Canton de Mont-Louis

Mont-Louis

280 hab. (Montlouisiens), 39 ha, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l'arrondissement de Prades, 38 km OSO de celle-ci, à 1 600 m. Le territoire de la commune est réduit à la citadelle, «la plus haute ville fortifiée de France», création de Vauban en 1681, consécutive à la signature du traité des Pyrénées qui fixait la nouvelle frontière (1659), remarquablement bien conservée et très visitée; petit musée du puits des Forçats. Mont-Louis, qui porte évidemment le nom de Louis XIV, fut le premier site choisi pour l'expérimentation d'un four solaire, dès 1949. L'armée maintient à Mont-Louis le Centre national d'entraînement de commandos. Un camping offre 160 places. La population a culminé à 1 000 hab. en 1886 et n’a cessé de diminuer depuis, perdant encore 70 hab. de 1999 à 2009.

Le canton a 4 100 hab. (3 900 en 1999), 15 communes, 30 512 ha dont 14 399 de bois; il s'étend sur plus de 30 km du NO au SE, de la limite du département de l'Ariège à la frontière espagnole. Il comprend au SE la partie orientale du versant d'ombrée du massif du Puigmal, principalement occupé par le territoire de la commune de Fontpédrouse (ci-dessous); au centre, la haute vallée de la Têt qui, comme Mont-Louis, fait partie du Haut-Conflent; au nord, la haute plaine du Capcir et son encadrement montagneux du côté du Madrès à l'est et du Carlit à l'ouest; elle abrite 6 des communes du canton. Son territoire s'interrompt au nord à l'amorce des gorges de l'Aude. Il est ainsi à cheval sur deux bassins fluviaux distincts, et séparé de celui du Sègre par le col de la Perche.

Au sud de Mont-Louis, la petite commune de La Cabanasse (720 Cabanassiens, 326 ha, à 1 510 m) s'étire le long de la voie ferrée et de la N 20, entre le col de la Perche (1 577 m) et la première centrale électrique sur la Têt; gare du «train jaune»; moulin-musée du Roi (construit en 1691, pour l'approvisionnement de la garnison de Mont-Louis, arrêté en 1946, puis restauré), atelier de vitrail, hôtel du Clos Cerdan (30 sal., 112 chambres). La commune a pour origine les cabanes des ouvriers qui furent appelés à construire la citadelle de Mont-Louis, et les commerces qui choisirent de s'y établir ensuite, au début du 18e s. Le site avait été précédemment occupé par l'hôpital de la Perche, relais proche du col et au carrefour des trois pays de Cerdagne, Conflent et Capcir, et par le vilar d'Ovansa, un petit groupe de fermes. Le hameau des Moulins est devenu une ferme expérimentale au 19e siècle. La Cabanasse a gagné 90 hab. entre 1999 et 2009; elle a 260 résidences secondaires sur 600 logements (43%).

Sur les basses pentes du massif du Puigmal, en ombrée, s'étagent les maisons de Saint-Pierre-dels-Forcats (260 Saint-Pierrois, 1 281 ha dont 565 de bois, à 1 570 m) et de Planès (50 Planésans, 1 424 ha dont 1 100 de bois, à 1 550 m). Planès, 7 km au SE de Mont-Louis, est connue pour sa jolie petite église romane de plan trilobé, «une coupole qui repose sur trois massifs de maçonnerie situés aux angles d'un triangle équilatéral et réunis par trois arcades ouvrant sur trois absidioles», si surprenante qu’elle fut nommée la mesquita (la petite mosquée) et suscita quantité de gloses plus ou moins fantaisistes. La commune monte au pic de Llauzès (2 830 m) dans un seul grand vallon très encaissé; elle a eu plus de 200 hab. vers 1880, et n'en avait plus que 27 en 1999. Saint-Pierre-dels-Forcats, plus proche du chef-lieu, partage avec Eyne en Cerdagne les champs de neige de la station intégrée du Cambre d’Aze, du nom du sommet qui donne à la commune son point culminant (2 747 m). La station compte au total 25 pistes et 15 remontées mécaniques, et la commune a 470 résidences secondaires sur 580 logements (81%). La population communale remonte depuis le minimum de 1968 (110 hab.) et s'est accrue de 40 hab. depuis 1999.

À l'ouest de Mont-Louis (4 km), Bolquère (Bolquera, 810 Bolquérais, 1 761 ha dont 1 224 de bois) est un vieux village à la limite de la Cerdagne, submergé par l'urbanisation touristique, d'abord de Superbolquère puis de Pyrénées 2000, plus récente, associée à Font-Romeu et très tournée vers les enfants; elle n'avait que 210 hab. en 1962; la croissance démographique est arrêtée, mais 88% des logements sont constitués par les 2 700 résidences secondaires de la commune. Le finage de Bolquère s'étire vers le NO le long de la haute vallée de la Têt, rive droite, et du site de Font-Romeu. On monte ainsi jusqu'à la centrale électrique et aux petits lacs du pla des Avellans, mais sans atteindre le lac des Bouillouses, partagé entre les lointains villages d'Angoustrine et des Angles; parc animalier du «territoire lapon», avec des rennes; village de vacances. Vers le col de la Perche, Bolquère a la plus haute gare de France (1 593 m).

La Llagonne (250 Llagonnais, 2 309 ha dont 1 514 de bois), dont le village est à 2 km au nord de Mont-Louis à 1 660 m, et qui a une église fortifiée avec un très riche mobilier, lance également une interminable queue forestière le long de la rive gauche de la Têt, englobant la longue et puissante moraine boisée qui l'accompagne depuis sa sortie du massif du Carlit. La commune, dont le nom vient d'un fond de marais (= la lagune), a gagné 20 hab. entre 1999 et 2004. Son finage s'étend aussi sur le plateau de la Quillanne, qui sépare les bassins de l'Aude et de la Têt; près du col, l'aérodrome est un point fort du vol à voile; une station de ski de fond occupe l'espace en hiver. La commune a 260 résidences secondaires sur 400 logements (deux tiers).

Il reste trois communes du côté du Conflent, à l'est. Deux d'entre elles sont minuscules. Caudiès-de-Conflent (Cauders) a 14 habitants (Caudiésais), après en avoir eu 2 en 1982 et 1990 (et 210 en 1876…), 650 ha dont 600 de bois. Les maisons sont à 1 625 m sous le pic du Bastard (2 095 m), 10 km au NNE de Mont-Louis par une petite route, et déjà presque dans les Garrotxes; 45 logements sur 54 sont des résidences secondaires; le nom de la commune a été allongé en 1982 seulement.

Sauto (90 Sautans, 843 ha, à 1 600 m), qui a eu 420 hab. en 1906, apparaît comme un nid d'aigle sur l'adret escarpé qui domine les gorges de la Têt. Celles-ci sont barrées par la haute silhouette du pont suspendu Gisclard, long de 240 m et dominant de 80 m le lit du fleuve, sous le serrat de la Tausse (2 034 m) et le terrain militaire associé à Mont-Louis. Le hameau de Feitges, à l'ouest, tire son nom des murettes et terrasses de culture (feixes en catalan); centrale hydroélectrique. La commune a 125 résidences secondaires sur 170 logements, presque trois quarts.

Fontpédrouse (Fontpedrosa, la fontaine pierreuse), qui a 130 hab. (Fontpédrousats) mais en comptait 890 en 1851, 570 en 1901, s'étend sur 6 435 ha dont 1 393 de bois. La commune a pu cependant maintenir le nombre des habitants de 1999 à 2004. Le village est au fond de la vallée de la Têt à 12 km à l'est de Mont-Louis, à 1 040 m. Si son territoire, résultant en 1822 d'une fusion avec Saint-Thomas et Prats-de-Balaguer, monte peu sur l'adret de la Tausse, il atteint la frontière espagnole au sud, où se juxtaposent cinq cirques glaciaires, dominés d'ouest en est par les pics d'Eyne (2 786 m), des Nou Fonts (2 861 m), de la Vache (2 826 m), du Géant (2 882 m) et de la Dona (2 702 m). Par le col des Neuf Croix passe le GR 12.

Une grande vallée en descend droit sur Fontpédrouse, drainée par la Riberole; le reste, à l'est, correspond au haut bassin de la Carença, constellé de laquets. Une belle église romane avec clocher-tour carré se voit à Prats-Balaguer, qui était le principal village originel. La commune a 165 résidences secondaires sur 250 logements (deux tiers). Au confluent de la Riberole et de la Têt, les bains de Saint-Thomas ont été refaits en 1993 sous régie municipale et offrent une gamme complète de services; les eaux sulfurées y jaillissent de six sources à 58 °C; la firme BBR en tire une ligne de produits cosmétiques. En aval, le viaduc Séjourné étire ses 176 m, 65 m au-dessus du lit de la Têt. La partie septentrionale du canton relève du Capcir.