Canton du Thillot

Thillot (Le)

3 840 hab. (Thillotins), 1 514 ha dont 710 de bois, chef-lieu de canton du département des Vosges dans l’arrondissement d’Épinal, 52 km au SE de la préfecture, dans la vallée de la Moselle à 496 m. La commune n’a été créée qu’en 1860; elle était alors un village dépendant de Ramonchamp, mais déjà peuplé de 1 700 hab. Ensuite Le Thillot est devenu un centre d’industrie textile, soutenu par l’arrivée d’Alsaciens à partir de 1871 et favorisé par son rôle de carrefour local. Sa population est montée à 4 000 hab. en 1911; elle a culminé à 5 100 en 1975 et diminue depuis, perdant encore 190 hab. de 1999 à 2008.

La petite ville est sur la route du col de Bussang et communique au nord avec Gérardmer par le col des Fenesses, au sud avec Servance et Lure par le col des Croix (679 m); tissage Mouline-Thillot (110 sal. en trois unités, depuis 1924), atelier de cuirs Sovos (ex-tanneries Grosjean, 40 sal., depuis 1864) et métallerie Néotec (70 sal., depuis 1979), meubles Martival (20 sal.), boulangerie Daval (20 sal.); négoce de métaux Epac (35 sal.); maçonnerie Curien (60 sal.), transports Peureux (30 sal.); collège public et hôpital local, Intermarché (35 sal.). D’anciennes mines de cuivre ont été exploitées du 16e au18e s. sur l’ubac de la vallée au sud-est du bourg; elles sont aménagées pour la visite (Hautes Mynes), avec l’écomusée de la Maison des Mynes. Contrairement à ses deux voisines, la commune fait partie du Parc régional des Ballons.

Le canton a 16 300 hab. (16 900 en 1999), 8 communes, 19 445 ha dont 11 121 de bois; il s’étire sur 28 km dans la haute vallée de la Moselle, où il est limitrophe de la Haute-Saône, du Territoire de Belfort et du Haut-Rhin. Le Ménil (1 210 Guédons, 2 038 ha dont 1 010 de bois), 4 km au nord du Thillot à 525 m, occupe une ancienne vallée glaciaire qui communique avec celle du Ventron par le col des Fenesses, vers 600 m, et par où passe la route de La Bresse et Gérardmer. Son ban monte jusqu’au Haut du Rouge Gazon à 1 108 m; au centre, la butte de la Tête des Champs s’élève à 1 001 m et porte chapelle et table d’orientation. Sa population est passée par un maximum de 1 660 hab. en 1846 et un minimum de 830 en 1975; elle oscille autour de 1 100 depuis 1985 et a gagné 70 hab. de 1999 à 2008. Le Ménil a un petit rôle touristique: un hôtel, un camping, 220 résidences secondaires (29% des logements).

Ferdrupt (820 Ferdrupéens, 1 460 ha dont 770 de bois), 5 km ONO du Thillot à 454 m, juste en aval de Ramonchamp sur la rive droite de la Moselle, a deux usines, le tissage de coton Kohler (60 sal., dont le siège) et la plasturgie Spidelor (Société des plastiques et industries de Lorraine, 60 sal., créée en 1961); la commune, détachée de Rupt en 1831 avec environ 1 000 habitants, a atteint 1 300 hab. vers 1900 et décliné jusqu’en 1975 (760 hab.); sa population a un peu repris, mais a reperdu 60 hab. de 1999 à 2008. Rupt-sur-Moselle et Ramonchamp en aval du Thillot, Fresse-sur-Moselle en amont, ont plus de 2 000 hab.; et, en amont de la vallée, Bussang et Saint-Maurice-sur-Moselle sont d'actifs villages touristiques.


Bussang

1 640 hab. (Bussenets), 2 763 ha dont 1 609 de bois, commune du département des Vosges dans le canton du Thillot, 11 km ENE du chef-lieu, aux sources de la Moselle à 625 m. La commune est limitrophe du Haut-Rhin et dominée à l'est par la crête des Vosges, où se dresse le Grand Drumont (1 222 m), au-dessus du Petit Drumont qui est accessible par une route étroite et offre panorama et table d'orientation. Le col de Bussang (1 018 m) est franchi par la route d'Épinal à Thann et Mulhouse (N 66) et très fréquenté. Au sud-est, l'angle de la commune monte à la Tête des Neuf Bois (1 232 m). Au nord, le col du Page (956 m) donne accès à la vallée de la Moselotte.

Bussang est une agréable station estivale, connue par son Théâtre du Peuple, fondé en 1895 par la famille Pottecher et toujours très fréquenté; négoce d'articles ménagers Art de la Cuisine-GAM (40 sal.), menuiserie Hans (20 sal.); hôpital local. La commune avait 2 400 hab. en 1836; après une diminution jusqu'à 2 100 autour de 1870, sa population, renforcée par l'arrivée d'Alsaciens, a crû jusqu'à 2 900 en 1911; elle diminue lentement depuis.


Fresse-sur-Moselle

1 940 hab. (Fressiots), 1 841 ha dont 788 de bois, commune du département des Vosges dans le canton du Thillot, juste à l’est du chef-lieu et en continuité avec lui. La commune s’étend des deux côtés de la Moselle, atteignant au sud le ballon de Servance (1 216 m), au nord la Tête des Corbeaux (1 093 m) au-dessus de Bussang; on y a exploité du plomb et du cuivre au 17e s.; atelier de plasturgie Pyle (100 sal.), menuiserie métallique Bluntzer (45 sal.), construction Pedruzzi (130 sal.). Le nom de Fresse a été complété en 1902; la population est fort stable depuis 1900, avec un maximum à 2 400 hab. autour de 1980 et un recul depuis: elle s'est abaissée de 280 hab. entre 1999 et 2008.


Ramonchamp

2 120 hab. (Ramoncenais) dont 120 à part, 1 574 ha dont 713 de bois, commune du département des Vosges dans le canton du Thillot, juste en aval du chef-lieu et pratiquement en continuité sur la rive droite de la Moselle. Au sud, son ban est limitrophe du département de la Haute-Saône et une petite route suit la crête entre le Haut de l’Alouette et le col des Croix, qui est au Thillot. Au nord, une autre petite route communique avec Saulxures et la vallée de la Moselotte par le col de Morbieu (790 m) dans la forêt domaniale du Géhant.

La commune a comme principal employeur l’usine TRW, au groupe états-unien Blackstone, qui emploie 410 personnes et fabrique des pièces pour automobiles; menuiserie métallique Vuillemart (35 sal.); le tissage connu Fritz-Koechlin a disparu dans les années 1990. La commune a aussi une maison familiale rurale. Ramonchamp a eu 3 200 hab. dans les années 1830, mais c’était avant que ne s’en détache Le Thillot; sa population atteignait 1 700 hab. dans la première moitié du 20e s. et elle est montée à 2 100 en 1975, puis a décliné un peu; mais elle a repris 110 hab. entre 1999 et 2008.


Rupt-sur-Moselle

3 660 hab. (Rupéens), 4 555 ha dont 2 891 de bois, commune du département des Vosges dans le canton du Thillot, 10 km ONO du chef-lieu. Son territoire est limitrophe du département de la Haute-Saône et du pays des Mille étangs, auxquels on accède par le col du Mont de Fourche à 620 m. Au nord, il donne sur la forêt domaniale de Longegoutte. À l'extrémité occidentale, la vallée de la Moselle se rétrécit au passage d'un grand verrou glaciaire et elle est dominée par le sommet du Beuille (757 m) d'où l'on a un superbe panorama; chalet-refuge à proximité. Rupt a un collège public. Le nom de la commune était Rupt simplement jusqu’en 1904; elle a eu 4 900 hab. en 1831, au moment où s’en est détaché Ferdrupt; elle a maintenu plus de 4 000 hab. entre 1845 et 1965 puis a perdu des habitants jusqu’en 1990. et encore une quarantaine après 1999.

La commune totalise 1 400 emplois; le groupe espagnol Antolin fabrique des pièces pour automobiles, surtout des paresoleil (270 sal.), dans une ancienne usine Rockwell; Cimest (Compagnie industrielle des moulages de l’Est), du groupe français Plastivaloire, usine des pièces plastiques pour la téléphonie et l’automobile (110 sal.); mais ces deux établissements ont réduit leurs effectifs d emoitié depuis 2004. Valrupt, du groupe français Valmont, est un tissage de coton (130 sal.); mais la Compagnie vosgienne de la chaussure, du groupe français Vivarte (140 sal.), a fermé en 2006, ne laissant qu'un petit magasin d'usine Halle; menuiserie Couval (65 sal.); négoce de pharmacie Ouest Répartition (60 sal.).


Saint-Maurice-sur-Moselle

1 520 hab. (Fremis), 3 700 ha dont 2 630 de bois, commune du département des Vosges dans le canton du Thillot, 6 km ESE du chef-lieu à 549 m. Le gentilé serait un sobriquet attribué par les voisins de Bussang à un territoire abondant en fourmis… Le village est dans la vallée de la Moselle, au confluent de la petite vallée de la Prêle qui vient du sud, et de la vallée des Charbonniers dont les versants occupent la plus grande partie du territoire, formant un ample bassin dominé par la crête des Vosges.

Au nord-est, celle-ci commence à la Tête des Neuf Bois (232 m), passe par la Tête du Rouge Gazon et la Tête des Perches (984 m), qui dominent la station de ski du Rouge Gazon (10 pistes, 5 remontées mécaniques) et son chalet-refuge. Plus au sud, passé le Gresson (1 117 m), on atteint le célèbre Ballon d’Alsace (1 247 m), dont l’ubac porte une autre station de ski, très active, qui s’étend sur 4 départements et offre 17 pistes, 11 remontées mécaniques, un vaste domaine de ski de fond et un site de parapente. La route de Saint-Maurice à Giromagny passe par le col du Stalon (1 178 m) et donne à la fois accès au Territoire de Belfort et à la vallée de la Doller et Masevaux. À l’angle sud-ouest de la commune se situe de ballon de Servance (1 216 m).

La commune a deux ateliers principaux, le tissage de coton Lévêque (40 sal.) et la menuiserie métallique Bluntzer (50 sal.) en aval du bourg à la limite de Fresse; négoce d’ameublement Spiller (30 sal.). Le village offre aussi quelques aménagements touristiques dont de petits musées du ski et… de l’armement, un parc animalier, une maison de retraite (Antoine, 25 sal.); elle a un hôtel de 70 chambres, un camping de 175 places et 210 résidences secondaires (22% des logements). Saint-Maurice a complété son nom en 1867; sa population s’est tenue entre 2 000 et 3 000 hab. de 1831 à 1954, dépassant les 3 000 en 1911; la population diminuait depuis, mais elle aurait gagné 50 hab. entre 1999 et 2005, pour la première fois depuis 50 ans.