Canton d'Eu

Eu

7 600 hab. (Eudois) dont 250 à part, 1 793 ha dont 353 de bois, chef-lieu de canton de Seine-Maritime dans l'arrondissement de Dieppe, 32 km au NE de Dieppe sur la rive gauche de la Bresle, à la limite de la Picardie. La ville est ancienne: Auga (ou Augum) fut d'abord le port fluvial de la ville d'Augusta Ambionotum, dont les traces se trouvent dans les fouilles archéologiques qui se poursuivent sur le site de Bois-l'Abbé, en forêt d'Eu sur le plateau de Beaumont, à 5 km au SE de la ville mais sur le territoire de la commune d'Eu. Puis elle devint le chef-lieu d'un comté normand (996).

D'un passé tumultueux reste un ensemble patrimonial qui se flatte d'être le plus riche du département après celui de Rouen. Son haut lieu est le grand château renaissance de 1578 (plusieurs fois modifié ensuite), de brique et de pierre, longtemps propriété de la famille royale côté Orléans, entouré d'un parc et d'un jardin de grand intérêt; il abrite le musée Louis-Philippe et un musée de la tradition verrière, ainsi qu'un théâtre. L'église gothique est une belle collégiale à crypte des 12e au 15e s., restaurée au 19e. Un collège des jésuites du 17e s. est aujourd'hui lycée public. La ville soigne son apparence (4 fleurs) et soutient un festival Bach annuel; elle figure parmi les «stations vertes de vacances». Outre le lycée, elle a un collège public et un privé, un centre hospitalier de 45 lits.

La base industrielle est active: systèmes de commutation d’Alcatel (480 sal.), meubles de bureau Techni-Bureau (160 sal.), fours de boulangerie Gouet (65 sal.), fonderie et moulage d’aluminium Sival (60 sal.), métallerie PCI (40 sal.), emballages en bois Sofembal (35 sal.), décor de mobilier Bourdin (20 sal.). S'y ajoutent des activités de service et commerce: laboratoire d'analyses médicales InterLabo (25 sal.), constructions EGB (40 sal.), traitement des eaux SEP (35 sal.); négoce alimentaire Boileau (25 sal.) et de matériaux Genmat (Millancourt et Nicolas, 55 sal.); un Intermarché (60 sal.). Une station salmonicole a été équipée sur la Bresle.

Le territoire communal comporte, par exception, une partie située sur la rive droite de la Bresle, qui inclut notamment l’aérodrome d’Eu-Mers-Le Tréport (code LFAE, piste bitumée de 900 m et aéroclub, 400 mouvements en 2007, pas de statistique depuis), une partie du champ de tir de Val de Gloire et une part de la zone d’activités interrégionale du Gros-Jacques sur la route d’Abbeville. Ce finage a une forme compliquée sur le plateau de rive gauche, incluant une extension vers le SE sur le plateau de Beaumont, où se trouvent une ferme animalière et le site de fouilles de Bois-l’Abbé.

La population communale a été de 5 400 hab. en 1900, 5 700 en 1936, puis s’est élevée après 1950, culminant à 8 600 en 1975; elle se réduit depuis et a perdu 700 hab. de 1999 à 2008. En fait Eu est indissociable des activités et du peuplement du Tréport et de Mers, celle-ci pourtant dans la région de Picardie. Ces trois villes sont heureusement associées, avec 16 autres communes, dans la communauté de communes interrégionale du Gros-Jacques, rebaptisée de Bresle-Maritime.

Le canton a 25 900 hab. (26 100 en 1999), 22 communes, 19 100 ha dont 3 243 de bois; limitrophe de la Somme, il est bordé au NE par la Bresle et au NO par le littoral à falaises de la Manche, et s’étend sur le plateau du Petit Caux. Il est traversé au sud par la vallée encaissée de l’Yères, qui débouche à Criel-sur-Mer, et longé par la Bresle qui débouche au Tréport. Ponts-et-Marais (850 Pontois, 590 ha dont 169 de bois), juste en amont d’Eu, se tient dans la vallée de la Bresle et accueille une fabrique de carton ondulé du groupe Smurfit (95 sal.), un négoce de matériaux (Réseau Pro, 20 sal.).

Incheville (1 400 Inchevillois, 789 ha dont 366 de bois), 7 km au SE, occupe un vallon débouchant sur la Bresle, dont le fond de vallée est troué de gravières; ancien centre de filatures et de tuilerie, elle avait encore 1 350 emplois industriels dans les années 1970; mais elle a subi de fortes érosions, et notamment l’abandon d’une grosse entreprise de composants de bicyclettes et voitures d’enfants (Maillard, 400 emplois vers 1997, 1 300 à son sommet), successivement passée à Peugeot, à l’allemand Sachs puis à une firme états-unienne qui l’a fermée en 2003; sur le site sont venues quelques petites entreprises, mais pour à peine 150 emplois, dont le tri de verre Qualiverre (55 sal.), la mécanique OPRM (20 sal.); maçonnerie Risch (25 sal.). Incheville avait 500 hab. vers 1880, 1 000 dans les années 1930; elle a culminé à 1 700 hab. en 1982 et a perdu des habitants ensuite, dont quelques dizaines depuis 1999.

À Monchy-sur-Eu (550 Monchois, 899 ha dont 260 de bois), 7 km au SE d'Eu au sud-ouest d'Incheville, STMF (Sous-traitance MultiFonctions, 35 sal.) est aussi dans l'industrie du verre; la commune a gagné une cinquantaine d'habitants après 1999. Longroy (670 Longroisiens, 532 ha dont 269 de bois), face à Gamaches à 11 km SE d’Eu au bord de la Risle, en a gagné autant; la commune se signale par un cimetière mérovingien et des usines Moulin (moules métalliques de verrerie, 30 sal.), Satimat (dépolissage de verre, 50 sal.), finitions de verrerie Jenniver (100 sal.), bétons Betomab (25 sal.); centre de voile sur un grand étang à Gamaches.

Sur le plateau d’Eu, Étalondes (1 240 Étalondais, 463 ha) a un centre commercial Leclerc (125 sal.) et un atelier de sablage pour flaconnages de verre (Sand Dec, 25 sal. contre 80 en 2005); transports Seed (30 sal.), horticulture Bolle (25 sal.). La population s'est accrue de 170 hab. entre 1999 et 2008. Flocques (700 Flocquais, 493 ha), 2 km à l'ouest d'Étalondes, accueille les transports JMS (90 sal.) et a gagné 70 hab. après 1999. À Saint-Rémy-Boscrocourt (780 Rémois, 837 ha), 5 km SSO d’Eu, qui en a également gagné 70 dans le même temps, l'usine SSV, ex-TMG, 160 sal. (groupe danois ISS) trie et contrôle les flacons mais VSP Turpin (traitement de surface de flacons, 75 sal., a fermé en 2005; transports JMS (45 sal.). La patrtie méridionale du canton est traversée par la vallée de l'Yères, où sont quelques petits villages.


Criel-sur-Mer

2 780 hab. (Crielois), 2 112 ha, commune de Seine-Maritime dans le canton d’Eu, 10 km au SO d’Eu. Le bourg est à 2 km de la mer dans la vallée encaissée de l’Yères; la commune inclut les urbanisations balnéaires de Criel-Plage à l’embuchure de l’Yères, et de Mesnil-Val, plus étoffée, juste au nord. Au total, elle a 830 résidences secondaires (40% des logements), trois campings (220 places), deux hôtels (55 chambres). Le plateau de rive gauche se termine en pointe au mont Joli, où la falaise atteint une hauteur de 106 m.

La mairie occupe l’ancien manoir de Briançon, du 16e s. à deux grosses tours rondes, qui servit jadis d’hôpital; exposition d’arts et traditions. Non loin, le grand château de Chantereine (1770), également municipal, sert de centre d’hébergement et d’animation; Criel a aussi une église à trois nefs du 16e et 19e s. La commune a complété son nom en 1902; elle avait alors 970 hab. et n’a guère cessé de croître depuis, mais de plus en plus modérément, ajoutant 40 hab. entre 1999 et 2008. Elle est le siège de la communauté de communes d’Yères et Plateaux, qui réunit 13 communes et 7 600 hab. Le Parc éolien des Forières s'est établi en 2009 sur le plateau à la Plaine de Sang Roy, avec 4 mâts (8 MW), partagé avec Saint-Martin-le-Gaillard au sud-est.


Tréport (Le)

5 700 hab. (Tréportais), 677 ha, commune de Seine-Maritime dans le canton d'Eu, juste à l'ouest d'Eu et en bord de mer. Le nom n'est pas d'un «troisième» port, mais d'un port d'après, voire d'au-delà: l'Ulterior Portus romain était le port de mer d'Augusta quand Eu en était le port fluvial. Une abbaye bénédictine lui redonna quelque activité à partir du 11e s., et Le Tréport fut également un port de pêche. Mais son élan et sa croissance démographique sont bien davantage associés à l'expansion du tourisme balnéaire à la fin du 19e siècle, et plus encore aux congés payés de 1936, dont les effets furent amplifiés par le chemin de fer qui le rapprochait des Parisiens.

La station a vieilli depuis, au pied de sa haute falaise, et n'a pas encore de port de plaisance bien qu'elle permette 200 mouillages; mais la ville s'est étendue sur le plateau (Le Tréport-Terrasse) et le long de la Risle (Le Tréport-Moderne). Elle comprend un musée des Enfants du Vieux Tréport, un collège et un lycée professionnel, et une chambre de commerce et d'industrie depuis 1889; un casino (50 emplois, du groupe Moliflor, 83e en France et 4e en Seine-Maritime) et quelque 1 100 résidences secondaires (29% des logements), deux campings (420 places), 4 hôtels (110 chambres). Le port de commerce n’a qu’un faible trafic (350 000 t/an). Les traversées transManche se font par Dieppe. Le Tréport avait 5 000 hab. vers 1900 et guère plus en 1950; sa population a culminé à 6 800 hab. en 1975 et diminue depuis; elle a encore perdu 300 hab. de 1999 à 2008.

La ville a acquis une base industrielle avec une usine Rexam (560 sal., valves et pulvérisateurs pour cosmétiques et pharmacie, britannique), une fabrique de robinetterie (Banides et Debeaurain, 70 sal.), une fabrique d'engrais azotés Agriva (50 sal.), une de bentonites (SFBD, 45 sal., à l'allemand Süd Chemie, racheté en 2011 par le suisse Clariant); en face, la verrerie SGD (Desjonquères, groupe Saint-Gobain) de Mers dans la Somme, parfois répertoriée au Tréport et qui a 1 220 salariés, est un très gros employeur pour l’ensemble de l’agglomération Eu-Mers-Le Tréport.