Canton de Norrent-Fontes

Norrent-Fontes

1 500 hab. (Norrentfontois), 570 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Béthune, 21 km ONO de Béthune et 5 km au sud d'Aire-sur-la-Lys. Le village est à la tête de la Garbecque, qui coule vers l'est et qui était naguère réputée pour ses cressonnières. La commune a reçu à l'ouest dans l'entre-deux-guerres un grand camp d'aviation militaire, utilisé ensuite pour le lancement de V1 par l'armée allemande, mais qui a disparu. Elle a un collège public et un atelier des vêtements de travail Guy Leroy (45 sal.). Sa population a peu évolué, entre un maximum de 1 500 hab. en 1831 comme en 1999, et un minimum de 1 100 dans les années 1930.

Le canton a 19 800 hab., 18 communes, 8 297 ha dont 297 de bois. Il est longé au nord-est par la plaine de la Lys et le canal d'Aire à Isbergues, qui forme une agglomération ouvrière avec ses voisines Berguettes et Molinghem, intégrées en 1996. Il est traversé à l'ouest par l'A 26 et une chaussée Brunehaut (D 341). Estrée-Blanche (960 Estrée-Blanchois, 532 ha), à l'angle nord-ouest du canton, est, à la traversée du Surgeon, sur cette voie dont elle tire son nom. Elle s'orne du château de Créminil, du 15e s., avec douves, parc et jardin médiéval, et d'un clocher avec flèche à crochets. Sa population a plafonné à 1 500 hab. en 1926 puis a constamment diminué jusqu'en 1999.

La même chaussée sépare un peu au sud Ligny-lès-Aire (620 Lignyacois, 804 ha), qui est à 7 km OSO du chef-lieu et vient de gagner 110 hab. (1999-2010), et Rely (460 Relygeois, 483 ha), plus proche (4 km), qui en a gagné 80; Rely conserve une motte féodale classée et a une aire de service de l'autoroute (Auto Grill, 30 sal.). Auchy-au-Bois (470 Alciaquois, 427 ha) est également sur la chaussée, 6 km au SO du chef-lieu, tandis que Westrehem (230 Westrehemois, 297 ha) est un peu plus éloignée à l'angle sud-ouest du canton. Auchy s'est accrue de 50 hab. depuis 1999, tandis que Westrehem est restée étale.

Saint-Hilaire-Cottes (850 Cottihilariens ou Saint-Hilairois, 724 ha) est à 2 km au sud du chef-lieu, et a une usine de viandes Pruvost-Leroy (100 sal.). Saint-Hilaire a gagné 100 hab. entre 1999 et 2010. La commune de Bourecq (570 Bourecquois, 402 ha) est juste à l'est de Saint-Hilaire et traversée par la N 43; un gros manoir du 16e s. à douves trône au centre du village, dont le nombre d'habitants s'est longtemps montré fort stable mais a gagné 50 hab. après 1999. Ham-en-Artois (1 000 Hamois, 320 ha) est à 4 km à l'est, au bord de la Garbecque; la commune a une église classée, en partie des 12e et 14e s., issue d'une abbaye bénédictine de 1079; la mention «en Artois» est de 1887. Ham avait 690 hab. en 1936, a crû jusqu'en 1990.

Cinq communes au nord-ouest de Norrent-Fontes sont traversées par l'autoroute. Blessy (860 Blessois, 539 ha) est la plus éloignée du chef-lieu, à 7 km, et son habitat est assez dispersé, avec des châteaux et des cressonnières; elle a gagné 210 hab. de 1999 à 2010, presque un tiers. Witternesse (560 Witternessois, 547 ha), «blanc nez» ou «cap blanc», est plus ramassée, au bord du Surgeon à 5 km du chef-lieu; manoir et ferme de la Besvre (16e s.) avec beaux jardins. Quernes (470 Quernois, 275 ha) est également au bord du Surgeon, 1 km au sud, comme Liettres (300 Liettrois, 307 ha) qui jouxte Estrée-Blanche et où est le château de Longhem, en partie du 15e s. avec tour. Linghem (220 Linghemois, 363 ha) est à 3 km à l'ouest de Norrent-Fontes. Toutes ces communes ont eu des populations assez stables au 20e s. et depuis 1999.

La petite Rombly (40 Romblyens ou Ruméliens, 115 ha) a réussi à conserver son minuscule finage entre les deux; le nom ancien fut Rumelis. Mazinghem (450 Mazinghemois, 519 ha) et Lambres (1 100 Lambrésiens, 449 ha) sont à 1,5 et 3 km du chef-lieu au nord, sur la route d'Aire-sur-la-Lys. Mazinghem a une église en partie du 11e s., ancienne chapelle seigneuriale, et un château avec parc; elle a gagné 110 hab. de 1999 à 2010, Lambres 130. Le finage de Lambres mord au nord sur la plaine humide de la Lys. La commune accueille un cartonnage Vaillant (90 sal.); le village conserve une église du 15e s. à clocher-tour carré. Sa population a crû lentement durant deux siècles, avec un long palier vers 600 à 700 hab., et a culminé en 1990. Elle retrouve en 2007 son niveau de 1990.


Isbergues

9 400 hab. (Isberguois) dont 120 à part, 624 ha, commune du Pas-de-Calais à l’extrémité orientale du canton de Norrent-Fontes, 5 km au sud-est d’Aire-sur-la-Lys. Elle avait 800 hab. vers 1870, puis a bondi à 2 200 en 1886 et 4 000 en 1911 ; elle a ensuite lentement progressé, puis a été agrandie en 1996 par la fusion avec Molinghem à l’ouest et Berguette au sud, qui lui ont apporté respectivement 3 200 et 2 000 hab. Molinghem avait 3 100 hab. en 2006, Berguette 2 000, toutes deux avec un statut de commune associée. Au total, Isbergues semble avoir perdu 580 hab. de 1999 à 2010. La ville a un collège public, un institut médico-éducatif (60 places), deux centres d’aide par le travail. L’agglomération est au bord du canal d’Aire à La Bassée, agrandi en Dunkerque-Escaut, et le finage mord au nord-est sur la plaine de la Lys, mais sans atteindre la rivière. Isbergues est le siège de la communauté de communes Artois-Flandres, qui rassemble 14 communes et 17 400 hab.

La croissance d’Isbergues a été liée à l’installation d’une aciérie «sur l’eau», dès 1881, devenue aciérie électrique, qui eut jusqu’à 4 000 salariés dans les années 1970 avant d’être divisée en deux unités. L’une, spécialiste de l’acier inoxydable, est passée à Arcelor puis Arcelor-Mittal, affiche 860 sal. en 2013 et se complète d'un négoce de métaux Aperam (groupe Arcelor, 95 sal.). L’autre usine, spécialiste des tôles à grains magnétiquement orientés depuis 1955, devenue UGO (Usinor Grains Orientés), est passée en 2000 au groupe Thyssenkrupp (610 sal.). Isbergues a aussi un atelier de mécanique Endel (25 sal.), un supermarché Carrefour 45 sal.), des entreprises de couverture Detam (35 sal.) et de travaux publics Eurovia (70 sal.), et une gare.