Canton de Saulxures-sur-Moselotte

Saulxures-sur-Moselotte

2 940 hab. (Saulxurois) dont 140 à part, 3 187 ha dont 1 999 de bois, chef-lieu de canton du département des Vosges dans l’arrondissement d’Épinal, 48 km au SE d’Épinal à 460 m. Le nom a été complété en 1867. La ville s’étire en plusieurs quartiers le long de la rive droite de la Moselotte, face au grand versant raide et boisé de la Tête du Midi (950 m), couvert par les forêts domaniales du Géhant et de Longegoutte. Elle dispose d’un lycée professionnel régional et d’un collège de 170 élèves, d’une maison familiale rurale de 115 élèves et propose une maison du Bois.

Ses entreprises additionnent près de 700 emplois, les principales étant les Filatures et tissages de Saulxures (110 sal.) et les scieries Gerbois (60 sal.) et Mougenot (45 sal.); installations électriques CEERi (40 sal.), charpentes Charpimo (45 sal.). La population communale est relativement stable depuis 1850, avec deux maxima à 4 100 en 1856 et 1911, mais elle décline depuis 1968 (3 900 hab.) et a diminué de 350 hab. entre 1999 et 2008. Saulxures a un hôtel, un camping (100 places) et 240 résidences secondaires.

Le canton a 19 300 hab. (19 600 en 1999), 10 communes, 24 934 ha dont 14 090 de bois; il est limitrophe du Haut-Rhin, avec lequel il partage la crête des Vosges entre le Hohneck au nord et le col d’Oderen au sud. La montagne proprement dite est partagée entre La Bresse, Cornimont et Ventron. Vagney occupe la face occidentale du canton. La plupart des communes rurales ont eu leur maximum de population entre 1850 et 1880, mais la dépopulation a été limitée. Thiéfosse (610 Kédales, 762 ha dont 277 de bois à 430 m), en aval de Saulxures à 4 km, tient le défilé du Crozery, par lequel la Moselotte franchit un verrou glaciaire de la vallée; charpentes Demange (20 sal.); l’usine de filature et tissage des Fils de Victor Perrin, qui remontait à 1825 et employait encore 280 personnes en 2002, a fermé en 2005. Le curieux gentilé est très utilisé, mais son origine reste inconnue.

Basse-sur-le-Rupt (920 Bassurois, 1 373 ha dont 426 de bois), au nord de Thiéfosse et de Saulxures, occupe un petit bassin qui descend vers Vagney et où se dispersent plusieurs hameaux dont le plus peuplé est Planois; elle a un petit hôtel et environ 200 résidences secondaires (un tiers des logements); imprimerie Prim’Plus (20 sal.). La commune a gagné 80 hab. entre 1999 et 2008. Le ban monte à 1 013 m au Haut du Roc à la limite de celui de Saulxures, et au nord-est à 1 060 m au Rondfaing, marqué par la Pierre des Quatre communes, où se rejoignent en effet les limites des finages de La Bresse, Cornimont, Basse-sur-le-Rupt et Rochesson. Gerbamont (370 Gerbamontois, 969 ha dont 392 de bois) est une autre commune d'habitat dispersé à l'est de Vagney, dans la dépression que draine le Bouchet; le principal habitat est le hameau de Lejoie et le finage monte à 1008 m à la Piquante Pierre et à 1 028 à la Roche Saint-Jacques; Big Mat (25 sal.), travaux publics Étienne (25 sal.); la population s'est accrue de 60 hab. entre 1999 et 2008.

Au nord du canton, Rochesson (690 Rochenats, 2 149 ha dont 1 473 de bois, à 540 m), «station verte de vacances», 7 km ENE de Vagney, occupe la vallée du Bouchot qui mène à Gérardmer par le col du Haut de la Côte, et englobe la forêt domaniale de Noiregoutte; elle n'a pas d'équipement hôtelier mais compte près de 200 résidences secondaires sur 500 logements. Sapois (670 Sapoisiens, 1 689 ha dont 637 de bois), 3 km ENE de Vagney à 455 m, a un territoire élargi vers le nord au contact de la commune de Gérardmer dans le Haut du Phény, qui dépasse de peu 1 000 m. Son ban occupe la vallée du Menaurupt, que suit une petite route vers Gérardmer, et le plateau du Haut du Tôt, équipé pour le ski de fond; fonderie de la CEF (Compagnie européenne de fonderie), qui avait encore 100 sal. en 2004, a disparu après une tentative de reprise par des cadres en 2006. La Bresse, Saulxures, Ventron, Thiéfosse et Cornimont constituent la communauté de communes de la Haute-Moselotte (12 800 hab.), qui siège à Cornimont.


Bresse (La)

4 930 hab. (Bressauds) dont 220 à part, 5 794 ha dont 3 105 de bois, commune du département des Vosges dans le canton de Saulxures-sur-Moselotte, 13 km au NE du chef-lieu, dans la haute vallée de la Moselotte à 635 m. La Bresse est devenue le second centre touristique des Vosges après Gérardmer, surtout grâce aux sports d'hiver, et a autant de résidences secondaires qu'elle (1 300). Le ban communal occupe tout le haut bassin de la Moselotte, divisé en deux vallées, celle de Chajoux et celle de la Moselotte, dite aussi de Vologne. La première est égayée par les petits lacs de barrage de Ténine et de Lispach, et propose le domaine skiable de Lispach, qui comporte 6 pistes de ski alpin et un vaste ensemble de ski nordique (50 km de pistes); la route de La Bresse à Gérardmer par le col de la Grosse Pierre (953 m) emprunte la basse vallée de Chajoux. La seconde vallée est beaucoup plus ample et plus boisée. Elle est dominée par la crête vosgienne entre le Hohneck au nord (1 362 m) et le Rainkopf au sud (1 305 m), en passant par le Kastelberg (1 346 m). Elle est embellie par le lac de barrage de la Lande au pied du Hohneck, par le lac rond de Blanchemer au fond d'un cirque glaciaire sous le Rainkopf.

La crête est longée par la route des Crêtes, qui passe du versant alsacien au versant lorrain juste au Rainkopf, et d'où l'on peut accéder au sommet du Hohneck (vaste panorama et table d'orientation); des châlets-refuges et le jardin alpin du Haut Chatelet sont près du Hohneck. La route de la vallée permet de rejoindre la haute Vologne et le lac de Longemer par le col des Fagnes (954 m). Tout cet ensemble forme aussi la station de ski du Hohneck, la première du Nord-Est de la France, disposant de 36 pistes sur 220 ha, et de 34 remontées mécaniques; elle est organisée par le groupe Rémy-Loisirs, qui s'occupe aussi de la station de la Schlucht juste au nord. Au sud-ouest de la station, a été délimitée la réserve naturelle de la tourbière de Machey, où la Ronde Tête domine la profonde vallée alsacienne de la Thur; le col de Bramont (956 m) permet de descendre dans celle-ci au prix de nombreux lacets. Vers l'ouest, l'ubac forestier de la Moselotte est accidenté par le cirque qu'occupe à 886 m le beau lac des Corbeaux; un peu plus loin, autour du col du Brabant qui donne accès au Rupt du Rau (Cornimont), a été aménagée la troisième station de ski de La Bresse, dotée de 4 pistes et 3 remontées mécaniques; la société Labellemontagne emploie 75 sal. aux téléphériques et 70 à l'hôtellerie, le restaurant le Slalom 30 sal.

La ville elle-même a été détruite en 1944, et assez largement reconstruite. Elle a un collège public et un privé, trois maisons de retraite; maison des loisirs et de la culture, centre culturel et social Camille Claudel, musée du granite. Un festival annuel international de la sculpture sur bois est organisé en hommage à Camille Claudel, dont la famille était de La Bresse. La Bresse a eu 3 000 hab. en 1836, 4 000 en 1861, 5 000 en 1906 et sa population a culminé à 5 400 hab. (sdc) en 1975; elle a perdu 160 hab. de 1999 à 2008. La ville anime la communauté de communes de la Haute-Moselotte, formée avec les quatre communes voisines au sud.

La Bresse a 1 600 résidences secondaires (41% des logements), 11 hôtels (280 chambres) et trois campings (270 places) dont un de luxe (130 places). Elle a aussi près de 2 400 emplois, et environ 2 000 personnes actives, dont 1 500 travaillent dans la commune et 500 au dehors. Les tissus Gisèle emploient 110 personnes en trois unités (250 en 2005). La firme Prysmian (ex-Pirelli, sous le contrôle de Goldmann Sachs) emploie 65 personnes à des câblages électriques après une forte réduction d'effectifs. Les Zelles (fenêtres en plastique, groupe Lapeyre) ont 150 salariés, plus un atelier à Cornimont; graniterie Petitjean (60 sal.), chalets et maisons de bois Poirot (35 sal.), menuiseries métalliques CVI (35 sal.) et SNM (30 sal.); nettoyage et reconditionnement de gants, chaussures et vêtements de sécurité Initial BTB (70 sal.); supermarché U (40 sal.), transports Steff (40 sal.); hôtel Rémi Loisirs (50 sal.).


Cornimont

3 740 hab. (Counehets), 4 023 ha dont 2 462 de bois, commune du département des Vosges dans le canton de Saulxures-sur-Moselotte, 6 km à l’est du chef-lieu à 525 m dans la vallée de la Moselotte, où confluent de l’est le Rupt de Rau et du sud-est le Ventron. Dans l’activité de production, les situations sont parfois instables: Prysman ex-Eurelectric (95 sal., groupe Pirelli) fabrique des fils et câbles électriques), et les fenêtres en plastique Les Zelles (90 sal.), nés d’une menuiserie locale et acquise en 1994 par le groupe Lapeyre, disposent aussi d’un atelier à La Bresse; dans le textile subsistent le tissage Chague (40 sal.) et le linge de maison Juppont Gury (25 sal.), mais le tissage HGP (Héritiers de Georges Perrin, 110 sal.), remontant à 1839 puis passée au groupe Alain Thirion), a fermé en 2005, non sans provoquer une longue procédure judiciaire qui dure en 2011. La commune a aussi des exploitations de granites; travaux publics Molinari (30 sal.); musée des Mille et une racines (curiosités), supérette.

Le ban communal se divise en trois unités: au nord, la vallée de la Moselotte vers La Bresse; au sud, la petite vallée où se tient le village du Travexin et qui mène au Thillot par le col des Fenesses; à l’est le large bassin du Rupt du Rau, qui descend de la crête des Vosges entre le Grand Ventron (1 204 m) au sud et l’Altenberg (1 196) au nord. La crête est dans la réserve naturelle du massif du Ventron; un refuge se tient dans la vallée, le village de Xoulces est au NE de Cornimont. La population communale avait déjà dépassé 4 00 hab. en 1861; elle est montée jusqu’à 8 600 en 1911 puis, après un déclin à 4 600 en 1931, a retrouvé plus de 5 000 hab. de 1960 à 1975; elle baisse depuis — de 220 hab. entre 1999 et 2008. Cornimont a un collège public, un hôpital rural, 250 résidenecs secondaires (13% des logements), un petit hôtel, un camping de 60 places, et elle est le siège de la communauté de communes de la Haute-Moselotte (5 communes, 12 800 hab.).


Vagney

4 210 hab. (Voinrauds), 2 491 ha dont 1 372 de bois, commune du département des Vosges dans le canton de Saulxures-sur-Moselotte, 9 km NNO du chef-lieu et 10 km ESE de Remiremont, sur la rive droite de la Moselotte au débouché du Menaurupt et de deux routes menant à Gérardmer, tout près du Syndicat. Elle a eu des mines d’argent au 18e siècle. Elle a reçu un collège public et un supermarché Carrefour (60 sal.). Vagney est le siège de la communauté de communes des vallons du Bouchot et du Rupt (5 communes, 6 200 hab.) et s’est instituée «station verte de vacances». La population communale a oscillé entre 3 400 hab. (1856), 2 500 (1921) et le maximum actuel, encore augmenté de 300 hab. entre 1999 et 2008.

Deux usines notables y travaillent: les Tricotages des Vosges, qui fabriquent plus de 8 millions de paires de chaussettes par an sous la marque Bleu Forêt, et qui furent naguère dans le patrimoine de Dim, emploient 230 personnes; Febvay, spécialiste de vêtements de travail,notamment pour l'hôtellerie de luxe, a failli disparaître en 2008, passant de 110 à 30 salariés, et s'est installé dans de nouveaux locaux en 2010; en outre, constructions Socopa (95 sal.) et chalets Valobois (25 sal.); transports Steff (35 sal.).


Ventron

950 hab. (Véternats), 2 497 ha dont 1 747 de bois, commune du département des Vosges dans l’angle sud-est du canton de Saulxures-sur-Moselotte, 10 km ESE du chef-lieu à 630 m. Le village est dans la petite vallée du Ventron, affluent de gauche de la Moselotte et qui descend du Grand Ventron, point culminant de la commune à 1 204 m, au nord-est sur la crête des Vosges; refuge de la Chaume, vaste panorama sur les Vosges du Sud et la haute vallée de la Thur. De part et d’autre de la crête a été délimitée la réserve naturelle du massif du Ventron. Au sud-est, la limite communale (et régionale) passe par le col d’Oderen (875 m), qui donne accès à la Thur et à Thann; juste au sud-ouest, le petit col du Page (956 m) permet de passer dans la vallée de la Moselle à Bussang.

L’ubac du Ventron, aux pentes raides, est sculpté en plusieurs petits cirques glaciaires et abrite, sous le Haut du Rouge Gazon (1 108 m), la station de ski de l’Ermitage, ou du Frère Joseph, où se dresse une petite chapelle; la station, qui appartient à une famille locale (Leduc), dispose de 9 pistes et 8 remontées mécaniques; musée du textile au village. Au Daval de Ventron, à l’ouest du centre, fonctionne la fabrique de linge de Ventron Confection, créée en 1979 dans un ancien tissage et qui a aussi des ateliers en Roumanie, Slovaquie et Tunisie, ce qui l'a fait passer de 180 sal. en 2005 à 55 en 2011; hôtellerie (Leduc, 45 sal.), constructions Mougin (30 sal.).

Ventron a eu plus de 1 400 hab. au milieu du 19e s. et au début du 20e s.; puis sa population a décliné jusqu’en 1970 et s’est stabilisée ensuite, avec quelques oscillations mineures, perdant 50 hab. entre 1999 et 2008. La commune a 370 résidences secondaires (46% des logements), deux hôtels (95 chambres).