Canton de Marquion

Marquion

990 hab. (Marquionnais), 822 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement d'Arras, à 28 km ESE de la préfecture, et moitié moins de Cambrai, sur la route d'Arras à Cambrai (D 939) qui reprend le trajet d'une voie romaine. L'A 26 traverse la commune et y a un échangeur avec cette route. Le canal du Nord rase le village, qui a un port avec silos et un port de plaisance. Le futur canal Seine-Nord-Escaut y aura une écluse, et doit permettre la création d'une grande plate-forme logistique dite de Cambrai-Marquion. Marquion dispose d'un collège public et accueille les autocars Finand Parmentier (35 sal.). Le nombre d'habitants a très peu changé en deux siècles. Le village est le siège de la communauté de communes de Marquion, qui correspond au canton.

Le canton a 11 400 hab., 17 communes, 13 811 ha dont 704 de bois, et il est considéré comme faisant partie du Cambrésis. Le département du Nord l'entoure sur trois côtés, au nord sur le cours de la Sensée, à l'est dans le périurbain de Cambrai, au sud par l'enclave de Boursies-Doignies-Mœuvres. Il est traversé du sud au nord par le canal du Nord, qui emprunte la vallée de l'Agache, affluent de la Sensée. Trois communes donnent au nord sur les marais et les étangs de la Sensée. Écourt-Saint-Quentin (1 800 Écourtois, 949 ha) tient l'angle nord-ouest du canton, à 7 km NNO du chef-lieu et contient 110 ha de plans d'eau, riches en poissons et oiseaux; installations thermiques Siin (30 sal.). Sa population, de 2 000 hab. au début du 19e s., est progressivement descendue à moins de 1 400 dans les années 1930, et a lentement remonté depuis.

Oisy-le-Verger (1 300 Ossicatiens, 1 136 ha) est à 6 km NNE de Marquion et a un menhir classé nommé le Gros Caillou; maison de retraite, aide à domicile Proxidom (30 sal.). La mention «le Verger» est du 19e s. et vient d'une ancienne abbaye au bord de la Sensée. Oisy a eu 2 300 hab. en 1866 et s'est dépeuplée jusqu'en 1990. La commune doit recevoir une écluse du futur canal Seine-Nord-Escaut. Si les villages d'Écourt et Oisy sont à l'écart de la Sensée, entre les deux celui de Palluel (570 Palluellois, 277 ha) est au contraire en fond de vallée, à la traversée du canal du Nord. Le village a été victime d'une violente tornade en juin 1967, qui a fait 7 morts et des dizaines de blessés; sa population, qui a varié de 750 hab. (1831) à 420 (1936), est stable depuis trente ans.

Rumaucourt (710 Rumaucourtois, 551 ha), Sauchy-Cauchy (410 Salcocauchyssois, 408 ha) et Sauchy-Lestrée (470 Salésiens, 906 ha) sont un peu plus proches du chef-lieu, respectivement à 6 km au NO, 3 et 2 km au NNE. Rumaucourt a une fabrique de pompes (Usines de Rumaucourt, 40 sal.); de 1 200 hab. en 1841, elle est passée à 580 en 1962 et ne progresse plus depuis 1975. Sauchy est un nom issu de la saulaie, Cauchy («chaussée») et Lestrée (de strata) sont deux variantes équivalentes pour une route empierrée. À l'est du finage de Sauchy-Lestrée se trouve une cité militaire liée à l’aérodrome de Cambrai-Épinoy et à sa base aérienne 103, qui a employé au total environ 1 500 personnes (1 400 militaires et une centaine de civils) mais qui a été ferùmée en 2012; l’aérodrome a une piste de 2 500 m.

Épinoy (540 Spinétiens, 808 ha) est à 7 km au NE de Marquion, à l'angle nord-est du canton; elle avait 920 hab. autour de 1840, mais elle gagne quelques habitants depuis 1982; ; endiverie Dupont (20 sal.); l'aérodrome empiète sur son territoire. Bourlon (1 200 Bourlonais, 1 230 ha dont 194 de bois) est à 5 km au SE de Marquion et au passage de l'A 26; elle conserve un petit bois à la limite du département et accueille un collège privé et une discothèque. Elle a eu 1 950 hab. en 1896, moins de 1 100 en 1975, a regagné quelques habitants ensuite puis s'est stabilisée.

Graincourt-lès-Havrincourt (650 Graincourtois, 1 157 ha), 8 km au sud-est du chef-lieu, est une quasi-enclave entourée de tous côtés par les communes du département du Nord. Les autoroutes A 2 et A 26 se croisent juste à l'angle oriental de la commune, qui n'a toutefois pas d'accès à l'échangeur; le canal du Nord passe dans la partie occidentale de la commune. La commune accueille une grosse usine de volailles et surgelés du groupe Doux (Doux Frais, 320 sal. en 2005), entraînée dans la déconfiture du groupe à la fin de 2012 sans trouver de repreneur; station de traitement des eaux de la Sede (35 sal.) ; maison de retraite. La commune a atteint 1 500 hab. en 1876 puis s'est fortement dépeuplée; elle a été détruite en 1917; sa population stagne depuis 1960. Le futur canal Seine-Nord-Europe doit apporter à la commune un quai céréalier.

La partie sud-occidentale du canton réunit sept communes. Baralle (490 Barallois, 795 ha) et Buissy (250 Bucéens, 687 ha) se suivent juste au sud-ouest de Marquion. Baralle a un hypermarché U (130 sal.). Sains-lès-Marquion (340 Sainsois, 626 ha) est à 2 km au SSO du chef-lieu au bord du canal du Nord. Inchy-en-Artois (620 Inchésiens, 1 106 ha dont 200 de bois) est à 2 km plus loin au SSO et a une fabrique de matériel agricole (Panien, 25 sal.) et une entreprise d'analyses et contrôles pour l'agriculture (Staphyt, 100 sal.); «en Artois» a été ajouté en 1894. Inchy a eu plus de 1 100 hab. au 19e s. et s'est dépeuplée de 1972 à 1982; elle a regagné 60 hab. de 1999 à 2010.

Pronville (330 Pronvillois, 609 ha) est à 9 km au SO du chef-lieu, Quéant (630 Quéantois, 902 ha) à 10 km; celle-ci a eu plus de 1 000 hab. au 19e s. et a gagné 80 hab. de 1999 à 2010. Son territoire abonde en muches; l'ancienne forme du nom en Chaom ou Chaun pourrait évoquer une chênaie.

Lagnicourt-Marcel (350 Lagnicourtois, 842 ha) forme la pointe sud-ouest du canton à 12 km au SO de Marquion; nommée seulement Lagnicourt jusqu'en 1924, elle a curieusement pris à cette date le nom d'un célèbre coiffeur poitevin installé à Paris (Marcel Grateau, 1852-1936), inventeur en 1872 de l'«ondulation Marcel», très prisé en Angleterre, et qui, avec un groupe de coiffeurs londoniens, a levé des fonds pour la reconstruction d'un village du front de guerre. Lagnicourt fut choisi, en mémoire du fils du président britannique de la Ligue d'aide aux pays dévastés, qui y était tombé au combat. La commune a eu plus de 800 hab. au milieu du 19e s. et n'a arrêté son dépeuplement qu'après 2000; elle a repris 50 hab. depuis 1999.

La future liaison fluviale Seine-Nord prévoit une plate-forme multimodale dite de Cambrai-Marquion (156 ha) sur les territoires de Marquion et de Sauchy-Lestrée, et un quai pour céréales à Graincourt. Toutes ces communes étaient nettement plus peuplées au 18e s., et beaucoup ont été ravagées en 1914-1918; mais la plupart d'entre elles ont cessé de perdre des habitants depuis quelque temps, et souvent en regagnent un peu.