier d'emballages plastiques (Isobox, 50 sal.), un gros négoce de fruits et légumes et d'approvisionnement agricole (Janvier, 70 sal.) et un centre de loisirs. Son finage est traversé par la Bonneure (ou Bonne Heure) et, au nord, atteint le confluent du Néant et du Beuvron; grand étang de Teillay au sud-est, domaine et château de Laborde (17e et 20e s.) au centre, château de la Motte-Louin au nord-est (19e s.); Vernou a gagné une cinquantaine d'habitants de 1999 à 2006.

Courmemin (530 hab., 2 417 ha dont 680 de bois) se tient un peu à part au nord-ouest, à 18 km NO de Romorantin et conserve quelques mottes d'anciens châteaux; elle a gagné 50 hab. de 1999 à 2007. Veilleins (140 hab., 4 326 ha dont 2 365 de bois), 10 km au NNO de Romorantin, a plusieurs grands domaines associés aux châteaux de Montgiron (17e, 18e et 19e s.) au nord-est, Tréfontaines au sud et Fondemer à l'est, plus le château de Saint-Hubert, tous du 19e s.; la commune, qui avait 580 hab. autour de 1900, décline depuis et a perdu 40 hab. de 1999 à 2007, soit près d'un quart…

Millançay (770 hab., 5 794 ha dont 3 112 de bois) est à 12 km NNE de Romorantin sur la route d'Orléans; elle a gagné 90 hab. de 1999 à 2005; son finage contient au sud-est la plus grande partie de la forêt de Bruadan, ainsi que les domaines et châteaux des Augères (19e s.) et de Marcheval (17e-18e s.) au nord, les étangs de Malzonne et Pinon au nord-est; châteaux de Villechenay (16e et 19e s.) au nord du village, de la Gouchère (19e s.) au sud. La commune a gagné 90 hab. de 1999 à 2007. Les environs de Romorantin portent parfois le nom de Romorantinais, comme dans le pays officiel Vallée du Cher et du Romorantinais.


Pruniers-en-Sologne

2 300 hab. (Prunellois), 4 384 ha, commune du Loir-et-Cher dans le canton de Romorantin-Lanthenay, 6 km au SE de celle-ci. Elle partage avec Gièvres l'aérodrome de Romorantin et a été à son origine, en créant un club aéronautique en 1911. Il sert au Détachement aérien DA 273, qui stocke du matériel, imprime les documents de l'armée de l'air et organise des entraînements sur planeurs.

Pruniers héberge les ateliers d'électronique Sorec (75 sal.) et de recyclage Indra (Re-Source (30 sal.), des magasins Intermarché (55 sal.) et Bricomarché (30 sal.). Le finage est limité au sud par le cours de la Sauldre, et traversé par l'A 85; étang de la Bâtarde au nord, château de Champ-le-Roi, des 15e et 19e s. Le nom de la commune était simplement Pruniers jusqu'en 1982; la commune avait moins de 900 hab. en 1968 et a crû sensiblement jusqu'en 1990; elle a gagné 150 hab. de 1999 à 2007.