Canton de Raon-l'Étape

Raon-l’Étape

6 900 hab. (Raonnais), 2 371 ha dont 1 409 de bois, chef-lieu de canton du département des Vosges dans l’arrondissement de Saint-Dié, 24 km au NO de celle-ci. Le nom, d’origine médiévale, signifie «le confluent du péage»: la ville est dans la vallée de la Meurthe, au confluent de la Plaine et juste en aval d’un défilé. Très affectée par les combats en 1914 et 1944, la commune se distingue par son hôtel de ville du 17e siècle à arcades et ses halles. Elle bénéficie d’un lycée professionnel et d’un collège publics, d’un hôpital local, d’un centre Leclerc (120 sal.). La ville est le siège de la communauté de communes de la vallée de la Plaine (9 communes, 8 600 hab.) et figure parmi les «stations vertes de vacances» mais n’a que deux petits hôtels. Sa population a presque doublé en 1946 en intégrant Neuveville-lès-Raon, qui avait 3 000 hab.; elle a culminé à 7 700 hab. en 1975 et a ensuite diminué jusqu’en 1990; elle est restée presque stable de 1999 à 2008 (-40 hab.).

Les principales industries sont la fabrique de transmissions mécaniques PTP (140 sal.), héritière d’une fabrique de courroies SIT de 1939, alors filiale de Kléber-Colombes ,successivement passée ensuite par Hansen, Rexnord, Carlyle, Apollo puis à trois cadres de l’entreprise en 2008; la papeterie des Châtelles au sud de la commune (passée de 250 à 85 et 35 sal.), papiers de bureau et cahiers, 40 000 t/an, au groupe Figepa; la papeterie Matussière et Forest, spécialiste d’enveloppes et emballages (110 sal., 55 000 t/an); plastiques Platex (40 sal.), outillages Atelco (25 sal.), carrières de Trapp (graviers et sables, 55 sal.); conditionnement à façon de la Générale de Sous-Traitance (40 sal.). Mais le principal employeur est le centre d’appels Transcom-Tele 2 (groupe suédois Kinnevik), ouvert en 1999 dans des bâtiments construits à cette fin par la municipalité et qui occupe 270 personnes.

Le canton a 11 700 hab., 9 communes, 12 215 ha dont 8 817 de bois. Limitrophe de la Meurthe-et-Moselle, il affecte une forme étrange. À l’est de Raon, il associe le long de la route du Donon une demi-douzaine de communes dont les territoires se limitent aux versants de rive gauche de la Plaine, affluent de la Meurthe: soit une bande de près de 30 km de long et de moins de 4 km de large, le long de la limite départementale. Vers le milieu, Celles-sur-Plaine (870 Cellois, 2 009 ha dont 1 725 de bois), à une douzaine de kilomètres de Raon-l’Étape, y propose un lac de barrage avec base de loisirs; à l’est de la commune, la crête monte à 845 m à la Tête du Coquin (panorama); une fabrique de lampes du groupe Toshiba a employé 65 personnes mais a fermé en 2009; la commune a un hôtel, un camping (175 places) et 22% de résidences secondaires.

Allarmont (250 hab., 1 321 ha dont 1 235 de bois), 6 km au NE de Celles dans la même vallée, accueille les constructions Brignon (20 sal.); elle jouxte Bionville (canton de Badonviller), qui est en face sur la rive droite. Le ban de Vexaincourt (220 hab., 1 138 ha dont 1 074 de bois), 9 km en amont de Celles, monte vers l’est jusqu’au sommet de la Corbeille (899 m) et cache près de la crête le joli lac circulaire de la Maix, à 663 m; la commune a gagné 50 hab. de 1999 à 2008. Le fond de la vallée est tenu par la petite commune de Raon-sur-Plaine (160 Raonnais, 354 ha dont 298 de bois), à 430 m; la route du Donon s’élève au-dessus du village et entre en Alsace après 3 km, à 676 m. Cet ensemble forme la vallée de Celles, ou de la Plaine, dont le versant droit est dans le canton de Badonviller.

L’autre partie du canton est au sud du chef-lieu, à l’ouest de la Meurthe. La principale commune en est Étival-Clairefontaine. Au-delà, le petit village de Nompatelize (580 hab., 691 ha), 11 km au sud de Raon-l’Étape, accueille une grosse fabrique de sièges pour automobiles du groupe Faurecia (PSA), qui emploie 370 personnes. Le curieux nom du village viendrait du patronyme Norpert suivi d’«église» (jadis Norpardi ecclesiae, Norpatéglize). La commune a gagné 40 hab. depuis 1999. Saint-Remy (520 hab., 1 225 ha dont 803 de bois), 3 km au SO d’Étival, qui en a gagné 80 dans le même temps, a un territoire boisé qui monte au-dessus de la côte des grès; transports ALV (20 sal.).


Étival-Clairefontaine

2 470 hab. (Stivaliens), 2 712 ha dont 1 754 de bois, commune du département des Vosges dans le canton de Raon-l’Étape, 6 km SSE du chef-lieu dans la plaine de la Meurthe; belle église romane de grès rose issue de l’ancienne abbaye d’Étival, ferme-musée (début du 20e s.). Au bord de la rivière et près de la gare, au hameau de Clairefontaine, la grande papeterie du groupe de Clairefontaine, spécialiste des cahiers scolaires, emploie 640 personnes, plus 40 aux bureaux du siège; elle fut fondée en 1858 par J.-B. Bichelberger et appartient encore à ses descendants Bichelberger et Nusse, dans un groupe qui possède aussi les marques Exacompta et Quo Vadis et emploie au total 3 500 personnes.

Au nord, l’horizon est fermé par le défilé des Châtelles, emprunté par la Meurthe et partagé avec Moyenmoutier, qui tranche la grande côte du grès vosgien; à l’entrée, la haute butte de la Pierre d’Appel fut un oppidum gaulois. Étival a aussi un négoce de matériaux de construction (Derrey, 75 sal.) et une entreprise de tuyauterie et maintenance industrielle (Sommin, 30 sal.). Le nom était Étival simplement jusqu’en 1923; la population communale est assez stable depuis 1876.; elle a culminé à 2 800 hab. en 1906. La ville est le siège de la communauté de communes du Ban d’Étival, qui ne compte que 3 communes, avec Nompatelize et Saint-Remy, et 3 400 hab.