Canton de Joigny

Joigny

10 800 hab. (Joviniens) dont 730 à part, 4 667 ha dont 3 176 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Yonne dans l'arrondissement d'Auxerre, 28 km au NO de la préfecture sur la rive droite de l'Yonne. La ville a tenu de bonne heure une position forte à l'endroit où l'Yonne traverse la grande côte d'Othe, au fond de l'échancrure de percée conséquente. Un premier château a fait apparaître une citadelle circulaire dont la trace se voit encore en haut de la vieille ville, puis une seconde enceinte a formé la demi-lune des boulevards actuels. Joigny a conservé des portes et des éléments de ces défenses, le château des Gondi (16e s.), trois églises, une halle aux grains et de nombreuses maisons à pans de bois sculptés et des hôtels particuliers, dont plusieurs remontent au 16e s., quand la ville a été reconstruite à la suite d'un grand incendie de 1530.

D'autres réaménagements, au 18e s., avaient embelli une ville active, animée par sa garnison, et qui a été sous-préfecture jusqu'en 1926. Le centre est maintenant secteur sauvegardé et Joigny a été proclamée «ville d'art et d'histoire» en 1991; espace contemporain Jean de Joigny (arts plastiques), musée de la résistance (groupe Bayard), musée d'histoire naturelle, musée protestant du pasteur Vincent avec bibliothèque; collège et lycée polyvalent publics, collège et lycée privés, établissement régional d'enseignement adapté, centre hospitalier (163 lits); maison de retraite Prieur (30 sal.); port de plaisance.

Les zones industrielles près de la gare, de l’autre côté de l’Yonne, fournissent de nombreux emplois, plus ou moins fluctuants: une usine Tecalemit a fermé naguère, la fabrique de stylos Stypen (120 sal.) en 2008. La métallurgie domine: les Ateliers de Joigny emploient 200 salariés dans la réparation et construction de matériel ferroviaire; fabrique d'articles métalliques Strulik (160 sal.) dans les anciens locaux de Stypen, métallerie Ertop (100 sal.), fonderie d’aluminium et zinc Masue (45 sal.), appareils de levage FIMM (Fabrique industrielle de matériel de manutention, 40 sal.), mécanique Cintrax (45 sal.), compresseurs Guernet (35 sal.).

Dans d'autres domaines: échappements d’automobiles Arvin Exhaust (120 sal.), emballages plastiques Sealed Air (125 sal.), articles de papeterie JPrint (40 sal.); nombreux autres petits ateliers de mécanique, bois et ameublement; constructions Moresk (25 sal.); fabriques de pains Jovid Or (100 sal.), d'aliments du bétail Soreal (45 sal.); transports Erima (20 sal.); Intermarché (150 sal.), Bricomarché (30 sal.); restauration collective Elite (35 sal.), hôtel Le Rive Gauche (30 sal.).

Sur la côte Saint-Jacques, qui domine la ville et où se trouve un restaurant connu au nom de la côte même et employant 70 personnes (chef Lorain, deux étoiles Michelin), un vignoble a été réhabilité dans les années 1970 et bénéficie désormais, sur 22 ha, d'une AOC bourgogne-côte-saint-jacques, surtout en pinot gris (rouges et rosés). Un aérodrome (code LFGK) avec aéroclub et deux pistes de 1 070 m, dont une en dur, est juste au-dessus à Beauregard sur le plateau, où commence la forêt d'Othe; caserne et ateliers du 28e Groupe géographique de l'armée (400 personnes dont 70 civils), depuis 1947.

Joigny a eu assez régulièrement environ 6 000 hab. pendant un siècle, et jusque vers 1950, puis est passée assez brusquement à 11 000 en 1975 (sdc); depuis, elle a du mal à maintenir ce niveau. Elle est le siège de la communauté de communes du Jovinien (6 communes, 13 400 hab.). L'unité urbaine est censée être de 10 600 hab. (la commune seule, sdc), l'aire urbaine de 13 100. Longtemps dirigée par la droite avec comme maire Philippe Auberger, qui fut aussi député, elle a une municipalité de gauche depuis 2009; le maire est Bernard Moraine, divers gauche.

Le canton a 15 500 hab. (14 600 en 1999), 10 communes, 14 017 ha dont 6 073 de bois; la vallée de l'Yonne, où débouche le Tholon venant du sud, y est trouée de gravières; le reste se partage en de petites fractions de la côte et du plateau au SO de Joigny, de la plaine de la Forterre au SE, de la forêt d'Othe au nord (dont un champ de tir). Champlay (700 hab., 2 108 ha dont 358 de bois), 5 km ESE de Joigny près de la N 6, étend son territoire dans la plaine qu'accidente au SO la butte isolée de Montholon, d'environ 140 m de haut, témoin du recul de la côte d'Othe; la population communale a gagné 50 hab. après 1999.

Dans la plaine de l'Yonne à 5 km en aval de Joigny, Cézy (1 100 hab., 1 602 ha dont 456 de bois) a des restes anciens (porte), une zone artisanale et un centre équestre; la population de la commune a crû de 1965 à 1990. Tout en aval, face à Saint-Julien-du Sault, Villevallier (470 hab. dont 45 à part, 937 ha dont 532 de bois) a une usine Friginox (fournitures aérauliques pour l'industrie, 75 sal.) et un institut rural avec maison familiale rurale; la commune a gagné 60 hab. de 1999 à 2008.