Canton de Vielle-Aure

Vielle-Aure

370 hab., 538 ha dont 405 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Pyrénées dans l'arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, 35 km au sud de Lannemezan dans un ombilic de la Neste d'Aure, à 850 m. Comme son nom l'indique (Vielle = ville), c'est le chef-lieu historique de la haute vallée d'Aure, qui de son ancienne fonction garde un petit air cossu, avec des maisons des 17-18e s.; mais son territoire est étroit, bien qu'elle dispose d'une enclave lointaine dans le haut massif du Néouvielle, et elle a été largement supplantée par le développement de Saint-Lary.

Vielle-Aure offre à la visite une église du 12e s. à fresques, un Aquascope, une pisciculture et d'anciennes mines de manganèse sur la route du Pla d'Adet; un supermarché (30 sal.). La population communale a culminé vers 510 hab. de 1900 à 1926, puis s'est effondrée jusqu'à 280 hab. dès 1931 et s'est réduite à 205 en 1982, puis a repris un peu. La commune a un hôtel, un camping et 620 résidences secondaires (78% des logements). Elle est le siège de la communauté de communes de la Haute Vallée d’Aure (10 communes, 1 300 hab.).

Le canton a 2 600 hab., 14 communes, 29 808 ha dont 6 322 de bois; il atteint au sud la frontière de l'Espagne, dans les communes de Saint-Lary-Soulan, Tramezaïgues et Aragnouet. La plupart des petits villages sont proches de Vielle-Aure; Bourisp (150 hab., 190 ha), 1 km à l'est, a une église à fresques du 16e s., et 40 hab. de plus qu'en 1999; Sailhan (110 hab., 264 ha), 1 km au sud à 1 100 m un musée de la vie rurale en pays d'Aure.

Ens (16 hab., 349 ha), au-dessus de Sailhan à 1 190 m, offre une petite église romane et un beau point de vue sur la vallée. Azet (160 Azetois, 2 663 ha), 4 km au SE de Vielle-Aure dans la petite vallée de la Mousquère à 1 170 m, a un finage plus étendu, qui va jusqu'au pic de Lustou (3 023 m) au sud, à 8 km; la station de ski voisine de Val Louron déborde sur la crête qui sépare la commune du val Louron.


Aragnouet

250 hab. (Aragnouetois), 10 829 ha dont 1 940 de bois, commune des Hautes-Pyrénées dans le canton de Vielle-Aure, 16 km au SO du chef-lieu dans la vallée de la Neste d'Aure, à 1 120 m. C'est la commune la plus occidentale du bassin montagnard de la Garonne, aux sources de la Neste; le nom vient d'aragnou, qui désigne localement le prunellier. Sa population a atteint 520 hab. vers 1850 et a décliné jusque dans les années 1910 avant de fluctuer aux environs du niveau actuel. Son territoire va de la crête frontière au massif du Néouvielle et se divise en quatre vallées principales. Au nord, la Neste de Couplan vient du pic Long (3 192) et du Néouvielle (3 091); sa vallée est barrée par les deux grands lacs de Cap-de-Long (ou Capdelong) et d'Orédon; elle reçoit en outre les eaux du lac de l'Oule. Une route établie par EDF mène au plus haut lac d'où l'on a, à 2 161 m, un très large panorama; refuges gardés d'Orédon et de l'Oule.

Au centre de la commune se déploie la vallée ouest-est de la Neste d'Aure proprement dite, prolongée par la Neste de Badet, qui descend des pics des Aiguillous (2 851 et 2 875 m). Sur son ombrée a été établie à partir de 1974 la station de ski de Piau-Engaly, dominée par le pic du Piau (2 696). C'est de toutes les Pyrénées celle qui a les plus constantes et épaisses couches de neige; elle a bénéficié d'un urbanisme bien pensé, de formes modernes. La commune a de ce fait 800 résidences secondaires (contre 130 principales), ce qui la place au 5e rang du département; la société d'économie mixte de Piau-Engaly, qui gère la station, a 45 salariés; deux campings (140 places).

En aval, les habitations d'Aragnouet se dispersent en petits hameaux au Plan d'Aragnouet (clocher-mur et chapelle dite des Templiers, en fait des hospitaliers de Saint-Jean), Aragnouet et Boucagnère, Fabian où une usine hydroélectrique de 18 MW turbine les eaux de la haute vallée, puis les Écharts et Éget, également équipées (6 et 33 MW) et recevant par canal les eaux du Néouvielle depuis le lac de l'Oule. Au Plan d'Aragnouet convergent les deux autres vallées, qui descendent de la crête frontière. Le vallon de la Géla vient du cirque de Barroude, dominé par le pic de Troumouse (3 085 m) et adossé au cirque de Troumouse, lui aussi dans les calcaires mais primaires, riche d'un lac et d'un refuge (à 2 373 m, 35 places) de mêmes noms.

Le port de Barroude ouvre un passage encore difficile à 2 534 m; on y a exploité des mines. Parallèle, mais à l'est, s'ouvre le vallon de Saux, où la crête frontière est plus basse (moins de 2 700 m) mais que domine à l'est le Garlitz (2 798). C'est par le vallon de Saux que passe la seule route transpyrénéenne des Hautes-Pyrénées, pour laquelle a été foré le tunnel de Bielsa, dit aussi d'Aragnouet; long de 3 600 m, ouvert en 1976 à 1 821 m en France et un peu plus en Espagne, il mène à la vallée du rio Barrosa et de là, en effet, à Bielsa.


Saint-Lary-Soulan

980 hab. (Saint-Laryens), 9 097 ha dont 2 866 de bois, commune des Hautes-Pyrénées dans le canton de Vielle-Aure. La commune est formée de deux territoires distincts. Le village est en fond d'Aure, là où la vallée s'élargit en une petite plaine dans l'ombilic de Vielle-Aure à 2 km au sud du chef-lieu, à 840 m; une usine hydroélectrique y est installée (21 MW). Son finage s'étend loin droit au sud, jusqu'à la crête frontière au pic d'Ourdissétou (2 597 m), qui est le point le plus méridional de tout le département des Hautes-Pyrénées. On en sort par le port d'Ourdissétou (2 403 m, Urdiseto en espagnol), qu'emprunte un sentier.

Ce territoire correspond à la vallée du Rieumajou, qui commence par un grand cirque; un hospice-refuge est entretenu à 1 530 m au fond de la vallée, sous le col, et accessible par une petite route forestière. Le point culminant est, un peu à l'est sur la frontière, le pic de Batoua (3 034 m); le pic d'Arriouère (2 866 m) lui fait face à l'ouest, fermant ainsi le cirque. Au milieu de la vallée du Rieumajou sont un petit lac de barrage et, en aval, l'usine hydroélectrique de Maison-Blanche (7,5 MW).

L'autre partie du territoire de Saint-Lary, séparée de la première, est au nord-ouest de la Neste d'Aure; orientée ouest-est, longue de 16 km pour 1 ou 2 km de large tout au plus, elle prend en écharpe le massif du Néouvielle depuis le pic de Néouvielle lui-même; à l'est du lac de l'Oule, elle inclut la vallée d'Espiaube, où la commune a pu établir une station de ski. Il s'agissait là du territoire de la commune de Soulan, jadis séparée de Saint-Lary mais avec laquelle elle a fusionné en 1963, en dépit de la discontinuité des finages.

Cette disposition a permis à Saint-Lary de devenir une riche commune, bénéficiant de redevances d'EDF. Un entrepreneur de travaux publics, Vincent Mir, chargé des travaux du barrage de Cap-de-Long, devenu maire de la commune, a pu investir dès 1956 dans la création pionnière de la station de ski, qui a fait de Saint-Lary l'une des premières places fortes des sports de neige en Pyrénées, et le village a pris des allures de ville prospère de sports et loisirs. La station s'est développée sur les territoires de plusieurs communes voisines: dès 1957, ce qui était alors réputé comme le plus long téléphérique du monde était inauguré entre Saint-Lary et le Pla d'Adet (1 675 m), qui est dans la commune de Cadeilhan-Trachère (60 hab., 486 ha, à 820 m) et d'où l'on domine le versant gauche de la Neste; une route y est ensuite parvenue, en 1964.

La station s'est étendue à la Cabane, qui relève de la commune de Vignec (210 hab., 642 ha, à 800 m), et dans l'enclave du val d'Espiaube, grâce à la fusion de communes. Puis Saint-Lary a ouvert une station thermale en 1988, afin de disposer d'un éventail complet et multisaisonnier d'activités; elle a réussi à dépasser Barèges et Luz, se classant en quatrième position parmi les stations des Hautes-Pyrénées, à un niveau un peu bas en vérité: 2 400 curistes l'an, censés assurer environ 70 000 nuitées, ce qui semble assez largement compté. Une maison du Parc national a été ouverte dans un ancien logis du 16e siècle, bien que la limite du Parc soit assez éloignée et ne morde même pas sur le territoire communal - si ce n'est à travers la réserve du Néouvielle; une maison de l'Ours est également proposée à la visite. La famille du maire-promoteur s'est distinguée ensuite dans les sports d'hiver, Isabelle Mir (née en 1949) figurant parmi les championnes de France de descente et obtenant 9 titres en coupe du monde - V. Mir est mort en 1997.

L'ensemble cumule 24 000 lits et forme la première station touristique des Pyrénées françaises, avec 3 740 résidences secondaires pour 560 principales (1er rang départemental juste avant Cauterets). La station de ski offre 54 pistes sur 700 ha, équipées de 32 remontées mécaniques et 183 canons à neige, et la station propose un prometteur «concept de centre thermo-ludique avec canyoning»; la société Altiservice (remontées mécaniques) emploie 35 personnes. Au total, la commune a neuf hôtels (220 chambres), deux campings (180 places) dont un de luxe (80 places) et 4 200 résidences secondaires, qui font 87% des logements. Saint-Lary avait 200 hab. en 1906 et avait atteint 630 hab. dès 1954; Soulan lui en a apporté moins de 40, mais la nouvelle commune a dépassé le millier en 1985. Elle se tient à ce niveau depuis.

Un peu en amont de Saint-Lary, le village de Tramezaïgues (34 hab., 3 496 ha dont 465 de bois), au confluent de la Neste d'Aure et du Rieumajou à 950 m, dispose d'un territoire assez étendu, allant jusqu'à la crête frontière entre les pics de Bataillence (2 604 m) à l'ouest et de Lia (2 778) à l'est; elle englobe ainsi le grand cirque de Moudang, dont la Neste rejoint l'Aure dans la commune d'Aragnouet, et qui a connu des mines; au-dessus du village, restes d'un château du 11e s. à donjon carré, juché sur un verrou glaciaire; le nom de Tramezaïgues signifie «entre deux eaux», ou confluent - en l'occurrence, la Neste d'Aure et le Rioumajou.