Canton de Samer

Samer

3 800 hab. (Samériens) dont 100 à part, 1 678 ha dont 319 de bois, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer, 17 km au SE de celle-ci sur la N 1. Le nom, qui fut précédé par Silviacus (la Forestière), est une contraction de saint Ulmer. Samer fait partie des «villages de charme» où se voient des restes de l'abbaye bénédictine (11e et 17e-18e s.), les châteaux (18e s.) du Grand Molinet et de la Bernardière, la réserve naturelle du Molinet (6 ha), et qui offre un musée avec des peintures de Jean-Charles Cazin (1841-1901) et une Maison de la Nature. Elle est dotée d'un collège public, d'une maison familiale rurale et d'un institut médico-éducatif (80 places).

La Liane passe à la limite nord-ouest de la commune, tandis qu'au sud-est le finage déborde le talus méridional du Boulonnais et mord sur le plateau dans le bois de l'Éperche. Les deux principales fabriques sont celles des instruments de chirurgie Specitubes (110 sal.) et des crayons Conté (50 sal.); bétons SBS (30 sal.), transports Lamory (45 sal.). Samer a eu assez constamment 2 000 hab. environ au 19e s. puis a commencé à croître un peu dans l'entre-deux-guerres; elle avait 2 500 hab. en 1960 et poursuit sa croissance; elle a gagné 530 hab. de 1999 à 2010.

Le canton a 27 500 hab., 18 communes, 16 616 ha dont 2 741 de bois. Il s'étend sur 22 km d'ouest en est, et occupe 10 km du littoral de la Manche au sud de Boulogne et la partie sud-ouest de la fosse de Boulogne, dominée au sud par un haut talus dont les «monts», sans atteindre 200 m, offrent de larges vues. Deux communes sont sur le plateau au sud-est. Doudeauville (510 Doudeauvillois, 1 374 ha) est à 9 km ESE de Samer et a gagné 70 hab. de 1999 à 2007; elle s'orne d'une abbaye d'augustins (12e, 17e, 19e s.), d'un château (18e s.) et des restes du château fort de Course; le mont des Merveilles monte à 174 m à l'est. Doudeauville fait partie de la communauté de communes de Desvres. Lacres (230 hab., 823 ha) est à 6 km au sud de Samer; son territoire est traversé par la N 1 et divisé en plusieurs hameaux; il porte les manoirs de Dalles et de Sequières (17e s.); le mont Corbeau atteint 174 m d'altitude. La petite Lacres a gagné 80 hab. entre 1999 et 2010 (+57%!).

Halinghen (310 Halinghenois, 553 ha) est également une commune du plateau, à 7 km SSO de Samer; le mont Violette (176 m) et le mont Landacques (177 m) sont à l'angle NO. Entre Halinghen et Lacres, le village de Tingry (320 Tingriacois, 1 136 ha dont 261 de bois) est dans le fossé du Boulonnais à 3 km au sud de Samer, mais la moitié du finage, avec le hameau du Haut Tingry et le bois de Tingry, s'étend sur le plateau; restes castraux, manoirs de la Haye d'Incourt et de Niembrune (16e-17e s.).

Quatre autres communes sont limitrophes de Samer. Wierre-au-Bois (220 Wierrois, 383 ha) est juste à l'est et possède un grand château (15e et 17-18e s.) décrit par Sainte-Beuve, qui y passe une partie de sa jeunesse. Questrecques (340 Questrecquois, 584 ha) est au nord, sur la rive droite de la Liane; elle a un château des 17e-18e s., une ferme fortifiée (la Watinette) et des manoirs du 16e s.: le Fort, la Halle, les Camps-Grelins. Carly (580 Carlysiens, 631 ha) est au nord-ouest, dans la vallée de la Liane, et touche au nord à la forêt domaniale de Boulogne comme Questrecques. Elle abrite le grand château d'Houret (19e s.), le manoir de la Conterie (16e s.); sa population augmente depuis les 280 hab. de 1975, et a gagné 50 hab. depuis 1999.

Verlincthun (390 Verlincthunois, 702 ha) est à 6 km OSO de Samer au pied du talus méridional et de son mont Violette, et conserve quelques restes du château de la Motte (15e s.); elle n'avait que 240 hab. en 1005. Nesles (970 Neslois, 504 ha) est un peu dans la même position vers l'ouest mais, d'un côté, son finage se développe davantage sur le plateau, tandis que d'un autre côté son village est inséparable des urbanisations de Neufchâtel-Hardelot. Dans la commune sont un «camp de César» à la Buqueuse, une motte féodale (13e s.), le manoir de la Haye (16e et 19e s.) qui fut un foyer protestant au 16e s., la cité ouvrière du Coron. Les employeurs sont les carrières et produits réfractaires TRB (60 sal.) et un supermarché Carrefour (50 sal.). Nesles n'avait pas 300 hab. avant 1870 puis a progressé jusqu'en 1968, avant que le nombre de ses habitants se stabilise à peu près, puis a perdu 110 hab. de 1999 à 2010.

Trois villages sont voisins, de part et d'autre de la Liane et déjà dans le périurbain boulonnais. Hesdin-l'Abbé a 2 000 hab. Hesdigneul-lès-Boulogne (750 Hesdigneulois, 332 ha) est en face, sur la rive gauche de la Liane et sur la voie ferrée (gare); nombreuses serres et jardinerie (40 sal.). Sa population a crû entre 1875 et 1950, puis est restée au même niveau; elle a augmenté de 90 hab. depuis 1999; «lez Boulogne» a été ajouté en 1899.

Isques (1 200 Isquois, 698 ha) est en aval, à 7 km au SSE de Boulogne et entièrement au nord de la Liane aussi; elle accueille un gros échangeur de l'A 18 et s'orne des châteaux d'Hermerangues (18e s.) et de Quéhen (17e-18e s.), ainsi que d'un manoir du 16e s. à grosse tour ronde; installations électriques Cegelec (60 sal.), frigoriste (Fromfroid, 35 sal.), finitions Nord Revêtements (30 sal.), école de conduite (Centre de formation du Transport, 55 sal.). La population d'Isques a augmenté de 1896 à 1990 puis est restée à peu près étale.

Saint-Léonard, plus en aval, est dans la banlieue boulonnaise tandis que Condette, un peu plus éloignée de Boulogne au sud, se partage entre banlieue et vie littorale. Les autres communes sont celles du littoral. Celui-ci est principalement partagé entre Saint-Étienne-au-Mont et Neufchâtel-Hardelot. Une petite fraction de la côte tout au sud est toutefois dévolue à Dannes (1 300 Dannois, 1 023 ha), qui est à 18 km au sud de Boulogne et dont le village est séparé du littoral par 2 km de dunes du massif du mont Saint-Frieux (300 ha); église des 15e et 16e s. à voûte en berceau brisé et statues; cimenterie Holcim (110 sal.). Dannes a crû de 1880 (320 hab.) à 1975 (1 500 hab.) puis un peu décliné; elle partage avec Camiers une réserve naturelle de 31 ha.


Condette

2 700 hab. (Condettois), 1 626 ha dont 817 de bois, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Samer, 9 km au sud de Boulogne et à 5 km du rivage de la Côte d'Opale. Le petit village originel a été submergé par l'extension de la station balnéaire d'Hardelot toute proche, entre la forêt des dunes de Condette au nord et la grande forêt domaniale d'Hardelot au sud, dont la partie principale est dans le territoire communal de Condette. Au sud-est, l'autoroute A 18 descend le talus méridional du Boulonnais en tunnel. Le finage touche au nord-est au cours de la Liane, mais elle en est largement séparée par l'interposition de la commune d'Hesdigneul-lez-Boulogne. Au sud-ouest, la limite communale frôle le château d'Hardelot et divise l'étang de l'Eau Claire; manoir du Grand Moulin (16e-17e s.); transports Verité (30 sal.). Condette a atteint 1 000 hab. en 1872, n'a crû ensuite que lentement (1 200 hab. en 1936), puis a entamé une croissance plus soutenue jusqu'en 1999; mais elle a perdu 70 habitants de 1999 à 2010.


Hesdin-l'Abbé

1 900 hab. (Hesdinois), 739 ha, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Samer, 6 km au NO du chef-lieu sur la rive gauche de la Liane, à 10 km SE de Boulogne-sur-Mer. Le château d'Hesdin (1783) est devenu une hôtellerie (le Cléry, 25 sal.). Le finage touche au nord-est à l'orée de la forêt de Boulogne. La commune abrite aussi un manoir des 15e et 17e s. à tours d'angle et le manoir le Rieux (17e s.), une maison de retraite. Elle a eu entre 500 et 600 hab. au 19e s., puis a crû au 20e s., d'abord lentement (700 hab. en 1954), un peu plus vite au cours des années 1980, mais a perdu 120 hab. entre 1999 et 2010.

La commune accueille une fabrique de glaces, plats cuisinés et surgelés La Charlotte (240 sal.), une usine de conserves de poissons Delpierre (180 sal.), les cosmétiques Alkos (90 sal., groupe états-unien Finley, notamment crayons cosmétiques) et les détergents Ecover (EPC, 35 sal., groupe belge); préfabriqués Nord Constructions Nouvelles (160 sal.), vente à domicile Maximo (35 sal.), négoce de quincaillerie Trolle (35 sal.), transports de la Boulonnaise (45 sal.). La plupart des établissements sont dans la zone industrielle de Landacres, étendue sur 103 ha et située en partie dans les communes voisines de Baincthun et d'Isques, qui se veut un parc paysager.


Neufchâtel-Hardelot

3 900 hab. (Neufchâtellois) dont 110 à part, 2 085 ha dont 350 de bois, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Samer, 13 km au sud de Boulogne. Elle se nommait simplement Neufchâtel jusqu'en 1954 mais le succès de sa plage lui en a fait promouvoir le nom. La commune s'étend au sud-est sur le plateau de revers du Boulonnais d'où descend l'autoroute A 18, qui a un échangeur à l'est du bourg. Celui-ci est dans la plaine au pied du talus, sur la route et la voie ferrée du littoral (gare) et son habitat se confond au nord-est avec celui de Nesles. Il est séparé de la mer par la grosse butte-témoin du mont Saint-Frieux, qui monte à 152 m et à laquelle s'accroche un massif de dunes large de 3 km, couvert au nord par les lotissements balnéaires d'Hardelot.

Hardelot-Plage est à 5 km du bourg, au nord-ouest, et a été lancée en 1905 par l'Anglais John Whitley, enrichi par le linoléum, qui s'y était installé au château en 1897 et qui visait une clientèle de luxe et de prestige, ce qui se voit encore à quelques grosses villas de cette époque. L'aménagement en avait été confié à l'architecte lillois Louis-Marie Cordonnier, qui en avait fait une cité-jardin tournée vers les sports. Mais la station a beaucoup souffert de la Seconde Guerre mondiale, avant d'être réaménagée et fort densifiée, voire bétonnée, par le promoteur lillois Lesur après 1958. Le domaine de la Société d'Hardelot reste privé mais a changé de propriétaire en 1999; la compagnie franco-belgo-néerlandaise du Zoute (groupe Colbert-Orco) s'oriente vers une remontée en gamme.

La commune, qui a ajouté le nom de la station à son nom en 1954, tient 4 km du littoral; la plage elle-même, pourvue de nombreuses cabanes blanches et bleues, s'étire sur 1 200 m. Elle offre deux terrains de golf (les Dunes et les Pins), un festival de musique en été, et elle est classée «station kid» par ses aménagements pour enfants; aux environs sont le château d'Hardelot, l'étang de la Claire Eaules, des maisons de retraite. Les principales entreprises sont celles des golfs et de leur hôtel (30 et 50 sal.), et l'hôtel du Parc (45 sal.); mais l'essentiel de la forêt domaniale d'Hardelot relève de Condette, juste au nord. La commune avait 820 hab. en 1876 puis sa population a crû, passant à 1 700 hab. en 1911; elle s'est ensuite stabilisée, puis a repris sa croissance dans les années 1960, et passé les 3 000 hab. en 1990. Elle a encore gagné 230 hab. entre 1999 et 2010. La commune a 3 200 résidences secondaires (deux tiers des logements), mais pas de camping, et deux hôtels (150 chambres).


Saint-Étienne-au-Mont

5 100 hab. (Stéphanois), 1 405 ha dont 350 de bois, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Samer, 5 km SSE de Boulogne sur la rive gauche de la Liane. La mention «au Mont» date de 1937. Elle a une gare, un collège public et partage le site d'activités du Pont de Briques avec Saint-Léonard et Isques. La commune a 2 500 m de rivage et de plage, mais sans accès routier, si ce n'est, à la limite d'Équihen, par une piste en béton sur le vieux chemin des Juifs, ainsi nommé parce qu'il fut construit en 1943 par des détenus juifs internés au camp de Condette. Elle a un camping de 250 places, mais guère de résidences secondaires. De 500 hab. au milieu du 19e s., sa population est montée à 1 600 hab. vers 1900, 3 000 en 1954 et elle a dépassé les 5 000 hab. en 1990 puis est restée à peu près étale.

Son finage est en trois parties. L’une regarde vers la Liane et Boulogne et concentre la plus grande partie de la population et des activités, dont les cartonnages Gaultier (110 sal.) et Ondulys (25 sal.), les installations électriques EEB (30 sal.), un Intermarché (30 sal.) et s'orne des châteaux d'Audisque (18e s., avec parc) et de la Cachaine (18e s.). La deuxième est sur un plateau nu à plus de 100 m, où trône le hameau d'Écault, dans lequel ont été trouvés des restes archéologiques gallo-romains. La troisième, décalée vers le sud, correspond à la retombée du plateau sur la côte; elle porte une forêt domaniale de 300 ha relevant du ministère de l'Agriculture, et la falaise morte est précédée par un cordon de dunes de quelques centaines de mètres de large et de 160 ha, appartenant au Conservatoire du littoral. La limite sud suit le cours de la petite Warenne, qui vient de Condette.


Saint-Léonard

3 600 hab. (Saint-Léonardois), 340 ha, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Samer, en banlieue sud de Boulogne sur la rive droite de la Liane. C'est la seule commune du canton qui soit hors du Parc régional. Elle a une église classée en gothique flamboyant mais à clocher d'origine romane. Un château du 18e s., classé, au Pont de Briques, servit de quartier général à Napoléon en 1803-1805 durant ses projets d'invasion de l'Angleterre. Le Pont de Briques forme un quartier d'activités, avec une gare, partagé avec les communes voisines d'Isques et Saint-Étienne-du-Mont, et tire son nom d'un ancien pont romain sur la Liane. La commune de Saint-Léonard s'est d'ailleurs appelée Pont-de-Briques pendant la Révolution; elle se nomma Hocquinghen au 13e s., son nom actuel datant de la fin du Moyen Âge.

Les principales industries sont la Boulonnaise d’Électronique (groupe belge Belco, 210 sal.) et les constructions électriques Acean (Sacel, 280 sal.) ; l’imprimerie de la Société d’Impression du Boulonnais (SIB, 200 sal.) ; la métallerie Delattre (170 sal.) ; bétons BCB (45 sal.). Dans la distribution émergent les fournisseurs de moyens de communication Sacel (280 sal.), de biscuiterie et confiserie Supergroup (Bisconord Lestielle, 100 sal.), de pharmacie CERP (65 sal.) et OCP (30 sal.), le négoce de combustibles DMS (35 sal.) ; travaux publics Eiffage (75 sal.), nettoyage Pro Impec (85 sal.); de nombreux garages, deux centres d’aide par le travail. La commune n'avait encore que 300 hab. à la fin du 19e s., 800 vers 1930; sa croissance est surtout d'après-guerre, le nombre des habitants ayant culminé en 1990.