Cantons de Saint-Amand-les-Eaux

Saint-Amand-les-Eaux

16 900 hab. (Amandinois) dont 190 à part, 3 381 ha dont 1 459 de bois, chef-lieu de canton du département du Nord dans l’arrondissement de Valenciennes, 14 km au nord-ouest de celle-ci au confluent de la Scarpe et de l’Elnon. La ville est issue du monastère de l’Elnon, fondé au 7e s. par saint Amand. Elle se nomma Saint-Amand-en-Pévèle puis prit son nom actuel en 1962. Elle le doit à des sources jaillissant aux abords du confluent, issues de calcaires carbonifères et chargées en minéraux, dont une à 26 °C. Ces sources ont été captées au 17e s. (Fontaine Bouillon) puis au 19e s. (source Vauban) et même plus tard (Amanda et l’Orée du Bois, pour l’embouteillage).

La ville a été connue aussi pour une manufacture de faïences, active de 1705 à 1794. Elle a rénové de nombreux monuments comme l’ancien corps de garde, l’échevinage qui abrite hôtel de ville, ancienne entrée monumentale de l’abbaye du 17e s., et la tour abbatiale du 17e s., très sculptée, avec porche et musée des faïences, haute de 82 m. La ville a un carillon de 48 cloches, un port fluvial et une maison de l’Eau, une gare, et elle abrite la Maison du Parc. Le Pasino est un ensemble de sports et loisirs créé en 2003 autour du casino; celui-ci, au groupe Partouche, emploie 290 salariés; environ douzième de France par le produit des jeux (38 M€). L’établissement thermal (60 sal.), appartenant à la Chaîne thermale du Soleil, est en voie d’extension. Il accueille environ 7 000 curistes par an, représentant quelque 100 000 journées.

La ville est fleurie (trois fleurs) et organise un festival de l’Eau en juin. Elle est dotée de deux collèges publics et un privé, deux lycées publics dont un professionnel, un lycée privé. Le centre hospitalier totalise 400 lits dont 50 médicaux; institut médico-éducatif (120 places), centre d’aide par le travail, maisons de retraite (300 places). La ville avait 8 000 hab. au début du 19e s., 10 000 en 1861, 14 800 en 1911; elle est restée à ce niveau jusqu’en 1954 puis a atteint 17 200 hab. en 1968, valeur qu’elle a retrouvée en 1999 après une légère baisse; elle aurait perdu 400 hab. entre 1999 et 2016, en partie au profit de ses banlieues. Les quartiers du Moulin des Loups et de la Couture du Limon, au sud de la ville, forment une «zone urbaine sensible» de 85 ha et 2 900 hab. La commune a pour maire Alain Bocquet, éducateur, également député communiste du Nord, élu maire en 1995 à la suite d’une municipalité de droite.

Saint-Amand est aussi un lieu d’emploi, y compris dans l’industrie : en tête la fabrique de médicaments Glaxo SmithKline Biological (530 sal., canadien), unité spécialiste des vaccins ; puis les coffrages métalliques Outinord (340 sal.), passé en 2006 du groupe Siparex au fonds ABN Amro (devenu Abenex) ; matelas Simmons (150 sal., groupe de mobilier Cauval, qui a fusionné en 2013 avec l’italien Sapsa)) ; Eaux minérales de Saint-Amand (160 et 55 sal.), à la famille Chantraine en liaison avec le groupe Siparex et qui vend les bouteilles des marques Saint-Amand et Saint-Antonin ; plastiques composites Lerc (groupe Comrod, 80 sal.) et emballages plastiques Harry Plast (30 sal.) ; colles à carrelages Parex (80 sal.); viandes Le Nourrain (30 sal.) et Bocquet (25 sal.), charcuterie Saint-Géry (35 sal.) .

Tout un ensemble travaille dans la métalmécanique: fûts et tonnelets métalliques Mauser (70 sal.), carrosseries Robine (50 sal.), métallerie Nordtôle (45 sal.), chaînes et ancres Carlier (40 sal.), mécanique BeckPollitzer (50 sal.), Socopa (40 sal.), Sogerep (30 sal.), analyses et inspections Endel (40 sal., groupe Suez). Dans les commerces, les services et le bâtiment, figurent un centre Leclerc (330 sal.), un supermarché Match (40 sal.), un Carrefour (30 sal.), des négoces de matériaux Envain (45 sal.), de métaux Huon (35 sal.) ; transports Leclercq (déménagements, 100 sal.), travaux publics Lépinoy (45 sal.), couverture Amandinoise (30 sal.), étanchéité IE Caner (30 sal.); nettoyage urbain Malaquin (120 sal.); intérim Adecco (340 sal.), Manpower (250 sal.), Randstad (50 sal.), gardiennage Veccia (110 sal.).

Les 2 cantons ont 50 600 hab., 17 communes, 16 779 ha dont 5 283 de bois et sont dénommés par rapport à la Scarpe. Dans le canton de la Rive Gauche, Rumegies (1 600 Rumegeois, 771 ha), 6 km au NO du chef-lieu, est frontalière de la Belgique et peuplée d’un long village-rue; informatique Conex (50 sal.). La commune avait 1 700 hab. en 1841 et seulement 1 100 entre 1950 et 1975; puis elle a retrouvé quelque croissance; elle a gagné 180 hab. de 1999 à 2010. Au nord, Maulde (970 Mauldois, 518 ha), 7 km au nord du chef-lieu, s’étire sur une rue le long de l’Escaut, juste en aval du confluent de la Scarpe et jusqu’à la frontière belge. La route de Saint-Amand à Tournai traverse le finage. La commune conserve l’ancien fort Beurnonville des années 1880 et plusieurs casemates, et accueille une base des Éclaireurs de France. Maulde croît aussi (+80 hab. de 1999 à 2010), mais avait eu plus de 1 300 hab. en 1836.

Thun-Saint-Amand (1 150 Thunois, 371 ha) 4 km au NE du chef-lieu, est au bord de la Scarpe; le nom était Thun jusqu’en 1962. La seule entreprise notable est celle des bétons Caby (50 sal.). La population communale a beaucoup varié, atteignant 1 300 hab. en 1926, 930 en 1936, 1 300 à nouveau en 1968, puis baissant encore; elle a gagné 100 hab. de 1999 à 2015. Nivelle (1 300 Nivellois, 592 ha) est à 5 km ENE de Saint-Amand sur une île des marais de la Scarpe, qui traverse son finage, limité à l’est par la trace de l’ancienne chaussée romaine vers Tournai; elle a des restes de casemates et fortins. La population communale a culminé à 1 800 hab. en 1841, s’est ensuite longtemps fixée autour de 1 000 hab., a un peu augmenté au cours des années 1980 et a gagné 100 hab. de 1999 à 2010.

Au sud-ouest, Rosult (1 900 Rosultois, 816 ha), qui associe plusieurs hameaux-rues, est à 6 km à l’ouest du chef-lieu. Sa population croît depuis 1954 (1 100 hab.) mais n’a gagné que 30 hab. de 1999 à 2010. La commune accueille les métalleries ACGR (70 sal.) et Chaudram (45 sal.); automatismes Sigma (35 sal.), ingénierie électrique SEAI (45 sal.), travaux publics LCH (100 sal.), réseaux et canalisations Hydram (30 sal.), nettoyage urbain Malaquin (70 sal.). Elle bénéficie d’une gare sur la voie vers Lille, et d’un échangeur sur l’A 23.

Sa petite voisine au sud-ouest Sars-et-Rosières (510 Sarséens, 260 ha) bénéficie aussi de cet échangeur. Elle a reçu de ce fait un parc d’activités de 30 ha; fabriques d’équipements de contrôle Hiolle (220 sal.), d’articles ménagers en plastique Sundis (45 sal.), d’emballages en bois Bara (35 sal.); ingénierie Techni Text (30 sal.); négoces de confiserie Fizzy (100 sal.), de poissonnerie Martin (30 sal.), d’électroménager DPDO (30 sal.), d’articles de ménage Sundis (35 sal.); conditionnement New Vogue (30 sal.). La commune conserve de hautes ruines du château du Loir (15e s.). Formée par la réunion de deux villages en 1790, elle atteignait 580 hab. en 1846 et s’est dépeuplée jusqu’en 1975 (moins de 300 hab.) ; elle croît depuis et a gagné 140 hab. de 1999 à 2010, plus d’un tiers. Elle est le siège de la communauté de communes Rurales de la Vallée de la Scarpe, qui réunit 7 communes et 8 900 hab.

Brillon (760 Brillonnais, 287 ha) est à 8 km OSO de Saint-Amand et accueille une fabrique d’automatismes Othua (40 sal.) ainsi que les transports VDK (70 sal.) et Lombard (50 sal.). Bousignies (320 Bousigniens, 314 ha dont 189 de bois), 7 km OSO du chef-lieu, contient le hameau de la Rue du Marais. Millonfosse (670 Millonfossois, 348 ha), 4 km au sud-ouest du chef-lieu, a gagné 60 hab. de 1999 à 2010. La commune est traversée par l’A 23 (aire de repos), et a placé dans son blason une charrue à double soc, laquelle y aurait été inventée au début du 19e s.; réservoirs Peters (30 sal.), Autocars de l’Avesnois (25 sal.). Lecelles est au NO de Saint-Amand dans le même canton Nord, tandis que Hasnon et Raismes partagent avec Saint-Amand la forêt domaniale et la plus grande partie du canton de Rive Droite.

Celui-ci comprend toutefois cinq autres communes au bord de l’Escaut et, de ce fait, la commune la plus septentrionale des cantons de Saint-Amand: Flines-lès-Mortagne (1 700 Flinois, 1 446 ha dont 434 de bois) dessine à 8 km au NE du chef-lieu une excroissance en Belgique, un quadrilatère dont la frontière tient trois côtés, l’Escaut le quatrième. Ce territoire comprend plusieurs hameaux-rues et la petite forêt domaniale de Flines (240 ha); il abrite une maison de retraite (25 sal.). Flines est à la limite de l’aérodrome de Tournai-Maubray et partagerait avec Maubray et Antoing (Belgique) un nouveau Centre européen de sport de glisse (neige artificielle) lancé sur ses terres par le prince de Ligne et auquel pourrait participer la communauté de communes du Hainaut, mais qui soulève de vives oppositions. La commune a eu plus de 1 900 hab. au 19e s., un minimum de moins de 1 300 hab. en 1975; elle croît depuis (+120 hab. de 1999 à 2012).

Mortagne-du-Nord (1 600 Mortagnais, 218 ha) est au confluent de la Sambre et de l’Escaut, également frontalière, mais bien moins étendue. Elle a un fort, le musée Fernig d’histoire locale, un collège public, un port de plaisance; mécanique Sénéchal (40 sal.). L’adjonction «du Nord» est de 1893; la population a crû de 1856 (1 100 hab.) à 1911 (1 600 hab.), et a oscillé ensuite modérément autour de ce niveau.

Château-l’Abbaye (860 Castellabiens, 441 ha), 6 km au NE de Saint-Amand, est entre Scarpe et Escaut. Elle n’a pas gardé trace de son ancien château de Lucron ni de son ancienne abbaye de prémontrés, ni de sa mine de charbon brièvement exploitée au 19e s., et finalement sa population a peu varié en deux siècles. Bruille-Saint-Amand (1 500 Bruillois, 788 ha) est un autre village-rue longeant la rive gauche de l’Escaut en amont du précédent; travaux publics Delcroix (35 sal.) et FTCS Forage (30 sal.). Sa population a culminé à 2 700 hab. en 1841 puis diminué jusqu’à moins de 1 400 hab. en 1975, avant de se stabiliser légèrement au-dessus.

Un peu plus en amont encore, Odomez (960 Odomeziens, 487 ha dont 213 de bois) tient une étoile de rues dans un angle de la forêt de Saint-Amand, à 8 km à l’est du chef-lieu; elle a un château et un centre d’animations. Sa population est passée de 100 hab. au début du 19e s. à 600 à la fin, et 1 000 en 1982, puis a légèrement baissé. Ces trois dernières communes ont eu des concessions minières et des puits au milieu du 19e s., vite abandonnés en raison de leur faible rendement.


Hasnon

3 750 hab. (Hasnonais), 1 274 ha dont 601 de bois, commune du département du Nord dans le canton de Saint-Amand-les-Eaux-Rive Droite, 6 km au SO du chef-lieu. La commune est formée par plusieurs villages-rues des marais de la Scarpe, qui borde au nord le finage, et englobe une partie de l’extrémité occidentale de la forêt de Saint-Amand. Elle conserve plusieurs chapelles et elle est traversée par l’A 23, qui y offre un échangeur. La ville fut naguère la capitale mondiale de la fléchette, exportée en masse sur les marchés anglais et nord-américains jusqu’à ce qu’elle soit ruinée au cours des années 1980 par la concurrence japonaise. Elle est à présent surtout résidentielle, et accueille un atelier des citernes de gaz Peters (30 sal.). Le nombre de ses habitants a assez peu changé en deux siècles et reste très stable depuis 1960, puis s’est accru de 540 hab. entre 1999 et 2010.


Lecelles

2 700 hab. (Lecellois), 1 624 ha, commune du département du Nord dans le canton de Saint-Amand-les-Eaux-Rive Gauche, 4 km au NO du chef-lieu. Les maisons de cette commune en partie agricole et surtout résidentielle se dispersent le long des nombreux chemins qui sillonnent le marais de l’Elnon, affluent de la Scarpe. Elle a un temple, une ancienne brasserie, quelques fermes à cour carrée et porche-pigeonnier. La frontière belge limite au nord le finage. Remarquablement stable autour de 2 100 hab. entre 1830 et 1970, la population de Lecelles a un peu augmenté depuis.


Raismes

12 900 hab. (Raismois), 3 331 ha dont 2 200 de bois, commune du département du Nord dans le canton de Saint-Amand-les-Eaux-Rive Droite, 6 km SSE du chef-lieu. Étendue, elle englobe la moitié méridionale de la forêt de Saint-Amand, de la chaussée Brunehaut, à l’est, à la mare à Goriaux à l’ouest. Celle-ci est un grand étang issu d’un affaissement minier et occupant 90 ha, protégé comme site ornithologique au sein d’une réserve de 270 ha et flanqué d’un terril. L’autoroute A 23 traverse la forêt dans la partie occidentale de la commune et y a un échangeur avec la route de Tournai. Les bordures méridionales de la commune sont occupées par des témoins de l’exploitation de houille et des extensions des banlieues de Valenciennes, qui ont constamment mordu sur la forêt au 19e et dans la première moitié du 20e s.

L’ancien site minier du hameau de Vicoigne avait quatre fosses (Boitelle, Évrard, Ewbank, Le Bret), qui ont fourni plus de 13 Mt à la Compagnie des mines de Vicoigne. La gare, une zone industrielle et des lotissements sont proches du château d’Arenberg au sud-ouest. La fosse Sabatier de la Compagnie des mines d’Anzin, fermée en 1980 et dont 22 Mt de charbon avaient été extraits depuis 1913, conserve un chevalement restauré et un terril boisé et aménagé, haut de 103 m. Du côté de Sabatier sont une mosquée Assalam, les cités d’Arnonville et du Pinson vers l’est, les anciennes fosses La Grange (compagnie d’Anzin, 1886-1974) et du Lavoir Rousseau tout à l’est près de Bruay et Escautpont, en cours de réaménagement.

Raismes offre sept étangs de pêche, des jardins aquatiques, une base de loisirs au château Mabille de Poncheville (de 1869 dans le style du 17e s.), une maison de la Forêt dont l’architecture est audacieuse, et où se tiennent des expositions; quelques vestiges de l’ancienne abbaye de prémontrés, le pavillon de chasse de l’ancien château de Cernay (17e s.). Elle a un collège public, centre de formation agricole public. Des concerts et un festival de musique ont lieu au château d’Arenberg, de 1829, propriété communale.

La ville accueille des activités métallurgiques et mécaniques : constructions ferroviaires Railtech (360 sal., groupe Delachaux), machines à bétons et agglomérés Sahut Conrœur (50 sal.), pièces métalliques pour le matériel ferroviaire (Deprecq, 50 sal.), mécanique Europ’Usinage (45 sal.), traitements de surfaces MSM-Euro (40 sal.); en outre, fabriques de linge de maison Blas (30 sal.), de condiments Covinord (60 sal.) ; installations thermiques Caloresco (45 sal.) ; négoce de machines-outils LVD (30 sal.); nettoyage urbain Coved (40 sal.), travaux publics Ramery (90 sal.) et démolitions Prestosid (80 sal.).

Raismes avait 2 500 hab. en 1836, 4 500 en 1866, 7 900 en 1901 ; sa population est montée à 18 700 hab. en 1962 puis a diminué, perdant encore près d’un millier d’habitants entre 1999 et 2010. La «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» de la Cité Sabatier occupe 95 ha et réunit 3 000 hab. au nord-est de la commune et au nord de Bruay-sur-l’Escaut, dans une clairière de la forêt de Raismes près des terrils de l’ancienne fosse Sabatier. Le maire de Raismes est René Cher, communiste, également conseiller général du canton. La forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers occupe au total 4 600 ha.