Canton de Landrecies

Landrecies

3 700 hab. (Landreciens), 2 170 ha, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe, 19 km à l'ouest d'Avesnes. La ville est dans la plaine de la Sambre, qui a pris depuis Ors une direction SO-NE le long de la faille bordière du massif ancien ardennais, et qui y reçoit à droite la Riviérette. Landrecies, qui se considère en Thiérache, fut une place forte au 16e s., réorganisée ensuite par Vauban, mais ses fortifications ont été rasées dans les années 1890 pour faciliter le déploiement de l'industrie. Sa population a varié depuis deux siècles autour de 4 000 hab., avec un maximum à 4 700 en 1968, un minimum à 3 700 hab. en 1931; elle a perdu 300 hab. entre 1999 et 2010.

Elle a la seule gare du canton, un centre culturel, un port de plaisance (700 accostages par an), un hôtel de ville des 18e, 19e et 20e s., deux petits musées consacrés à Dupleix (1697-1763), gouverneur de la Compagnie des Indes, et au peintre Ernest Amas (1869-1959), tous deux nés à Landrecies. Elle est dotée d'un collège et un lycée publics, un centre d'aide par le travail et une maison de retraite.

Elle accueille des fabriques de carreaux de céramique Desvres (45 sal.), d’aliments du bétail Sanders (40 sal.), de pompes Renson (35 sal.) ; supermarché Carrefour (25 sal.). Le finage est bordé au nord par la forêt de Mormal. Landrecies est le siège de la communauté de communes du pays de Mormal et Maroilles (10 communes, 9 900 hab.).

Le canton a 10 700 hab., 10 communes, 11 519 ha. Ses communes sont toutes dans le Parc régional de l'Avesnois, la plupart dans un paysage de bocages à pommiers. Il est traversé par la vallée de la Sambre, que suivent le canal de la Sambre à l'Oise et la voie ferrée Paris-Maubeuge, et il s'étend en partie sur le massif ancien, en partie sur sa bordure sédimentaire du Cambrésis.

Au nord-ouest, Forest-en-Cambrésis (550 Forésiens, 887 ha) et Croix-Caluyau (250 Croix-Caluois, 401 ha), toutes deux à 10 km de Landrecies, alignent leurs maisons du SO au NE le long de la route de Bavay, l'une des chaussées d'origine romaine dites Brunehaut. Forest a été créée dans les bois en 1180, avec quelques franchises et un plan en damier; son paysage agricole est de nos jours celui de la grande culture du Cambrésis et cache des souterrains-refuges. Elle a eu plus de 1 500 hab. de 1840 à 1886, avec un maximum à 1 800 hab. en 1866, et s'est sensiblement dépeuplée depuis. Croix-Caluyau a eu 600 hab. en 1861; mais elle vient de reprendre 40 hab. (1999-2010), comme Forest.

Bousies (1 700 Bodiciens, 988 ha) est un gros village-centre, de forme ramassée, à 7 km au NO du chef-lieu, au bord du ruisseau des Harpies, ou de l'Hirondelle en amont. La commune eut une grande usine textile du groupe Seydoux, entre 1865 et 1956, forte de 1 500 emplois à son apogée. Elle a eu 3 500 hab. en 1891 et n'a pas cessé de se dépeupler jusqu'en 1999, mais reste stable depuis. Elle accueille de nombreux commerçants et artisans, la maçonnerie Ducarne (45 sal.), et propose un musée d'histoire locale dit des Évolutions. On y fête encore le houblon.

Ses maisons se prolongent vers la forêt de Mormal par les villages-rues de Robersart (190 Robersartois, 233 ha) et de Preux-au-Bois (800 Preutains ou Pétrosiens, 399 ha), la première étirée le long du ruisseau de l'Hirondelle qui est la branche supérieure du ruisseau des Harpies, le second échancrant légèrement la forêt. Robersart conserve une motte castrale à fossés sous l'église et la ferme Wattremez du 18e s. Le nom de Preux évoque un endroit pierreux (Petrosum à l'origine); Preux a un petit atelier de mécanique, issu d'une galocherie qui a fonctionné jusqu'en 1949; maison de retraite, étang de pêche. Elle a eu plus de 1 700 hab. autour de 1870 et a décliné jusqu'en 1990.

Bousies est également prolongé vers Landrecies par les maisons du village de Fontaine-au-Bois (650 Fontagnards, 768 ha), qui se tient entre la forêt de Mormal et celle du Bois-l'Évêque et dont l'habitat s'aligne sur trois chemins. La commune a une église à clocher fortifié et avait 1 100 hab. au milieu du 19e s., mais a arrêté de se dépeupler depuis 1950.

Trois communes forment la partie orientale du canton, la plus bocagère. La plus connue est Maroilles. Le Favril (490 Favrilois, 1 149 ha dont 155 de bois), dont le nom évoque une ancienne forge, est à 3 km au SE du chef-lieu sur la rive droite de la Riviérette, autre affluent de la Sambre. La commune inclut au sud-ouest le bois du Toillon; elle avait 840 hab. en 1846 et a connu son minimum de peuplement en 1975 (360 hab.). Enfin Prisches (1 000 Prischois, 2 311 ha) à 8 km au SE de Landrecies, également au bord de la Riviérette, occupe l'angle sud-est du canton le long de la limite du département de l'Aisne. La commune se flatte d'avoir en France le record de nombre de bovins par habitant (6); du moins le record vaut-il probablement au niveau de la région. Elle avait plus de 1 600 hab. en 1846 et s'est dépeuplée jusqu'en 1982 (930 hab.).


Maroilles

1 500 hab. (Maroillais), 2 213 ha, commune du département du Nord dans le canton de Landrecies, à 5 km ENE du chef-lieu. Le village est au bord de la Petite Helpe. Son finage inclut son confluent avec la Sambre, dont la plaine humide s'étale dans le nord de la commune. Maroilles conserve quelques vestiges de l'ancienne abbaye bénédictine du 7e s., un arc de triomphe de 1807, un pigeonnier du 18e s., un kiosque à concerts. Elle bénéficie du site aquatique du moulin des Prés sur l'Helpe, et du jardin de Sylvie Fontaine. La commune a eu plus de 2 200 hab. au début du 19e s. et s'est dépeuplée jusqu'en 1999 avant de regagner une soixantaine d'habitants (2010).

Ce «village de charme» est surtout célèbre pour son fromage, qui est réputé issu des origines de l'abbaye et qui bénéficie d'une appellation contrôlée (aoc) depuis 1955, modifiée en 1986. C'est un fromage de lait de vache à pâte molle lavée à l'eau salée éventuellement additionnée de bière, à pâte onctueuse et croûte rougie par la Bacteria linens ; il est présenté sous la forme d'un pavé de 700 g, 13 cm de côté et 6 cm d'épaisseur, souvent assez odorant; d'autres formes prennent des noms différents.

La production est d'environ 2 000 t/an, assurée par une dizaine de producteurs fermiers et trois fromageries. L'aire s'est beaucoup étendue, portant sur 210 000 ha du Nord et de l'Aisne (v. l'article de Claire Delfosse sur l'aoc dans http://ruralia.revues.org/document1033.html). Maroilles n'a cependant pas d'entreprise notable dans ce domaine, son principal établissement étant une fabrique de plats préparés (Defroidmont, 40 sal.). La communauté de communes du pays de Mormal et Maroilles est un groupement intercommunal du département du Nord qui réunit 10 communes, 9 900 hab. et siège à Landrecies.