Canton de Thiéblemont-Farémont

Thiéblemont-Farémont

530 hab. (Thiéblemontois), 925 ha, chef-lieu de canton du département de la Marne dans l’arrondissement de Vitry-le-François, 12 km ESE de Vitry dans la plaine du Perthois, traversée par la N 4; le bourg a une église classée, et non loin une ferme du Château entourée de douves; coopérative agricole et silos, peu de commerces, quelques artisans et la chaudronnerie industrielle Tidest Joubert (30 sal.); maison de retraite publique. La commune est issue d’une fusion de 1862 et sa population a augmenté lentement mais régulièrement après le creux des années 1920 (250 hab.), avant de perdre 80 hab. entre 1999 et 2008. Elle est le siège de la communauté de communes du Perthois (6 communes, 1 600 hab.).

Le canton a 11 400 hab., 33 communes et 33 465 ha; limitrophe des départements de la Haute-Marne et de la Meuse, il s’étend sur plus de 30 km d’ouest en est, et se situe entièrement dans cette partie de la Champagne humide qui se nomme le Perthois, où se sont étalées les grandes nappes alluviales de la Marne. Il est limité au nord par la large vallée humide de la Saulx, au SO par celle de la Marne; entre les deux, la canal de la Marne à la Saône tire tout droit de Vitry à Saint-Dizier en empruntant la petite vallée de l’Orconté, tandis que le canal de la Marne au Rhin suit celle de la Saulx au nord.

La moitié occidentale du canton est en grande culture; la moitié orientale est occupée par la vaste forêt domaniale des Trois Fontaines. Dans la partie occidentale, Vauclerc (470 Vauclériens, 609 ha), 6 km ESE de Vitry-le-François, abrite l’aérodrome de la ville. Au sud, Larzicourt (310 Larzicourtois, 1 686 ha dont 421 de bois), 16 km SE de Vitry sur la rive droite de la Marne, étire un long appendice qui lui permet d’avoir accès au lac du Der; église romane. Norrois (180 Norroissiens, 414 ha), à la pointe occidentale du canton, au bord de la Marne à 7 km au SE de Vitry-le-François, abrite une métallerie (Tidest, 60 sal.); le village est le siège de la communauté de communes Marne et Orconte (6 communes, 1 300 hab.) et a gagné une quarantaine d'habitants de 1999 à 2008.

Au milieu de la plaine entre Marne et Saulx, au bord de la Bruxenelle, 8 km au NE du chef-lieu, le village de Blesme (190 Blesmois, 670 ha) est encerclé par le réseau des voies ferrées de la bifurcation de la ligne Paris-Est vers Saint-Dizier et Dijon; il est le siège de la communauté de communes du Val de Bruxenelle (5 communes, 780 hab.), la plus petite du département. Haussignémont (290 Hausignémontais, 278 ha), juste au sud-ouest, accueille l'atelier de mécanique Pelgrin (40 sal.). Dompremy (120 Dompremyats, 365 ha), à l'ouest de Blesme, s'orne d'une église classée des 12e-13e s. et d'un ancien moulin à eau classé, du 18e s. Favresse (180 Favressois, 1 031 ha), juste à l'ouest, a une église classée des 13e et 15e s.

Dans la vallée de la Saulx au nord, Ponthion (110 hab., 726 ha dont 196 de bois), 11 km au NE de Vitry-le-François, est un vieux témoin du rôle stratégique du Perthois: le site est de plaine, mais sur un grand couloir de passage; un palais des rois mérovingiens avait été aménagé en 530; Pépin de Héristal y a fait tenir un concile en 689, Charles Martel et Pépin le Bref y ont résidé et celui-ci y a rencontré le pape Étienne II en 754; Charlemagne en a fait momentanément un quartier général. Il n’y en a plus trace, car il a été abandonné ensuite, et finalement dévasté par les troupes de Charles-Quint en 1544; pas de trace non plus du château qui lui avait succédé au 17e s.; seul subsiste un banal lieu-dit le Château à l’orée occidentale du village; Ponthion a toutefois une église classée à porche roman (11e et 15e s.). Un peu plus à l’est, Étrepy (150 Stirpiens, 763 ha), 18 km ENE de Vitry-le-François, ancienne châtellenie, sur la rive gauche de la Saulx, a conservé un château entouré de douves (18e s.) et une église du 16e s., classée.

Juste à l’est, les deux agglomérations de Sermaize-les-Bains et Pargny-sur-Saulx apparaissent comme les exceptions urbaines d’un canton très rural. Au sud des deux villes, s’étale la forêt, dans les sables verts albiens et les argiles du gault. Cheminon (650 hab., 2 760 ha dont 1 786 de bois), 7 km au SE de Pargny et Trois-Fontaines-l'Abbaye (240 hab., 4 371 ha dont 3 705 de bois), 4 km plus loin et 11 km au nord de Saint-Dizier, y occupent des clairières fermées. Cheminon a une église du 16e s. et une curieuse halle en bois en travers de la route, un petit musée des arts et traditions populaires; le village est issu d'une abbaye cistercienne d'hommes fondée en 1103-1110 et passée ensuite sous l'autorité de Trois-Fontaines; deux petits hauts fourneaux y ont fonctionné au 18e et au 19e s., liés à un gisement local de fer encore exploité dans les années 1870. Un stockage souterrain de gaz (500 à 800 Mm3) a été équipé en 2004. Trois-Fontaines cultive tout autant les souvenirs de son glorieux passé monastique et industriel en forêt.

Trois-Fontaines et sa forêt

La commune marnaise de Trois-Fontaines-l'Abbaye est limitrophe des départements de la Meuse et de la Haute-Marne. C'est la troisième commune du département de la Marne par la surface forestière, après les argonnaises Vienne-le-Château et Sainte-Menehould, mais le support écologique en est différent: il s'agit de sables et d'argiles du crétacé inférieur, modelés en larges collines. La faille de Cousances, SO-NE, se prolonge jusqu'ici. La forêt, une belle chênaie-hêtraie, est très largement domaniale; nombre de ses routes sont interdites mais le GR 14 la traverse; on y trouve de petits étangs, et plusieurs maisons forestières. Au nord, elle abrite un vaste ensemble de pistes et d'installations d'un camp américain de 1945 où des prisonniers allemands ont été employés à l'exploitation forestière.

Les habitations occupent une longue clairière centrale qui accompagne la haute vallée de la Bruxenelle et compte plusieurs autres petits étangs. En aval, au NO, le Fays est un hameau aux maisons espacées, avec un château; au SE se tient le hameau principal, autour de l'ancienne abbaye; puis la ferme de la Grange des Trois-Fontaines; en bout de clairière au sud, la grosse ferme isolée de Beaulieu; enfin, à la limite du département, une autre clairière ouverte sur la commune meusienne de Baudonvilliers est exploitée par la ferme de Lombroie. Des hauts fourneaux ont fonctionné sur ce site au début du 19e s.

L'abbaye des Trois-Fontaines a été fondée au début du 12e s. (1103-1116) par les cisterciens dans ce qui se nommait alors la forêt de Luiz, ou Lieu. Les bâtiments ont été refaits au 18e s., mais l'abbaye est désaffectée depuis la Révolution et assez dégradée; elle est toutefois classée. Les moines y ont détourné la Bruxenelle, qui passe en souterrain. La commune, qui était une annexe de Cheminon jusqu'à la Révolution, a une école, mais pas de commerce; «village fleuri», salle de spectacles avec «mois médiéval»; réserve nationale de chasse, forte présence de l'Office national des forêts; 5 exploitations agricoles, pour 367 ha dont 162 en herbe. Les trois «fontaines», en fait des sources, assorties d'étangs, sont celles de Saint-Blaise (étang de la Folie), de Saint-Loup (source de la Bruxenelle) et de Lentille (à Neuve Maison). La forêt de Trois-Fontaines, dans son ensemble, s'étend sur 5 communes et 7 500 ha dont 5 200 aux domaines. Elle a longtemps marqué l'une de ces frontières hésitant entre royaume et empire.


Pargny-sur-Saulx

1 980 hab. (Pargnysiens), 1 244 ha, commune du département de la Marne dans le canton de Thiéblemont-Farémont, 20 km ENE de Vitry dans la vallée de la Saulx, desservie par la voie ferrée Paris-Strasbourg et le canal de la Marne au Rhin (halte nautique). La ville a un bon équipement commercial et de services, avec un centre culturel. La population a connu son maximum en 1975 (3 000 hab. sdc) mais a beaucoup perdu depuis, et encore 220 hab. (-10%) entre 1999 et 2008.

Pargny conserve une tradition industrielle fondée sur la terre cuite: une grande partie du finage est sur les argiles du gault et quatre tuileries subsistent. Le plus gros employeur est la tuilerie Imerys, ancienne Huguenot-Fenal (170 sal.). Les tuileries ont quelque ancienneté: celle du Mont du Cerf avait été installée dès 1817; la tuilerie Huguenot a été mécanisée dès 1860; en 1873, une grande tuilerie mécanique était installée au Bois du Roi par l’entreprise Gilardoni, repliée d’Altkirch; il en reste un château de briques rouges et un musée de la Tuile. Une usine Orflam Plast (briquets et gadgets publicitaires), du groupe de Saint-Dizier, s’était fait remarquer par des rejets de thorium (risque de pollutions radioactives), obligeant à une réhabilitation du site.


Sermaize-les-Bains

2 200 hab. (Sermaiziens), 1 789 ha dont 916 de bois, commune du département de la Marne dans le canton de Thiéblemont-Farémont, 26 km ENE de Vitry dans la vallée de la Saulx. C'est une bourgade industrieuse et marchande qui, avec Pargny, forme un couple original sur le principal passage entre Champagne et Lorraine. Le canal de la Marne au Rhin et la voie ferrée Paris-Strasbourg y suivent la vallée de la Saulx. La tradition industrielle est ancienne, et Sermaize a même eu des hauts fourneaux et une tréfilerie, en partie liés au couloir de passage, au fer local et aux forêts. Aujourd'hui l'employeur principal (120 salariés) est la sucrerie, à la fois sur le canal et le chemin de fer, installée depuis 1854; elle a lancé la culture de la betterave dans le Perthois et a été assortie d'une raffinerie en 1897, mais ne sert plus qu'au conditionnement des produits des autres sucreries du groupe Cristal-Union; transformation des plastiques (Alfaflex, 75 sal.), fabrique de cibles et pigeons d'argile, transporteurs et quelques ateliers de moins de 20 emplois. Commerces et services desservent une dizaine de communes; un collège public, maison de retraite Medica (35 sal.), discothèque (Le Mag, 35 sal.).

La ville a quelques restes de remparts, une église des 12e-13e s. Le nom viendrait des Sarmates, peuple slave dont des colonies ont été installées par les Romains en Champagne et Bourgogne au 5e s. Une source ferrugineuse dite fontaine des Sarrazins y est connue depuis longtemps; un établissement thermal ouvert en 1852 a fait en 1896 de Sermaize-sur-Saulx Sermaize-les-Bains, mais n'a jamais eu grand succès et a disparu. À l'époque, Sermaize avait 2 300 hab.; sa population est montée jusqu'à 3 000 en 1962 et décline depuis; elle est toutefois restée stable entre 1999 et 2005. La ville est le siège de la communauté de communes de la Saulx et de la Bruxenelle, qui groupe 5 700 hab. dans 6 communes, dont Pargny-sur-Saulx.