Canton de Marchiennes

Marchiennes

4 800 hab. (Marchiennes), 2 144 ha dont 900 de bois, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement de Douai, 18 km ENE de Douai. La ville s'est établie dans les marais de la Raches, drainés par le courant du Décours, et au bord de la Scarpe canalisée. Elle est incluse dans le Parc naturel régional Scarpe-Escaut; elle a des restes d'une ancienne abbaye bénédictine (bâtiments du 18e s.) et un musée d'histoire locale. La forêt domaniale de Marchiennes au nord-est de la ville (800 ha au total), ancienne possession de l'abbaye de Marchiennes, fut rasée en 1914-1918, replantée et accueille plus de 100 000 visiteurs par an; le bois de Faux est à l'ouest.

Au nom d'une spécialité traditionnelle, Marchiennes organise des fêtes annuelles de la courge (Cucurbitades, octobre) et promeut un Ordre de la Cucurbite, réserve naturelle du Pré des Nonettes (17 ha). La commune a équipé la base de loisirs des Evoïches et accueille un collège public, la clinique Saint-Roch (70 sal.), une maison de retraite et la métallerie Sotravi (50 sal.), la menuiserie Becourt (30 sal.). Marchiennes avait déjà 2 500 hab. au début du 19e s., 3 300 hab. en 1872; elle s'est ensuite stabilisée à ce niveau jusque vers 1980, avant d'engager une nouvelle croissance; en 2010, elle a 130 hab. de plus qu'en 1999.

Le canton a 41 600 hab., 13 communes, 10 340 ha dont 1 908 de bois. Au sud, Pecquencourt, Fenain et Somain sont des communes de l'ancien bassin houiller, de plus de 2 000 hab., hors du parc régional. Elles entourent Bruille-lez-Marchiennes (1 350 Bruillois, 433 ha), qui est à 6 km au SSE du chef-lieu et qui a un triage ferroviaire, ainsi qu'une chapelle en partie du 13e, lieu de pèlerinages. Sa population augmente un peu depuis 1975 (1 000 hab.) mais elle avait approché de 1 400 hab. en 1906.

Au sud-est, Hornaing et Erre (1 500 Errois, 588 ha) sont également du bassin industriel, mais incluses dans le Parc. Erre a un finage très étroit, étiré du nord au sud entre Fenain et Hornaing, et allongé d'une queue dans les marais de la Scarpe. Elle a eu 1 700 hab. au début du 20e s., et encore plus de 1 600 hab. dans les années 1960, puis a perdu des habitants jusqu'en 1999, mais en a regagné une centaine ensuite.

Trois petites communes sont à l'est de Marchiennes dans les terres de marais, et dans le Parc. Wandignies-Hamage (1 300 Wandignois, 630 ha dont 150 de bois) est à 3 km à l'ESE du chef-lieu au sud de la Scarpe et s'est jadis distinguée par la présence d'une abbaye (disparue), puis d'une usine de faïence de qualité (Saint-Amand-Hamage Nord) qui a employé jusqu'à 700 personnes et a fonctionné de 1892 à 1952. La population communale n'a pas beaucoup varié depuis 1860, mais augmente un peu depuis 1975 (+130 hab. de 1999 à 2010).

Warlaing (570 Warlingeois, 389 ha) est à 4 km à l'est de Marchiennes, de l'autre côté du canal, et Tilloy-lez-Marchiennes (560 Tillotins, 550 ha dont 129 de bois) à 4 km au NE, en bordure de la forêt de Marchiennes; métallerie Smatec (30 sal.). Warlaing a été réunie en 1836 à Alnes, sous le nom de celle-ci, puis la commune a opté pour le nom de Warlaing en 1885. Elle avait 690 hab. en 1866, 340 seulement en 1982. Elle croît depuis et elle a gagné 100 hab. de 1999 à 2010. Tilloy en a gagné 150 en même temps; la commune a précisé son nom en 1913; elle a eu 540 hab. en 1861 et n'en avait pas 200 entre 1968 et 1975; métallerie Smatec (30 sal.).

Trois autres petites communes, également dans le Parc régional, complètent le canton à l'ouest et au sud du chef-lieu. Bouvignies (1 550 Bouvigniens, 870 ha dont 150 de bois), dont l'habitat s'étire dans un lacis de chemins, est à 4 km au NO de celui-ci et a un musée de la Colombophilie, une motte féodale, de maigres restes de l'ancien château médiéval, et le château des Frenelles, en partie du 17e s.; bois de Bouvignies au sud-ouest. La commune a eu 2 000 hab. en 1851 puis sa population a baissé jusqu'à 1 100 hab. en 1968 avant de trouver une nouvelle croissance, du moins jusqu'en 1999: elle n'a rien gagné de 1999 à 2010. Vred (1 400 Vredois, 342 ha) est à 4 km OSO et son habitat est plus groupé. Une réserve naturelle de tourbières y a été délimitée sur 41 ha. La commune a aussi un étang de pêche. Elle a eu 1 800 hab. en 1881 puis s'est dépeuplée, jusqu'à un minimum de 1 300 hab. en 1954; la population reste à peu près étale depuis.

Rieulay (1 400 Rieulaysiens, 729 ha) est à 3 km SSO du chef-lieu sur la rive droite de la Scarpe, et son habitat est groupé aussi. Ce village fleuri (3 fleurs) a fusionné avec Marchienne-Campagne en 1946 en conservant son nom, a eu 970 hab. en 1954, puis sa population s'est mise à augmenter à partir de 1975. Son finage, bordé au nord par la Scarpe, se termine en pointe au contact du bourg de Marchiennes. La commune a une maison de retraite, un château ruiné, un pigeonnier du 17e s. protégé et rénové en gîte rural, et conserve un terril-plateau de 140 ha et 25 m de haut (8 à 10 Mm3), le plus étendu de la région, à la limite de Pecquencourt (terril 144); formé à partir des mines d'Aniche, de 1910 à 1975, il a été réaménagé par Tercharnord, doté d'une maison du Terril avec musée, et d'un bassin nautique avec plage en croissant et parc de loisirs des Argales sur 10 ha, réutilisant un lavoir des houillères dont le plan d'eau occupe 35 ha.


Fenain

5 400 hab. (Fenainois), 578 ha, commune du département du Nord dans le canton de Marchiennes, 5 km au sud du chef-lieu, en partie dans l'ancien bassin minier. Une bifurcation ferroviaire y enserre un terril de l'ancienne fosse Agache. Le nord de la commune touche aux marais de la Scarpe. La commune avait 1 900 hab. au début du 19e s., 2 500 à la fin, et a surtout crû dans l'entre-deux-guerres, atteignant 5 400 hab. en 1931; elle a plafonné à 6 300 hab. en 1975, a perdu des habitants mais semble s'être stabilisée depuis 1999.


Hornaing

3 500 hab. (Hornaingeois), 895 ha, commune du département du Nord dans le canton de Marchiennes, 7 km au SE du chef-lieu. Elle est dans le Parc régional Scarpe-Escaut, bien qu’elle accueille une centrale thermique depuis 1957. Celle-ci, située en bordure du village sur la voie ferrée de Douai à Valenciennes, a une puissance de 250 MW, une production annuelle de 900 GWh/an ; elle emploie 85 personnes; elle est exploitée par la SNET (Société nationale d’électricité et de thermique), ancienne filiale des Charbonnages de France, vendue en 2004 à l’espagnol Endesa et en 2008 à l’allemand E.ON, qui a annoncé sa fermeture en 2013. Hornaing accueille aussi les transports Marschal (40 sal.). La ville n’avait encore que 1 500 hab. au début du 20e s., puis est montée à 3 400 en 1962 ; elle a perdu des habitants jusqu’en 1990, mais vient de gagner 500 hab. entre 1999 et 2010.


Pecquencourt

6 400 hab. (Pecquencourtois) dont 220 à part, 960 ha dont 227 de bois, commune du département du Nord dans le canton de Marchiennes, 6 km au SO du chef-lieu sur la N 455. Elle fut fortifiée et dotée d'une vaste abbaye, mais il ne reste presque rien de ce passé médiéval. La Scarpe canalisée passe au nord du finage, qui jouxte à l'est le grand terril de Rieulay. La commune a plusieurs cités minières, autour des anciennes fosses Barrois (1927-1985) et Lemay (1912-1985) de la Compagnie des mines d'Aniche. Pecquencourt a un collège public et un lycée agricole dit Institut d'Anchin dans l'ancienne l'abbaye d'Anchin, en bord de Scarpe; plus un centre de loisirs et centre culturel Dolto. Le moto-club organise un salon de la moto.

La ville a eu 1 300 hab. durant tout le 19e siècle puis s'est mise à croître après la Première Guerre mondiale, atteignant 4 300 hab. en 1936. Elle a culminé à 8 900 hab. en 1962 et perd des habitants depuis (-250 de 199 à 2010). Vers l'ouest, sous la dénomination Résidence Lambrecht, Cité Moucheron, Cités Barrois et Pâtures, a été délimitée une «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» de 91 ha et 3 800 hab. qui s'étend aussi à Montigny-en-Ostrevent. Elle est intégrée à la zone franche urbaine de Douai-Auby (685 ha, 15 900 hab.). Vers l'est a été délimitée une «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» des Cités minières, groupant les cités Lemay, Sainte-Marie et les Camus Nouvelle Cité, sur 29 ha pour 2 100 hab.


Somain

12 600 hab. (Somainois) dont 100 à part, 1 232 ha, commune du département du Nord dans le canton de Marchiennes, 6 km au sud du chef-lieu. C'est une assez grosse commune de l'ancien bassin minier, qui en conserve un terril (un autre a été rasé), un triage et des cités minières, dont celle de Sassevalle au nord et celle du Chauffeur tout au sud au bord de la N 45 près d'Abscon. La Compagnie d'Aniche avait ouvert dans la commune les deux puits de Sassevalle, actifs de 1901 à 1970, ainsi que les puits Fénelon (1847-1927), Saint-Louis (1843-1925) et de la Renaissance (1839-1890), plus anciens et moins productifs. La cité de Sessevalle forme une «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» de 72 ha et 2 400 hab.

La commune a un échangeur de voie rapide, une gare avec bifurcation sur la ligne de Douai à Valenciennes. Elle conserve une motte castrale et l'ancien prieuré de Beaurepaire (18e s.). Elle est dotée de deux collèges publics et un privé, un lycée public et un lycée professionnel privé, d'un centre hospitalier de 200 lits (dont 50 médicaux), d'un Institut Ophtalmique (55 sal., 20 lits), d'un institut médico-éducatif (50 places) et d'une maison de retraite.

Elle a une fabrique de sièges d'automobiles Toyota Boshoku (220 sal.), ex-Sieto rachetée à Faurecia, et agrandie; de capsules Rémy (110 sal.), de fournitures électriques des Câbleries de Valenciennes (80 sal.); métallerie CDN (55 sal.), emballages plastiques Distripac (25 sal.); un Intermarché (140 sal.), un négoce alimentaire Poirette (45 sal.); installations électriques SME (45 sal.), maçonnerie Cergnul (30 sal.), travaux publics Sogea (65 sal.), Billon (40 sal.); autocars Dupas Lebeda (25 sal.).

Somain a absorbé en 1947 la commune de Villers-Campeau, qui avait alors 1 200 hab., après une forte progression depuis 1900 où elle avait 400 hab. Somain elle-même était passée de 2 500 hab. en 1835 à 6 000 en 1900, 10 500 en 1936, et a atteint un maximum de 15 300 hab. en 1968 avant de descendre à 12 000 en 1990; mais elle a regagné près de 500 hab. entre 1999 et 2010. La municipalité a une majorité de gauche. Le maire est Jean-Claude Quennesson, communiste, élu pour la première fois en 1977.