Canton d'Hondschoote

Hondschoote

4 200 hab. (Hondschootois), 2 366 ha, chef-lieu de canton du département du Nord dans l’arrondissement de Dunkerque, 18 km ESE de celle-ci. Le nom, qui se prononce onscote, désignerait une éminence au bout d’un chenal. La commune s’étire le long de la frontière belge à partir de la berge sud des Moëres. Elle a un hôtel de ville du 16e s. restauré, une église du 14e s. avec une tour de 82 m et un carillon de 61 cloches installé en 2000. Deux anciens moulins à vent, dits de la Victoire (Spinnewyn) et du Nord (Noordmeulen), ont été restaurés. Quelques habitants se sont lancés dans la culture de la vigne (cépage chardonnay) dont ils tirent un vin appelé «fleur de lin», ont fondé une confrérie des Tastewijn et ont aménagé un musée des vendanges. La grande fête de septembre (Karyole Feest) arbore depuis 2006 la géante Bintje, haute de 3,80 m, en l’honneur de la culture des pommes de terre.

La ville dispose d’un collège public et un privé, ainsi que de maisons de retraite. Elle conserve une petite filature de lin (Decock, 30 sal.); conserves de poissons Frais-Eùbal (55 sal.), mécanique Pacquet (30 sal.), réseaux hydrauliques Duval Edgard (35 sal.), couvoir de l’Étoile (20 sal.). Sa population est restée entre 2 700 et 4 000 hab. au cours des deux derniers siècles, avec un creux dans les années 1960. Elle a gagné 300 habitants de 1999 à 2010. Hondschoote est le siège de la communauté de communes de Flandre (15 000 hab., 14 000 ha) qui correspond au canton plus une commune voisine, Uxem.

Le canton a 14 300 hab., 8 communes, 12 858 ha. Il inclut au nord les communes des Moëres et de Ghyvelde et, grâce à celle-ci, atteint le rivage de la mer du Nord par une étroite bande de terrain. Warhem est à l’ouest du chef-lieu. Rexpoëde (1 900 Rexpoëdois, 1 337 ha), 6 km au SO de Hondschoote sur l’ancienne chaussée royale de Bergues à Ypres, est une bourgade bien équipée. Elle conserve d’anciennes brasseries, et a installé un nouveau centre d’accueil touristique dans la grosse bâtisse du Groënhof, devenue maison communale en 1997 et aménagée depuis 2003 pour le tourisme et les rencontres, avec parc à l’anglaise de 2 ha et grands arbres. La commune, dont le nom se prononce Respoude, a eu 2 000 hab. en 1851 et s’est dépeuplée ensuite jusqu’en 1970 où elle avait atteint l’étiage de 1 150 hab., avant de reprendre quelque croissance. Elle a gagné 300 hab. de 1999 à 2010.

Killem (1 000 Killemois, 1 199 ha), à 3 km SO de Hondschoote, héberge le teillage de lin de la société Van Robaeys (75 sal.), considéré comme le premier d’Europe; elle a une église-halle à trois nefs des environs de 1600. De 1 400 hab. dans la première moitié du 19e s., sa population est descendue à 820 hab. en 1975; elle augmente un peu depuis. Oost-Cappel (530 Oost-Cappelois, 399 ha), sur la même route et à 6 km au sud du chef-lieu, associe deux villages, l’ancien à la frontière et les Cinq-Chemins au carrefour principal; cars Delgrange (50 sal.), réseaux hydrauliques Duval Edgard (40 sal.), mare pédagogique à l’entrée du village. La population s’est accrue de 130 hab. entre 1999 et 2010.

Bambecque (750 Bambecquois, 1 181 ha) complète le canton tout au sud, et sa limite méridionale suit le cours de l’Yser jusqu’à la frontière. Elle conserve le château de l’Engelshof (18e s., parfois Ingelshof) et une église-halle à trois vaisseaux des alentours de 1600. Son finage contient la réserve naturelle régionale du Vallon de la Petite Becque; transports SADT (30 sal.). Elle a eu 1 100 hab. dans la première moitié du 19e s., et un minimum de 590 hab. en 1990; elle a gagné 90 hab. depuis 1999.


Ghyvelde

3 300 hab. (Ghyveldois), 1 646 ha, commune du département du Nord dans le canton de Hondschoote, 12 km au nord de celle-ci. Le bourg est sur un ancien cordon de dunes flandriennes à 3 km de la mer, entre les Moëres et Bray-Dunes. Le Conservatoire du littoral y a acquis et protège depuis 1990-2005 quelque 170 ha formant le site de la dune fossile de Ghyvelde. La commune, frontalière, est traversée par le canal des Chats et l’autoroute A 16 (échangeur) et bordée au nord par la N 1 et le canal de Dunkerque (ou de Furnes). Son finage lance toutefois vers le NO une langue étroite qui atteint le rivage de la mer du Nord à l’ouest de Zuydcoote, où la dune Dewulf forme un espace protégé du Conservatoire du Littoral, en partie sur les territoires de Zuydcoote et Leffrinckoucke; au sud-ouest, le finage inclut une partie du polder des Moëres. L’aérodrome de Dunkerque-Ghyvelde (LFAK) est surtout dans la commune des Moëres.

Ce dessin tient à l’émancipation de la commune de Bray-Dunes en 1883, qui a fait passer la population communale de 2 400 hab. à 1 400. Le nombre d’habitants est ensuite resté à ce niveau tandis que Bray-Dunes progressait; il était encore à 1 400 hab. vers 1950. Il est passé à 2 000 hab. en 1968, 3 000 en 1999, et s’est accru de 150 hab. entre 1999 et 2010. Ghyvelde a une base de loisirs du lac des Hérons, un écomusée de la ferme Bommelaers Wall avec dégustation de chicorette, un parc et élevage d’autruches au Camélus. L’Association La Dune aux Pins gère une maison d’accueil spécialisée (troubles psychologiques, 150 sal.). LLa commune avait, en 2009, 1 500 actifs, mais moins de 500 emplois; 4 agriculteurs, mais 480 employés, 440 ouvriers, 225 commerçants, artisans et cadres, 330 retraités.


Moëres (Les)

820 hab. (Morins), 1 946 ha, commune du département du Nord dans le canton de Hondschoote, 5 km au NNO de la ville et au-dessous du niveau de la mer (- 2 m). Le village (De Moeren en flamand) est situé au milieu du polder des Moëres, dont le nom vient du flamand moeren désignant des marais, les Romains ayant désigné leurs habitants comme Morins et la contrée comme Flandre Morine. L’aérodrome dit de Dunkerque-Ghyvelde, et finalement Dunkerque-Les Moëres, est au nord de la commune; il a une piste gazonnée de 800 m et un aéroclub avec une annexe pour ULM. La population communale a dépassé 1 000 hab. au début du 20e s. puis a décliné jusque vers 1970 avant de se stabiliser; elle a gagné 140 hab. de 1999 à 2010. Les marais, qui occupaient 2 000 ha en France, ont été drainés et asséchés en 1620 sous l’autorité de Wenceslas Cobergher, à l’aide de 23 moulins à vent, par un réseau de canaux et watergangs bordés de fermes à cour ouverte; 4 inondations y ont été déplorées depuis, celle de 1770 n’ayant pu être résorbée qu’au 19e s., alors que l’inondation de la dernière guerre a pu être effacée dès 1947. Le village des Moëres propose un musée du polder et des stations de pompage (le Pô), et des restes d’un moulin du 18e s. dit moulin du Rhin. La frontière partage en deux le polder des Moëres (le nom se prononce moures, ou localement moires).


Warhem

2 100 hab. (Warhemois), 2 784 ha, commune du département du Nord dans le canton d’Hondschoote, à 6 km à l’ouest du chef-lieu. Elle est traversée par le canal de la Basse Colme et la partie nord de son finage est dans les marais drainés du Blootland. Elle a une église-halle à trois nefs, des environs de 1600, avec un clocher de 63 m. La culture de la pomme de terre y a été introduite de Hollande dès 1722, ce que rappelle la fête du géant Jan Patate. La commune a eu 2 600 hab. autour de 1840 et un minimum à 1 300 hab. en 1968. Sa population croît depuis et a gagné 250 hab. de 1999 à 2010.