Canton de Varennes-en-Argonne

Varennes-en-Argonne

700 hab., 1 181 ha dont 476 de bois, chef-lieu de canton du département de la Meuse dans l'arrondissement de Verdun, 40 km ONO de la ville. Le village est au bord de l'Aire, au pied du talus oriental du massif de l'Argonne, au débouché de l'une des traversées de l'Argonne, rendue célèbre par l'arrestation de la famille royale en fuite vers l'Allemagne en juin 1791. Il s'est malheureusement trouvé sur la ligne de front de 1914-1918. La commune mord à l'ouest sur le massif forestier, à la hauteur du tristement connu bois de la Gruerie, et contient le site de guerre dit des Abris du Kronprinz. Varennes a un musée de l'Argonne, et le vaste monument du mémorial de Pennsylvanie, en hommage aux victimes états-uniennes de 1917-1918.

Le village conserve une ancienne tour de l'horloge dans la ville haute; la ville basse a un collège public, un petit ensemble de commerces et services et quelques entreprises, dont fabrique danoise de produits pharmaceutiques Allerbio (ALK Abello, 125 sal.) et la métallerie CTA (Chaudronnerie Tôlerie de l’Argonne, 30 sal.). La population se maintient à peu près depuis la guerre, mais à un niveau très inférieur à celui de la première moitié du 19e s. (1 600 hab.). Varennes est associée à Montfaucon-d'Argonne dans la communauté de communes de Montfaucon-Varennes.

Le canton a 1 500 hab., 12 communes, 15 362 ha dont 6 529 de bois; il est limitrophe des départements de la Marne et des Ardennes. En Argonne, Lachalade (57 Chaladiers, 1 945 ha dont 1 680 de bois), 12 km au SO de Varennes, se tient dans l'étroite vallée de la Biesme à la limite de la région, où s'était établie une abbaye cistercienne, succédant à un monastère bénédictin, et dont il reste une église gothique du 14e s. Le nom du village est conforme au site: il évoque un défilé. La commune fut sur le front de guerre et son territoire, limité au massif, est presque entièrement occupé par la forêt de la Haute Chevauchée; nécropole nationale et monument commémoratif. Une voie romaine, dont les traces sont visibles en Champagne, passait par le sud de la commune, à peu près à la hauteur du monastère. La population était de 650 hab. vers 1836, mais elle était déjà tombée à 330 en 1911.

Boureuilles (130 hab., 2 133 ha dont 1 160 de bois), 4 km au sud de Varennes au bord de l'Aire, est un village-rue reconstruit après 1918; la commune s'étend aussi sur le massif argonnais dans la Haute Chevauchée; Boureuilles a eu plus de 800 hab. en 1840, 400 en 1911. Vauquois (22 hab., 814 ha dont 362 de bois), 5 km au SE de Varennes, fut un lieu de combats de la Grande Guerre, exacerbés par la présence de buttes en avant de l'Argonne, devenues une position forte des troupes allemandes dès 1914 et objet de féroces combats jusqu'à la fin de 1915. L'ancien village perché a été détruit, le nouveau a été construit au pied des buttes; nécropole nationale, monument du champ de bataille; au village, un musée est consacré à l'artisanat des tranchées. Vauquois avait plus de 300 hab. entre 1800 et 1860 mais seulement 170 en 1910.

Avocourt (130 hab., 1 466 ha), 5 km à l'est de Vauquois, occupe une quasi-clairière et a aussi sa nécropole. Un peu plus loin, Esnes-en-Argonne (130 hab., 1 476 ha dont 499 de bois) est juste au pied de la côte des Bars; nécropole nationale au-dessus du village; au nord, un monument rappelle les combats (1916-1917) de la cote 304, promontoire proche des buttes du Mort Homme. Le petit village de Malancourt (80 hab., 1 652 ha dont 882 de bois), 6 km NNO d'Esnes et 5 km au SE de Montfaucon, se tasse dans une échancrure de la côte des Bars, juste à côté du village détruit d'Haucourt. Il avait dépassé le millier d'habitants entre 1830 et 1890 et en avait encore 720 en 1911; il n'a jamais pu remonter au-delà de 170 hab. et s'est encore dépeuplé.