Canton de Trélon

Trélon

3 200 hab. (Trélonais), 3 915 ha dont 2 966 de bois, chef-lieu de canton du département du Nord dans l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe, 15 km ESE de celle-ci sur le plateau ardennais. Étroit au sud dans le bois de Trélon, le territoire communal s’élargit vers le nord dans la forêt domaniale de Trélon et atteint la vallée de l’Helpe Majeure au bord du lac du Val Joly, aménagé en parc départemental avec base de loisirs. L’étang du Hayon, en revanche, est tout près du bourg dans la vallée du ruisseau du Pont-de-Sains, qui descend vers l’Helpe Mineure.

La commune a un gros château du 18e s. (et 19e s.), un collège public et un institut médico-éducatif (100 places), une maison de retraite dans un ancien couvent du 18e s. devenu hospice; le musée du verre est une antenne de l’écomusée de Fourmies-Trélon, qui rappelle le passé verrier de la commune; corderie Houze (35 sal.), plâtrerie BBI (35 sal.). La population communale a culminé à 4 300 hab. autour de 1895 puis a constamment décliné, avant de reprendre 300 hab. entre 1999 et 2010. Trélon est le siège de la communauté de communes du Guide du pays de Trélon, qui réunit 8 communes et 6 900 hab.

Le canton a 26 800 hab., 12 communes, 17 898 ha dont 7 254 de bois. Il comprend notamment la réserve naturelle des étangs intra-forestiers de la Fagne de Trélon, autour d’étangs créés par les communautés monastiques au 13e s. Tout au nord du canton, Eppe-Sauvage (270 Eppois, 1 667 ha dont 800 de bois), dont le petit «village de charme» est à 10 km au NE du chef-lieu, est une commune frontalière d’habitat dispersé, dans la vallée de l’Helpe Majeure en grande partie submergée par le beau lac encaissé du Val Joly, créé en 1968 par barrage et qui occupe 220 ha. Le château Voyaux (16e s.) est au sud-est du village et le château Maillard (18e s.) au nord-ouest, la commune a aussi une église du 16e s., et la grosse ferme-manoir du Grand Sartier au sud (18e s.). Sauvage est une déformation de selvage, c’est-à-dire forestière, et Eppe est le même mot qu’Helpe. La population communale était de 900 hab. en 1851 et a diminué jusqu’en 1999.

Juste en aval du lac, la petite commune de Willies (170 Williens, 414 ha), dont le nom dérive de villa, se cache sur les deux rives de la vallée de l’Helpe un peu en amont de Liessies. Le barrage du Val Joly est dans la commune, en amont du village; il a été construit par EdF en 1967 pour réguler les débits de l’Helpe en vue du refroidissement de la centrale thermique de Pont-sur-Sambre; à la lisière de la forêt de Trélon.

Trois petites communes frontalières sont à l’est de Trélon. Moustier-en-Fagne (70 Monastériens, 713 ha dont 313 de bois), dont le nom évoque un monastère des tourbières, compte quelques maisons au bord de l’Helpe Majeure à 11 km ENE de Trélon, un manoir inscrit, et par exception ne fait pas partie du Parc régional de l’Avesnois. Des bénédictines olivétaines fabriquent des icônes dans leur prieuré. Le bois de Trélon est à l’ouest, celui de Neumont au sud. Moustier a précisé son nom en 1933; elle a eu 280 hab. en 1851 et maintient sa population depuis 1968.

Baives (160 Baivois, 798 ha dont 123 de bois) est à 9 km à l’est du chef-lieu sur un petit affluent de droite de l’Helpe Majeure; la chapelle des Monts y est signalée. C’est à Baives que le département du Nord atteint sa plus haute altitude, 239 m à la frontière, sur un reste de massif corallien du dévonien portant des pelouses calcicoles et, à ce titre, classé en réserve naturelle sur 40 ha. Baives a eu 330 hab. en 1831, mais reprend quelques habitants depuis 1982.

Wallers-en-Fagne (300 Wallersois, 779 ha) est un «village de charme» un peu plus proche du chef-lieu (7 km à l’est) et englobe l’étang de la Folie à l’orée de la forêt de Trélon. La commune a une carrière CCM (100 sal., 2 Mt/an) de pierre bleue (calcaire) et la Maison de la Fagne (écomusée de la pierre) avec un «centre artisanal de la pierre bleue». Elle a retrouvé en 2007 un ancien nom qui avait été remplacé par Wallers, tout court, puis par Wallers-Trélon en 1889. Sa population a culminé à 530 hab. en 1851; elle a cessé de décliner après 1999 et aurait même gagné 80 hab. depuis.

Ohain (1 300 Ohainais, 1 188 ha dont 200 de bois) est une plus grande commune juste au sud-est de Trélon, également frontalière face à la belge Momignies; le bois de la Haie d’Anor est au sud du finage. La commune a eu 1 400 hab. en 1881 et s’est tenue ensuite entre 1 100 et 1 200 hab.; elle vient de gagner 100 hab. de 1999 à 2010.

Anor, Fourmies et Wignehies ont plus de 2 000 hab. Glageon (1 850 Glageonnais, 1 177 ha dont 504 de bois) jouxte Trélon à l’ouest et formait avec elle une rue d’ateliers et de cités ouvrières; mais elle s’est dépeuplée. Son finage est entouré de bois et porte un cimetière militaire. Il conserve des carrières de pierre bleue (650 000 t/an) avec une spécialité de marbre rose. Sa population a atteint les 2 000 hab. en 1880, est montée jusqu’à 3 000 hab. en 1906 puis a constamment diminué, perdant encore 60 hab. de 1999 à 2010.

Féron (560 Féronais, 1 339 ha dont 506 de bois) complète le canton à 7 km OSO du chef-lieu, sur la route de Fourmies à Avesnes. La commune se distingue par son château (avec parc et jardins) du 18e s., le hameau et les étangs du Pont de Sains au nord, sur l’Helpe Mineure, le bois du Grand Fresseau à l’est; un festival Feron’Arts s’y tient en août.


Anor

3 300 hab. (Anoriens), 2 224 ha dont 700 de bois, commune du département du Nord dans le canton de Trélon, 9 km au sud du chef-lieu et 5 km ESE de Fourmies. C’est la commune qui tient l’angle SE du département, à la fois frontalière et limitrophe du département de l’Aisne. L’altitude s’élève à 271 m à la frontière, ce qui en ferait le lieu culminant du département. Ville de longue tradition de forges et de métallurgie, elle abrite les Aciéries et forges d’Anor (95 sal.) et dispose d’une gare sur la voie de Valenciennes à Hirson et d’un embranchement du chemin de fer touristique à vapeur des Trois Vallées vers la Belgique.

La commune contient les bois de la Haie d’Anor et l’étang de la Galoperie (10 ha), et la réserve naturelle des étangs de Milourd, créés jadis pour les forges dans le bassin de l’Oise — l’Oise passe au sud de la commune. Quantité d’oratoires et de chapelles se disséminent dans la commune, dont de nombreux hameaux et de longues voies portent le nom de Rue. Le nombre de ses habitants a augmenté au 19e s., de 1 700 hab. jusqu’au maximum de 4 900 hab. observé en 1885. Il a ensuite constamment baissé jusqu’aux années 1990 mais, fait nouveau, a pu augmenter un peu depuis 1999.


Fourmies

12 900 hab. (Fourmisiens) dont 250 à part, 2 298 ha dont 1 007 de bois, commune du département du Nord dans le canton de Trélon, 7 km au SO du chef-lieu et 18 km au SE d’Avesnes-sur-Helpe, sur la Petite Helpe ou Helpe Mineure. Son finage est limitrophe du département de l’Aisne et traversé par la voie ferrée de Valenciennes à Hirson (gare). Au sud, s’étend la forêt domaniale de Fourmies, où se cachent les étangs des Moines. La ville a un théâtre, trois collèges publics et un privé, deux lycées publics dont un professionnel; centre hospitalier privé (275 lits dont 100 médicaux), institut médico-éducatif (40 places), centre d’aide par le travail et maison de retraite.

Fourmies est restée célèbre pour la fusillade de 1882, lors d’une manifestation visant à célébrer le Premier Mai comme journée internationale de revendication des travailleurs, instituée par la Deuxième Internationale socialiste un an auparavant: la répression policière fit 9 morts et prit une dimension symbolique pour le mouvement ouvrier français. La ville était de tradition lainière, marquée notamment par la réunion en 1919 de 25 établissements dans la Société des Filatures de laine peignée de la région de Fourmies (Sfrf); elle a depuis 1949 une école d’apprentissage textile et elle est également dotée d’un musée du Textile et de la vie sociale, ainsi que d’un écomusée de la région Fourmies-Trélon. Mais le travail de la laine est très minoritaire à présent: il ne reste qu’une filature de laine peignée MTE (Manufacture des textiles européens, 60 sal.). La dernière verrerie (SPN) a disparu, ainsi que Posso, fabricant d’articles pour photographies.

La principale usine est une visserie-boulonnerie Agrati (170 sal.) ex-VBF, reprise en 2010 à Acument (fonds états-unien Platonium) après avoir apprtenu à Sacilor, Valois puis Textron ; les autres sont la métallerie Leo François (70 sal.), les caves à vins et à fromages Eurocave (80 sal.), les appareils médicaux Medtronic (40 sal.) et Goblet Daumas (40 sal.), les remorques Hubière (35 sal.), le linge de maison GIA (30 sal.). Fourmies accueille également le Crédit Mutuel (65 sal.), les magasins Carrefour (170 sal.), Intermarché (25 sal.), Gedimat (bricolage, 40 sal.) et Decaux (meubles, 30 sal.), conditionnement à façon Desjardin (35 sal.), les négoces de matériaux NMC (50 sal.) et interentreprise Passat (35 sal.); réseaux et canalisations De Barba (35 sal.), OPHLM (30 sal.), nettoyage Agenor (40 sal.).

La ville est le siège de la communauté de communes Action Fourmies et environs, qui réunit 4 communes et 20 100 hab. Fourmies avait 3 000 hab. en 1851, et avait atteint 15 600 hab. en 1891, un niveau qu’elle n’a jamais retrouvé depuis ; sa population est descendue à 13 800 hab. dans l’entre-deux-guerres, 13 400 en 1954, puis est remontée jusqu’à 15 500 en 1975 avant de diminuer à nouveau, perdant 1 260 hab. de 1999 à 2010. La majorité du conseil municipal est traditionnellement de gauche, mais avait changé en 2001 au profit de l’UMP. Elle est revenue à gauche en 2008 avec le retour comme maire d’Alain Berteaux, communiste, qui avait déjà été maire de 1995 à 2001. L’Insee attribue à Fourmies une «unité urbaine» de 16 100 hab., comme l’«aire urbaine»…


Wignehies

3 100 hab. (Piens), 1 386 ha, commune du département du Nord dans le canton de Trélon, 3 km à l’ouest de Fourmies sur l’Helpe Mineure et à la limite du département de l’Aisne. Elle accueille la polyclinique de la Thiérache (120 sal., 65 lits) et une maison de retraite. Sa population a fortement progressé de 1830 (2 100 hab.) à 1891 (6 500 hab.) mais n’a pas cessé de diminuer ensuite, perdant encore 200 hab. de 1999 à 2010.