Canton de Lusignan

Lusignan

2 670 hab. (Mélusins), 3 782 ha dont 622 de bois, chef-lieu de canton du département de la Vienne dans l'arrondissement de Poitiers, 25 km au SO de la préfecture, où le bourg domine un grand méandre resserré de la Vonne. Il doit quelque célébrité à sa famille seigneuriale, qui a joué un rôle au moment des Croisades, et qui a récupéré a son profit la légende de la fée Mélusine, un vieux culte local préchrétien associé à l'idée de la femme fatale - mais bâtisseuse. Lusignan, aux ruelles étroites et au relief accusé, conserve quelques restes du château fort et une belle esplanade-promenade du Bail, en terrasses, aménagée au 18e s. à la place de la forteresse; grosse église romane poitevine du 11e s. à haute nef, issue d'un prieuré; nombreuses maisons anciennes.

La ville est desservie par la N 11 et la voie ferrée vers La Rochelle (gare). Elle est équipée d'un hôpital local, d'un collège public, de la base de loisirs de Vauchiron au bord de la Vonne; au SO de la commune, a été installé un centre de recherche de l'INRA (productions végétales). La ville est «station verte de vacances» et a quelques ateliers, en confection (pantalons Polo Europe, 80 sal.) et traitements de surface (Mecachim, 20 sal.); Intermarché (35 sal.), négoce de métaux Aperam (20 sal.), maçonnerie Contival (20 sal.), travaux publics Bellin (100 sal.). Lusignan avait 2 000 hab. en 1950 comme en 1901, et sa population a crû jusqu’en 1 982 (1 900 hab.) puis s’est un peu tassée. La ville est le siège de la communauté de communes du pays Mélusin, qui correspond au canton, et du pays des Six-Vallées.

Le canton a 11 000 hab. (10 500 en 1999), 9 communes, 30 469 ha dont 3 418 de bois; il est limitrophe des Deux-Sèvres, et traversé au nord par l’autoroute A 10. À la pointe NE du canton, Coulombiers (1 100 hab., 2 793 ha), sur la N 11, est le village le plus proche de Poitiers (18 km), ce qui se ressent sur sa croissance: la commune n’avait que 630 hab. en 1954, 720 en 1975; elle n'a toutefois gagné que 70 hab. de 1999 à 2008; plantations d'ornement Scopaysage (25 sal.), constructions Art de Bâtir (20 sal.), récupération sur épaves AFM Recyclage (20 sal.).

En aval de Lusignan sur la Vonne à 6 km ESE, Celle-Lévescault (1 330 Célestins, 4 267 ha dont 886 de bois) a une base de loisirs, une fabrique de produits pharmaceutiques avec centre de recherches (Cerep, 240 sal.), créée en 1989, en difficulté en 2011 mais qui concentre ses productions et son siège sur ce site, et un atelier de carrosserie (Socari, 50 sal.). La commune a eu jusqu’à 1 620 hab. en 1856, et seulement 880 en 1975; elle a un peu repris depuis, et s'est accrue de 249 hab. depuis 1999.

En amont au nord-ouest du canton, trois communes de la vallée de la Vonne sont devenues des villages touristiques. Jazeneuil (810 Jazeneuillais, 3 182 ha dont 403 de bois), 6 km au NO de Lusignan, est une «petite cité de caractère» avec une église romane issue d’un prieuré bénédictin, et un musée de la Maison poitevine. Plus loin à 4 km, Curzay-sur-Vonne (470 Curzéens, 1 652 ha) a un château de 1710, transformé en hôtellerie, avec un parc de 120 ha, et un musée du Vitrail aménagé dans l’église.

Sanxay (560 Sanxéens, 2 413 ha), à l’angle NO du canton à 13 km de Lusignan, est connue pour ses restes gallo-romains, liés à un antique pèlerinage, où ont été dégagés les restes d’un demi-amphithéâtre, des thermes, d’un temple; un festival estival d’art lyrique y est organisé. Le village a également des maisons anciennes et un pont médiéval, et une base de loisirs en bord de Vonne; un peu au nord apparaît le château de Marconnay, des 15e-16e s., ceint de murs et de douves, avec des tours et un porche d’entrée fortifié, plus un étang et une collection d’objets anciens, dont des lampes de fiacre. La dépopulation de Sanxay a été accusée: la commune avait frôlé les 1 900 hab. en 1851 et il lui en restait 1 200 en 1936; elle a encore perdu une centaine d'habitants après 1999.

Vers le sud-ouest du canton, Rouillé a dépassé 2 000 hab. Plus au sud, Saint-Sauvant (1 350 Saint-Sauvantais, 5 958 ha dont 682 de bois) est un assez gros village-centre à 11 km SO de Lusignan, mais qui a eu 3 000 hab. en 1861 et n’a cessé de se dépeupler jusqu'en 1999, puis a repris 50 hab.; la commune contient à l’est une forêt domaniale.


Rouillé

2 640 hab. (Rullicois) dont 190 à part, 5 201 ha dont 247 de bois, commune du département de la Vienne dans le canton de Lusignan, à 7 km au SO de celle-ci sur la N 11 et la voie ferrée (gare); la société d’autoroutes y a une station d’entretien (40 sal.). Au hameau de Venours au SE de la commune, a été installé un lycée agricole avec centre de formation d’adultes, et station de recherche de l’Inra sur les végétaux, en partie sur le territoire de Lusignan. Rouillé a aussi un musée de la machine à coudre et un centre d'entretien autoroutier (ASF, 40 sal.).

La bourgade fut rendue tristement célèbre pendant la dernière guerre: elle abrita un camp de détention à partir de septembre 1941, d’abord peuplé de communistes, puis d’étrangers et de «droit commun», avant d’être attaqué le 12 juin 1944 par la Résistance. La commune a eu plus de 2 700 hab. dans les années 1850-1880 puis est lentement descendue à 2 100 (sdc) et s’y est stabilisée entre 1982 et 1999; mais elle vient de gagner 120 hab. entre 1999 et 2008.