Canton de Villerupt

Villerupt

9 700 hab. (Villeruptiens), 656 ha, chef-lieu de canton de la Meurthe-et-Moselle dans l'arrondissement de Briey, 28 km au nord de Briey. La ville est dans la haute vallée de l'Alzette juste en arrière de la côte de Moselle, et fut un centre d'extraction du fer et d'industries métallurgiques; nombreuses cités sur le plateau au sud du centre-ville, autour de Cantebonne. Il ne lui en reste que le paysage. La commune n'avait que 700 hab. en 1870; elle est passée à 5 000 en 1900, 11 000 en 1931, et a culminé à 14 800 (sdc) en 1968, puis a beaucoup perdu, dont 120 hab. entre 1999 et 2008.

Elle a deux collèges publics et deux cliniques, un supermarché Match (50 sal.), et tient chaque année un festival du film italien, marquant par là l'ampleur de l'immigration italienne attirée jadis par le bassin industriel lorrain. Elle fait partie, avec Audun-le-Tiche en Moselle et Esch au Luxembourg, d'un territoire transfrontalier de 9 communes qui vise à améliorer les échanges et à traiter les friches industrielles; des 9 communes, 5 sont en France mais ne comptent que 20 000 habitants sur un bassin de 70 000, dont la plupart des travailleurs ont leur emploi au Luxembourg, à Esch et alentour.

Le canton a 16 900 hab. (16 300 en 1999), 12 communes, 11 110 ha dont 2 892 de bois. Il est limitrophe du département de la Moselle et touche au SO à celui de la Meuse, mais n'atteint pas tout à fait la frontière luxembourgeoise, et s'étend sur le plateau du Pays Haut au sud-ouest de Villerupt. Il va au sud jusqu'à la vallée de la Crusnes. Thil (1 640 hab., 332 ha), petite commune juste à l'ouest de Villerupt, qui lui fut intégrée entre 1812 et 1841, eut des mines de fer, et jusqu'à 3 200 hab. en 1962; elle a repris 40 hab. après 1999.

Les galeries de la mine de Tiercelet ont servi fin 1943 et jusqu'à fin 1944 à camoufler et protéger des installations allemandes d'armes de guerre, à la suite des bombardements de Peenemünde, entraînant la création du seul camp de travail forcé établi en France hors des régions annexées, et d'ailleurs annexe du Struthof. Ce camp a eu au moins 850 détenus, et selon certaines estimations plutôt 2 000, au profit d'une firme industrielle qui avait choisi pour nom Minette GmbH en raison de sa localisation dans les anciennes mines de fer, et qui a duré jusqu'en 1957… Les installations du camp ont fini par être dégradées et disparaître, mais le four crématoire a été préservé et sert de crypte-mémorial.

Le village de Tiercelet (690 Tiercelins, 768 ha dont 307 de bois) est à 2 km au SO de Thil et a un atelier de traitement de surface (Socotub, 70 sal.), une entreprise de démolition et désamiantage (Prestosid, 115 sal.); sa population s'est accrue de 180 hab. entre 1999 et 2008 (+35%). Villers-la-Montagne, entre Longwy et Villerupt, a pris une place prééminente dans l’industrie. Morfontaine (1 150 hab., 1 142 ha dont 334 de bois) est au sud de Villers et contient à l’est du village une cité minière; elle a eu 270 hab. en 1931, 1 200 en 1962 et a gagné 220 hab. après 1999.

Baslieux (580 hab., 1 017 ha dont 245 de bois), à 8 km au SO de Villers sur le plateau, se double aussi au nord-ouest d’une cité minière, proche d’une butte montant à 396 m et qui porte le nom désuet du Haut de la Vigne; sa population a évolué comme celle de Morfontaine (350 hab. en 1931, 1 200 en 1954) et s'est accrue de 40 hab. après 1999. Tout au sud du canton, Fillières (480 hab., 1 421 ha dont 373 de bois), 11 km SO de Villerupt, a gagné 80 hab. depuis 1999; elle a une nécropole nationale et propose un musée campagnard.


Villers-la-Montagne

1 530 hab. (Magins), 1 812 ha dont 357 de bois, commune de la Meurthe-et-Moselle dans le canton de Villerupt; le village est à 10 km à l’ouest de Villerupt et 7 km au SE de Longwy, traversé par la N 52. Il fut l’un des sites choisis pour les mirifiques projets de la firme Daewoo dans les années 1990; mais l’usine, qui fabriquait des fours à micro-ondes et occupait 230 personnes, a fermé dès 2002). Toutefois, Villers-la-Montagne a heureusement sur sa vaste zone industrielle des établissements plus solides, massivement orientés vers la construction d’automobiles, qui font de la commune le premier ensemble industriel au nord du département.

FVM Technologies, ex-MB Automotive, est une fonderie de pièces d’aluminium moulé pour automobiles (420 sal.), cédée en 2002 par le groupe Peugeot PSA à l’italien Manzoni-Bouchot puis passée au groupe français Arche. Eurostamp fait des pièces de carrosseries d’automobiles avec 370 salariés (groupe italien Magnetto). Faurecia a ouvert en 2007 une nouvelle usine de sièges pour automobiles (155 sal.). Sealynx Automotive (70 sal.) fabrique des joints de caoutchouc et composites pour l’automobile, dans une usine créée en 1989 par l'italien Saiage, et passée ensuite successivement au japonais Tokai, à BTR, à l'allemand Metzeler.

L'atelier de plasturgie du groupe suisse Ebo (55 sal.) fait des cheminements de câbles, Andrin (60 sal.) des électro-aimants, Meiser (30 sal.) des planchers métalliques à la suite du Caillebotis Tolartois; constructions métalliques Batiroc (25 sal.), articles en caoutchouc Rubber & Plastic Systems (35 sal.), boulangerie industrielle Panifrance (65 sal.); un centre d’aide par le travail; bricolage Weldom (20 sal.); enlèvement d'ordures Barisien (25 sal.).

La population augmente depuis le creux des années 1930, au-dessous de 900 hab. Néanmoins, la population de la commune, qui était de 1 000 hab. autour de 1900, en 1962 et en 1975, reste modérée, la plupart des travailleurs venant du bassin de Longwy et de celui de Villerupt: c’est une sorte de zone industrielle en rase campagne. La croissance a été de 170 hab. entre 1999 et 2008.