Canton de Sarralbe

Sarralbe

4 670 hab. (Sarralbigeois), 2 729 ha dont 700 de bois, chef-lieu de canton du département de la Moselle dans l’arrondissement de Sarreguemines, 15 km au sud de Sarreguemines; son nom est formé par la réunion des deux rivières Sarre et Albe, qui confluent juste en aval du bourg. Il était dans l’arrondissement de Forbach jusqu’en 2000. Le canal des Houillères y rejoint également la Sarre; rivière et canal passent aussitôt après en Alsace, mais sur 6 km seulement, avant de se retrouver en Moselle.

Reconstruite après les guerres, la ville a une architecture récente, mise à part une tour-porte de ville conservée depuis le 14e s. (porte d’Albe); écomusée du pays d’Albe, salines du Haras à 3 km au sud du bourg et source salée de Saltzbronn 1 km à l’est du bourg, juste à la limite du Bas-Rhin; forêt de Sarralbe au NO du bourg. La ville abrite depuis 1851 un hôpital gériatrique avec maison de retraite relevant d’une institution catholique et rénové en 2005; un collège public. Sarralbe est un centre industriel.

L’ancien site chimique de Solvay, acquis par le britannique BP et objet de nouveaux investissements, a été partagé en 2005 entre un site de polypropylènes du groupe BP (90 sal.), et une fabrique de polyoléfines Innovene, reprise par le britannique Ineos avec 250 sal. La Société industrielle du Haras (SIH), crée en 1960 sur l’ancien site du haras de 1717 et des salines qui ont suivi, au sud de la commune, fabrique des verrières et dômes en plastique (180 sal.). Le groupe états-unien Leach a une usine d’électromécanique (340 sal.); constructions métalliques Secofab (150 sal., au groupe alsacien Sotralenz qui l’a racheté au groupe allemand Man), d’appareils de levage Secal (30 sal.); métalleries Est Industrie ERTM (65 sal.) et Est Industrie Casti (20 sal.), mécanique Ortec (45 sal.); aliments du bétail du Moulin de Sarralbe (20 sal.).

La distribution est représentée par l’hypermarché U (140 sal.), un supermarché Match (25 sal.), la distribution alimentaire Maximo (35 sal.), les transports Sadler (45 sal.) et la logistique Logmaplast (30 sal.). La population communale avait déjà dépassé 3 000 hab. en 1800, et 4 000 en 1906; elle a augmenté un peu après 1950 et reste stable depuis 1975; elle n’a guère gagné 60 hab. de 1999 à 2008. Sarralbe est le siège de la communauté de communes de l’Albe et des Lacs (12 communes, 14 100 hab.).

Le canton a 16 100 hab. (15 100 en 1999), 14 communes, 14 075 ha dont 2 390 de bois. Limitrophe du Bas-Rhin, il s’étend à l’ouest de la Sarre où il est drainé par l’Albe au sud, et par son affluent le Moderbach au nord, qui confluent un peu en amont de Sarralbe. La commune du Val-de-Guéblange (880 hab., 1 908 ha dont 465 de bois), 7 km OSO de Sarralbe, simplement Guéblange, puis Guéblange-lès-Sarralbe jusqu’en 1948, réunit depuis 1811-1813 plusieurs villages distincts des bords de l’Albe, et inclut la forêt du Mitterwald; la scierie-parqueterie Lorraine est descendue de 45 à 13 salariés; la population communale a perdu 40 hab. après 1999.

Nelling (290 Nellingeois, 740 ha), à la pointe sud-ouest du canton à 14 km de Sarralbe, sur la rive gauche de l’Albe, a gagné 50 hab. de 1999 à 2008; elle a une boulangerie industrielle (Tilly, 80 sal.), et a reçu en 2009, à l’ouest et au nord du finage, deux groupes distincts de 3 éoliennes chacun (13,8 MW en tout) de la société allemande Energiequelle, dit des Hauteurs de l’Albe et débordant en partie sur Gréning et Léning dans les canton voisins de Grostenquin et d’Albestroff.

Willerwald (1 500 Willerwaldois, 631 ha) est un village-rue à 3 km au nord de Sarralbe sur la N 61; ii abrite un site des transports Lampert (55 sal.); la population de la commune croît régulièrement depuis les 770 hab. des années 1920 et a encore augmenté de 260 hab. depuis 1999. Holving (1 230 Holvingeois, 1 075 ha), sur la rive gauche du Moderbach à 6 km à l’ouest de Sarralbe, rassemble aussi plusieurs villages et bénéficie de l’étang d’Hirbach; maçonnerie Muller (25 sal.); la population est également croissante (800 hab. en 1954) et a augmenté de 140 hab. entre 1999 et 2008.

Rémering-lès-Puttelange (1 110 Rémeringeois, 924 ha dont 203 de bois), 6 km au NO de Sarralbe sur la N 56 vers Saint-Avold, a un atelier de mécanique (Zingraff, 20 sal.) et un autre lac de barrage du système du Moderbach; elle a gagné 260 hab. depuis 1999. Elle avait absorbé de 1810 à 1835 la petite Richeling (380 hab., 421 ha), qui avait à l’époque 250 hab., et dont la population croît depuis 1970 (200 hab.); elle gagné 60 hab. après 1999.

Vers l’ouest du canton, Saint-Jean-Rohrbach (970 hab., 1 219 ha dont 177 de bois) est un assez gros village sur la N 74, dont le finage effleure ces étangs mais n’en contient pas en propre. Toute une série d’étangs de barrage, couvrant au total 316 ha, ont en effet été aménagés dans les années 1930, assez curieusement comme forme locale de la ligne Maginot: palliant le manque de forts, ils étaient censés inonder la plaine du Moderbach en cas d’attaque; ils s’échelonnent vers le NO, jusqu’à Puttelange-aux-Lacs et même jusqu’à Hoste dans le canton de Freyming-Merlebach.


Puttelange-aux-Lacs

3 210 hab. (Puttelangeois), 1 666 ha dont 466 de bois, commune de la Moselle dans le canton de Sarralbe, 11 km au NO du chef-lieu. Son nom a souvent changé: à l’origine Puttilo, d’un patronyme germanique, donnant Puttelange selon une forme répandue en Lorraine, il devint Puttelange-lès-Sarralbe en 1844. Les Allemands la nommèrent Puttlingen-Lothringen en 1871; elle reprit le nom de 1844 en 1918, ce qui donna Puttlingen-bei-Saaralben en 1940; curieusement, en 1944 on choisit Puttelange-lès-Farschviller, du nom du village voisin où se trouvait, à 4 km, la gare par laquelle les travailleurs de Puttelange pouvaient accéder aux emplois du bassin houiller. Enfin la nouvelle appellation, moins rébarbative et même un peu publicitaire, fut adoptée en 1971, alors que les lacs de la ligne Maginot étaient là depuis 40 ans (v. Sarralbe).

Puttelange eut deux autres originalités, celle de fabriquer des tamis de crin de cheval (16e-17e s.), qui donna à ses habitants leur surnom de tamiseurs (Hesiber), puis la fabrication de chapeaux haut-de-forme en peluche de soie, qui occupa jusqu’à 1 400 ouvriers dans les années 1840, mais qui dût fermer en 1913; l’usine fut reprise, quelque temps après la guerre, comme bonneterie. La ville a un collège public mais, outre ses commerces et services, dont un négoce de vêtements (Nagel, 35 sal.), elle n’a plus que de petits ateliers et entreprises de bâtiment dont ASC (couverture, 25 sal.) et les travaux publics Visconti (25 sal.); supermarché Match (25 sal.); ambulances Goetschel (35 sal.). La commune a dépassé 2 000 hab. dès 1820; elle est passée de 1 700 en 1954 à 3 000 en 1982 et s’accroît modérément (+70 hab. de 1999 à 2008).