Canton de Liancourt

Liancourt

7 200 hab. (Liancourtois), 475 ha, chef-lieu de canton de l’Oise dans l’arrondissement de Clermont, 8 km au SE de Clermont, dominant la rive gauche de la Brêche. La ville a un collège public et un hôpital local, un parc floral, et des héritages de la famille La Rochefoucauld: le grand château de 1640, la ferme-modèle de la Montagne (musée) où le duc créa en 1780 une école technique pour orphelins; elle fut vite militarisée par Louis XVI puis devint une école des Arts et Métiers; celle-ci fut transférée à Compiègne en 1803 tandis que l’ancienne école devenait sur place un pénitencier, actuellement centre de détention sanitaire. C’est à Liancourt aussi qu’un La Rochefoucauld créa la première Caisse d’Épargne (1836), puis une faïencerie disparue depuis.

La ville était surtout un centre industriel, mais elle a perdu successivement en 2008-2009 la fabrique de gants de caoutchouc Mapa du groupe Hutchinson (Total), qui employait 190 personnes et confectionnait 800 000 paires par jour, et l’usine Siccardi (groupe CF2M), qui façonnait des vilebrequins et des carters de moteurs d’automobiles (300 sal. en 2005); reste l’atelier de plasturgie Alkor Draka du groupe Solvay (135 sal.); installations thermiques Vigreux (25 sal.), supermarché Champion (40 sal.), comptabilité Fiduciaire Conseil (20 sal.). La ville avait 4 700 hab. en 1881 et s’était un peu dépeuplée jusqu’en 1936 (3 100 hab.); elle a entamé ensuite une croissance qui se poursuit, et a gagné 600 hab. de 1999 à 2008. L’unité urbaine Insee est donnée pour 13 500 hab., l’aire urbaine se fondant dans l’attraction parisienne.

Le canton a 37 400 hab. (36 000 en 1999), 22 communes, 13 321 ha; il est limité au sud par la vallée de l’Oise et dépasse peu à l’ouest celle de son affluent la Brêche. Le relief associe des buttes boisées au dessin contourné des abords de la côte dite d’Île-de-France, le bas plateau et les marais de Sacy qu’elle domine. Sacy-le-Grand (1 390 hab., 1 770 ha), 7 km ENE de Liancourt, est en effet flanquée d’un grand marais de 7 km de long, aménagé au 18e s. et drainé par le canal Maure, rectiligne sur 5 800 m; il fut partagé entre les six communes riveraines en 1798; le marais aboutit à l’est à la vallée de l’Oise; il forme à présent une réserve naturelle tourbeuse alcaline Natura 2000 de 1 394 ha. Sacy a un parc de loisirs et d’attractions, et un musée de «l’habit du cheval» (colliers, voitures et matériel agricole); un château est occupé par la secte Moon; lignes électriques SIT (20 sal.); la population de la commune poursuit sa croissance (800 hab. en 1954) et s’est augmentée de 60 hab. depuis 1999. Sacy-le-Petit (570 hab., 745 ha), 7 km plus à l’est, accueille les recherches biotechniques et sur semences Ringot (35 sal.)

Catenoy (1 140 hab., 1 261 ha dont 300 de bois) est à 3 km NO de Sacy, au pied de la côte d’Île-de-France sur la N 31, et a une usine chimique Chemitura acquise par l’états-unien Great Lakes Chemicals, fabriquant des bases pour la pharmacie (65 sal.); sa population était également croissante (600 hab. en 1954) mais a stagné de 1999 et 2008. Le plateau du Bois des Côtes se termine au-dessus de Catenoy et de Sacy par un promontoire en oppidum, formant éperon barré, évidemment nommé mont de César et où l’on a trouvé des témoignages préhistoriques. C’est dans ces parages qu’en 51 av. J.-C. Fabius, aidé par les Rémois, aurait eu raison des Bellovaques et obtint leur reddition; à moins que ce ne fût au mont de César de Bailleul et Bresles, plus proche de Beauvais….

Nointel (1 030 hab., 935 ha dont 220 de bois), 5 km à l’est de Clermont, dont la population a crû de 1950 (560 hab.) à 1999, est aussi au pied du talus et sur la N 31; un château de 1904 y succède à d’anciens châteaux ruinés; sur le plateau, a été découvert un autre site archéologique dit du camp de César, en fait néolithique et du Bronze. À l’est du canton, Saint-Martin-Longueau (1 500 Saint-Martinois-Longoviciens, 362 ha), sur la N 17, en croissance sensible (400 hab. en 1950), a une usine de filtres et aéraulique du suédois Camfil-Farr (160 sal.) et le gardiennage OP (60 sal.), et participe aussi au marais de Sacy, comme son nom l’indique (longue eau); sa population s’est accrue de 70 hab. entre 1999 et 2008.

Une part des marais est à Monceaux (780 Moncéens, 660 ha dont 186 de bois) et Cinqueux (1 630 Cinquatiens, 679 ha dont 200 de bois) côté sud, Rosoy (630 hab., 495 ha dont 175 de bois) et Labruyère (650 Labruriens, 241 ha dont 140 de bois) à l’ouest. Sauf Labruyère, dont le finage est étroit, ces communes sont également en croissance: Rosoy n’avait que 160 hab. en 1968, Cinqueux 600 vers 1950 et 1 100 en 1975; si leur population a peu changé depuis 1999, celle de Monceaux s’est accrue de 70 hab., celle de Labruyère de 60 hab.; gardiennage Carette à Cinqueux (25 sal.).

Les Ageux (1 170 Ageois, 500 ha dont 167 de bois), au sud de Saint-Martin, bordée au sud par la voie ferrée, est jointive de Pont-Sainte-Maxence, fait partie de son agglomération et a une part de ses activités; Centre Leclerc (160 sal.), transports LMIF (30 sal.), couverture et plomberie Sani-Confort (35 sal.); la commune a été créée en 1826 à partir de Sarron; elle n’avait que 500 hab. en 1950, a passé les 1 000 en 1990 mais a stagné après 1999.

Au sud du canton sur la rive droite de l’Oise, Brenouille, Rieux (1 640 Rioliens, 233 ha) et Angicourt (1 670 Angicourtois, 496 ha dont 147 de bois) font partie de l’agglomération creilloise. Rieux, qui n’avait que 200 hab. vers 1900 et 700 en 1950, et a gagné 40 hab. depuis 1999, a un château du 17e s., et tout un ensemble industriel partagé avec Villers-Saint-Paul, notamment pour la chimie du groupe Total; en outre, agrochimie Du Pont de Nemours (60 sal.), métallerie Serfim (50 sal.), tubes TTB (20 sal., compensateurs de dilatation), composants électroniques Niled (35 sal.); installations électriques Setel (40 sal.), isolation Kaefer Warner (85 sal.). Angicourt, qui n’avait que 570 hab. en 1962 et en a gagné 120 entre 1999 et 2008, s’orne d’une grande église gothique (12e-13e s.) à clocher central carré; sur le plateau, un ancien sanatorium est devenu un gros centre de soins (hôpital Villemin, 220 sal.).

Verderonne (540 hab., 333 ha), 3 km à l’est de Liancourt, est au centre d’une «Petite Suisse» où trône son château de 1740 à deux tours rondes, flanqué d’un colombier, d’un théâtre du 18e s. et de beaux jardins, ainsi que d’un manoir annexe du Boulanc, siège d’un centre artistique et d’un petit musée du livre rare. Six communes se partagent la basse vallée de la Brêche, large et par où s’engagent vers le nord la N 16 et une voie ferrée; elle est devenue une rue d’industries, surtout sur la rive droite où Rantigny, Cauffry et Laigneville ont plus de 2 000 habitants, comme Monchy-Saint-Éloi sur la rive gauche tout en aval.

Sur cette rive gauche, plus près du chef-lieu, Bailleval (1 510 Baillevalois, 801 ha dont 509 de bois), 2 km NNO de Liancourt, eut une autre ferme modèle des La Rochefoucauld à Louveaucourt; la commune n’avait que 530 hab. en 1954 et croît surtout depuis 1975 (870 hab.); elle a gagné 70 hab. de 1999 à 2008. Mogneville (1 530 hab., 391 ha dont 180 de bois), juste au sud de Liancourt et jointive, a une église évangélique tzigane; la commune n’avait que 600 hab. en 1962; elle a encore gagné 120 hab. de 1999 à 2008. La communauté de communes du Liancourtois (10 communes, 22 600 hab.) siège à Laigneville.


Brenouille

210 hab. (Brenouillois), 431 ha, commune de l’Oise dans le canton de Liancourt, 6 km au SSE du chef-lieu. Ses maisons s’alignent le long de la rive droite de l’Oise au pied de la «montagne de Roc», entre Creil et Pont-Sainte-Maxence. C’est un lieu de peuplement ancien, qui fut une notable seigneurie et à laquelle appartenaient les communes actuelles de Monceaux au nord et des Ageux à l’est dans le même canton et qui jouxte les extensions de Pont-Sainte-Maxence. Brenouille a un collège public et quelques ateliers, dont un affinage de plomb APSM (Affinerie de Pont-Sainte-Maxence, 60 sal.), une fabrique de liants de fonderie et résines Huttenes Albertus (30 sal.), bétons Alkern (20 sal.), ou le recyclage de plastiques Ecoplastics (20 sal.); travaux publics Guillou (45 sal.). Un centre commercial Leclerc est aux Ageux. La croissance de Brenouille a été très accusée (350 hab. en 1960, 860 en 1982) mais plafonne.


Cauffry

2 390 hab. (Cauffriots), 474 ha, commune de l’Oise dans le canton de Liancourt, 2 km à l’ouest de celle-ci sur la rive gauche de la Brêche. Elle participe à l’agglomération de Creil et compte, outre un collège public, de nombreuses petites entreprises et des entrepôts, à un carrefour de routes; hypermarché Leclerc (90 emplois), Intermarché (55 sal.), Bricomarché (20 sal.); plâtrerie Dauville (25 sal.), espaces verts Sevoise (20 sal.), transports BTL (35 sal.). La commune reste fidèle à une tradition de cultures maraîchères, impulsées au 18e s. par les ducs de Liancourt-La Rochefoucauld. La croissance de la population a été forte et continue: 300 habitants au 19e siècle, 700 au milieu du 20e s., 1 300 en 1975, 2 000 atteints en 1988; elle n’a augmenté que de 60 hab. entre 1999 et 2008.


Laigneville

4 070 hab. (Laignevillois), 853 ha, commune de l’Oise dans le canton de Liancourt, 6 km au SO de celle-ci sur la rive droite de la Brêche, tout près de Nogent-sur-Oise et de l’agglomération de Creil. Elle a eu plusieurs moulins, et une commanderie de templiers, dont il reste quelques traces; l’un des moulins devint en 1894 une fabrique de tubes, passée ensuite à Desnoyers, puis reprise en 1999 en extension de la fonderie Montupet de Nogent-sur-Oise (560 sal.); mais l’usine de tubes Vallourec Précision (140 sal.) a fermé en 2005.

Laigneville a également une coopérative de distribution pharmaceutique (Cerp, 110 sal.), les constructions Ramery (55 sal.) et Hainault (40 sal.), les agencements de bâtiments Jyde (20 sal.); promotion immobilière des Maisons d’aujourd’hui (20 sal.). La ville est le siège de la communauté de communes du Liancourtois, qui réunit 10 communes (22 600 hab.). La population communale n’a pas cessé de croître au cours des deux derniers siècles; elle était de 1 000 hab. en 1900, 2 000 hab. en 1962; elle a gagné 230 hab. entre 1999 et 2008.


Monchy-Saint-Éloi

2 050 hab. (Monchyssois) dont 60 à part, 388 ha, commune de l’Oise dans le canton de Liancourt, 5 km au sud du chef-lieu. Le bourg est au pied du coteau de rive gauche de la Brêche près du confluent avec l’Oise, juste en bordure de Nogent-sur-Oise; un château, reconstruit au 18e s., sert depuis 1963 de centre de formation pour l’AFT-IFTIM (Association pour le développement de la formation transport et techniques d’implémentation et de manutention). La population communale était de 450 hab. vers 1900, 720 en 1954 et a augmenté sensiblement depuis; elle n’a ajouté que 50 hab. entre 1999 et 2008.


Rantigny

2 580 hab. (Rantignysiens), 416 ha dont 287 de bois, commune de l’Oise dans le canton de Liancourt, face à celle-ci de l’autre côté de la vallée de la Brêche (rive droite). Sa base industrielle remonte au 18e siècle, quand le duc de La Rochefoucauld fit établir une manufacture de draps et tricots en important des bonnetiers champenois; mais la tradition textile s’est éteinte en 1936. Entre temps, Rantigny avait pu accueillir d’autres activités. La population avait augmenté entre 1954 (1 300 hab.) et 1990, mais plafonne depuis.

Les principales usines sont à présent celles de Caterpillar (290 sal.) pour les rouleaux compresseurs, héritière d’une fabrique de batteuses remontant à 1840, et de Saint-Gobain (Isover, 150 sal., jadis 1 300) pour la fibre de verre. Lafarge Plâtres fait du polystyrène (40 sal.); constructions métalliques Stirn (25 sal.), médicaments Sterigenics (20 sal.). Saint-Gobain Ecophon a un négoce d’isolants de plafonds (35 sal.); transports T Plus Services (30 sal.). La papeterie du suédois SCA (papiers d’hygiène, 100 sal.) a fermé en 2005, un peu après l’usine de cosmétiques de la société états-unienne Avon.