Canton de Criquetot-l'Esneval

Criquetot-l'Esneval

2 360 hab. (Criquetotais) dont 90 à part, 1 347 ha, chef-lieu de canton de Seine-Maritime dans l’arrondissement du Havre, 25 km au NNE du Havre et à 8 km SE d’Étretat, sur le plateau de Caux. La forme actuelle du nom est antérieure au 19e siècle. Le bourg fut siège d’une baronnie, et place protestante; il a un un collège public et conserve le manoir de l’Écluse (16e s., en silex, pierre et pans de bois) et les restes du manoir d’Azelonde (fin 15e s., à pans de bois); volets roulants en plastique Isorol (35 sal.), magasins Intermarché (75 sal.) et Carrefour (30 sal.); négoce agricole Lethuillier (30 sal.), gardiennage Antinea (40 sal.), transports Gosselin (45 sal.). La population communale augmente depuis 1968 (1 250 hab.) mais sa croissance ralentit: +70 hab. entre 1999 et 2008. Le bourg abrite la communauté de communes du canton de Criquetot-l’Esneval, qui correspond exactement au canton.

Le canton a 15 700 hab. (14 500 en 1999), 21 communes, 13 496 ha dont 659 de bois; il se déploie autour du cap d’Antifer et du site d’Étretat. Bénouville (130 Bénouvillais, 286 ha) tient la côte juste au NE d’Étretat; on y contemple la valleuse du Curé et, en mer, l’aiguille de Belval (40 m), réplique de celle d’Étretat; un château du 18e s. appartient aux familles Schlumberger-Seydoux et 40% des logements sont des résidences secondaires.

Cuverville (340 Cuvervillais, 458 ha), 3 km au nord du chef-lieu, était le refuge de Madame Gide née Rondeaux (1867-1938), où habita périodiquement André Gide, dans un château du 18e siècle; Madeleine Gide a sa tombe au village. À Saint-Martin-du-Bec (630 Saint-Martinais dont 35 à part, 412 ha), 6 km au SO du chef-lieu, près de la haute vallée de la Lézarde, le château du Bec, entouré de douves, remonte au 12e s., avec des remaniements et additions jusqu’au 18e s.; centre de rééducation privé pour paralysés.

Sur la côte, c’est à Saint-Jouin-Bruneval (1 840 Saint-Jouinais, 1 882 ha), 9 km SSO d’Étretat, qu’a été créé de 1972 à 1976 le port d’Antifer, terminal pétrolier du Havre: un terre-plein de 35 ha abrité par une digue en mer de 3 500 m, déployée en arc et tournant le dos aux vents de norois, longée par un chenal de 25 m de profondeur qui permet l’accès des superpétroliers de 550 000 t; quatre grands réservoirs circulaires peuvent stocker chacun 150 000 m3 d’hydrocarbures. Le village, sur le plateau vers 100 m, a une église de silex noir et de craie; château Louis XIII de la Marguerite. La population s'est accrue de 240 hab. entre 1999 et 2008. Le cap d’Antifer est plus au nord, dans la commune de La Poterie-Cap-d’Antifer (390 Potiais, 581 ha), qui a gagné 70 hab. dans le même temps; la falaise y a 100 m de haut et porte un phare. Le nom du cap a été ajouté en 1913 à celui de La Poterie.


Étretat

1 540 hab. (Étretatais), 407 ha, commune de Seine-Maritime dans le canton de Criquetot-l'Esneval, sur la côte d'Albâtre au NE du cap d'Antifer. Sa grande célébrité vient de son site, très apprécié à partir du milieu du 19e siècle surtout; néanmoins elle reste de petite taille, et n'a ni rattrapé ni détrôné son chef-lieu de canton, bien moins connu cependant. La station, «village de charme», est au fond d'une petite vallée qui s'ouvre entre les deux sites de la falaise d'Aval, à l'ouest, et de la falaise d'Amont, à l'est. Le premier est le plus célèbre, par sa grande arche naturelle et l'aiguille qui la précède.

Les peintres y sont venus nombreux; le pionnier fut Isabey, mais la grande époque est postérieure à 1870. Maurice Leblanc a ajouté à sa renommée en imaginant creuse l'aiguille et en y plaçant une aventure d'Arsène Lupin. Il existe à Étretat une maison Maurice Leblanc avec un clos Arsène Lupin, dans une ancienne propriété de l'écrivain; Maurice Leblanc est né à Rouen en 1864, où son père dirigeait un chantier naval; c'est à Paris qu'il créa en 1905 le personnage qui fit sa gloire. Il est mort en 1941; L'Aiguille creuse date de 1909. Le clos Arsène Lupin a été ouvert en 1999. Un musée Nungesser et Coli tient à ce que les deux aviateurs ont survolé Étretat avant de disparaître définitivement en mer.

La bourgade a aussi de belles halles de bois, le parc de loisirs des Roches avec un aquarium marin, un golf, une école de voile; un train touristique va jusqu'aux Loges, à 6 km. Le casino est le premier de la côte d'Albâtre (40 sal., 57e en France, groupe local Fauvel). Étretat bénéficie d'un fort équipement hôtelier(dix hôtels, 210 chambres), dont le grand hôtel Dormy House (45 sal.) et les Grands Galets (30 sal.), et accueille 540 résidences secondaires (39% des logements), plus un camping (75 places). Le château des Aygues, sur le plateau, est une ancienne résidence des reines d’Espagne construite au 19e s., et a d’intéressantes collections; maison de retraite (25 sal.). La commune avait plus de 2 000 hab. dans la seconde moitié du 19e s.; elle s’est dépeuplée de 1906 à 1968 où elle est passée au-dessous de 1 500 hab., puis a un peu repris, mais a reperdu une centaine d'habitants de 1999 à 2008.