Canton d'Hirson

Hirson

9 700 hab. (Hirsonnais) dont 320 à part, 3 377 ha dont 487 de bois, chef-lieu de canton de l’Aisne dans l’arrondissement de Vervins, 22 km au NE de celle-ci, au confluent de l’Oise et du Gland. La ville tient une position stratégique au contact du massif des Ardennes et des plateaux du Bassin parisien, à la rencontre des trois régions du Nord, de Picardie et de Champagne, et sur l’axe de circulation du Nord vers la Lorraine, où passent la N 43 et la voie ferrée Valenciennes-Thionville. C’est pourquoi elle fut une place forte disputée, et conserve un rôle actif dans les circulations. Elle offre à la visite l’ancien fort Dubois, un musée Desmasures (histoire, arts déco, ethnologie), les spectacles et fêtes des Transfrontalières (juin) organisées avec Chimay et Fourmies.

Hirson a une notable usine Équipement 14 ex-Valéo-Éclairage (modules de projecteurs d’automobiles, 190 sal.), vendue par Valéo à un fonds d’investissement en 2010; des ateliers de fenêtres et stores pour trains Barat (45 sal.), d’équipements de contrôle pour mécanique Kad (Klein, 40 sal.), de traitements de surfaces Anodel (45 sal.), de brosses et pinceaux Franpin (50 sal., au groupe Nespoli), de cartonnages MGC (30 sal.); un grand magasin Auchan (170 sal.), maison de coiffure Angle d’Art (45 sal.), travail temporaire Adecco (125 sal.) et Synergie (100 sal.); négoces de matériaux Gedimat (40 sal.), d’alimentation Dutrieux (35 sal.), de boissons (Lefranc Vinolux, 20 sal.); quelques transporteurs dont Dropsy (45 sal.) et Roucoulet (25 sal.).

La ville est dotée d’un centre hospitalier de 150 lits, un collège et un lycée publics, un collège privé, une maison de retraite (Orpea, 55 sal.). La commune s’étend sur le massif ardennais boisé, où s’encaisse la vallée de l’Oise et que traverse la voie ferrée vers Anor. Trois étangs barrent l’Oise: tout en amont à la frontière belge l’étang de la Lobiette, au milieu celui du Pas Bayard, en aval celui de Blangy, lieu de tourisme agrémenté d’une cascade. La population communale avait nettement augmenté durant tout le 19e s. (2 000 hab. en 1806, 7 500 en 1901 et jusqu’en 1926 (11 300); elle en était à peu près restée là depuis, avec un maximum à 12 000 (sdc) en 1975, mais elle aurait perdu 1 100 hab. de 1999 à 2008. L’unité urbaine Insee est donnée pour 10 300 hab. Le maire est Jean-Jacques Thomas, socialiste, également conseiller général.

Le canton a 18 900 hab. (19 900 en 1999), 13 communes, 19 233 ha; il est limitrophe de la Belgique et des départements du Nord et des Ardennes. L’Oise et ses affluents le Gland et le Ton le traversent ainsi que, dans un autre sens, le couloir de circulation Nord-Lorraine. Saint-Michel forme avec Hirson une conurbation. Buire (900 Buirois, 413 ha), en banlieue SO d’Hirson, s’y ajoute; sa population avait fortement augmenté dans les années 1930 avec la création d’un dépôt ferroviaire, dont témoigne la haute silhouette (47 m) de la tour d’aiguillage, désormais monument classé; un centre commercial Leclerc de 85 emplois a pris le relais; magasin Croc Affaires (35 sal.), travaux publics CGCR (25 sal.).

À l’extrémité orientale du canton, à 10 km d’Hirson, Watigny (390 hab., 2 112 ha dont 1 100 de bois) se flatte de posséder le point culminant du département, et donc de la région, en forêt sur le massif ardennais, à 285 m; la commune s’étire sur 9 km du sud au nord, englobant la partie orientale de la forêt domaniale de Saint-Michel sur le plateau ardennais, et s’achevant à la frontière belge. Mondrepuis (1 040 Mondrepuisiens, 2 033 ha dont 550 de bois), 5 km NN0 d’Hirson, est à la limite du département du Nord, dont le village est séparé par le bois du Hauty, appuyé à la forêt domaniale de Fourmies; des restes d’un camp gaulois et romain y ont été trouvés; deux entreprises maintiennent d’anciennes activités: un tissge de coton Noiret-Bohain (30 sal.) et une laiterie Lesire et Roger (40 sal.); la commune a gagné 80 hab. de 1999 à 2008.

Wimy (510 Wimyens, 1 204 ha), 7 km ONO d’Hirson, est au bord de la vallée de l’Oise; belle église fortifiée de brique et de grès avec donjon du 16e s. et salle de refuge à l’étage. Effry (360 hab., 277 ha), à 1 km de Wimy au bord de l’Oise, a eu dans les années 1930 une grande usine d’appareils de chauffage et de cuisson Briffault employant plus de 800 personnes; elle a fermé en 1974; l’emplacement a été repris ensuite par la tôlerie Tecnitol, qui emploie 90 personnes; une nécropole nationale est entretenue tout près du village, lequel a perdu 50 hab. entre 1999 et 2008.

Origny-en-Thiérache (1 560 Auriniens, 1 648 ha), 6 km au SO d’Hirson, est dans la vallée du Ton; ce fut une capitale de la vannerie; mais son musée est consacré à l’évêque Pigneau de Béhaine, né au village en 1744 et ancien missionnaire en Indochine; l’église fortifiée a été amputée par la guerre de 1914-1918. Origny a une métallerie avec fonderie d’aluminium (Au Creuset de Thiérache, 65 sal.) et une fabrique de charpentes industrielles (Cibo, 25 sal.), ainsi qu’une entreprise de bâtiment (De Gryse, 75 sal.) et une grosse maison de retraite (plus de 100 places). Le nom de la commune s’est complété en 1956; la population a diminue à peu près sans arrêt depuis 1880 (2 800 hab.) mais a repris une centaine d’habitants entre 1999 et 2008.

En amont dans la vallée du Ton, La Hérie (160 hab., 422 ha), 5 km SSO d’Hirson, a une autre église fortifiée. Plus loin, Bucilly (210 Bucillois, 1 285 ha dont 300 de bois), 6 km SSE d’Hirson, avait reçu une abbaye, fondée par les prémontrés en 1147; il n’en reste, au bord du Ton, qu’un nom de hameau, l’Abbaye. La commune s’étire en écharpe du nord au sud et atteint au sud, sur un front de côte, le bois des Huttes, isolant presque ainsi de son canton (Aubenton) la commune voisine de Landouzy-la-Ville.


Saint-Michel

3 580 hab. (Saint-Michellois), 4 220 ha dont 2 221 de bois, commune de l’Aisne dans le canton d’Hirson, 3 km à l’est du chef-lieu dans la vallée du Gland; la ville est précédée à l’ouest, en aval, par le quartier de Sougland. Elle est née d’une abbaye bénédictine, apparue en 945 sur un site déjà fréquenté par des pèlerinages. Au 19e s., l’abbaye est devenue verrerie, puis filature, puis fabrique de chaussures avant d’être abandonnée en 1952, enfin restaurée à partir des années 1970 mais à des fins culturelles et touristiques. Les grands bâtiments sont surtout du 17e s.; un musée de la vie rurale et forestière y a été ouvert et il s’y tient un festival de musique ancienne.

La ville a un collège public et conserve une fonderie active (Sougland, 55 sal.) et quelques ateliers; mais la principale entreprise est la fabrique de pots d’échappement pour automobiles Eberspächer (250 sal., groupe allemand). La ville est le siège de la communauté de communes des Trois-Rivières, qui associe 26 communes et 22 000 hab. Sa population avait atteint 5 400 hab. en 1926, et diminue depuis; elle a encore perdu 130 hab. entre 1999 et 2008. Le finage de Saint-Michel va jusqu’à la frontière et contient une bonne part de la forêt domaniale de Saint-Michel, qui occupe le plateau ardennais de part et d’autre de la petite vallée de l’Artoise, affluent du Gland venant de Belgique.