Canton de Tourouvre

Tourouvre

1 680 hab. (Tourouvrains), 2 401 ha dont 765 ha de bois, chef-lieu de canton du département de l'Orne dans l'arrondissement de Mortagne-au-Perche, 12 km au NE de la ville entre la N 12 et l'orée de la forêt du Perche. Ce bourg a été un haut lieu de l'émigration française au Canada, ce que commémorent et illustrent un Musée de l'émigration percheronne fondé en 1987 et une Maison de l'émigration française au Canada, d'accueil et de recherche généalogique. La firme SNA (Areacem), organisée en coopérative ouvrière, presse et édite des enregistrements sonores CD et DVD (170 sal.) dans ce qui est considéré comme la plus grande usine française de pressage de DVD; Riffaud fabrique des échelles et échafaudages (40 sal.); imprimerie LBC Graphic (Le Bon Caractère, 20 sal.). La population communale est stable depuis 1968. Elle fut de 1 900 hab. au début du 19e s., de moins de 1 400 en 1936. Tourouvre est le siège de la communauté de communes du Haut-Perche, qui regroupe 13 communes, 4 000 hab.

Tourouvre et le Canada

«J'ai tenu à venir ici au cours de ma visite officielle en France parce que plus d'un Canadien-français sur cinq dont l'ancêtre est arrivé au Canada au 17e siècle, descend directement de la région du Perche. Ce chiffre prend tout son sens quand on pense que même si seulement 225 Percherons ont émigré au Canada, ils ont eu une descendance qui de nos jours est estimée à 1,5 million de Canadiens. De plus, les historiens et démographes estiment que parce que les Percherons ont été parmi les premiers colons français au Canada, la majorité des Canadiens-français ont du sang percheron. C'est donc dire que le Perche est un des principaux berceaux de nos ancêtres. Votre communauté de communes a l'ambitieux projet de créer une Maison de l'émigration française en Canada pour approfondir et perpétuer la mémoire de ceux qui se sont lancés, aux 17e et 18e siècles, dans la grande aventure de la Nouvelle France. Je ne peux qu'applaudir à une telle initiative.» (déclaration de Jean Chrétien, Premier ministre du Canada, le 21 juin 2000 à Tourouvre). Plusieurs de ces pionniers étaient des Gagnon, un nom très répandu au Québec.

Le canton de Tourouvre a 4 600 hab. (4 400 en 1999), 15 communes, 16 444 ha dont 5 674 de bois; il s'étend au nord et au NE de Tourouvre jusqu'à atteindre les limites de l'Eure-et-Loir et de l'Eure, et englobe la forêt domaniale du Perche. Lignerolles (170 hab., 528 ha), 6 km à l'ouest de Tourouvre, a un musée de l'épicerie d'autrefois. Bresolettes (21 hab., 584 ha dont 437 de bois), 5 km au nord de Tourouvre, occupe une petite clairière au milieu de la forêt, avec étangs; c'est la plus petite commune de Basse-Normandie, dans un site protégé.

Au-delà des bois, Randonnai (810 hab., 1 122 ha dont 663 de bois), 9 km NNE du chef-lieu, est un village-rue étiré le long de l'Avre, jadis site de forges, qui accueille un établissement pour handicapés de l’association la Corne d’Or; on y visite un élevage de cerfs; atelier de confection (SCR, 35 sal.). Saint-Maurice-lès-Charencey (580 hab., 1 619 ha dont 322 de bois), 11 km NE de Tourouvre sur la N 12, a un institut médico-pédagogique (60 sal.), un institut de rééducation et un centre de formation agricole et horticole continue; la ferme de Gentilly (pépinières) emploie 20 salariés. La commune de Saint-Maurice avait absorbé Charencey en 1815, doublant alors sa population; elle a atteint 740 hab. en 1851 et connu son minimum à 420 hab. en 1982; elle a gagné une centaine d'habitants de 1999 à 2008. À côté, 3 km à l’est, Moussonvilliers (230 hab., 2 194 ha dont 554 de bois) a obtenu trois fleurs au classement des villages fleuris.