Canton de Dangé-Saint-Romain

Dangé-Saint-Romain

3 200 hab. (Dangéens), 3 499 ha dont 1 676 de bois, chef-lieu de canton du département de la Vienne dans l’arrondissement de Châtellerault, 15 km NNE de celle-ci, sur la rive droite de la Vienne. La ville est sur la N 10 et la voie ferrée Paris-Bordeaux; on y voit les ruines du château de Marmande (14e s.) avec un donjon de 40 m. Le bourg a un collège public et un privé et quelques ateliers, notamment en agro-alimentaire: fabrique de levures Danisco (150 sal., groupe danois, avec un centre de recherche-développement ouvert en 2009), laiterie-fromagerie Eurial (75 sal.), glaces et sorbets Paladine (50 sal.); ferronnerie et ferrures Brionne (100 sal.), bateaux de plaisance Archambault (40 sal.), supermarché Carrefour (30 sal.); maçonnerie Vieira (20 sal.), carrières Ragonneau (35 sal.) et sablière Lafarge Granulats (20 sal.).

La commune résulte d’une fusion de 1971; Saint-Romain avait alors 600 hab. La population a fortement oscillé, en partie avec l’industrie: elle était inférieure à 1 000 hab. durant toute la première moitié du 20e siècle, est passée à 1 850 en 1962 puis 1 400 en 1968, 2 500 en 1975 après la fusion; la population a un peu augmenté depuis, puis ralenti et même perdu une vingtaine d’habitants de 1999 à 2005. Dangé est le siège de la communauté de communes Vienne et Creuse, qui rassemble 7 communes (7 900 hab.).

Le canton, limitrophe de l’Indre-et-Loire, a 9 800 9 400 hab., 8 communes, 17 339 ha dont 5 786 de bois. Il est limité au nord et à l’est par la vallée de la Creuse, face à Descartes et La Guerche, et contient au SE la grande forêt de la Guerche. Ingrandes en est un pôle industriel. Leugny (450 Lutzigranois, 1 574 ha dont 859 de bois), 9 km ESE de Dangé au bord de la Creuse, a gagné 40 hab. depuis 1999; elle a un château du 18e s. et la commune prend une part de la forêt de la Guerche; maçonnerie Potet (30 sal.). À Buxeuil (950 Buxeuillois, 1 196 ha dont 316 de bois), 9 km au NE de Dangé face à Descartes sur la rive gauche de la Creuse, une papeterie rachetée en 1991 par le groupe italien Annunziata (130 sal., papier de toilette et essuie-tout), qui l'a mise en faillite en 2005, a été reprise en 2006 par Délipapier, d'un autre groupe italien Sofidel (producteur de Sopalin), qui transfère le site à Ingrandes avec le soutien de la région.

Au nord de Dangé au bord de la Vienne et sur le même axe de circulation, à 5 km, Les Ormes (1 610 Ormois, 2 422 ha dont 496 de bois) ont gare, halle ancienne, château du 19e s. avec parc; cartonnerie du groupe espagnol Saica Paik (ex-Cartonnages de Touraine, 35 sal.), négoce de fruits et légumes Pomona (25 sal.); la population s'est accrue de 140 hab. après 1999. Plus au nord à la limite du département, Port-de-Piles (550 Port-de-Pilois, 532 ha) est sur la rive gauche de la Creuse et la commune va jusqu’au confluent avec la Vienne; elle a partagé avec La Celle-Saint-Avant une fonction de double bifurcation ferroviaire. Oyré (960 Oyréens, 3 319 ha dont 1 185 de bois), 5 km à l’est d’Ingrandes, a une église romane classée à chapiteaux et galerie, et contient une grande partie de la forêt de la Guerche; sa population augmente depuis 1975 (620 hab.) et a gagné 50 hab. depuis 1999.


Ingrandes

1 920 hab. (Ingrandais) dont 110 à part, 3 503 ha dont 762 de bois), commune du département de la Vienne dans le canon de Dangé-Saint-Romain, au sud de Dangé à 7 km SSO, sur la rive droite de la Vienne à 8 km de Châtellerault. Elle évoque par son nom une limite historique entre Touraine et Poitou, et conserve une église préromane; maison familiale rurale. Elle est surtout devenue un pôle industriel du Poitou. La population d’Ingrandes était de l’ordre du millier d’habitants pendant la première moitié du 20e s.; elle a nettement augmenté dans les années 1970, plafonné après 1985 et gagné 110 hab. de 1999 à 2008.

Entre le bourg et Dangé, dans la plaine de Saint-Ustre (commune rattachée dès 1818), a été installée la grande zone industrielle d’Ingrandes, dominée par les deux usines des Fonderies du Poitou Aluminium (FDPA) et Fonte (FPF), qui emploient respectivement 470 et 520 personnes. Elles sont issues des Fonderies du Poitou, créées en 1980 par Renault; mais la première appartient depuis 2009 au groupe français Montupet, après être passé en 2002 par l’états-unien Questor et en 2007 à l'allemand Bavaria, la seconde à Texsid (deux tiers Fiat, un tiers Renault).

Un autre pôle puissant y est fixé, juxtaposant la fabrique de chaussures Aigle (440 sal.) et son magasin d'usine, et l’usine Hutchinson de plastiques pour automobiles (90 sal.), jadis liées mais séparées depuis qu’Hutchinson (aujourd’hui au groupe Total) a cédé en 1994 la marque Aigle au fonds d’investissement états-unien Apax, qui à son tour l'a vendue en 2003-2005 au groupe suisse Maus par la SIPDT (Société internationale de production et de diffusion textile); Maus possède aussi, entre autres, Devanlay (et donc Lacoste) et les magasins Parashop, et avait possédé Le Printemps.

Ingrandes a encore une petite métallerie CMMI (25 sal.), une fabrique de géotextiles pour ameublement (BHD Environnement, 25 sal.) et une base logistique du groupe Coop-Atlantique (Carrefour, 170 sal.); négoces de textiles Petit et Alleaume (40 sal.) et Codis (20 sal.). Le groupe italien Sofidel crée à Ingrandes en 2012-2015, avec des soutiens publics, une usine de papier Délipapier de papier essuie-tout qui devrait employer 200 personnes, et sans doute entraîner la disparition de l'usine de Buxeuil dans le même canton.