Canton de Vertus

Vertus

2 750 hab. (Vertusiens) dont 100 à part, 3 568 ha, chef-lieu de canton du département de la Marne dans l'arrondissement de Châlons-en-Champagne, 28 km à l'ouest de la préfecture et 20 km au sud d'Épernay, sur la côte des Blancs. Vertus est un des hauts lieux du champagne, et la principale ville de la Côte des Blancs; mais son finage occupe aussi une partie du plateau de Brie et de la plaine de craie. Elle a été siège d'un comté-pairie (1361), et chef-lieu d'un pays dit Vertudois; les comtes de Champagne y construisirent un château et y fondèrent deux abbayes richement dotées en terres.

Le bourg a conservé quelques éléments anciens, à mi-versant de la côte viticole, entouré d'une ceinture de boulevards bien dessinés, correspondant aux anciennes murailles. «Village fleuri», il a un collège public, et tous les commerces et services d'un bourg, une maison familiale rurale, une maison de retraite publique. Le poète Eustache Deschamps est né dans la commune en 1328. Tout le versant de la côte d'Île-de-France, exposé plein est, se trouve couvert par 534 ha de vignes d'AOC champagne, dont 476 de chardonnay et 55 de pinot noir: c'est la première commune de la Côte des Blancs par la superficie.

Plusieurs grandes marques y ont des vignobles, notamment Veuve Clicquot; Duval-Leroy (80 salariés), Saints Georges (30 sal.) et Barancourt (20) sont les principales des firmes locales; trois coopératives vinicoles; silos, commerce en gros d’articles métalliques pour le bâtiment (Loppin et Jean, 90 sal.), centrale d’approvisionnement des viticulteurs (Appro Champagne Développement, 40 sal.); supermarché Carrefour (40 sal.); travaux publics Fondéole (20 sal.).

Le haut de côte, où l'on trouve des grottes, est en partie aménagé en parcours sportif. Vertus est le siège de la communauté de communes de la région de Vertus, dont le territoire, compact, associe 26 communes pour 35 000 ha (9 100 hab.) depuis 1994. La population communale est restée relativement stableelle avait tendance à diminuer depuis 1980 mais a regagné 130 hab. après 1999..

Le canton a 7 000 hab. (6 400 en 1999), 22 communes et 34 502 ha. Les deux tiers s'étendent dans la plaine de craie, drainée par la Somme-Soude et son affluent la Berle, dans les vallées desquelles se sont établis presque tous les villages, qui ont peu d'habitants. Pocancy (160 Pocanciens, 2 693 ha), 13 km ENE de Vertus, a une usine de déshydratation de la luzerne et le grand parc d'un château. Tout près de Pocancy à l'ouest dans la vallée de la Berle, Saint-Mard-lès-Rouffy (160 Saint-Mariots, 690 ha) a gagné 70 hab. entre 1999 et 2008, plus de 75%, un record; la commune accueille les transports Antoine et Rousselle (20 sal.).

À l'ouest, le canton inclut la partie méridionale de la côte des Blancs, un fragment du plateau de Brie très boisé où s'étend la forêt de Vertus, et une partie du marais de Saint-Gond. Tout au sud, Écury-le-Repos (65 Écurots, 996 ha) marque, par le coude brusque de la Somme, l'endroit où celle-ci a été capturée par un vallon de la Soude, abandonnant ainsi les marais de Saint-Gond encombrés d'alluvions, et laissant en Brie une large vallée maintenant occupée par le Petit Morin. Un peu en aval sont les villages de Clamanges (220 Clamangeots, 2 359 ha) et Villeseneux (220 Villesenentais, 2 586 ha) sur la Somme, qui ont reçu au nord un parc de 6 éoliennes (10 MW). Pierre-Morains (95 hab., 1 344 ha), 10 km au sud de Vertus, a une belle église clasée des 12e-13e s. Plus à l'est, Germinon (130 Germinonais, 1 961 ha), qui est sur la Somme-Soude juste en aval de la confluence de la Somme et de la Soude, a vu se déployer sur son territoire à l'est du village un vaste parc de 30 éoliennes (75 MW) de la société Erelia (GDF-Suez), le plus puissant du département.

Val-des-Marais (570 hab., 3 985 ha) est issue d’un regroupement de quatre communes de 1976, Aulnay-aux-Planches, Aulnizeux, Coligny et Morains; elle s'est accrue de 70 hab. entre 1999 et 2008. Son finage englobe une bonne part des marais, d’où l’on extrait encore un peu de tourbe; distillerie du groupe sucrier Tereos (40 sal., 400 000 hl/an) à l’ancien village de Morains; à Aulnay, grosse installation de déshydratation; à Coligny, coopérative agricole (25 sal.) et silos, fabrique d’aliments du bétail (Sativa, 65 sal.), entrepôts et gare sur la voie ferrée de Sézanne à Épernay; 30 ha d’AOC sont cultivés sur le revers du mont Aimé; un entrepreneur assure transports et travaux aériens par hélicoptère (Bouquemont-TAB). Le territoire révèle de nombreuses traces de la civilisation des Champs d’urnes et de l’époque gallo-romaine; le dolmen de la Plaque se voit à Aulnay, où l’on a trouvé un cimetière d’environ 1000 à 500 ans avant notre ère, avec des céramiques; musée d’archéologie à Aulnizeux; quelques vignes sur la côte (29 ha).

Vert-Toulon (310 Vérats, 2 204 ha dont 362 de bois), 13 km au SO de Vertus, résulte d’une autre fusion de communes de 1973, Vert-la-Gravelle et Toulon-en-Montagne; au contact de la côte, d’une butte-témoin, de la plaine crayeuse et des marais, ce fut un foyer d’agronomie au 19e s.; 98 ha de vignes AOC (coopérative), église classée, négoce de matériel agricole Ravillon (140 sal.). Juste au sud de Vertus (3 km), Bergère-lès-Vertus (580 Bergeronnets, 1 828 ha) a un nom qui prête à sourire mais qui n’évoque en réalité que d’anciennes bergeries près de Vertus; outre ses vignes (220 ha AOC de la Côte des Blancs), une hostellerie (Mont Aimé, 30 sal.) et un transporteur (Fontaine Doyen, 40 sal.); la commune est surtout connue pour occuper la plus grande partie de la butte du mont Aimé…

Le mont Aimé

Le mont Aimé est une butte-témoin de la côte d'Île-de-France, dans le prolongement du Cormont, parvenant à 237 m. C'est l'un des hauts lieux de la Champagne. Boisé, repérable de loin, il a longtemps servi de lieu défensif: il fut un oppidum gaulois et les comtes de Champagne y firent édifier en 1210 un château, dit de la reine Blanche, détruit par Salisbury en 1424 et dont il reste quelques murailles; on y a brûlé 183 hérétiques (dits manichéens) en 1239; point de vue et table d'orientation. La butte est partagée entre les communes de Bergères-lès-Vertus et Val-des-Marais; les basses pentes exposées à l'est et au sud sont couvertes de vignes d'AOC champagne. L'orthographe actuelle repose sur un jeu de mots: car le mont fut (mons) Wavinarum (696) ou Witmar (877), devenu Aymeri en 1162, écrit aussi Ymeri, Huimeri, Wimari, puis Moymeri, Montymer (prononcé Montimé), d'où Montaymé à partir de 1605; le hameau était même Moymer la Ville du 13e au 16e s. Il s'agit donc d'un Montimer, ou Montaymard, d'appellation germanique. Le nom de Mont-Aimé a été porté par Bergères-lès-Vertus sous la Révolution.