Canton de Moyeuvre-Grande

Moyeuvre-Grande

8 200 hab. (Moyeuvriens), 959 ha dont 398 de bois, chef-lieu de canton du département de la Moselle dans l'arrondissement de Thionville-Ouest, 19 km au SO de Thionville. La ville est dans la vallée de l'Orne, au débouché du vallon encaissé du Conroy. Le nom ancien fut Modover, ce qui renvoie soit à ruisseau bruyant, soit à la colline fortifiée du ruisseau, et la ville fut simplement Gross-Moyeuvre au temps allemand. Le fer y fut extrait dès le Moyen Âge, mais la première fonderie industrielle, comme le château renaissance, datent des alentours de 1600. La famille De Wendel reprit mines et forges à la faveur de l'occupation allemande, et transforma le château en hôpital; Moyeuvre avait au début du 20e siècle aciérie et cokerie; la sidérurgie s'est arrêtée dès 1970, la dernière mine de fer a fermé en 1993. Depuis, on déplore quelques affaissements, qui ont obligé d'évacuer des maisons, et des problèmes de pollution des eaux après l'ennoyage des galeries.

La ville a évolué vers l'habitat et les activités tertiaires, sans véritable reconversion industrielle: aucune entreprise de production n'atteint 50 emplois; elle a un collège et un lycée professionnel publics, un hôpital privé de 50 lits; constructions métalliques Étilor (40 sal.), menuiserie d'aluminium AFS (20 sal.), supermarché Match (20 sal.). Son territoire occupe trois éléments de plateau au-dessus du centre-ville, de l'autre côté du Conroy sur le plateau de Froidcul où a été construit toute une cité de logements, maintenant classée en «zone urbaine sensible», et de l'autre côté de l'Orne au sud, où le finage s'avance en pointe en direction de Montois. La population communale était déjà étoffée en 1866, avec 3 200 hab.; elle est passée à 9 600 en 1911, 12 300 en 1931, et a culminé à 15 100 en 1962; elle diminue depuis et a perdu encore 900 hab. de 1999 à 2008.

Le canton a 21 000 hab. (21 200 en 1999), 6 communes, 3 507 ha dont 1 824 de bois; il est limitrophe de la Meurthe-et-Moselle. Moyeuvre-Petite (520 hab., 543 ha dont 451 de bois) est à 3 km en amont du chef-lieu, dans la vallée du Conroy, et entourée de bois; elle fut réunie au chef-lieu de 1811 à 1833, et sa population a assez peu changé, mais aperdu 50 hab. après 1999. Les autres communes, d'amont en aval Rosselange, Clouange, Vitry-sur-Orne et Gandrange, sont plus peuplées.


Clouange

3 930 hab. (Clouangeois), 301 ha dont 212 de bois, commune de la Moselle dans le canton de Moyeuvre-Grande, 4 km à l’est du chef-lieu dans la vallée de l’Orne, face à Rombas; métallerie Sommet (65 sal.), mécanique des Ateliers de Clouange (25 sal.), boulangerie industrielle du Fournil de la vallée de l’Orne (30 sal.); supermarché U (85 sal.), produits laitiers Lorraine Service Frais (45 sal.). La commune avait été réunie à Vitry-sur-Orne en 1810 mais s’en est séparée un siècle après (1907), avec 3 000 hab.; sa population a culminé à 4 100 hab. en 1975. Elle a regagné 250 hab. de 1999 à 2008.


Gandrange

2 770 hab. (Gandrangeois), 408 ha, commune de la Moselle dans le canton de Moyeuvre-Grande, au débouché de l'Orne, rive gauche, dans la plaine de la Moselle, à 7 km ENE de Moyeuvre et face à Amnéville. C'est la seule commune du canton à avoir conservé une usine sidérurgique: Ispat-Unimétal emploie un millier de personnes et fabrique surtout du fil métallique, avec une capacité de 1,5 Mt/an. Usinor l'a cédée en 1999, donc bien avant qu'elle ait absorbé le groupe Arcelor, à la firme indienne Mittal, qui avait déjà une usine comparable à Schifflange au Luxembourg et 8 autres usines en France (filiales SMR et Tréfileurope), mais qui annonce une ample vague de licenciements; Ispat a été créée en 1976 en Indonésie.

L'usine de Gandrange avait 2 500 sal. en 1993, 1 050 en 2006; elle en a 630 en 2011 et son aciérie a été fermée en 2009. Les licenciements intervenus et une menace de fermeture ont été à l'origine de nombreuses polémiques autour de l'attitude des pouvoirs publics dans les années 2008-2009, et notamment de déclarations du Président de la République. Parmi les petites entreprises, n'apparaît plus guère que la métallerie Wallerich (20 sal.). La commune avait perdu en 1902 le territoire d’Amnéville; elle n’avait pas 400 hab. en 1896 et n’a atteint le millier qu’en 1954, puis elle a culminé à 2 700 (sdc) en 1968; la population oscille un peu depuis; elle s'est augmentée de 200 hab. entre 1999 et 2008.


Rosselange

2 980 hab. (Rosselangeois), 535 ha dont 358 de bois, commune de la Moselle dans le canton de Moyeuvre-Grande, dans la vallée de l’Orne juste en aval du chef-lieu; le plateau au-dessus de la ville est resté boisé. La commune avait 680 hab. en 1866 et était passée à 3 000 en 1911; elle a atteint 4 100 hab. en 1931 et culminé à 5 100 en 1962; elle se dépeuple depuis et a perdu 120 hab. de 1999 à 2008. Quelques entreprises: établissement AB-Serve (Vaglio) de services aux industries (nettoyage, transport, déblaiement), 100 sal.; sondes et capteurs Soled (25 sal.); assainissement Sanest (65 sal.).


Vitry-sur-Orne

2 810 hab. (Vitryiens), 761 ha dont 396 de bois, commune de la Moselle dans le canton de Moyeuvre-Grande, 5 km ENE du chef-lieu dans la vallée de l’Orne au passage de la N 52; la vallée sort ici du plateau du Pays Haut en débouchant dans la plaine de la Moselle. Au nord du bourg, un vallon échancre la côte et porte encore le château de Justemont, héritier d’une abbaye de prémontrés qui avait favorisé la culture de la vigne sur ces versants exposés au sud. Un centre d’aide par le travail de 80 handicapés occupe le château; la commune a aussi un collège public; peintures en bâtiment Nicoletta (60 sal.). La population était de 900 hab. entre 1830 et 1886 puis est montée à 3 600 en 1906 avant de baisser brusquement (1 700 hab. en 1911); elle est revenue à 3 000 hab. en 1962 et a diminué, puis aurait repris 450 hab. de 1999 à 2008 (+19%).