Canton de Bouchain

Bouchain

4 100 hab. (Bouchinois), 1 239 ha dont 208 de bois, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement de Valenciennes, 19 km au SO de celle-ci. La vieille ville, ancienne capitale des comtes d'Ostrevent et place forte d'abord défendue par un système d'inondations dans les marais de l'Escaut, puis aménagée par Vauban, se serre sur les deux rives de l'Escaut et garde des éléments de ses fortifications, la tour d'Ostrevent (12e s.), le fort Noir et une poudrière de 1687, le bastion des Forges et des fossés côté sud. La commune s'étire du SO au NE de part et d'autre du fleuve, incluant au sud le confluent avec la Sensée et le parcours du Vieil Escaut; un terril au nord, à la limite de Rœulx au milieu des Prés du Marais. Elle a deux étangs de pêche, un parc municipal; musée d'Ostrevant, un collège public, maison de retraite. L'habitat se divise en une Haute Ville sur la rive gauche, une Basse Ville en face rive droite.

Port-Malin est l'endroit, pourvu d'une écluse, où le canal à grand gabarit Dunkerque-Escaut rejoint l'Escaut, lui-même porté à grand gabarit et canalisé vers l'aval. Vers l'amont, le fleuve n'est qu'au gabarit Freycinet, jusqu'à Cambrai où la navigation passe dans le canal de Saint-Quentin. Bouchain a une gare, un port et une centrale thermique EDF (90 sal.), ouverte en 1969, qui traite plusieurs sortes de combustibles et des déchets (cendres), a une puissance de 250 MW et fournit 540 GWh/an; elle devrait recevoiir un musée historique. Bouchain accueille en outre une fabrique d’oxyde de zinc SNCZ (45 sal.), le gardiennage Sofratel (100 sal.); supermarché Carrefour (25 sal.), transports Mettier (45 sal.). La population communale a augmenté assez régulièrement au 19e s. et au 20e s. jusqu'en 1975 (4 800 hab.), mais elle diminue depuis, perdant encore 230 hab. entre 1999 et 2010.

Le canton a 26 300 hab., 14 communes, 8 975 ha dont 272 de bois. Les communes les plus peuplées sont les plus proches de Denain, au nord-est: Lourches, Neuville-sur-Escaut et Rœulx; s'y ajoute à l'est Haspres, sur la Selle. Émerchicourt (950 Émerchicourtois dont 85 à part, 511 ha), 5 km au NO de Bouchain, est proche d'Aniche et a une motte castrale et une cité minière; la verrerie Saint-Gobain (90 sal.) s'y maintient (usine dite d'Aniche), ainsi qu'un institut médico-éducatif (135 places). La commune a été réunie sous la Révolution au village d'Azincourt, dont il ne reste qu'une ferme; elle n'avait que 45 hab. vers 1840; sa population n'a pas cessé d'augmenter ensuite, du moins jusqu'en 1999: ele a baissé de 50 hab. depuis.

Mastaing (930 Mastinois, 597 ha), à 3 km NNO du chef-lieu, est un village très fleuri (quatre fleurs), montrant même un cheval de lierre tirant un tombereau fleuri, et a une église du 16e s. classée; le nombre de ses habitants a peu changé en deux siècles, mais a un peu augmenté récemment.

Marquette-en-Ostrevant (1 700 Marquettons, 747 ha) est à 4 km à l'ouest de Bouchain et a un beau chœur d'église du 15e s.; Nettoyage de l'Ostrevant (80 sal.), maison de retraite. Elle propose une foire de la pomme de terre animée par le géant Oscar «el voleur ed pinn'ter» (le voleur de pommes de terre). La commune avait déjà ce nom en 1790, et l'a reconfirmé en 1902 après s'être simplement nommée Marquette au 19e s.; aussi Ostrevant s'y écrit-il, judicieusement, avec un a. Sa population a culminé à près de 2 500 hab. en 1881 et a diminué jusqu'en 1990; elle a augmenté de 160 hab. entre 1999 et 2010.

Wasnes-au-Bac (580 Wasnois, 519 ha), 5 km OSO de Bouchain, est longée au sud par la vallée marécageuse de la Sensée, qui y a plusieurs étangs. La commune a eu 880 hab. en 1872, 450 à son minimum de 1982. Wavrechain-sous-Faulx (440 Wavrechinois, 380 ha) est à 3 km au SO de Bouchain sur le talus qui domine les marais de l'Escaut; parc de loisirs le Fleury sur 22 ha (45 sal.) avec plan d'eau de 7 ha, nettoyage GSF (100 sal.). Sa population était en 1999 à son minimum sur les deux derniers siècles mais a légèrement repris ensuite; elle fut de 700 hab. en 1861. Hordain (1 500 Hordinois, 566 ha) est sur le versant d'en face, 3 km au sud du chef-lieu; son finage s'étend vers l'est et accueille un gros échangeur de l'A 2 et de la N 30, lesquelles traversent la commune; petite brasserie de la Choulette, transports Gefco (45 sal.) et Geodis (45 sal.). Sa population, jusqu'alors assez stable, s'est accrue de 260 hab. depuis 1999.

C'est juste au nord, en partie sur le territoire d'Hordain mais officiellement à Lieu-Saint-Amand (1 300 Lieu-Saint-Amandinois, 511 ha), 3 km à l'est de Bouchain sur le plateau, que s'est établie l'usine d’automobiles Sevelnord (2 800 sal., contre 4 100 sal. en 2005), ouverte en 1992 par accord PSA-Fiat sur le site d’une ancienne usine Simca des années 1970, devenue ensuite Peugeot Talbot. Elle occupe 161 ha et produit 350 voitures par jour, monospace Peugeot 807 par jour et utilitaires Citroën, Peugeot et Fiat. Elle y est accompagnée par Faurecia (240 sal., sièges d'automobiles) et Eurostyle Valenplast (170 sal., custodes en plastique pour véhicules, groupe allemand Möllertech), plus les transports Walon (70 sal.), le laboratoire de recherche en agrochimie Cereco (45 sal.) et les installations électriques Seger (40 sal.). Toutefois, la population communale n’a crû que lentement depuis les 800 hab. de l’entre-deux-guerres, et reste stable depuis 1990.

Avesnes-le-Sec (1 400 Avesnois, 1 039 ha) trône sur le plateau à 6 km SE de Bouchain et s'orne d'un château des 17e-18e s., ancienne dépendance abbatiale de Cambrai; menuiserie Victoire (30 sal.). Sa population décline depuis 1962, où elle atteignait 1 700 hab., mais a repris 70 hab. de 1999 à 2010. Noyelles-sur-Selle (780 Noyellois, 505 ha) est au nord-est du canton, proche de Douchy-les-Mines. Un moulin y est en activité (entreprise Morage), mais l'usine d'ennoblissement textile Béra (teinturerie, 160 sal.), reprise par Descamps puis passée à l'italien Zucchi, a fermé en 2005 après avoir reçu des aides publiques, ce qui n'a pas manqué de susciter quelque émotion. La population, jusque-là plutôt stable, a perdu 60 hab. de 1999 à 2010.


Haspres

2 800 hab. (Haspriens), 1 220 ha, commune du département du Nord dans le canton de Bouchain, 9 km ESE du chef-lieu en Ostrevant et dans la vallée de la Selle. Haspres a deux cimetières britanniques et d’anciennes maisons de mulquiniers; transports Morelle (25 sal.) et ambulances Angélique (25 sal.). Elle a eu 3 300 hab. en 1861, 3 000 en 1962; le nombre d'habitants semble être devenu assez stable.


Lourches

3 900 hab. (Lourchois), 265 ha, commune du département du Nord dans le canton de Bouchain, 5 km au NE du chef-lieu sur la rive gauche de l’Escaut, juste au sud-ouest de Denain. Elle fut une commune minière de premier plan, avec les fosses Gantois (1835-1886), Désiré (1839-1900), la Naville (1846-1936), Saint-Mathieu (1833-1924) et surtout Schneider de la Compagnie des mines de Douchy, plus l’avaleresse Dumas. La fosse Schneider (1907-1953), qui succéda à une fosse Sainte-Barbe plus ancienne (1837), atteignit 925 m de profondeur et fut la plus active de la compagnie de Douchy ; mais elle eut 9 morts en 1952 par un coup de grisou et fut inondée en 1955, ce qui entraîna sa fermeture.

Lourches a eu également une cokerie ; son territoire contient une bifurcation ferroviaire et une gare. Il accueille une métallerie (Codime, 95 sal.), la récupération de déchets Recydem (150 sal.), un Intermarché (30 sal.), un collège public, une maison de retraite (les Sinoplies, 45 sal.). Lourches avait 3 000 hab. vers 1850, 5 400 en 1900 et a culminé à 6 000 hab. entre 1936 et 1954 ; sa population a ensuite baissé jusqu’en 1990 (3 600 hab.) puis augmenté un peu (+110 hab. de 1999 à 2010). Une partie de la commune relève d’une zone franche urbaine dite Faubourg du Château-Nouveau Monde-Liberté, qui s’étend sur Escaudain, Denain et Douchy-les-Mines, et concerne 14 700 hab. sur 462 ha.


Neuville-sur-Escaut

2 600 hab. (Neuvillois), 474 ha, commune du département du Nord dans le canton de Bouchain, 3 km au NE du chef-lieu sur la rive droite de l’Escaut. Elle a eu une centrale électrique dès les années 1890 grâce à un moulin sur l’Escaut ; l’autoroute A 2 y a un échangeur avec la N 30 ; aliments du bétail Sfna du groupe Evialis (50 sal.). La commune a eu 1 000 hab en 1870, 2 000 en 1927 et un maximum de 3 300 en 1975 mais le nombre de ses habitants baisse depuis (-240 hab. de 1999 à 2010).


Rœulx

3 700 hab. (Rœulxois), 402 ha, commune du département du Nord dans le canton de Bouchain, 3 km NNE du chef-lieu ; métallerie Warin (60 sal.), coopérative agricole (Union de la Scarpe, 25 sal.), maison de retraite. Rœulx a eu un puits à charbon de la compagnie de Douchy, la fosse L’Éclaireur, creusée dès 1836 et menée jusqu’à 835 m ; l’extraction y fut arrêtée dès 1909 et elle servit ensuite à l’aérage de la fosse Schneider de Lourches. La population communale, de 1 100 hab. vers 1850, a crû jusqu’en 1975 (4 200 hab.), puis un peu diminué, mais vient de regagner 250 hab. entre 1999 et 2010.