Cantons de Dieppe

Dieppe

34 600 hab. (Dieppois) dont 1 050 à part, 1 167 ha, sous-préfecture de Seine-Maritime, sur la côte d'Albâtre à 60 km au nord de Rouen. Le site de la ville est à l'embouchure de l'Arques, dans la vallée de laquelle ont été creusés les ports, à l'abri des vents du large. Le nom de la ville évoque probablement la profondeur du site encaissé entre des falaises de près de 90 m. La ville fut d'abord et surtout un port, à l'occasion repaire de corsaires; mais elle avait beaucoup décliné à la fin du 17e siècle, en raison de la peste et des guerres. Elle a joué un rôle dans le commerce lointain, en grande partie en raison de sa proximité relative de Paris, et repris vigueur avec l'arrivée du chemin de fer dès 1848. Cela lui a valu une double spécialité historique: l'importation et le travail de l'ivoire, maintenant disparus; l'importation de bananes, qui subsiste.

La ville a quatre ports. Le port de commerce n'est pas très grand: il affiche un trafic annuel de 500 000 t, mais dont la moitié sont de sables et graviers locaux; le reste est surtout fourni par les fruits, 100 000 à 120 000 t, dont Dieppe est le troisième importateur français après Marseille et Le Havre. Le port de pêche compte 80 bateaux, et débarque 6 000 t par an, dont la moitié en coquillages: le quartier de Dieppe est dans les principaux en France pour les coquilles saint-jacques (3 300 t, 9 M€). Le port de voyageurs, relié à Newhaven, bénéficie d'un nouveau terminal maritime depuis 1994, et avait vu passer un million de passagers l'année précédente; mais le trafic a décliné et la société suédoise Stena, associée à P&O, a renoncé en 1999; de ce fait, le Conseil général du département a dû intervenir, allant jusqu'à créer une compagnie Transmanche Ferries, à acheter le terminal de Newhaven et à s'associer en alternance avec la société Hoverspeed pour assurer des liaisons régulières toute l'année: le trafic annuel est de l'ordre de 300 000 passagers et 80 000 voitures. Le port de plaisance, dans la courbe de l'Arques, offre 440 places. En outre l'aéroport de Dieppe, au sud de la ville, reçoit quelques milliers de passagers (6 000 en 2002), dont 20% d'étrangers seulement; aéroclub et parachutisme.

Dieppe bénéficie également d'une plage, d'un casino (100 sal., groupe Partouche, le 3e du département après Forges et Étretat, 79e de France avec 11M de jeux) et d'un golf à l'ouest de la ville, d'un hippodrome au SE à Rouxmesnil. On y visite le gros château féodal restauré, qui abrite un musée municipal; Dieppe propose en outre l'Estran, «cité de la mer», et un mémorial consacré au raid canadien du 19 août 1942. La ville a été largement reconstruite après 1945, et s'est bien agrandie depuis. Elle dispose d'un centre hospitalier public (350 lits) et de trois cliniques (160 lits ensemble), d'un collège et de deux lycées publics, d'un collège et de deux lycées privés, deux centres d'apprentissage; une scène nationale, une école nationale de musique et de danse.

Une bonne part des industries sont hors de la commune même: les unes à Rouxmesnil-Bouteilles dans le canton d'Offranville, les autres dans le grand parc industriel EuroChannel établi à l'est de la ville, sur le territoire de Martin-Église. Hors la mairie elle-même, qui occupe plus de 700 personnes, les principaux employeurs de la commune sont l’usine Alpine Renault (330 sal.), l’usine Toshiba (photocopieurs et toners, 300 sal., à Neuville), l’hypermarché Auchan (400 sal.). Dieppe accueille en outre dans la commune les chantiers navals Manche Industrie Marine (35 sal.) et Allais (30 sal.), le traitement de surfaces et peinture sur métaux Seim (60 sal.), la verrerie Carbon Décor-Carbon Méta (26 sal.), la Mécanique Tréportaise (20 sal.), l'ingénierie Metaclim (25 sal.); huiles et graisses Saipol (40 sal.); garages, négoce de quincaillerie, matériaux et combustibles Marchand (60 et 60 sal.), transports urbains de Dieppe (50 sal.); revêtements Lorain Décoration (25 sal.), constructions Rénovation Dieppoise (25 sal.); gardiennage SMP (350 sal.), nettoyages Onet (110 sal.), Eclanet (75 sal.) et MNS (55 sal.); comptabilité Laîné (50 sal.), aide à domicile Adir (25 sal.).

Dieppe avait 22 000 hab. autour de 1900, 30 000 en 1968; elle a absorbé alors l'ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, qui avait 9 000 hab. et occupe le plateau littoral de l'autre côté de la vallée de l'Arques, et où l'expansion récente a fait apparaître un quartier en difficulté. Mais la population communale diminue régulièrement depuis et aurait perdu 1 100 hab. de 1999 à 2008. Plusieurs zones urbaines sensibles ont été délimitées: le grand ensemble de Neuville-Neuf sur le plateau oriental, celui de Val Druel au sud, les Bruyères au sud-ouest. L'unité urbaine de Dieppe (Insee) est donnée pour 40 900 hab., l'aire urbaine pour 82 000. La communauté d'agglomération de la région Dieppoise (16 communes) en compte 51 400. L'arrondissement a 234 500 hab. (227 200 en 1999), 20 cantons, 350 communes, 305 471 ha et forme la partie septentrionale de la Seine-Maritime.

Les 2 cantons ont 40 000 hab., 8 communes, 5 504 ha dont 542 de bois. Martin-Église (1 560 Martinais, 958 ha) est blottie dans la vallée de l’Eaulne au SE de Dieppe, mais possède une large partie du plateau, sur laquelle a été établi sur 78 ha le nouveau parc d’activités EuroChannel, qui comporte un hôtel d’entreprises; Toshiba (photocopieurs et toners) y emploie 230 salariés, Cegelec (installations électriques) 140, les transports Transcosatal (groupe Louis Dreyfus) 290; l’hypermarché Leclerc (150 sal.) est aussi dans la commune, qui accueille aussi la mécanique Couaillet (20 sal.), le conditionnement de boissons Audis (25 sal.), le négoce de matériel agricole Sabre (30 sal.). La population augmente lentement (940 hab. en 1968) et a gagné 190 hab. de 1999 à 2008.

Derchigny (550 Derchignyens, 475 ha), 10 km ENE de Dieppe en Petit Caux, propose à la visite les jardins de Cotelle, près du château; les habitants sont désignés aussi comme Graincourtais, du nom du principal hameau de la commune, Graincourt; château d’armateur du 18e s. La commune a gagné 130 hab. entre 1999 et 2008. Sur la côte, Berneval-le-Grand (1 240 Bernevalais, 556 ha), 10 km au NE de Dieppe, devient une station balnéaire qui tend à se confondre avec sa voisine Saint-Martin-Plage à la faveur d’une valleuse; elle a gagné 180 hab. depuis 1999, mais n'a encore que peu de résidences secondaires, et un petit camping.

Belleville-sur-Mer (800 Bellevillais, 307 ha), plus proche de Dieppe, n’a pas d’accès à la mer et se cantonne au plateau, derrière une falaise de 100 m; la population de Belleville a augmenté de 160 hab. après 1999. Bracquemont (930 Bracquemontais, 484 ha) a gagné 90 hab. dans le même temps; voisine de Neuville, elle partage avec elle le vallon des Puys qui mène au rivage; au-dessus, subsistent les restes d’un ancien oppidum dit camp de César, ou cité du Limes, dont les circonvallations sont rongées par le recul de la falaise.

Alpine en pays dieppois

L'installation de Renault aux abords de Dieppe est consécutive aux succès du pilote de course dieppois Jean Rédelé (né en 1922), fils du concessionnaire Renault local: à la suite de ses premiers succès remportés (dans les Alpes) sur une 4 CV améliorée, il sut convaincre la firme de se lancer avec lui dans la production de voitures de sport, aussitôt baptisées Alpine. La production en a commencé en 1956, et la fameuse berlinette a suivi en 1960. Après une longue série de succès dans les rallyes, Renault décida d'arrêter son engagement en 1985, mais l'usine poursuit une activité dans les voitures sportives, telles que la Spider puis la Clio Sport et la Mégane Sport, et emploie quelque 400 personnes avenue de Bréauté, face à l'hippodrome - mais sans les Alpine; un club international d'amateurs d'Alpine organise des rencontres périodiques.