Cantons de Niort

Niort

0 400 hab. (Niortais) dont 2 300, 6 820 ha, préfecture des Deux-Sèvres. Le centre-ville est sur la rive gauche de la Sèvre niortaise. Un noyau central se tasse au bord du fleuve, que domine le donjon, reste de la citadelle anglaise du 12e siècle, au sein d'un jardin public. Le donjon abrite un musée d'archéologie et ethnographie; il est flanqué au nord par les halles, grand pavillon métallique de 1869 à la Baltard. Bien au-delà de ce noyau, une ceinture de boulevards enserre la ville ancienne aux rues tortueuses; au centre s'ouvre la place du Pilori, où trône l'hôtel de ville renaissance; au sud se dresse l'église Notre-Dame, au décor flamboyant et dont le haut clocher monte à 75 m; au nord, la colline Saint-André est nantie de deux hauts et étroits clochers montant à 72 m. Côté est, les boulevards s'ouvrent sur la vaste esplanade de la Brèche, lieu de foire et de terrasses de cafés; la gare est plus loin dans la même direction.

Au nord de la ville ancienne, l'ancien quartier militaire Duguesclin est devenu un Centre d'enseignement supérieur et de la vie associative. Sur la rive droite de la Sèvre face au donjon, la Coulée verte des prairies et promenades du bord du fleuve s'achève par le fort Foucault, un bastion défensif du 13e s., et le grand centre culturel moderne. Niort a eu un passé de travail des peaux, surtout de chamoiserie (gants et culottes de peau), retracé dans le musée du Donjon; le musée Bernard d'Agesci est orienté vers l'archéologie et l'histoire.

Les activités de la ville sont celles d'une préfecture dynamique, mais avec l'originalité d'un puissant pôle de bureaux issu du succès des assurances mutuelles, d'abord celle des enseignants (Maif), puis celle des commerçants et artisans (Macif et Maaf) - même si une grande part des emplois se trouvent dans la commune voisine de Chauray. La Maif, créée en 1934 comme Mutuelle Assurance automobile des Instituteurs de France, et qui a beaucoup élargi son sociétariat (3,3 millions d'adhérents) et sa couverture, emploie au total 6 700 salariés mais dans toute la France, dont plus de 2 500 à Niort et Chauray; son chiffre d'affaires annuel est de près de 3 milliards d'euros. La filiale Intermutuelles Assitance (IMA) compte 1 460 employés, notamment dans son centre d'appel.

La principale usine de l'agglomération, ECE Intertechnique (Équipements et constructions électriques, 580 sal., au groupe Zodiac) pour les équipements de navigation aérienne, notamment pour l’Airbus 380, est dans la commune voisine de Chauray. À Niort même sont un autre spécialiste d’instruments de navigation aérienne, Leach (240 sal., états-unien); les matériels pour usines agro-alimentaires Pierre Guérin (180 sal.) du groupe Fives-Cail (Industri Kapital), qui a une autre usine à Mauzé-sur-le-Mignon; ingénierie Tecnal (105 sal., fournitures d'industries alimentaires).

À un moindre niveau se situent des établissements de production très variés: les matelas et literie Ebac (90 sal.); les appareils ménagers Eno (80 sal.), les charpentes métalliques Canam (75 sal.); les appareils médicaux et dentaires Gabilly (65 sal.); les résines et encres Arizona Chemicals du groupe états-unien International Paper (65 sal.); les pièces plastiques Proteaux (60 sal.); les verres et glaces Siglaver (AGC, 55 sal. groupe belge Glaverbel); imprimerie-papeterie Cartorel (Leclerc-Pelletier, 55 sal., articles de classement); la mécanique Satim (50 sal.); la métallerie Comatinox (matériel pour l'agro-alimentaire, 45 sal.); les viandes Baty (45 sal.); les constructions métalliques Perrin (40 sal.), la menuiserie Ridoret (40 sal.). Dans le bâtiment et les services, génie thermique Hervé Thermique (100 sal.) et SNCG-Finergie (85 sal.), réseaux et installations électriques Ineo (65 et 55 sal.) et SPIE (60 sal.), travaux publics Eurovia (120 sal.), maçonnerie Bare-Grolleau-Nivault (40 sal.), peinture Bourdet (40 sal.).

Niort a un centre hospitalier, un hôpital psychiatrique, deux cliniques dont une de 350 salariés et 175 lits (Inkermann), un centre de rééducation et un institut spécialisé pour enfants déficients, un institut médico-éducatif; six collèges publics et trois privés, 6 lycées publics (dont un de carrosserie) et un privé, des maisons de retraite dont Orpea (55 sal.), et de nombreuses firmes de négoce et de distribution. Parmi les établissements financiers ressortent la Caisse d’Épargne (180 sal.) et la Société Générale (75 sal.), et un ensemble de filiales de la Maif: SMACL (assurance pour collectivités locales, 650 sal.), Parnasse-Maif (150 sal., assurance-vie), Serena-Maif (conseil, 180 sal.), MAIF-Solutions financières (services financiers à distance, 120 sal.) plus le crédit Socram (180 sal., filiale commune Maif-Macif-Matmut); et Camif-Collectivités (330 sal.).

Niort accueille également des sociétés d’informatique et données comme Sopra (60 sal.), T-Systems (60 sal.), Geos (45 sal.), la Safer Poitou-Charentes (65 sal.) et les transports urbains Semtan (110 sal., société d'économie mixte). Dans les commerces figurent les hypermarchés Carrefour (220 sal.) et Leclerc (250 et 85 sal.), un Intermarché (60 sal.), un Carrefour Market (40 sal.), les magasins Castorama (150 sal.), Decathlon (50 sal.), et en téléphonie mobile Mobistore (Phonecity, 90 sal.) et Yokseo (65 sal.); centrale d’achats alimentaires Carced (Promocash, 120 sal., groupe Carrefour); distribution d'électricité et de gaz Seolis (coopérative départementale, 350 sal.), de gaz Antarhgaz (GED, 50 sal.), négoces de fleurs et végétaux Moinet (60 sal.), de fournitures pour les commerces (Erco, 45 sal.), les distributions pharmaceutiques Alliance (100 sal.) et CERP (65 sal.). Aux services apparaissent en informatique, le routage Presse-Portage (80 sal.), la publicité Adrexo (100 sal.); les nettoyages Safen (180 sal.) etAtlas (70 sal.), le traitement de déchets SNAM (70 sal.), le recyclage d'épaves Prolifer (55 sal.); transports Dachser (70 sal.) et Mory (50 sal.), transports par cars Casa (45 sal.).

Niort s’est agrandie en absorbant successivement Souché (1964) à l’est, Sainte-Pezenne (1965) au nord, Saint-Florent (1968) au sud, Saint-Liguaire (1971) à l’ouest. Sa population était de 15 000 hab. au début du 19e s., 19 000 au milieu et 23 000 à la fin, puis est montée à 33 000 vers 1950 et a culminé à 62 300 en 1975 (sdc); elle a perdu plus de 5 000 hab. ensuite, mais les estimations pour 2008 lui donnent 1 100 hab. de plus qu'en 1999. Une zone urbaine sensible englobe plusieurs quartiers à l’ouest et au sud-ouest, Tour Chabot, la Gavacherie, Clos Bouchet, dont un grand ensemble d’HLM.

Niort, pris au sens large avec ses annexes suburbaines, a bien tiré parti et bénéficiera encore plus de sa position originale: l’agglomération est au contact de quatre domaines très différents, les bocages, le marais, la plaine céréalière et laitière, et même le vignoble de Cognac qui va jusqu’à ses portes. Elle est au contact de plusieurs cultures aussi: la poitevine faite d’ouvertures et d’inventions artistiques; la vendéenne bocagère, attachée aux traditions et à ce qui reste d’autorité seigneuriale; la charentaise plus entreprenante et spéculatrice. On peut même émettre l’hypothèse que, en dehors des qualités personnelles de leurs animateurs, l’invention et le succès des entreprises des instituteurs autour de la Maif et de la Camif, qui furent d’abord d’autodéfense, ensuite de services multiples, ne sont pas sans lien avec le fait que Niort se trouvait en un des lieux de France où le gradient entre positions laïques et républicaines et catholicisme traditionnaliste militant était le plus accentué, le plus quotidiennement ressenti; en tous cas dans les années 1930, et sans doute encore bien après.

Les nouveaux axes d’échanges profitent directement aussi à l’agglomération niortaise: elle est sur la radiale Paris-La Rochelle-Ré, en grand progrès; elle a partiellement capturé la radiale Paris-Bordeaux aux dépens d’Angoulême, l’autoroute A 10 passant par Niort et Saintes pour éviter les reliefs accidentés entre Angoulême et Libourne et, surtout, pour se rapprocher d’un littoral en grand développement; et finalement elle devrait bénéficier directement de l’amélioration des relations entre un Bordeaux et un Nantes qui, jusqu’ici, ont plus été séparées qu’unies par des trajets laborieux.

Le maire de la ville est Geneviève Gaillard, socialiste, députée, vétérinaire et chercheur en biologie, et fille d'une ancien député-maire socialiste de Niort, qui avait eu pour successeur Bernard Bellec, maire durant 17 ans, socialiste, ancien instituteur et ancien haut dirigeant de la Maif. La communauté d’agglomération de Niort groupe 29 communes et 101 900 hab. (95 600 en 1999); elle s’étend aux cantons de Frontenay-Rohan-Rohan et de Mauzé-sur-le-Mignon. L’unité urbaine est de 70 000 hab., l’aire urbaine de 149 000 hab. L’arrondissement a 206 800 hab. (190 700 en 1999), 18 cantons, 166 communes, 279 160 ha.

Les 3 cantons de Niort groupent 76 100 hab. (73 200 en 1999) dans 9 communes, 20 703 ha; ils englobent des communes peuplées au nord et à l’ouest de la ville: Chauray, Échiré, Magné et Coulon sont les principales. À Saint-Gelais (1 730 Gelaisiens, 1 640 ha), 8 km au NE de Niort au bord de la Sèvre, se voit un château du 16e s. à façade renaissance et une église classée, mais de diverses époques; la population de la commune a doublé depuis 1954, et a gagné 220 hab. de plus depuis 1999; revêtements Naudon-Penot (40 sal.), transports Deux-Sévrienne (50 sal.) et Heppner (20 sal.). Saint-Maxire (1 160 Saint-Maxieais, 1 441 ha) est le village la plus septentrional, au bord de la Sèvre à 9 km au nord de Niort; transports Trouvé (55 sal.), vente par correspondance RS (25 sal.); sa population a augmenté à partir de 1970 (670 hab.) puis s’est stabilisée depuis 1995.


Chauray

5 370 hab. (Chauraisiens), 1 450 ha, commune des Deux-Sèvres dans le canton de Niort-Nord, 8 km ENE du centre de Niort. L’ancien village domine la rive gauche de la Sèvre. Chauray n’avait que 760 hab. en 1954; elle est passée à 2 100 en 1975, 4 000 en 1986. Elle s'est encore accrue de près de 400 hab. entre 1999 et 2008. C’est un peu au sud, aux Trévins, entre le centre et la N 11, que se trouvent les vastes installations du groupe mutualiste de la MAIF et de la coopérative de vente par correspondance de la Camif, qui avait environ 1 300 emplois mais se limite, après sa réforme, à 60 sal. pour C2C (crédit à la consommation) et 50 pour Camif-Habitat, ainsi que la MAAF (Mutuelle Automobile des Artisans de France, 480 sal. sur place). Dans un tout autre domaine, Chauray héberge l'usine ECE (Équipement et construction électriques, 570 sal.), spécialiste des appareillages électriques embarqués, filiale d'Intertechnique du groupe Zodiac Aerospace.

La commune accueille également la Banque Populaire (140 sal.); un centre d'appel Teleperformance (90 sal.); plusieurs cabinets de comptabilité dont Duo (25 sal.) et Soregor (25 sal.), conseil (Projet Atlantique, 25 sal.; Texa, 30 sal.) et informatique comme Darva (130 sal., gestion des sinistres pour les assurances), GFI Chronotime (80 sal.), Ausy (35 sal.); fabriques de médicaments Boiron (35 sal.) et de maroquinerie Laurige Duron (20 sal.); un hypermarché Géant Casino (180 sal.), stockage Copmed (25 sal., compléments alimentaires), négoce de meubles Matelson (50 sal.); peinture Armonie Déco (30 sal.), plomberie Garnault (25 sal.), sondages et fondations Soltechnic (30 sal.), travaux publics Screg (60 sal.), traitement des eaux Niortaise des Eaux (25 sal.), nettoyage Derichebourg (360 sal.), gardiennages Securitas (190 sal.) et Loomis (35 sal.), publicité Mediapost (70 sal.).


Coulon

2 330 hab. (Coulonnais) dont 120 à part, 2 979 ha, commune des Deux-Sèvres dans le canton de Niort-Ouest, 10 km à l’ouest de la préfecture au bord de la Sèvre niortaise et à l’extrémité du Marais Poitevin. Elle s’est fait une réputation de chef-lieu des marais mouillés de la «Venise verte» et propose tout un ensemble d’équipements: un port et des locations de barques, un petit train, une Maison du Marais poitevin. Coulon, qui a aussi une maison familiale rurale, figure parmi les «stations vertes de vacances» et les «villages de charme», et même les «plus beaux villages de France»; deux hôtels, deux campings (180 places) dont un de luxe (140 places), un village de vacances; maison de retraite Medica (20 sal.).

Au nord-est, le relief monte sur le bas plateau alors que la pointe su-ouest du finage est dans les marais d'Assailly et de Balanger. Entre les deux s'étend un paysage bocager de plaine. Le cours de la Sèvre fixe la limite sud de la commune; à l'est, le petit marais des Abîmes dessine une échancrure dans les collines. La commune avait fusionné en 1973 avec sa voisine du sud Sansais, mais elles se sont séparées dès 1980. Coulon avait eu 1 800 hab. entre 1850 et 1900 puis sa population était descendue à 1 400 en 1960; elle croît depuis et a encore gagné 160 hab. de 1999 à 2008.


Échiré

3 350 hab. (Échiréens), 3 096 ha, commune des Deux-Sèvres dans le canton de Niort-Nord, 9 km au NNE de la préfecture. Le bourg est sur la rive gauche de la Sèvre niortaise; il s'est fait une réputation gastronomique par la qualité de son beurre, produit dans une laiterie coopérative qui, malgré son succès (15 M€ de chiffre d'affaires) n'emploie pourtant guère plus de 30 personnes.

La commune compte plusieurs châteaux, dont les ruines de Mursay à l'ouest, en cours de sauvetage par la communauté niortaise, et surtout le bel ensemble du Coudray-Salbart au nord, puissante enceinte seigneuriale à six grosses tours rondes, certes également ruinées mais en cours de restauration; les deux sont en bord de Sèvre. Plus près du bourg, les châteaux Gaillard et de la Taillée (17e s.) sont nettement plus récents et certes mieux conservés. La Sèvre a dessiné de grands méandres qui ajoutent au charme des environs et à la complexité du territoire communal.

Échiré abrite un installateur de magasins (Jubien, 40 sal.), un transporteur (MTA, 30 sal.), un supermarché U (40 sal.); installation de réseaux J. Morin (25 sal.), maçonnerie Mary (20 sal.), toitures Cagefer (25 sal.); négoces de matériel agricole Espace Émeraude (25 sal.), de matériel antifeu Aumônier (Viaud, 25 sal.), de plomberie Cosesac (20 sal.). La commune avait 1 700 hab. vers 1850, 1 300 dans les années 1930; elle est passée à 2 000 en 1975 et poursuit sa croissance; elle a gagné 350 hab. de 1999 à 2008.


Magné

2 980 hab. (Magnésiens), dont 80 à part, 1 480 ha, commune des Deux-Sèvres dans le canton de Niort-Ouest, à 6 km ouest de Niort sur la rive gauche de la Sèvre niortaise; panneaux de bois Thebault (65 sal.), magasin Super U (85 sal.). Magné avait moins de 1 000 hab. en 1960, 1 400 en 1975, et poursuit sa croissance suburbaine au ralenti (+50 hab. depuis 1999).