Canton de Huningue

Huningue

6 500 hab. (Huninguois), 286 ha, chef-lieu de canton du Haut-Rhin dans l’arrondissement de Mulhouse, 33 km au SE de celle-ci, limitrophe de Bâle en banlieue nord, au bord du Rhin face à l’allemande Weil am Rhein, à laquelle la relie un pont, et donc trifrontalière. Elle bénéficie d’un embranchement ferroviaire, des ports et du début de l’ancien canal d’Alsace (déclassé). C’est une ancienne ville forte de Vauban dessinée en pentagone, dotée d’une belle place centrale et d’un musée d’histoire. Elle a cependant subi de nombreuses vicissitudes, plusieurs sièges et deux célèbres redditions (1814 et 1815) dont la dernière est commémorée par le célèbre tableau d'Édouard Detaille (1892); la forteresse a été rasée en 1815 à la demande de la ville de Bâle. La population était de 3 000 hab. en 1900, 4 200 en 1954; elle diminuait depuis le sommet de 1982 (6 700 hab. sdc), mais a regagné plus de 200 hab. de 1999 à 2007.

La commune est à peu près entièrement urbanisée. Elle offre, à la double frontière avec la Suisse et l'Allemagne, et à la jonction du Rhin et du canal du Rhône au Rhin, une solide base pour les implantations industrielles étrangères, surtout suisses évidemment. Elle abrite deux usines chimique de pigments et peintures Clariant (suisse, 320 sal.) et BASF ex-Ciba (290 sal.), ainsi qu’un ensemble de chimie fine: médicaments Novartis-Pharma (350 sal., suisse), produits vétérinaires Novartis (80 sal.), produits pharmaceutiques Weleda (340 sal., suisse); produits chimiques pour l’industrie TFL (180 sal., allemand); plastiques (Carpenter Pur, 70 sal.), états-unien et emballages plastiques Promens (35 sal.); boulangerie Markgrafter (25 sal.); négoces d'électronique Endress et Hauser (210, suisse), d'habillement Ganzoni (Sigvans, 140 sal.), d'électroménager Enelca (25 sal.); supermarché Match (60 sal.); nettoyages Springsfield (30 sal.) et Berys (25 sal.), transports fluviaux Aqua Viva (80 sal.).

La ville soigne néanmoins son environnement: elle est fleurie à 4 fleurs, favorise les sports nautiques (parc des Eaux-Vives, rivière à kayak avec bassin de slalom) et s'est dotée d'un centre socioculturel à l'architecture audacieuse, le Triangle. Le canton de Huningue, frontalier de l'Allemagne et de la Suisse, a 50 500 hab. (47 600 en 1999), 21 communes et 14 032 ha dont 2 170 de bois. Cernant Bâle par le nord et l'ouest, il va de Rosenau au nord à Leymen à l'extrême sud, englobant Village-Neuf et la Petite Camargue, Saint-Louis, Blotzheim, Hegenheim, Hésingue et l'aéroport international dit de Mulhouse-Bâle. Un périmètre de Scot (schéma de cohérence territoriale) du Haut-Rhin porte le nom des Cantons de Huningue et de Sierentz et correspond au contour du pays de Saint-Louis et des Trois-Frontières.


Attenschwiller

900 hab., 511 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 10 km OSO du chef-lieu; l'habitat s'est étiré le long des routes qui sortent du vieux village. Les volets roulants Bubendorff (25 sal.) occupent l'ancien site des jeux Ravensburger. Le nom était Hadmanswilre au 13e siècle, d'un patronyme germanique. La population augmente depuis 1954 (560 hab.).


Blotzheim

3 900 hab. dont 100 à part, 1 460 ha dont 209 de bois, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue à 24 km au SE de Mulhouse et 7 km NO de Bâle, juste à l’ouest de l’aéroport; négoce de machines à scier (Eismo, 20 sal.); transports DHL (20 sal.) et travaux publics des Trois Frontières (25 sal.); supermarché Leclerc (60 sal.), hôtel Captain (20 sal.); château du 18e s., collège privé; casino du groupe L. Barrière (95 sal.), avec music-hall, ouvert en 2008. La population est stable; mais l’usine France-Portes (à l’états-unien Jeld Wen), de plus de 100 emplois, a fermé en 2005. L'agglomération, de structure assez lâche, se tient au pied du plateau du Sundgau, lotissements et ateliers s'étalant dans la plaine; une petite moitié du territoire est sur le plateau, inhabité sauf par quelques villas en bordure; au nord-est, une avancée du finage dépasse la voie ferrée et l'autoroute, englobant une fraction de l'aéroport international et l'étang de gravière de Ritty.


Buschwiller

970 hab., 416 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 8 km OSO de la ville dans le Sundgau, touchant au sud à la frontière suisse dans la vallée du Lertzbach. Le village est au bord de l’Altenbach, un peu en amont d’Hésingue; les maisons forment un ruban continu jusqu'à Hésingue et se poursuivent en amont sur le coteau exposé au sud, tandis que l'urbanisation d'Hegenheim s'approche du village par l'est. Les hauteurs méridionales sont en partie boisées. La commune avait 560 hab. en 1962 et a gagné 80 hab. de 1999 à 2007.


Folgensbourg

770 hab., 672 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 13 km OSO du chef-lieu sur la route de Ferrette; métallurgie industrielle Billig (25 sal.). La commune a gagné 130 hab. de 1999 à 2007. Le village est en double file sur les collines , au milieu de vergers. Le finage se développe vers le sud, très boisé, où il monte sur la crête du Liebenberg et atteint 498 m dans les Goben d'Attenschwiller.


Hagenthal-le-Bas

1 100 hab., 620 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 12 km au SO du chef-lieu, touchant au NE à la frontière suisse. Le village est à la limite sud-ouest du finage, sur la rive gauche du Lertzbach qui descend vers le nord-est, et se complète en aval, près de la frontière, par les maisons de Klepferhof. Le finage va au sud jusqu'à l'Eichwald. Le villege a un cimetière juif, une boulangerie industrielle Marchand (25 sal.); sa population est en nette croissance (708 hab. en 1936, 815 hab. en 1975) et retrouve son maximum de 1851. Le site du Letten, décharge de la chimie bâloise, a pu être enfin nettoyé en 2005. Hagenthal-le-Bas est le siège de la communauté de communes de la Porte du Sundgau (13 communes, 7 700 hab.).


Hagenthal-le-Haut

590 hab., 492 ha dont 212 de bois, commune frontalière du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 13 km au SO de Huningue au pied de l’Eichwald et juste en amont de Hagenthal-le-Bas dans le bassin du Lertzbach; les hautes collines qui l'entourent, et montent à 522 m au sud-ouest, sont boisées. La population a gagné 170 hab. de 1999 à 2007, soit 40%.


Hégenheim

3 100 hab. (1999), 670 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, frontalière et limitrophe de Bâle à 4 km SO de Saint-Louis; château de Baerenfels (18e s.), collège public, installations thermiques Gutzwiller (35 sal.), aménagements paysagers Wenner (20 sal.). Elle est surtout résidentielle. L'habitat originel est au pied du relief, mais les quartiers de villas se sont diffusés dans la plaine, jusqu'à la Vignette à l'est, comme sur la colline (Belle Vue, les Jardins du Talacker). La vallée du Lertzbach, boisée dans les collines, traverse tout le finage. La population, qui a presque toujours dépassé 2 000 hab. depuis 1876 et était de 2 200 en 1982, est en progression; elle a encore gagné près de 500 hab. entre 1999 et 2007.


Hésingue

2 400 hab., 914 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 6 km au SO de celle-ci près de l’aéroport. Longtemps à 1 200-1 300 hab., la population croît depuis 1960 et vient de gagner 500 hab. entre 1999 et 2007, soit plus du quart. Le bourg est au débouché d'un Muehlbach dans la plaine. Le territoire communal se partage entre les collines du Sundgau à l'ouest, que l'urbanisation a commencé à coloniser, et la large plaine du Rhin où elle atteint la limite de Saint-Louis et la voie ferrée de Bâle. Il y accueille un secteur de l'autoroute et un grand échangeur, ainsi qu'une partie méridionale de l'aérodrome international et une zone d'acticvités qui flanque l'aérodrome au sud-ouest, non loin du bourg.

Hésingue a des entrepôts et commerces de gros, et depuis 1972 une usine Cryostar de matériel cryogénique (compresseurs, 4500 sal.), passée au groupe britannique BOC qui y a transféré les anciennes installations de Bâle. En outre, connexions électriques Multicontact (110 sal., états-unien), matériels électriques Uhtec (25 sal.); emballages plastiques SAF (Alsacienne de Fabrication, 75 sal.) et pièces plastiques EMI-Altiplast 68 (45 sal.), Euro Production (30 sal.); équipements d'emballage BCM (20 sal.), menuiserie Bader (30 sal.); installations thermiques Christen (25 sal.) et Stihle (25 sal.), blanchisserie JP Muller (30 sal.); magasin de bricolage Weldom (30 sal.), transports TD Express (20 sal.)


Knœringue

340 hab., 468 ha, commune du Haut-Rhin à la pointe occidentale du canton de Huningue, 16 km à l’ouest du chef-lieu près de la source du Thalbach; centre équestre. Ele a gagné 70 hab. de 1999 à 2007.


Leymen

1 150 hab., 1 164 ha dont 400 de bois, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 10 km au SO de Bâle. Le nom vient de l’argile, comme limon. Elle est frontalière de la Suisse à l’extrême SE du Sundgau, au-delà de la forêt de l’Eichwald, à l’extrémité orientale du Jura alsacien, qui culmine ici à 584 m dans le Tannenwald, et conserve des restes imposants du château de Landskron (donjon du 16e s., tours). Le finage est limité sur trois côtés par la frontière, et traversé d'ouest en est par la vallée du Birsig, encadrée au sud par les reliefs du Tannenwald et du Landskronberg, au nord par ceux de l'Eichwald (459 m). Leymen est le siège de la communauté de communes de la Porte du Sundgau. Un tramway transfrontalier suisse, qui va de Bâle à Rudersdorf, fait une incursion en France en passant par Leymen. La population augmente légèrement depuis 1982.


Liebenswiller

200 hab., 387 ha dont 180 de bois, commune du Haut-Rhin à l’extrême SO du canton de Huningue, à la frontière suisse près de Leymen, dominée au nord par le relief de l’Eichwald qui y monte à 528 m. Le finage s'étend sur les pentes d'adret de l'Eichwald, sans atteindre au sud la vallé du Birsig.


Michelbach-le-Bas

740 hab., 494 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 11 km à l'ouest de celle-ci dans le Sundgau. Michelbach n'est pas le ruisseau de Michel, mais le grand ruisseau. Le village est au bord de l'Alte Bach, au confluent du Willerbach qui vient de Michelbach-le-Haut, et se prolonge vers l'est par le hameau de Blotzheimer Strasse. Vers l'ouest, il est très proche de Ranspach-le-Bas.


Michelbach-le-Haut

480 hab., 738 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 12 km à l’OSO du chef-lieu dans le vallon du Willerbach qui descend vers l'Alte Bach et Blotzheim. Vers l'est, les maisons sont jointives de celles d'Attenschwiller. Au sud-ouest, le finage comprend la ferme isolée de Neuhof et le domaine Saint-Apolinaire, ancien prieuré bénédictin au sein de vergers, qui est tout près de Folgensbourg.


Neuwiller

530 hab., 372 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 6 km au SO du centre de Bâle, presque entièrement entourée par la frontière suisse, à l’extrémité orientale de l’Eichwald; un vaste tas de déchets industriels de la chimie de Bâle, au Roemisloch, a pu être enfoui sous une couche de terre et arboré. Le village est vers 340 m dans un vallon, dont les collines voisines culminent à 409 m.; il a eu un établissement thermal municipal, dont une petite exploitation par la société Aquaba a été arrêtée en 2008.


Ranspach-le-Bas

660 hab., 443 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 12 km à l’ouest de celle-ci au bord de l'Alte Bach. Le village est flanqué de deux lotissements en amont et en aval, celui-ci le rapprochant de Michelbach-le-Bas. Il a pour annexe au sud-est le hameau de Kraybach; installations thermiques Habe (25 sal.). La population a augmenté d'une quarantaine d'habitants entre 1999 et 2007.


Ranspach-le-Haut

560 hab., 439 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 15 km à l’ouest du chef-lieu. Elle est aux sources de l'Alte Bach et son finage monte à 446 m sur le plateau au sud-ouest. La population a augmenté de 140 hab. entre 1999 et 2007, soit un tiers.


Rosenau

2 000 hab. (Rosenoviens), 647 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, au bord du Rhin entre Kembs et Village-Neuf. Ancienne île et colonie d’Istein (ville d’Allemagne, en face sur la rive droite du Rhin), elle a acquis son autonomie à la faveur de la Révolution française, non sans contestations tant que le cours du Rhin changeait; la limite définitive ne date que de 1857. Le nom signifie pré aux roseaux. La plus grande partie du territoire, limité à l'ouest par le canal de Huningue, est occupée par le Grand Canal et le large terre-plein… vide entre le canal et le Rhin; mais la commune abrite une partie de la réserve de la Petite Camargue, qui s’étend sur 1 000 ha et trois États, et l'écluse et une partie de la centrale de Kembs sont sur son territoire. Elle accueille une fabrique de volets roulants Bubendorf (80 sal.). Rosenau n’avait pas 500 hab. avant 1925, mais sa population avait connu un pic en 1931 (1 440 hab.) au moment des grands travaux sur le Rhin; retombée à moins de 600 hab. dans les années 1950, elle croît depuis.


Saint-Louis

20 400 hab. (Ludoviciens) dont 370 à part, 1 685 ha, commune frontalière du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 30 km au SE de Mulhouse, en banlieue de Bâle. C’est la troisième ville du département et la seule à ne pas avoir de fonction administrative: elle relève du canton de Huningue. Sa croissance tient à sa situation dans l’agglomération bâloise, dont elle héberge l’aérodrome international. Elle a annexé Bourgfelden en 1953; de 2 000 hab. dans les années 1870, sa population est passée à 4 000 en 1901, plus de 7 000 en 1936 et de 12 000 en 1962, et sa croissance continue mais se ralentit et le niveau n'a pas changé de 1999 à 2007. Le finage s'étire d la frontière suisse bers le nord-ouest, et se tient à l'écart du Rhin, dont les abords relèvent d'Huningue et Village-Neuf.

Le premier village est apparu en 1684 à la suite de la perte de Huningue, comme annexe de Village-Neuf, et a été baptisé par ordonnance royale; il a été érigé en commune en 1793 sous le nom de Bourg-Libre, lequel a été conservé dans une cité d'habitation. Saint-Louis a servi de poste de douane et de relais de chevaux avant de bénéficier de l'arrivée du chemin de fer (1840) et de l'essor industriel (après 1870). Au centre-nord, la commune inclut le quartier et les entreprises de Michelfelden et de la Cité Bourg-Libre, et au nord l'ancien village de Saint-Louis-la-Chaussée, ou Saint-Louis-Neuweg, développé sur la route nationale (N 66) en une vaste collection de lotissements, ainsi que la plus grande partie des emprises de l'aéroport de Bâle-Mulhouse.

À l'extrême nord, sont encore les lotissements de Langenhaeuser, Welschenschlag et le long de la D 66 en direction de Kembs du côté des Trois Maisons, bordés par des espaces de bois et étangs caractéristiques du Ried, entre l'autoroute et le canal de Huningue, comprenant une large part de la réserve de la Petite Camargue. Au sud-ouest près de la frontière suisse, au-delà de l'autoroute, s'est construit le quartier de Bourgfelden. Entre l'aéroport et Bourgfelden s'interpose une avancée du trritoire d'Hésingue, qui fait un rentrant dans celui de Saint-Louis, où s'est établi le grand échangeur autoroutier.

La ville a deux collèges publics, un lycée polyvalent, une polyclinique (Trois Frontières, 230 sal., 130 lits). Elle mise sur les technologies de la mesure et soutient un Pôle régional et international des sciences de la mesure dit Prism3 (projet de «Metrology Valley»); elle héberge un puissant Institut Saint-Louis (ISL), centre de recherche industrielle franco-allemand fort de 450 personnes et relevant des ministères de la Défense français et allemand.

Elle compte de nombreuses entreprises, notamment dans la métallurgie (Bubendorff, 550 sal., volets roulants), l’électricité (moteurs Trench 210 sal., acquis par Siemens), l’équipement ménager avec les chauffe-eau Cice (220 sal., groupe français Atlantic), les compteurs (Sappel, 210 sal., à l’allemand Hydrometer depuis 1998), les moteurs et trurbines Raymond (45 sal.); plastiques Sterling (260 sal., entreprise locale née en 1928), Unisto (suisse, 130 sal.), Amman Sander (35 sal.). Le textile est présent avec Les Textiles en Biais, 70 sal.) et les chaussettes Ganzoni (passé de 170 à 30 sal.); charcuterie Hassler (60), boulangerie Leyes (25 sal.), restauration d'autoroute Autogrill (100 sal.); analyses médicales (Laboratoire des Trois Frontières, 35 sal.); gardiennage (CAP, 45 sal.); routage Media Portage (45 sal.). Saint-Louis a aussi deux hypermarchés, Leclerc (ex-Rond-Point Coop (190 sal.) et Géant Casino (170 sal.), un Intermarché (20 sal.)

L'aéroport est dit depuis 1987 EuroAirport Basel-Mulhouse-Freiburg et désigné sous le sigle MLH (catégorie A, piste de 3 900 m). Son existence vient d'une demande des Bâlois, dès les années 1930: leur aérodrome était trop petit et aucun terrain n'était utilisable en Suisse. La France accepta d'accueillir de nouvelles installations, mais ne put le faire qu'en 1946, avec une première piste provisoire sur le site de Blotzheim; un accord de principe sur la parité de gestion fut trouvé en 1949. De tergiversations en référendum négatif, il fallut toutefois attendre 1970 pour l'inauguration officielle du nouvel aéroport par le président de la République française et le président de la Confédération helvétique, montrant par là que l'entreprise était au niveau des États et non au niveau local ou régional. Le conseil d'administration paritaire compte 8 Français, et 8 Suisses, plus deux observateurs allemands.

La piste principale fut allongée en 1978 à 3 900 m; devant l'augmentation du trafic et le vieillissement des bâtiments, l'aéroport doté d'une nouvelle jetée et de nouveaux terminaux en 2001-2002 et d'une nouvelle aérogare en 2003, mais en décalage par rapport au mouvement du trafic. En effet, si l'aéroport a traité près de 3 900 000 passagers et 124 000 t de fret en 2000, son record, le trafic s'est effondré ensuite, tant en raison des difficultés de Swissair que des conséquences des attentats du World Trade Center, la chute ayant été spectaculaire dès octobre 2001. Le trafic a été de 2,5 M passagers en 2004, 88 000 t de fret mais tend à s'élever à nouveau: on table sur un accroissement de 25% en 2005. Sur les 7 000 emplois liés à la proximité de l'aéroport, 2 000 ont dû y être supprimés après 2001, tandis que la trinationalité, longtemps considérée comme un atout, semble freiner l'arrivée des compagnies à prix cassés. Sur place, l’aéroport emploie directement 280 personnes et a fixé des entreprises de service, dont Air France (160 sal.), les restaurateurs Gate Gourmet (90 sal.) et Carestel (80); transports de voyageurs Metro Cars (70 sal.), de fret Mory (30 sal.), SDV (20 sal.), gardiennages Securitas (120 sal.), Sécurité Générale Aéroportuaire (35 sal.), Inspection Filtrage Aéro (30 sal.).

Saint-Louis est davantage encore une banlieue-dortoir de Bâle, avec quelques installations de loisirs: «on vit en France, on travaille en Suisse, on achète en Allemagne». L'agglomération de Bâle compte environ 400 000 Suisses, 100 000 Allemands, 50 000 Français. Une aire urbaine Insee dite Bâle-Saint-Louis groupe 83 700 hab. en France (95e rang); mais elle couvre plus de la moitié du Sundgau; l'unité urbaine Bâle-Saint-Louis compte 34 500 habitants en France.

Saint-Louis est le siège de la communauté de communes des Trois-Frontières, qui réunit 46 600 hab. dans 10 communes. Le pays de Saint-Louis et des Trois-Frontières est un des six pays du Haut-Rhin; formé par les 3 communautés de communes de Sundgau, Sierentz et Trois-Frontières, il rassemble 41 communes et 66 600 hab. autour de Saint-Louis. Le périmètre du Scot (schéma de cohérence territoriale) des cantons de Huningue et de Sierentz lui correspond.


Village-Neuf

3 600 hab. (Villageneuvois), 683 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue (30 km de Mulhouse), entre le Rhin et le canal de Huningue et juste au nord de Huningue. Elle est ainsi en banlieue de Bâle. Le territoire communal comprend au nord le barrage de Kembs et le début du Grand Canal d'Alsace qui est sur son territoire, au début du Grand Canal d’Alsace. Village-Neuf a été créé après 1648 pour accueillir des habitants de Huningue, et s’était spécialisé dans la culture maraîchère; mais il ne reste plus guère qu’une trentaine de producteurs, contre encore 200 vers 1975, et une Confrérie de l’Asperge.

En revanche, une vaste zone industrielle au sud-est le long du Rhin accueille l’usine chimique Roche (vitamines DSM, 400 emplois, groupe suisse Hoffmann-La Roche); pompes KNF (55 sal.); transports Kleyling (50 sal.) et Charpiot (40 sal.). La ville a un collège public, une base nautique; au nord a été définie la réserve naturelle dite Petite Camargue, qui est surtout dans le ban de Rosenau. La population a lentement augmenté (2 000 hab. en 1881, 3 000 en 1931) puis a connu un creux (2 300 en 1954) avant de remonter; elle s'est accrue de 400 hab. entre 1999 et 2007. La commune abrite le secrétariat de la coopération internationale Regio TriRhena.


Wentzwiller

710 hab., 471 ha, commune du Haut-Rhin dans le canton de Huningue, 10 km OSO de la ville dans la vallée du Muehlbach. Le village, divisé en deux noyaux de part et d'autre de la rivière, se complète d'un lotissement au nord-est et de l'écart de Bellevue à la limite nord du finage; un terrain de golf a été aménagé à la limite méridionale. Un long chemin de croix aboutit au sud-ouest à la chapelle des Trois Vierges, lieu de pèlerinage; meubles de cuisine Wanner (20 sal.). La population s'est accrue de 150 hab. (+27%) entre 1999 et 2007.