Canton de Bonnieux

Bonnieux

1 400 hab. (Bonnieulais), 5 112 ha dont 2 408 de bois, chef-lieu de canton du Vaucluse dans l'arrondissement d'Apt, 11 km au sud-ouest de celle-ci. Le village étagé et dominé par son clocher du 12e s. est au pied du Luberon sur l'ubac, et son finage s'étend entre la crête du Luberon (614 m au Cap de Serre) et la vallée du Coulon, où se voit le vieux pont Julien, d'origine romaine et au passage de la voie Domitienne. Qualifié de «village de caractère du Vaucluse», il conserve des restes de tours et remparts, un couvent des récollets du 17e s., et de nombreuses belles maisons anciennes d'un village qui fut fréquenté par les évêques de la cour pontificale. Il propose aussi un musée de la boulangerie et un marché potier; alentour, château Luc (domaine viticole) et carrières de pierres Proroch (25 sal.) et Serres (25 sal.). Vers l'est, la commune est limitée par la profonde cluse de l'Aigue-Brun, qui tranche le Luberon en direction de Lourmarin; ruines du prieuré de Saint-Symphorien. Bonnieux cultive 473 ha de vignes participant aux aoc côtes-du-luberon et côtes-du-ventoux et dispose d'une cave coopérative traitant 40 000 hl/an dont 70% en aoc, à égalité entre les deux appellations. La commune était jadis bien plus peuplée: 2 800 hab. en 1841; elle a gagné quelques habitants de 1954 (1 300 hab.) à 1990, mais en perd depuis (-65 hab. de 1999 à 2004); elle totalise 450 résidences secondaires. La ville est le siège de la communauté de communes du Pied-Rousset en Luberon, qui réunit 8 communes et 6 100 hab.

Le canton a 4 200 hab., 6 communes, 14 308 ha dont 6 879 de bois et s'étire sur l'ubac du Luberon. Ses villages ont été l'objet de multiples restaurations depuis qu'une partie de la bourgeoisie parisienne s'est prise d'intérêt pour le «Luberon» au sens large. Les trois villages de la partie occidentale, Oppède, Ménerbes et Lacoste, appuyés sur le Petit Luberon, ont formé avec Gordes au nord un prétendu «triangle d'or du Luberon», expression en faveur chez les agents immobiliers, en effet orfèvres en la matière. Oppède (1 200 Oppédois, 2 410 ha dont 298 de bois) est la commune la plus occidentale, 14 km à l'ouest du chef-lieu; le village perché d'Oppède-le-Vieux figure parmi les «villages de caractère du Vaucluse» et conserve les ruines du château seigneurial et une collégiale du 12e s. L'habitat se disperse à son pied; la crête du Luberon monte à 719 m au Bastidon de Pradon, et le finage dépasse au nord le cours du Coulon; on y cultive 392 ha de vignes. Oppède avait 1 500 hab. vers 1850, 840 seulement en 1954 et sa population augmente depuis; 160 résidences secondaires.

Ménerbes (1 000 Ménerbiens, 3 027 ha dont 1 823 de bois) est à 11 km à l'ouest de Bonnieux. Le village est classé parmi les «plus beaux villages de France»; il conserve une citadelle, des maisons anciennes, et de nombreuses résidences de prix, réaménagées dans la foulée des grands artistes parisiens. Il propose aussi une maison de la truffe et du vin et un musée du tire-bouchon, ainsi qu'un parc aux escargots… L'ubac du Luberon y porte la forêt du massif des Cèdres, le dolmen de la Pichonne (ou mieux la Pitchouno, la petite), l'ancienne abbaye Saint-Hilaire à l'est. Ménerbes a un centre de réadaptation (Crf, 30 sal.) et cultive 450 ha de vignes. La commune avait 1 800 hab. en 1851, 830 à son minimum (1931 et 1954); sa population a augmenté jusqu'en 1982 et fluctue depuis; 280 résidences secondaires ont été recensées.

Lacoste (420 Lacostois, 1 066 ha dont 446 de bois) est à 6 km à l'ouest de Bonnieux (3 km à vol d'oiseau). C'est un autre «village de caractère du Vaucluse», connu par le grand château du marquis de Sade, en partie du 11e et à demi ruiné, propriété de Pierre Cardin qui en a assuré la restauration et y entretient un festival culturel (musique et théâtre) dans une ancienne carrière. Une école d'art, fondée en 1970 par l'artiste états-unien B. Pfriem (1914-1996), a été reprise par le Savannah College of Art and Design (Scad). Le finage étroit n'a que 41 ha de vignes, monte à 714 m sur le Luberon, mais n'atteint pas tout à fait au nord le cours du Coulon. Supérieure à 600 hab. dans les années 1860, la population communale était descendue à 250 en 1954; elle a augmenté jusqu'en 1990 et fluctue depuis.

Les deux autres communes du canton sont vers l'est, plus proches d'Apt mais dans un environnement plus sauvage, moins accessible. Buoux (120 Buouxiens, 1 754 ha dont 1 147 de bois) est à 6 km à l'est de Bonnieux à vol d'oiseau, à 530 m; son territoire est accidenté par l'Aigue-Brun et son affluent de droite la Loube; on y voit de nombreuses maisons du 17e s., un grand château des 16e-18e s., un ancien fort d'origine médiévale sur un site d'oppidum occupé depuis le paléolithique, et la petite église romane de l'ancien village perché (12e s.); sites d'escalade fréquentés. Le château est devenu sous l'égide du Parc régional du Luberon un centre de séjour et de découverte de la nature, ce qui lui vaut le nouveau titre de «château de l'environnement». La population était tombée à 44 hab. dans les années 1960 (260 en 1821). Enfin, tout à l'est, Sivergues (30 Siverguois, 939 ha dont 757 de bois) est à 600 m d'altitude un minuscule village accessible depuis Apt, mais non de Bonnieux; ruines castrales du Castellas, ancien refuge vaudois (cimetière) de familles introduites en 1501 dans un village alors abandonné.