Canton de Guînes

Guînes

5 700 hab. (Guînois), 2 842 ha dont 835 de bois, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Calais, 11 km au sud de Calais, au bord de la plaine humide. C'est un ancien chef-lieu de comté, et depuis longtemps un gros bourg, qui avait 3 000 hab. au début du 19e s., plus de 4 000 au milieu et n'a ensuite crû que par moments et lentement; sa population a passé les 5 000 hab. (sdc) en 1975 et a encore gagné 400 hab. de 1999 à 2010. On y voit une tour de l'horloge, le canal de Guînes à Calais. L'urbanisation annexe du Marais de Guînes est au nord-est, assortie d'un parc-écomusée Saint-Joseph-Village reconstituant un village des marais vers 1900.

Le finage monte au sud-ouest dans la forêt domaniale de Guînes sur les reliefs du Boulonnais, au pied desquels passe la LGV Lille-Calais. La forêt occupe en tout 785 ha. La colonne Blanchard, dans la forêt, élevée en 1786, signale le lieu où se sont posés l'année précédente les premiers aéronautes à avoir traversé la Manche en montgolfière, Jean-Pierre Blanchard et son financier John Jeffries. Un parc d'aventures est aménagé dans la forêt.

GGuînes a un collège public et un lycée privé ; elle accueille les textiles Desseilles (40 sal.) et un supermarché Champion (40 sal.). La ville est le siège de la communauté de communes des Trois Pays, qui rassemble 15 communes et 14 000 hab. Une «petite région agricole» des Collines Guînoises s’interpose entre le Boulonnais et les Wateringues.

Le canton a 16 500 hab., 16 communes, 14 781 ha dont 2 736 de bois et il est le seul de l'arrondissement hormis ceux de Calais même. Hames-Boucres (1 450 Hames-Boucrois, 1 282 ha) est à 2,5 km à l'ONO de Guînes, à la tête d'un territoire allongé du SO au NE sur 7 km et dont la partie septentrionale est dans les marais. Le nom vient d'une fusion de 1819; le château Thelu est près des marais, celui de l'Ermitage au sud. La commune avait 700 hab. dans la première moitié du 20e s. et a crû pendant la seconde moitié; elle a gagné 320 habitants entre 1999 et 2010. Pihen-lès-Guînes (490 Pihenois, 925 ha) est à l'extrémité occidentale du canton, 7 km à l'ouest du chef-lieu. Elle a complété son nom en 1923 et contient plusieurs châteaux, dont Alenthun et Quennevacherie. Sa population variait peu, mais elle vient de gagner une centaine d'habitants entre 1999 et 2007, presque un quart. La voie ferrée de Boulogne à Calais y dessine une grande courbe et y a une gare.

De l'autre côté du chef-lieu dans la plaine, deux communes se partagent le site du fameux Camp du Drap d'Or par lequel François Ier voulut éblouir Henri VIII en juin 1520; Guînes était alors anglaise, Ardres française. Il s'agit d'Andres (1 500 Andrésiens, 715 ha), qui est à 4 km à l'est de Guînes et dont les maisons dessinent plusieurs rues dans le marais, et de Campagne-lès-Guînes (470 Campagnards, 572 ha), qui est à 5 km au SE et a deux châteaux, une queue à l'extrémité orientale de la forêt de Guînes. Andres avait 700 hab. en 1975 et a doublé sa population depuis, gagnant encore 60 hab. de 1999 à 2005. Campagne, qui a précisé son nom en 1923, a crû aussi depuis 1975 (300 hab.) mais plafonne.

Bouquehault (710 Bouquehaultiers, 804 ha dont 309 de bois) est juste au sud de Campagne, à 2 km et au pied du relief, mais son finage s'étend au sud dans les hauteurs boisées où il monte à 170 m; le château de Dippendal (19e s.) est près du village. Sa population croît aussi (450 hab. en 1975, +140 hab. de 1999 à 2010).

Les autres communes, dans la partie méridionale du canton, sont dans les reliefs accidentés du Boulonnais. Cinq d'entre elles ont des villages très voisins, autour de l'ancienne abbaye de Licques et des sources de la Hem. Licques (1 600 Licquois, 1 836 ha dont 613 de bois) est à 14 km au SE de Guînes, dans le bassin de la Hem, fermé au nord par des reliefs boisés, et sert de village-centre. Elle offre un collège public et un abattage coopératif de volailles (35 sal.), et conserve des bâtiments du 18e s. de l'abbaye de prémontrés juste au sud-ouest du village. Une grande fête de la dinde de Noël, très animée, viendrait d'une pratique des prémontrés, et une confrérie en a été créée en 1987. La commune englobe au nord le village d'Écottes, qui est au pied de ces reliefs et proche de Bouquehault. La population croît doucement depuis les 1 200 hab. de 1954; mais elle avait dépassé 1 700 hab. en 1846.

Hocquinghen (110 Hocquinghinois, 194 ha) est juste au sud de Licques. Herbinghen (350 Herbinghinois, 431 ha) est à 2 km au SO de Licques, comme sa voisine Sanghen (280 Sanghinois, 617 ha); toutes deux étirent leurs finages vers le sud-ouest, où ils touchent à la limite boulonnaise du parc régional. Alembon (610 Alembonnais, 897 ha dont 234 de bois) est un village-rue à 4 km à l'ouest de Licques et 11 km SSE de Guînes; au-dessus du village, le relief monte à 185 m à la Ventu d'Alembon; la commune a gagné 210 habitants de 1999 à 2010, plus d'une moitié…

Les cinq dernières communes, au sud-ouest du canton, sont dans le Parc régional. Caffiers (730 Caffiérois, 477 ha) est la plus septentrionale, à 6 km au SO de Guînes, et dispose d'une gare sur la voie ferrée de Boulogne à Calais. Elle a une maison de retraite et une une carrière avec usine chimique Scora (70 sal., calcium et magnésium), présente depuis 1931. De 350 hab. au début du 20e s., sa population a progressé, et gagné une centaine d'habitants depuis 1999. Fiennes (890 Fiennois, 1 164 ha dont 313 de bois) est juste au sud-est, au pied du talus qui domine la fosse du Boulonnais et monte à 169 m; le bois de Fiennes au sud; un projet de centrale éolienne devrait lui apporter 5 hélices (11,5 MW). La commune a eu plus de 1 000 hab. au 19e s., 740 seulement en 1982, et a repris des habitants depuis, dont 170 entre 1999 et 2010.

Hardinghen (1 100 Hardinghinois, 824 ha) est à 9 km SSO de Guînes et fut un lieu assez précoce d'extraction de la houille; une verrerie Desandrouin y fut établie au 18e s. La commune avait plus de 1 500 hab. au tout début du 19e s., mais à peine 800 à la fin, et le nombre de ses habitants a crû un peu ensuite; elle a gagné 120 hab. de 1999 à 2010. Si le château de la Trésorerie a été détruit en 2006, elle conserve celui de la Motte, une haute colonne à croix du 12e s. au cimetière, et a une maison de retraite. Le mont Galien s'élève au sud-est (152 m). Les deux autres communes sont plus petites. Hermelinghen (350 Hermelinghinois, 643 ha) est à 3 km à l'est de Hardinghem, Boursin (270 Boursinois, 758 ha dont 150 de bois) à 3 km SSE, toutes deux nichées au pied de hauts talus. Hermelinghen a 60 habitants de plus qu'en 1999, et Boursin 90, soit un gain de moitié.