Canton de Marson

Marson

290 hab. (Marsonniers), 3 076 ha, chef-lieu de canton du département de la Marne dans l’arrondissement de Châlons-en-Champagne, 14 km ESE de la préfecture; silos, séchage de luzerne, église classée. Le village est le siège de la communauté de communes du Mont de Noix, qui réunit 7 communes (1 000 hab.); le mont de Noix est une longue croupe de la craie qui domine à peine Marson au sud-est et atteint 195 m.

Le canton a 9 700 hab. (9 100 en 1999), 18 communes et 35 646 ha. Il est l’un des plus caractéristiques de la Champagne crayeuse, par ses activités et son habitat. Royaume de la grande culture, il est faiblement peuplé. La plupart de ses villages se sont établis le long des minces vallées, dont la principale est au nord celle de la Vesle. Somme-Vesle (510 Sommevelliers dont 140 à part, 3 531 ha), à la source comme son nom l’indique, est à 20 km ENE de Châlons; au nord de la commune, la croisée de deux voies romaines a donné le carrefour de la Grande Romanie (golf); non loin, au hameau de la Poste, se trouve le lycée agricole départemental (avec BTS), doté d’un Musée rural champenois; il emploie 150 personnes et reçoit 300 élèves, dont 200 pensionnaires, en incluant sa filiale de formation professionnelle à L’Épine. La population s’est accrue de 80 hab. entre 1999 et 2008. En aval de Somme-Vesle s’étire le curieux habitat de Courtisols et se signale la basilique de L’Épine.

Au sud-ouest, le canton de Marson s’appuie sur la vallée de la Marne et tire parti de la N 44. À 14 et 16 km SE de Châlons, se remarque un groupe de communes formant ce que l’on nomme parfois la Vallée de la Craie. Omey (250 Omyats, 394 ha) a des carrières de craie, exploitées depuis le début du 20e s., et une usine de craie de la société Omya (groupe suisse Pluess-Stauser), qui y a employé plus de 250 salariés mais est descendue à 80; elle est servie par un câble transporteur aérien et par un embranchement ferroviaire à travers la Marne depuis Vitry-la-Ville.

Pogny (880 Pognats, 1 405 ha), au débouché de la petite vallée de la Moivre, sert de village-centre pour ses proches voisins; église classée du 12e s.; sacherie pour l’usine d’Omey; gros ensemble de silos de Champagne-Céréales, coopérative agricole et très grands silos de granulés de France-Luzerne, que l’on dit être les plus volumineux du monde (110 000 t). La commune a gagné 220 hab. (un tiers) entre 1999 et 2008. Son territoire a reçu deux petits parcs éoliens, chacun de 2 hélices et 4 MW.

En aval et toujours sur le bord droit de la vallée de la Marne, se succèdent Vésigneul-sur-Marne (280 hab., 786 ha), qui a gagné 60 hab. de 1999 à 2008, et Saint-Germain-la-Ville (590 hab., 1 174 ha), à 10 km de Châlons; celle-ci a une carrière et un atelier de l’entreprise Omyacolor, complémentaire d’Omey (80 et 35 sal.); maison de retraite intercommunale, silos. Une communauté de communes de la Vallée de la Craie (5 communes, 2 300 hab.) siège à Saint-Germain.

Juste en aval, Chepy (400 Chepiots, 868 ha), qui a gagné 50 hab. depuis 1999, est suivie par Moncetz-Longevas (580 Moncelots, 724 ha), également sur le bord droit de la vallée de la Marne, qui se nommait Moncets puis Moncetz avant 1915, accueille l’entreprise de peinture et vitrerie MB Industrie (30 sal.) et qui a gagné 40 hab. de 1999 à 2008. Les deux communes font transition vers Sarry, devenue une banlieue de Châlons.

Dans la vallée de la Moivre au sud-est de Marson se succèdent d’aval en amont Francheville (210 Franchevillots, 943 ha), Dampierre-sur-Moivre (120 Dampierrots, 1 155 ha) et Saint-Jean-sur-Moivre (210 hab., 1 507 ha). Ces trois communes se partagent le grand parc éolien du Mont de l’Arbre, du nom d’une colline de, Dampierre, qui rasemble 17 hélices (34 MW). Francheville a une église inscrite des 12e-13e s. et une coopérative de déshydratation de la luzerne (120 sal.).

Plus à l’est encore, s’alignent au bord de la Moivre Coupéville (160 Coupévillots, 3 042 ha), Le Fresne (60 Fresnois, 1 771 ha dont 356 de bois) et Moivre (50 Moivriots, 2 184 ha dont 230 de bois) qui est à 11 km ENE de Marson. Coupéville a une église classée à beau porche du 13e s., et partage avec Saint-Jean-sur-Moivre un autre parc éolien, de 6 mâts et 9 MW, sur le Mont de Noix (196 m). Le finage de Moivre atteint au nord-est la D 994, sur le tracé d’une voie romaine et la ligne de partage des eaux Marne-Meuse.


Courtisols

2 680 hab. (Courtisiens), 6 562 ha, commune du département de la Marne dans le canton de Marson, 12 km au NE de Châlons. Le «village» est réputé pour sa longueur, qui passe pour un record: il s’étire sur plus de 6 km des deux côtés de la Vesle, et encore est-il en continuité avec celui de L’Épine en aval. Formée à l’origine par la réunion de trois paroisses, qui ont conservé leur église, l’agglomération se décompose en quelques hameaux que la continuité du bâti ne permet plus de distinguer. Courtisols a l’apparence d’une bourgade active, où se sont multipliées les maisons neuves, souvent d’assez belle allure, qui en font une banlieue recherchée de Châlons. Elle dispose de tous les commerces et services. On trouve à proximité deux golfs, dont celui de la Grande Romanie, et un centre équestre; transports Saint-Martin (25 sal.), négoce de matériel agricole (Garage de la vesle, 30 sal.). Courtisols est le siège de la communauté de communes des Sources de la Vesle (3 communes, 3 000 hab.).

La forme exceptionnelle de l’habitat et l’ancienne réputation d’industrie et d’habileté des habitants en affaires et en agriculture, justifiée ou non, ainsi que leur idiome particulier, ont fait échafauder des hypothèses hardies sur l’origine du peuplement, qui serait venu d’Europe centrale; mais rien n’a encore étayé la légende locale et les anciennes particularités de langage peuvent n’être que le résultat d’une évolution banale en vase clos; elles ont d’ailleurs disparu au 19e s. La population s’est constamment maintenue alentour de 1 800 à 2 000 habitants au 19e siècle (maximum 2 070 en 1831), mais était descendue à 1 261 en 1936 et augmentait constamment depuis; elle s’est accrue d’une quarantaine d’habitants entre 1999 et 2008.


Épine (L’)

670 hab. (Épinots), 3 051 ha, commune de la Marne dans le canton de Marson, 8 km ENE de Châlons. Elle est connue pour sa colossale basilique gothique très flamboyante, dédiée à Notre-Dame, et qui se voit de loin dans les basses collines de craie. Elle a été édifiée entre 1410 et 1524 pour consacrer un lieu de pèlerinage d’origine obscure, mais actif depuis le 13e s., objet d’une «vision» de «buisson ardent» en 1400, et qui persiste modérément de nos jours. Les plans et le début de la construction sont dus à un architecte anglais, au temps où ses compatriotes occupaient les lieux. Un couvent de minimes l’a accompagnée de 1624 à 1789. Elle reçoit aujourd’hui jusqu’à 100 000 visiteurs par an.

Le village originel était Melette, en position plus centrale dans le finage; cependant Sainte-Marie-à-l’Épine était déjà mentionnée en 1230, comme hameau relevant des religieux de Saint-Jean de Laon. Le nom vient simplement de buissons épineux, mais il a servi aussi pour invoquer une épine de la couronne du Christ; Melette, mentionnée en 1107, n’était déjà plus citée au 17e s. La proximité du camp de Mourmelon se fait sentir: au sud-ouest de la commune, stand de tir et terrain de manœuvres dans un carré d’environ 60 ha; au NO, ensemble de réservoirs d’hydrocarbures; hôtel-restaurant réputé Aux Armes de Champagne (25 sal.).


Sarry

2 200 hab. (Sarrysiens), 2 001 ha, commune du département de la Marne dans le canton de Marson, à 5 km au SE de Châlons-en-Champagne sur la rive droite de la Marne, pratiquement intégrée à l’agglomération; nombreux lotissements. D’un grand château des évêques de Châlons, doté de jardins de Le Nôtre, détruit pendant la Révolution, restent deux pavillons du 18e s.; église des 13e, 15e et 18e s.; cultures de fraises et d’asperges, ferme pédagogique. La population communale a bondi de 580 hab. en 1968 à 2 100 en 1990. Elle s’était tenue entre 500 et 600 hab. de 1800 à 1970.