Canton de Montreuil

Montreuil

2 500 hab. (Montreuillois) dont 210 à part, 285 ha, sous-préfecture du Pas-de-Calais à 80 km NNO d'Arras. On la dit souvent «sur mer», mais ce n'est pas là le nom officiel, et c'est avec quelque exagération, car elle est à 15 km du rivage et son territoire est fort loin d'y toucher - «Montreuil-sur-Mer serait mieux nommée Montreuil-en-Plaine», remarquait Victor Hugo. Mais même «plaine» n'est pas approprié, car la ville se tasse dans ses anciennes fortifications sur une butte qui domine la rive gauche de la Canche. Le finage, très petit, n'ajoute à cette butte qu'une fraction du fond de vallée en amont. La majorité municipale est traditionnellement à droite; le maire est Bruno Béthouart, sans étiquette, historien à l'université de la Côte d'Opale.

Montreuil, bien que son nom ne désignât pas un mont, mais un monastère, était déjà au 9e siècle une place forte, qui fut réaménagée et renforcée au 13e s., comme place royale du littoral. Elle en conserve une citadelle (13e et 17e s.), trois kilomètres de remparts avec des tours. À l'intérieur, subsistent de nombreux hôtels aristocratiques et bourgeois, surtout du 18e s., ainsi que des maisons à pans de bois, et des souterrains. Un musée de l'espoir F. et M. Wooster (meubles anciens et peintures) a été installé dans l'ancien hôtel d'Acary de la Rivière (1810). Montreuil a aussi un musée Roger Rodière (art sacré, histoire et art contemporain), une église abbatiale (18e s.) et un hôtel-Dieu (16e et 19e s.), des bâtiments de l'ancienne abbaye Sainte-Austreberthe (au lycée). Sur la rive de la Canche, une ville basse double la ville haute.

La commune était plus peuplée au 19e s. que de nos jours: elle dépassait 4 200 hab. en 1841 et s'est à peu près constamment dépeuplée depuis. Montreuil, fort petite sous-préfecture, se veut «station verte de vacances» et «village de charme», bourg fleuri (quatre fleurs). Elle est dotée d'un collège public et d'un autre privé, d'un lycée général et d'un lycée professionnel publics, d'un tribunal d'instance, du restaurant Clemans (35 sal.), d'une unité de soins de longue durée (les Opalines, 55 places) et de la maison de retraite Saint-Walloy (120 places), de la maison de santé du Château de Montreuil (45 sal.) - le centre hospitalier de l'arrondissement est à Rang-du-Fliers ; négoce agricole Céragri du groupe coopératif Unéal.

Le pays de Montreuil est une «petite région agricole» du Pas-de-Calais. La ville est le siège de la communauté de communes du Montreuillois, qui réunit 21 communes et 10 900 hab. L'arrondissement a 112 700 hab., 8 cantons, 164 communes, 132 695 ha. Il a reçu en 2007 le canton du Parcq, jusqu'alors dans l'arrondissement d'Arras. Le canton de Montreuil a 22 100 hab., 17 communes, 16 568 ha dont 2 578 de bois. Il s'étend le long de la Canche, au sud de la rivière, lançant vers le sud une pointe le long de la N 1 jusqu'à l'Authie. Merlimont tient la façade littorale du canton au sud, Cucq au centre, Le Touquet-Paris-Plage au nord.

Une seule commune est au nord de la Canche, Neuville-sous-Montreuil (690 Neuvillois), 882 ha), dont le village est juste face à Montreuil; une ancienne chartreuse à l'est, fondée au 14e s., a été restaurée au cours des années 1870 et dotée d'un grand cloître; elle a abrité ensuite un hôpital civil, puis militaire, puis un asile psychiatrique, avant que n'échoue une tentative de réaménagement en couvent entre 1999 et 2004. La population communale a culminé à 1 300 hab. en 1975 et a perdu ensuite plus de 500 hab.

Beaumerie-Saint-Martin (390 Beaumeriens, 937 ha) est à 3 km en amont de Montreuil sur la rive gauche de la Canche; le château de Beaurepaire (19e s.) est au sud du village; le manoir d'Arsenville est plus ancien (17e-18e s.). Écuires (810 Écuiriens, 915 ha) est à 2 km au sud du chef-lieu et en héberge plusieurs institutions, dont un collège et la gendarmerie, ainsi que la métallerie Ducrocq (70 sal.); l'église du 16e s. est inscrite; le château de Quièvremont est des 16e et 19e s. La population a augmenté entre 1930 (500 hab.) et 1990, mais elle baisse depuis (-50 hab. de 1999 à 2007).

Campigneulles-les-Petites (610 Campigneullois, 619 ha) est à 3 km au SO de Montreuil et contient un échangeur de la N 1 et de la N 39, un magasin Carrefour (35 sal.); de 130 hab. en 1954, elle est passée à 540 en 1982, et croît encore un peu. Campigneulles-les-Grandes (320 Campigneullois, 534 ha) lui fait suite au sud-ouest, à 5 km du chef-lieu; plus peuplée jadis, elle s'est affaiblie jusqu'en 1975 mais croît lentement depuis.

Trois communes forment la branche méridionale du canton: Wailly-Beaucamp (1 000 Wailly-Beaucampois, 1 433 ha dont 244 de bois) à 8 km au sud de Montreuil sur la N 1; elle accueille la fabrique de matériels d'agro-alimentaire Stolz Sequipag (200 sal.), et bénéficie d'un échangeur de l'A 16 et de la route vers Berck et Montreuil, flanqué d'une zone d'activités intercommunale. Le château de Mouflet est à l'est (19e s.). Wailly, dont le nom a été allongé en 1901, tient un salon européen de la nature et de la chasse; sa population, qui était de 500 hab. en 1962, augmente depuis et a encore gagné 220 hab. de 1999 à 2010.

Lépine (290 Lépinois, 1 082 ha) est à 11 km au sud de Montreuil et englobe plusieurs hameaux, dont le Puits Bérault au nord et Ébruyères à l'ouest; elle s'est longuement dépeuplée de 1866 (600 hab.) à 1975 (270 hab.) et reste à ce niveau depuis. Nempont-Saint-Firmin (190 Nempontois, 448 ha) est le village le plus méridional, sur la rive droite de l'Authie à 14 km de Montreuil; il s'est également dépeuplé de 1861 (440 hab.) à 1970 (150 hab.), puis s'est stabilisé.

Six communes se partagent la partie occidentale du canton. La Madelaine-sous-Montreuil (180 Madelainois, 246 ha) est juste à l'ouest de la ville, au pied du talus de rive gauche de la Canche, et se partage entre plateau et fond de vallée. Le nom était La Madelaine jusqu'en 1937; sa population croît doucement depuis 1968. La Calotterie (660 Calotterois, 948 ha dont 191 de bois) est dans la même position un peu plus à l'ouest, à 3 km du chef-lieu, et son finage s'étend surtout dans le fond de vallée élargi de la Canche. Elle se nommait Long Pré avant de prendre au 13e s. un nom de propriétaire. Le château de Monthuis trône à l'ouest sur le plateau. La croissance de la population a été assez sensible entre 1968 (330 hab.) et 1990; 90 habitants s'y sont ajoutés de 1999 à 2010.

Saint-Aubin (270 Saint-Aubinois ou Rumacois, 454 ha) est une autre commune de plateau à 8 km à l'ouest de Montreuil; elle fut originellement Rumacum, d'où le gentilé Rumacois parfois employé. Sorrus (620 Sorrusiens, 679 ha) est une commune du plateau, 4 km à l'ouest de Montreuil, qui a suivi le même mouvement: 280 hab. en 1975, eet +160 hab. (un tiers) de 1999 à 2010; elle s'orne du château de la Bruyère dans le bois dit de Saint-Josse.

Saint-Josse (1 200 Judossiens, 2 110 ha dont 413 de bois) est à peine à 1 km au nord de Saint-Aubin, mais son finage s'étend dans les marais de la Canche, jusqu'au fleuve et au ras d'Étaples. C'est un village très fleuri (quatre fleurs et grand prix), qui fut aussi jadis chef-lieu de canton; sa population croît depuis 1968 (560 hab.) et a gagné 120 hab. de 1999 à 2010.


Cucq

5 300 hab. (Cucquois), 1 316 ha, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Montreuil, au sud et au sud-ouest du chef-lieu. Le finage dessine un L qui entoure le finage du Touquet-Paris-Plage, commune détachée de Cucq en 1912. La branche nord-sud disperse ses habitats le long de la route sublittorale de Berck (D 940). Cucq proprement dit est au sud, à 5 km d'Étaples, tandis que la partie nord, proche d'Étaples, s'organise autour du village de Trépied; elle est limitée à l'est par le cours de la Grande Tringue, rivière sud-nord de 13 km qui draine les marécages en arrière du cordon dunaire littoral et rejoint la Canche face à Étaples. La branche est-ouest est un accès à la mer, occupé par la station balnéaire de Stella-Plage, dessinée en éventail ouvert vers l'intérieur.

La station, engagée en 1914, a été aménagée aussitôt après 1920 et s’est peuplée de nombreuses villas dans le style balnéaire de l’entre-deux-guerres. Elle bénéficie d’un front de mer sableux de 1 600 m. La commune a 4 350 résidences secondaires et 660 places de camping (5 terrains), deux hôtels. Elle accueille des magasins Intermarché (50 sal.) et Match (30 sal.), une maison de retraite (Fontaine Medicis, 45 sal.), la clinique des Acacias (110 sal., 65 lits). Cucq avait 720 hab. vers 1880, avant l’essor balnéaire ; celui-ci l’a portée à 2 400 hab. en 1911, qu’elle a eu du mal à retrouver dans l’entre-deux-guerres ; elle est passée à 4 000 hab. en 1970 et progresse encore un peu depuis, gagnant 300 hab. entre 1999 et 2010.


Merlimont

3 200 hab. (Merlimontois), 2 149 ha dont 809 de bois, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Montreuil, 13 km à l’ouest du chef-lieu. L’habitat se disperse le long de la route du littoral (D 940) entre les marais de Balançon à l’est et les dunes à l’ouest, à 3 km de la mer. La commune, fleurie (trois fleurs), possède 3 500 m de côte entre Berck et Stella-Plage, au milieu desquels s’est esquissée la petite station de Merlimont-Plage, avec club nautique et chars à voile, et le parc d’attractions de Bagatelle. Merlimont ne compte pas moins de 3 300 résidences secondaires et 600 places de camping ; elle accueille un magasin Leroy-Merlin (110 sal.); aide à domicile AD Opale (35 sal.), gardiennage ADHF (35 sal.). La commune n’avait encore que 630 hab. au début du 20e siècle et 1 000 en 1954, après quoi sa population s’est mise à croître, passant les 2 000 hab. en 1985 ; elle a encore gagné 510 hab. entre 1999 et 2010.


Touquet-Paris-Plage (Le)

4 900 hab. (Touquettois) dont 310 à part, 1 531 ha dont 296 de bois, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Montreuil, 5 km à l'ouest du chef-lieu. La commune, détachée de Cucq en 1912 sous son nom actuel, occupe l'espace entre le littoral de la Manche, dont elle tient 6 km, et la rive sud de l'estuaire de la Canche (4 km), qui se rejoignent à la pointe du Touquet, un nom qui signifie «tournant» en picard.

La station balnéaire date du 19e siècle. Le notaire parisien Jean-Baptiste Daloz (Paris 1800-Nice 1885) a pu acheter en 1837 les 1 600 ha de la garenne de Trépied, ancienne propriété de l'abbaye de Saint-Josse, pour chasser; vingt ans après, il plante 800 ha d'arbres pour fixer les dunes; encore deux décennies plus tard, sur une idée de son invité Villemessant, le fondateur du Figaro, il lance le premier lotissement de Paris-Plage, dessiné par le géomètre Raymond Lens et inauguré en 1882. En 1894, un Anglais, John Whitley, s'intéresse à la station et imagine de la doubler au sud par un Mayville, sur les plans de Charles Garnier, mais le projet avorte, à l'exception d'un jardin; Whitley rachète en 1902 aux héritiers de Daloz les 1 100 ha restants et choisit d'y lancer dans les bois le second lotissement, assorti de grands hôtels pour la clientèle britannique, tandis que Pierre de Coubertin se charge des équipements de sports.

Ainsi la station se divise-t-elle en deux parties principales. La plus ancienne s'allonge en bord de mer en forme légèrement arquée, le long de cinq rues parallèles quadrillées de rues secondaires. La plus récente disperse ses villas dans un lacis de rues dessiné dans les bois sur les dunes. Les principales réalisations architecturales datent de l'entre-deux-guerres mais de nombreuses transformations ont été apportées ensuite, notamment dans les casinos et l'affectation des grands hôtels. La station a un hippodrome au bord de l'estuaire, un parc aquatique Aqualud en bord de mer (200 000 visiteurs par an), un golf dans les dunes au sud de la commune, un aérodrome à l'est près d'Étaples. Celui-ci est doté de deux pistes bitumées de 2 250 m et 1 200 m, mais ne voit plus guère passer en 2011 que 2 000 passagers par an, dont 800 en vol international (contre 6 000 et 5 500 en 2007) ; on enregistre environ 500 vols commerciaux, 31 000 non commerciaux dont 25 000 au titre de voyages privés et 5 à 6 000 mouvements locaux (aéroclub avec école de pilotage).

La ville est très fleurie (quatre fleurs, grand prix), s'orne des jardins du Palais de l'Europe, organise un festival de musique (en août) et des courses de chars à voile. Le critérium Enduropale a succédé au célèbre mais agressif Enduro du Touquet, et il est limité à la plage en raison des déprédations subies par les dunes. Un phare de 58 m de haut, d'une portée de 25 milles, a été mis en service en 1951. La station, assez huppée, affiche 8 200 résidences secondaires et un millier de chambres d'hôtel dans une vingtaine d'établissements, mais n'offre guère de places de camping. Le Touquet a eu 2 600 hab. au moment de sa création en commune, et sa population a crû jusqu'en 1975 (5 400 hab.) puis a fluctué ensuite; mais elle s'est abaissée de 800 hab. entre 1999 et 2010. Le maire est Daniel Fasquelle, UMP, également député.

Le Touquet a un collège public et un lycée hôtelier public, une clinique (Les Drags, 40 sal.). L’Office du Tourisme, en charge d'installations sportives, emploie 90 salariés. La ville a deux casinos, le Palais (100 sal., au groupe L. Barrière-Accor) et les Quatre Saisons (45 sal., groupe Partouche), mais qui ne figurent pas parmi les cinquante premiers en France; un golf (35 sal.). Elle a un établissement de thalassothérapie, Thalamer (200 sal.) au groupe Accor par Novotel ; 17 hôtels (900 chambres) dont 3 de luxe (330 chambres); les principaux sont Novotel-Ibis (90 sal.), Westminster (120 sal.), Park Plaza (50 sal.), Holiday Inn (45 sal.), Manoir (35 sal., au golf).

Trois quarts des logements sont des résidences secondaires (9 100); un seul camping (240 places). La commune accueille aussi les finitions de bâtiment Hagnère (45 sal.) et le nettoyage urbain Veolia Propreté (70 sal.); supermarché Carrefour (30 sal.); services à domicile Dim'Opale (30 sal.). La gare est celle d’Étaples. Le Touquet a aussi depuis 1988 une spécialité de pomme de terre appréciée, dite ratte du Touquet. La ville est le siège de la communauté de communes Mer et Terres d’Opale, qui rassemble 15 communes et 32 400 hab.