Cantons de Saint-Dizier

Saint-Dizier

27 400 hab. (Bragards) dont 990 à part, 4 769 ha, sous-préfecture de la Haute-Marne à l'extrême nord du département, sur la rive droite de la Marne. Le gentilice viendrait de la brague, mât fixé sur les bateaux et trains de bois flotté jadis lancés de Saint-Dizier sur la Marne. Au centre, sur une terrasse, se tenait une forteresse; il en reste des éléments de remparts, bordés au sud par le parc public du Jard qui les sépare de la Marne, et une grosse bâtisse de 4 étages à tours rondes, qui loge la sous-préfecture. Le centre-ville est juste au nord-ouest, animé par la place de l'hôtel de ville (A. Briand). À l'est se tenait le vieux village de vignerons de Gigny; à l'ouest, le quartier de la Noue est issu du village des bateliers de la Marne et en a hérité son plan, formé d'une série de ruelles parallèles, les voyottes, bordées de petites maisons. À l'écart de la ville en amont, s'était établi le quartier des fonderies, paradoxalement appelé Marnaval. Enfin, à partir de 1952, s'est édifié de l'autre côté de la N 4, au nord-est de la commune, le grand ensemble du Vert-Bois, alors exemplaire et assez bien pourvu d'équipements à la hauteur des 7 000 logements appelés par l'extension de la base aérienne militaire et les perspectives de développement de l'après-guerre.

Du lointain passé il reste peu, car la ville a été plusieurs fois ravagée par les armées, et un gigantesque incendie a détruit beaucoup de maisons en 1775; on visite la maison Parcollet, belle demeure à pans de bois et encorbellement, l'un des rares rescapées. La ville est fleurie (trois fleurs) et propose un musée municipal (polyvalent), un musée de la Brasserie (une ancienne spécialité locale), et de façon plus originale un circuit des fontes d'art, collection d'œuvres réalisées surtout par Hector Guimard et symbolisant l'union de l'architecture et de la fonderie.

La ville a été, comme ses environs, un lieu d'industrie métallurgique. Son développement a été impulsé dans les années 1950 par la conjonction de trois innovations: la transformation du petit aérodrome en base de l'Otan à partir de 1950, le succès de la famille Ortiz dans les glaces Miko, l'installation d'une grande usine de matériel agricole International Harvester. De la première est issue la Base aérienne 113, qui fixe quelque 2 000 personnes, militaires ou civiles. La seconde, résultat d’une histoire à succès d’un marchand de glaces espagnol immigré, avisé et entreprenant, qui a créé l’usine et la marque Miko, perdure avec 230 emplois (600 en 2005); mais la firme, devenue Cogesal, a été acquise par le trust Unilever en 1994. La troisième a eu jusqu’à 2 700 salariés, puis connu plusieurs changements et des crises; elle conserve 340 salariés (730 en 2005) sous le drapeau de firme McCormick, mais elle est passée en fait à l’italien Landini (groupe Argo), qui dispose aussi sur place du négoce de matériel agricole Argo (85 sal.), avant d'être cédée en mars 2011 au chinois Yto, dont elle porte désormais le nom.

La métallurgie reste bien représentée, avec la fonderie d’acier indépendante Hachette et Driout (430 sal.), créée en 1868; la fabrique de matériel de travaux publics Amman Yanmar (220, société mixte nippo-suisse, installée en 1990); Ferro (160 sal., italien), qui fabrique des émaux pour vaisselles et batteries de cuisine dans l’ancienne usine Japy-Marne; le laminage de feuillards Etilam (groupe Arcelor, 140 sal.); la fonderie de fonte FBMA (Fonderie bragarde de machinisme agricole), devenue Focast (105 sal.): issue en 2004 du retrait de Valfond, elle a été reprise en 2007 par Sifall, d'origine italienne, devenu Focast-Pebeco et finalement racheté en 2010 par le luxembourgeois Ogepar, issu de capitaux belges et très présent au Congo et au Burundi…; serrurerie-ferronnerie Métalux (110 sal.); tréfilage à froid Arcelor-Mittal ex-Tréfileurope (95 sal.); les Fonderies de Saint-Dizier (45 sal.); chaudronnerie agricole Ronot (55 sal., créée en 1905 et liée à l’alsacien Bieber depuis 1986) et chaudronnerie RIB (40 sal.); mécanique CRD (50 sal.), traitement de surfaces de l’Européenne de Chromage (30 sal., passée à l’italien Electropoli), mobilier de bureau et de magasins Manathan (50 sal.).

Dans d'autres domaines, l’Économique Bragarde emploie 140 salariés à l’industrie de la viande, Calin 70 à la fabrication de bétons. Saint-Dizier a reçu un hypermarché Leclerc (180 sal.) (un autre, Cora, est à Bettencourt), deux Intermarché (45 et 40 sal.), un Simply (30 sal.), des magasins Brico-Dépôt (50 sal.), MrBricolage (50 sal.), Decathlon (40 sal.), Conforama (35 sal.); négoce de quincaillerie Prévôt Smeta (55 sal.), installations électriques Forclum (70 sal.) et Electro-Industrie (55 sal.); transports Gondrand (50 sal.), Contignon (35 sal.), Lenoir (35 sal.); travaux publics Eurovia (40 sal.); nettoyage Derichebourg (165 sal.), enlèvement des ordures Sita Dectra (50 sal.), publicité Adrexo (140 sal.), Mediapost (60 sal.), Publi-Essor (40 sal.). La SNCF déclare 230 sal., EDF-ERDF 170 sal.

La ville a un centre hospitalier public (300 lits) et un hôpital psychiatrique, une clinique privée (François Ier, 77 lits, 120 sal.), six collèges dont deux privés, quatre lycées publics dont deux professionnels, trois lycées privés dont un professionnel. Au sud de la ville dans la forêt du Val, s’isole l’Institut médico-éducatif de Bois-l’Abbesse pour enfants handicapés (avec centre d’aide par le travail). Alors que la ville a engagé depuis 1996 un vaste programme de rénovation urbaine, l’ensemble des activités de Saint-Dizier connaît une crise difficile en 2005-2006. La ville compte deux «zones urbaines sensibles», le Vert-Bois et Grand Lachat. Dirigée à gauche jusqu'en 1995, la municipalité a depuis pour maire François Cornut-Gentille, UMP, député.

La population de la commune avait constamment progressé du début du 19e s. (5 600 hab.) à 1975 (37 300 sdc), passant par 14 500 en 1900 et 19 000 dans les années 1930, 26 000 en 1954, 34 000 en 1962. Elle diminue depuis 1975 et a perdu 5 300 hab. (-16%) entre 1999 et 2008. La ville anime une communauté de communes de Saint-Dizier, Der et Perthois qui réunit 8 communes et 35 600 hab., la plus peuplée du département. L’unité urbaine Insee est donnée pour 33 800 hab., l’aire urbaine pour 51 900. L’arrondissement a 73 000 hab. (78 800 en 1999), 11 cantons, 114 communes, 157 142 ha.

Les 4 cantons totalisent 37 100 hab., 13 communes et 20 101 ha, dont 6 342 de bois. Le canton Saint-Dizier-Ouest a pour chef-lieu la commune d'Éclaron-Braucourt-Sainte-Livière. Le canton Centre ne concerne qu'une partie de Saint-Dizier. Chancenay (1 070 hab., 986 ha dont 398 de bois) est en banlieue NE de la ville sur la route de Bar-le-Duc (N 35), limitrophe des départements de la Marne et de la Meuse et empiète sur la forêt domaniale de la Haie-Renaut; sa population a perdu 100 hab. entre 1999 et 2008. Bettancourt-la-Ferrée complète le canton Nord-Est.

Dans le canton Sud-Est, Chamouilley (860 Camoléusiens, 781 ha), 8 km au SE du chef-lieu en bordure du département de la Meuse, sur la rive droite de la Marne, est proche de Cousances-les-Forges (Meuse); canal, fabrique de panneaux de fibres moulés Renfortech (40 sal., ex-Isoroy cédé en 2007), menusierie Audinot (30 sal.), plâtrerie Bertin (30 sal.), quelques ateliers. Roches-sur-Marne (610 Rochois, 787 ha), est juste en face de Chamouilley sur la rive gauche de la Marne; gare, N 67; forêt du Val à l’ouest. Chamouilley et Roches ont perdu chacune une cinquantaine d'habitants entre 1999 et 2008.