Cantons d'Avesnes-sur-Helpe

Avesnes-sur-Helpe

5 200 hab. (Avesnois) dont 300 à part, 224 ha, sous-préfecture du département du Nord, 92 km au sud-est de la préfecture. Le nom d’avesnes, en général, très répandu dans les toponymes du Nord, semble désigner des lieux à sols pauvres, ou maigres. La ville est située sur l’extrémité occidentale du massif ardennais; elle est près d’une voie romaine dite Brunehaut qui allait de Reims à Bavay, et à la fois sur le tracé de la N 2 et sur la voie ferrée de Lille à la Lorraine par Hirson. C’est une «ville d’art et histoire», fondée au 11e s. comme ville forte à la traversée de l’Helpe au-dessus d’une paroi rocheuse. Elle offre une belle grand-place un peu étroite, ornée notamment d’une «maison espagnole» du 16e s., un hôtel de ville du 18e s., une église collégiale en partie des 12e-13e s. à gros clocher carré, des restes de fortifications médiévales et des 16e-17e s. avec donjon, bastions et fossés.

La commune se nommait simplement Avesnes jusqu’en 1962. Sa population s’est accrue du début du 19e s. (3 000 hab.) à 1891 (6 500 hab.) puis a diminué; elle a connu un nouveau départ dans les années 1920 pour monter à 6 300 hab. en 1975, mais sa population diminue à nouveau depuis; elle a encore perdu 200 habitants de 1999 à 2010. Avesnes a un collège et un lycée privés et un lycée public, un centre hospitalier de 290 lits dont 60 médicaux, une maison familiale rurale, un tribunal de grande instance. Le maire est depuis 1993 Alain Poyart, UMP, ancien député, cadre d’entreprise.

Les principaux établissements sont une fabrique d’appareils médico-chirurgicaux Sipa (Industries plastiques d’Avesnes, 120 sal.) et deux coopératives agricoles; métallerie CTMS Duquesne-Carion (30 sal.), imprimerie de l’Avesnois (30 sal.); sables et granulats Bocahut (100 sal.). Avesnes est également le siège du groupement de producteurs d’animaux vivants Cevinor, qui gère un marché au cadran (Socamoc). La boulette d’Avesnes est un fromage de tradition, au lait de vache, de type maroilles additionné d’épices, remontant au 18e siècle. La ville est le siège de la communauté de communes du pays d’Avesnes, qui rassemble 16 communes et 17 300 hab. L’arrondissement a 232 700 hab. (239 100 en 1999), 12 cantons, 151 communes, 140 751 ha. Les deux cantons d’Avesnes ont 23 500 hab. (24 100 en 1999, 27 communes, 28 922 ha dont 2 715 de bois.

Le canton Nord comprend à l’ouest d’Avesnes trois communes. Taisnières-en-Thiérache (480 Taisniérois, 850 ha) est à 11 km ONO du chef-lieu au bord de l’Helpe Majeure, avec un moulin à eau et une église du 18e s. à haut clocher (41 m); sa population a diminué peu à peu de moitié depuis deux siècles. Dompierre-sur-Helpe (940 Dompierrois, 1 320 ha) est sur le versant nord de la même vallée à 6 km d’Avesnes, et hors du Parc régional; le château et le parc d’Hugémont (17e-18e s.) sont en aval du village. Le nom était Dompierre tout court avant 1933; la population, de plus de 1 000 hab. entre 1830 et 1870, était descendue à 740 hab. en 1911; elle a augmenté ensuite jusqu’en 1982, puis s’est un peu tassée, perdant encore 120 hab. après 1999.

Saint-Hilaire-sur-Helpe (810 Saint-Hilairois dont 50 à part, 1 541 ha) jouxte Avesnes; elle s’est nommée simplement Saint-Hilaire jusqu’en 1894; sa population décline depuis 1962 (930 hab.). La commune contient le château de Coutant (13e, 16e-17e, 19e s.) à la pointe sud du finage, et plusieurs chapelles; institut médico-éducatif (50 places). Le Grand-Fucheau (ou Fuchaux), à la limite ouest de la commune et partagé avec Dompierre, est un hameau très ancien établi sur le gué que franchissait la voie romaine de Bavay à Reims; il y reste un moulin à eau. Dompierre et Saint-Hilaire ont des gares.

Six communes sont au nord du chef-lieu. Bas-Lieu (330 Baslieusards, 762 ha) est un faubourg d’Avesnes, sur la crête en dépit de son nom, et sur la route de Maubeuge; elle accueille les transports Altead (60 sal.) et a perdu 40 hab.s de 1999 à 2010. Saint-Aubin (390 Saint-Aubinois, 1 012 ha dont 255 de bois) est à 6 km NNO, Dourlers (560 Dourlésiens, 874 ha) à 7 km au nord et Floursies (140 Floursiciens, 465 ha) à 8 km NNE, toutes trois dans la vallée de la Tarsy. Saint-Aubin a eu plus de 700 hab. vers 1830, 320 à son minimum de 1975. Dourlers perd des habitants depuis 1968, où elle en avait 750; son château des 18e-19e s., avec parc, abrite un musée du scoutisme. Floursies s’orne d’une originale fontaine, inscrite, d’où partait un aqueduc romain en direction de Bavay; sa population est stable depuis 1965.

Semousies (240 Semousiens, 308 ha) est à 6 km au NE d’Avesnes et Beugnies (590 Beugnisiens, 692 ha dont 408 de bois) à 9 km, près de Sars-Poteries et hors du Parc régional. Le finage de Beugnies contient le grand bois de Boursies et le château Copreaux; la population de Beugnies s’est accrue de 60 hab. depuis 1999.

À l’est d’Avesnes sont encore quatre communes. Flaumont-Waudrechies (370 Flaumontois, 570 ha) jouxte le chef-lieu en amont. Un oppidum sur le versant gauche de l’Helpe est nommé, comme souvent, Camp de César. La commune a aussi deux chapelles et accueille une fabrication de réfractaires Magnesita (35 sal.). Sa population avait atteint 500 hab. en 1910, mais reste stable depuis 1990. Sémeries (540 Sémerisiens, 1 346 ha) est à 5 km en amont d’Avesnes, partagé en deux villages de part et d’autre de l’Helpe. Le finage va assez loin vers le sud, où il englobe le hameau de Zorées et où il est traversé par la voie ferrée et la route vers Fourmies; chapelle de Walcour (inscrite). La population de Sémeries a culminé à 880 hab. en 1876; mais elle est assez stable depuis la dernière guerre.

Ramousies (240 Ramousiens, 960 ha) est à 8 km à l’est d’Avesnes, également dans la vallée de l’Helpe Majeure; la ferme fortifiée de Rempsies est inscrite. Le nombre d’habitants diminue depuis plus d’un siècle. Felleries (1 600 Fleurisiens, 1 949 ha dont 969 de bois) est à 9 km ENE du chef-lieu, dans un vallon affluent de l’Helpe et dans un finage très boisé. Le musée de boissellerie des Bois-Jolis est installé dans un moulin restauré et évoque une ancienne spécialité locale. L’hôpital départemental de Felleries-Liessies (330 places dont 6 lits médicaux) occupe un domaine boisé de 100 ha. La commune héberge aussi le centre naturiste des Trois Vallons. Felleries a dépassé les 2 000 hab. une fois en 1886, puis en 1946 et 1954, puis s’est dépeuplée jusqu’en 1999; elle a toutefois repris 200 habitants entre 1999 et 2010.

Avesnelles complète l’agglomération d’Avesnes au sud-est. Au sud-ouest, Haut-Lieu (390 Hautlieusards, 907 ha), qui s’oppose symétriquement à Bas-Lieu mais qui est comme elle sur le plateau, est le fief des carrières Bocahut (120 sal., 1,3 Mt/an) et des transports Bocahut (55 sal.); travaux publics Sogea (40 sal.). La commune, dont la population augmentait depuis les 400 hab. de 1975, a perdu 160 hab. de 1999 à 2010, presque un tiers. Sains-du-Nord occupe la partie orientale du canton Sud. Rainsars (220 Rainsarsois, 616 ha) est une petite commune à 9 km au SE d’Avesnes, donnant au sud sur la vallée du Pont de Sains et touchant au hameau du Pont de Sains; sa population est stable; son nom fut jadis écrit Rinsart.

Étrœungt (1 400 Courbeteux, 2 510 ha) est un assez gros village à 7 km au sud d’Avesnes, sur la N 2 rectiligne en direction de Vervins, qui approche d’une chaussée Brunehaut. Les formes anciennes du nom, Villa Strono ou Struen, comme à Étrun, évoqueraient un torrent, en l’occurrence la Petite Helpe. Le gentilé viendrait du courbet, une sorte de faucille à tailler les haies. Étrœungt a une église du 16e s. à beaux vitraux de 1865, un lavoir de pierre bleue et un moulin à eau, de nombreux oratoires et chapelles, un centre d’aide par le travail avec chèvrerie. Le hameau de Warpont est issu du gué sur l’Helpe mineure où passait la voie romaine (ancien site de Duronum). La carrière du Parcq (26 ha) est aménagée en site géologique; le strunien est un étage géologique à la limite du dévonien et du carbonifère, dont le nom vient de la commune. Celle-ci a eu jusqu’à 2 700 hab. en 1886 et n’a guère cessé de se dépeupler depuis.

La voie romaine rejoint la N 2 à Larouillies (280 Larouillois, 540 ha), petit village au sud d’Étrœungt sur la N 2, et dont le nom aurait un rapport avec la route et ses rouliers; on y a compté plus de 650 hab. au début du 19e s.; négoce agricole Delva (35 sal.). Floyon (520 Floyonnais, 1 747 ha) est à 4 km au SO d’Étrœungt et dessine une pointe dans le département de l’Aisne, au point le plus méridional des cantons d’Avesnes; elle a une église fortifiée du 16e s. Floyon a eu 1 500 hab. au début du 19e s. et s’est constamment dépeuplée jusqu’en 1999; sa population est stable depuis.

Beaurepaire-sur-Sambre (260 Beaurepairois, 786 ha) est à l’angle SO des cantons d’Avesnes, 13 km au SO de la ville, sur la Riviérette. La limite méridionale de la commune, suivie par la limite régionale, est fixée par l’un des ruisseaux de tête de la Sambre, d’où l’allongement du nom, accordé en 1933. Beaurepaire a quelques fermes anciennes, dont une du 18e s. dite château Mallet; son dépeuplement se poursuit (390 hab. en 1962).

Enfin, quatre villages se succèdent le long de l’Helpe Mineure au sud-ouest d’Avesnes. Boulogne-sur-Helpe (330 Boulonnais, 870 ha) est à 6 km au SO de la ville et sa limite orientale s’appuie sur la chaussée Brunehaut. La commune a précisé son nom en 1933 aussi; elle abrite un espace naturiste Aquadétente. Cartignies (1 270 Castriciniens, 2 641 ha) est un village-centre plus étoffé en aval, à 8 km OSO d’Avesnes, mais qui a eu 1 900 hab. au milieu du 19e s. et s’est dépeuplé jusqu’en 1990; elle a gagné 110 hab. depuis 1999. Le finage, relativement étendu, atteint au sud la limite départementale et contient de nombreux oratoires; transports Michel (25 sal.). Cartignies est le lieu de naissance de Pierre Mauroy (1928); le gentilé, de forme récente qui se veut savante, se réfère à une racine originelle (castrum, château) qui n’est nullement attestée.

Petit-Fayt (300 Fagusiens, 816 ha) est à 2 km en aval de Cartignies, Grand-Fayt (520 Fagusiens, 880 ha) 4 km en aval. Les deux communes, réunies sous l’Empire, ont été séparées à nouveau en 1845. Leurs finages sont perpendiculaires à la vallée; Grand-Fayt conserve un moulin à eau, Petit-Fayt un complexe laitier Canelia avec beurrerie (115 sal.), laiterie (90 sal.) et négoce de lait (La Catillonnaise, 30 sal.). Leur population change peu, mais avait dépassé 1 000 hab. en 1841. Ces deux noms dérivent de fagus, le hêtre, qui se retrouve dans les gentilés. Marbaix (480 Marbaisiens, 662 ha), sur la route de Landrecies 7 km à l’ouest d’Avesnes, est ourlée par les méandres de l’Helpe. Elle fut un haut lieu d’exploitation ancien de la pierre bleue, qu’elle fête en mai, et tient le siège de la communauté de communes Rurales des Deux Helpes, qui réunit 12 communes et 7 100 hab. Elle bénéficie de l’aoc fromagère de maroilles.


Avesnelles

2 550 hab. (Avesnellois), 1 271 ha, commune du département du Nord dans le canton d’Avesnes-sur-Helpe-Sud, en banlieue sud-est d’Avesnes. Elle contient un ancien oppidum gaulois avec des traces d’un castelet (camp de César) et elle est dotée d’un collège public. Les principaux établissements sont les équipements aérauliques Sadi (Application d’Isolants, 70 sal.), une filature Rhovyl (45 sal.), les éditions de L’Observateur de l’Avesnois (45 sal.) et de revues Propublic (35 sal.), l’imprimerie de l’Avesnois (35 sal.), un atelier d’équipements de levage (Chapel, 35 sal.); couverture Carlier-Lescut (40 sal.), supermarchés Match (45 sal.) et Carrefour (25 sal.); transports de voyageurs Dewitte (Autocars de l’Avesnois, 150 sal.). Avesnelles avait 400 hab. au début du 19e s., 1 000 au milieu et 2 500 à la fin; sa population a culminé à 3 100 hab. en 1975 et lentement diminué depuis.


Sains-du-Nord

3 100 hab. (Sainsois), 1 603 ha dont 517 de bois, commune du département du Nord dans le canton d’Avesnes-sur-Helpe, 7 km au SE du chef-lieu sur le plateau. Au sud-est, le grand bois de la Fagne de Sains descend vers la vallée profonde de la rivière du Pont de Sains, que la route traverse au hameau du Pont de Sains et qui rejoint la Petite Helpe à Étrœungt; le bourg dispose d’une gare et d’une route vers Fourmies et d’une médiathèque de la Maison du Bocage (1985) qui fait partie de l’écomusée de Fourmies. Le château de Talleyrand au Pont de Sains est sur l’autre rive, dans la commune de Féron.

Sains a un collège public et un lycée agricole public avec formation d’adultes et d’apprentis, ainsi qu’une maison de retraite (40 places), et un centre d’aide par le travail. Une chaufferie au bois (avec appoint de gaz), installée en 1985 et modernisée en 2005, couvre les besoins du collège et du lycée agricole et de quelques dizaines de logements; ambulances de l’Avesnois (30 sal.). De 1 500 hab. au milieu du 19e s., la population communale est montée à 4 200 autour de 1890. Elle a diminué ensuite, passant au-dessous de 3 000 hab. en 1936, puis a repris un peu après la guerre, avec un maximum secondaire à 3 600 hab. en 1962. Elle n’a pas cessé de décliner depuis, perdant encore 160 habitants de 1999 à 2010.