Canton de Malaucène

Malaucène

2 600 hab. (Malaucéniens), 4 533 ha dont 2 388 de bois, chef-lieu de canton du Vaucluse dans l'arrondissement de Carpentras, 19 km au NNE de celle-ci. Elle a des traces de remparts et plusieurs portes, un beffroi, un cours semi-circuaire à vénérables platanes, une église fortifiée du début du 14e s., alors liée à la résidence d'été de Clément V et assortie d'un banc de pierre de 42 m de long. La ville est dans une petite plaine drainée vers l'Ouvèze et entourée de reliefs assez accusés, dont le crêt du mont Ventoux au sud-est et le massif des Dentelles de Montmirail à l'ouest.

Grâce à la fusion avec la commune de Veaux dans les années 1790, le finage de Malaucène s'étend assez loin au nord-est sur l'ubac boisé du Rissas et de la Plate, jusqu'à la rive gauche du Toulourenc; il atteint 1 156 m au pic du Comte. Il monte au sud en pointe sur la retombée du Ventoux dans la forêt domaniale de Malaucène (sentier botanique), jusqu'à une altitude de 809 m; il va à l'ouest jusqu'à la Crête de Saint-Amand où il atteint 642 m. Dans la montée du Ventoux, la chapelle mariale du Groseau est issue d'un ancien monastère fondé au 7e s. et refait au 11e s., près d'une belle source, où les papes d'Avignon venaient volontiers en été.

Malaucène est depuis 1520 le site d'une papeterie, qui a fini par se spécialiser dans les manchons pour filtres de cigarettes: Malaucène Industries fait partie du groupe international Schweitzer-Mauduit (basé aux États-Unis), après être passée par Kimberly-Clark, et emploie 300 personnes. Malaucène a également une spécialité de cerises du Ventoux, et une ferme de lamas avec petit tissage de laine; ses vignerons déclarent 338 ha de vignes; maison de retraite. La commune a eu jusqu'à 3 300 hab. dans les années 1850, 1 600 seulement en 1954. Sa population augmente depuis; elle n'a toutefois gagné que 130 hab. de 1999 à 2005.

Le canton a 4 400 hab., 7 communes, 16 072 ha dont 9 309 de bois; il inclut tout l'ubac du Ventoux. Trois petits villages, Saint-Léger-du-Ventoux, Brantes et Savoillan, sont assez isolés tout à l'est du canton, et ne sont pas directement accessibles de Malaucène: il faut faire un détour dans la Drôme par Mollans-sur-Ouvèze, ce qui met Savoillan à 34 km de Malaucène par la route (19 km à vol d'oiseau), Brantes à 30 km, le plus proche à 24 km (12 km à vol d'oiseau). Sault est plus proche que Malaucène, à 19 km de Savoillan. Le finage de Savoillan (80 Savoillaniens, 881 ha dont 443 de bois, à 510 m) monte à 1 343 m sur la crête orientale du Ventoux. Il est illustré par la ferme expérimentale Saint-Agricol, qui s'occupe de plantes à parfum parmi les champs de lavande, dans un bâtiment du 17e s. Savoillan a eu entre 200 et 300 hab. durant tout le 19e s. Elle est le siège de la communauté de communes de la Vallée du Toulourenc, qui associe ces trois communes dans la plus petite intercommunalité de la région et l'une des moins peuplées de France (170 habitants).

Le territoire de Brantes (70 Brantulois, 2 818 ha dont 1 784 de bois) monte au sommet du Ventoux à 1 909 m. Côté nord, au-delà du Toulourenc, il atteint les crêtes parallèles du rocher du Charles (836 m) et, plus loin, de la montagne de Geine (1 265 m). Brantes est un petit village perché, à 546 m, où des artistes fabriquent faïences et santons; il conserve quelques ruines castrales; il a hébergé près de 500 hab. en 1831 et en avait encore 265 en 1901; il a connu son minimum de peuplement en 1999 et a gagné 15 hab. en 2006. Saint-Léger-du-Ventoux (25 Laugerois, 1 929 ha dont 1 727 de bois) se cache dans la vallée du Toulourenc à 6 km à l'ouest de Brantes; son finage est dominé au nord par la montagne de Bluye (1 062 m) à la limite du département et de la région, et au sud il monte en pointe jusqu'au sommet du Ventoux parmi les lacets du GR 9. Saint-Léger (210 hab. à son maximum en 1841) a pris le nom de Saint-Léger-d'Orange en 1918, et l'a changé en 1963. Les trois communes ont plus de résidences secondaires que de résidences principales…

La plus grande partie de l'ubac du Ventoux relève toutefois de la commune de Beaumont-du-Ventoux (290 Beaumonais, 2 816 ha dont 1 371 de bois), parsemée de hameaux et dont le petit chef-lieu très excentré n'est qu'à 6 km au NE de Malaucène, mais qui va à l'est jusqu'au sommet. Le finage de Beaumont inclut ainsi le site du belvédère des Rochers des Rams dans la montée du Ventoux, et la station du mont Serein, équipée pour le ski avec six pistes alpines et huit remontées mécaniques, et dotée d'un lotissement touristique. La commune porte des traces d'occupation romaine, dont une ancienne carrière, plusieurs chapelles; elle offre un sentier botanique, des sites d'escalade et de vol libre; elle a 100 ha de vignes et une cave coopérative. Le nom de la commune a été complété en 1953. Sa population a dépassé 600 hab. au début du 19e s. et n'était que de 180 hab. en 1975. La commune a 170 résidences secondaires pour 130 résidences principales.

Entrechaux (880 Entrechalais, 1 491 ha dont 619 de bois) est à 7 km au nord de Malaucène dans la plaine; c'est un «village de caractère du Vaucluse» orné d'un beau château médiéval ruiné mais en voie de restauration; plusieurs chapelles, grottes préhistoriques de la Masque. L'Ouvèze traverse le territoire communal, qui enregistre 370 ha de vignes et offre plus de 300 places de camping dans trois terrains. La commune a eu 1 100 hab. dans la première moitié du 19e s., 630 de 1954 à 1975. Elle a gagné 140 hab. entre 1999 et 2007.

Le Barroux (570 Barrouxiens, 1 607 ha dont 777 de bois) est à l'opposé, à 8 km au SSO de Malaucène sur la route de Carpentras; c'est un autre «village de caractère du Vaucluse», perché, qui surveillait le passage étroit entre les reliefs du Ventoux et ceux des Dentelles de Montmirail. Le gros château fort qui écrase un peu le village a été très transformé au 16e s. en grande demeure renaissance, puis abandonné, restauré en 1929, brûlé en 1944 et encore refait après 1960, avec de beaux jardins. Le finage va au nord jusqu'au cirque de Saint-Amand et comprend 156 ha de vignes, ainsi qu'un monastère bénédictin traditionaliste apparu en 1980 et achevé en 1989, assorti d'une boutique marchande, et une abbaye de moniales de même obédience dont les bâtiments ont été terminés en 2005. Le Barroux a eu près de 1 000 hab. de 1845 à 1865, 350 seulement en 1975. La commune a gagné 50 hab. de 1999 à 2006 et affiche 150 résidences secondaires.