Canton de Sélestat

Sélestat

19 700 hab. (Sélestadiens) dont 340 à part, 4 440 ha dont 1 726 de bois, sous-préfecture du Bas-Rhin à 45 km SSO de Strasbourg, au bord de l’Ill en bordure du ried. Le nom ancien fut Scaldistat, interprété comme «lieu des marécages» (même racine que l’Escaut). Le centre historique, tassé en rond sur la rive gauche de l’Ill, en fait une vieille ville intéressante avec maisons anciennes, restes de remparts aménagés en boulevards, église romane Sainte-Foy et gothique Saint-Georges, commanderie de Saint-Jean. Une Bibliothèque humaniste contient de nombreux manuscrits: Sélestat fut un grand centre de culture autour de 1500.p>Sa population avoisinait 10 000 hab. vers 1900 et n’était guère supérieure à 11 000 au milieu du 20e s., mais elle a augmenté sensiblement depuis, atteignant 15 000 hab. en 1975 (sdc) et gagnant 2 200 hab. de 1999 à 2007. L’Insee fixe l’aire urbaine de Sélestat à 17 200 hab. seulement, comme l’unité urbaine, c’est-à-dire à la seule commune, alors que Châtenois, Kintzheim et Scherwiller sont tout proches. Hormis une interruption de 1989 à 2001, la majorité municipale est à droite; elle a pour maire Marcel Bauer (UMP), conseiller général.

Outre ses nombreux emplois tertiaires dont ceux de trois lycées général, polyvalent et professionnel publics, deux collèges publics, un centre hospitalier de 250 lits), Sélestat a un assez large ensemble industriel: emballages métalliques légers Amcor Flexibles (groupe Alcan 500 sal.), tissus de cuivre et acier pour papeteries Albany (270 sal., états-unien) et métallurgie du cuivre Alsafil (35 sal.), séparateurs de batteries en plastique Daramic (Grace, 170 sal., à l’états-unien Warburg Pincus), chariots pour supermarchés Wanzl (140 sal., 400 000 par an, firme allemande); tissage de coton et de lin DHJ (100 sal.); meubles de cuisine Salm (Société alsacienne du meuble, groupe Schmidt, 480 sal.), portes et fenêtres Albany (40 sal.); bétons Spurgin Predalles (45 sal.); viandes Socopa (30 sal.); installations électriques Vigilec (40 sal.).

Sélestat a aussi quatre «grandes surfaces» dont deux Leclerc (200 sal. et 90 sal., ex- Rond-Point), Intermarché (95 sal.), Match (50 sal.); magasins Stein (audiovidéo, 35 sal.), Heidrich (30 sal., bois et bricolage), Bricomarché (25 sal.), But (25 sal.), vente par correspondance Pearl (55 sal.) et Tennis Pro (30 sal.); comptabilité Audit Conseil (40 sal.) et Cofime (25 sal.), travail temporaire Adecco (130 sal.), Geby (90 et 90 sal.); nettoyage Wilhm (45 sal.); publicité Adrexo (90 sal.) et Mediapost (30 sal.), entreposage Jung (35 sal.), sablières Leonhart (40 sal.); SNCF (50 sal.); transports Jung (90 sal.), Klein (45 sal.), Capelle (30 sal.), Herbrich (30 sal.), Leonhart (30 sal.), hôtellerie de l’Abaye de la Pommeraie (25 sal.).

La commune est très étendue dans le ried de l’Ill, assez pour conserver de larges étendues agricoles et forestières, surtout à l’est et au sud. Elle est traversée au nord par le Giessen, et inclut au sud-est toute la forêt de l’Illwald, striée de canaux et ruisseaux parallèles et traversée sèchement par la route de Marckolsheim (D 424). L’A 35 ne fait que frôler le finage au nord-ouest; le proncipal échangeur est sur le ban de Châtenois à l’ouest, mais un autre au nord, proche de la voie ferrée, est sur celui de Sélestat et donne accès à la zone d’activités de Maison-Rouge, qui est bordée à l’est par un vaste étang de sablière. L’agglomération s’est développée dans toutes les directions: Grubfeld et Gambourg au nord-ouest, l’hôpital et une zone industrielle au sud-ouest, les Cigognes au sud, Gartfeld à l’est, Schlunck et Runtsfeld au nord-est; toutefois, elle a très peu débordé sur la rive droite de l’Ill dans la plaine humide.

La communauté de communes de Sélestat et environs associe 11 communes et 31 800 hab. L’arrondissement de Sélestat-Erstein a 148 300 hab. (135 000 hab. en 1999), 101 communes et 7 cantons sur 98 057 ha; il inclut le bassin de Villé dans les Vosges. Le canton de Sélestat a 31 400 hab. (28 000 en 1999) et 9 communes et 13 259 ha dont 5 773 de bois; il est limitrophe du Haut-Rhin. Incluant dans les Vosges le bassin inférieur de la Liepvrette et le célèbre château du Haut-Kœnigsbourg, il s’étend à l’E jusqu’au ried forestier de l’Ill, où se trouve un champ de tir. Presque tout le peuplement se tient au centre, avec le faisceau des circulations, le principal échangeur et les zones industrielles. Les environs de Sélestat sont l’une des parties les plus fréquentées du Vignoble. Entre Sélestat et le Rhin, les rieds sont élargis et la contrée apparaît comme un espace un peu déprimé, moins densément peuplé, à la limite du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et pour cette raison parfois désignée comme Alsace centrale, ou Landgraben. Marckolsheim y a moins profité des aménagements du Rhin que les lieux plus proches de Strasbourg ou de Mulhouse.


Châtenois

4 000 hab. (Castinétains), 1 457 ha dont 800 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Sélestat, sur le rebord des Vosges au confluent des vallées de la Liepvrette et du Giessen à 4 km ouest de Sélestat, côté sud, sur la N 59. Le nom viendrait des châtaigniers, non d’un château, et fut en allemand Kestenholz; clocher roman, restes de fortifications, ancienne source thermale (Badbronn); un collège public. Son territoire inclut à l’est un échangeur autoroutier et remonte à l’ouest dans les vallées de la Liepvrette et du Giessen mais, en amont, la commune de La Vancelle s’en est détachée en 1927.

La haute butte du Hahnenberg (532 m), dont le sommet offre un panorama étendu, domine le bourg, qui s’est entoouré d’une large zone de pavillons et d’usines. Vers le nord-ouest, le finage s’étend assez loin dans la vallée de la Liepvrette, englobant le hameau de Hurst. Dans la plaine, il porte des vignes et, au sud-est, le vaste échangeur de l’A 36 avec la N 59 et la rocade sud de Sélestat. L’ancienne voie ferrée de Sélestat à Saint-Dié par le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines est désaffectée, à l’exception du fret entre Sélestat et Bois-l’Abbesse; une liaison par autocars passe par le tunnel. La population augmente lentement depuis les 2 200 hab. de 1931, retrouvant le niveau des années 1860; elle a gagné 600 hab. de 1999 à 2007.

Châtenois a le siège français et une usine de la société allemande Paul Hartmann (textiles sanitaires, 320 sal., autres usines à Liepvre et Sainte-Marie-aux-Mines), Jipé fabrique des bâtiments de chantier (60 sal.), Dorgler des carrosseries et remorques (30 sal.); traitements de surfaces Dilatek (20 sal.), installations électriques Feldner (30 sal.), peinture Steimer (30 sal.), transports et entrepôts Herbrich (100 sal.).


Dieffenthal

250 hab., 151 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Sélestat, 7 km au NNO du chef-lieu sur la côte viticole, juste au sud de Dambach-la-Ville. Ce nom vient de tief, profond et de thal, vallée, ce qui ne correspond à rien dans la topographie. Le finage, quoique très court, présente la succession habituelle de hauteurs boisées, de vignes au niiveau du village petit et globuleux, de plaine céréalière à l’est.


Ebersheim

2 000 hab., 1 366 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Sélestat, 8 km au NE de la ville, limitée à l’est par le cours de l’Ill juste en aval du confluent du Giessen; gare, culture de tabac. La population, jusque-là très stable, a augmenté de plus de 200 hab. entre 1999 et 2007. Le centre est entouré de quartiers de pavillons et traversé par la N 83; il est bordé à l’est par le Holzgiessen, une dérivation sinueuse de l’Ill qui passe au moulin de Muehlmatten. La voie ferrée traverse lau nord-ouest le finage, qui atteint, au-delà, le tracé de l’autoroute A 35; un échangeur local y a fixé la gendarmerie. Quelques bâtiments d’élevage se disséminent dans la campagne, et un bois au sud du village.


Ebersmunster

500 hab. (Ebermonastériens), 739 ha, commune du Bas-Rhin à la pointe NE du canton de Sélestat, 8 km NE de la ville, sur la rive droite de l’Ill. Considérée comme «village de caractère», elle fut la Novientum romaine et conserve une église abbatiale du 18e s. à nombreuses peintures; malterie du groupe Soufflet; institution pour enfants. Le Holtzgiessen, dérivation de l’Ill et ancien bras aval du Giessen, frôle le village à l’ouest et rejoint l’Ill un peu en aval. Le Bornen, autre dérivation de l’Ill mais sur la droite, traverse le finage à l’est du village puis fixe la limite nord-est de son territoire en rejoignant l’Ill; son cours est bordé de bois.


Kintzheim

1 500 hab. (Kintzheimiens), 1 878 ha dont 1 211 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Sélestat, 5 km à l’ouest de la ville. C’est l’un des villages les plus réputés du Vignoble (115 ha de vignes), au pied du Haut-Koenigsbourg, et sa population est très stable; son nom signifie «village du roi». Le tourisme y est bien servi avec un château féodal ruiné et deux parcs animaliers, la Volerie des aigles au château et la Montagne des singes (600 macaques sur 20 ha de résineux), plus un parc d’attraction et de loisirs Cigoland ou Parc des Cigognes dans la plaine à la limite de Sélestat sur l’A 35, ouvert en 1974 près de l’échangeur de Châtenois et qui enregistre 460 000 entrées annuelles (20 sal.).

Kintzheim s’honore du grand cru Praelatenberg (19 ha) et d’une confrérie vineuse Saint-Urbain et accueille notamment les hôtels-restaurants Saint-Martin (40 sal.), du Parc des Cigognes (20 sal.) et Jenny (20 sal.). En revanche, elle a peu d’ateliers, hors de la peinture Engel (35 sal.), car la cartonnerie Rossmann (220 emplois) souvent citée est surtout sur le territoire de La Vancelle, aux environs de Bois-l’Abbesse sous le hameau de Hurst (Châtenois) où elle s’impose entre la N 59 et la voie ferrée d’un côté, la Liepvrette de l’autre. Le finage occupe tout le relief au nord du Haut-Kœnigsbourg (exclu) jusqu’aux vallées de la Liepvrette et du Giessen, et jusqu’à Bois-l’Abbesse au nord-ouest. Il partage au nord-est avec Châtenois le sommet du Hahnenberg (532 m, panorama).


Orschwiller

570 hab., 632 ha dont 409 de bois et 146 de vignes, commune du Bas-Rhin dans le canton de Sélestat, 6 km au SO de la ville à la bordure du Haut-Rhin, au débouché d’un double vallon vosgien. Son territoire contient, sur sa haute butte (743 m), le château du Haut-Kœnigsbourg, auquel on accède toutefois plus facilement à partir de Kintzheim. Au-delà, le ban communal contient le hameau de col de Schaentzel et s’étend vers le nord-ouest jusqu’aux abords de Bois-l’Abbesse; aire de service de l’A 35 à la pointe sur-est du finage, avec restauration d’autoroute Autogrill (40 sal.).


Scherwiller

3 100 hab., 1 808 ha dont 723 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Sélestat, 7 km au NO de la ville sur la rive gauche du Giessen. C’est un site classé et un village fleuri, inscrit parmi les «villages de charme» et les «villages de caractère»; anciennes maisons, vignobles et haut lieu du riesling avec une compagnie viticole des Rieslinger de Scherwiller; châteaux ruinés de Ramstein et du puissant Ortenbourg bâti en 1262, à donjon pentagonal, trois chapelles renommées, Taennelkreuz (1906), Sainte-Odile (16e s.) et Saint-Wolfgang (17e et 1898), synagogue, borne miliaire. Scherwiller appartint successivement à la seigneurie de Villé puis aux Habsbourg.

La commune déclare 325 ha de vignes. Elle abrite ainsi une fabrique de meubles de cuisine Meyer (MM, 40 sal.), un atelier de cartes électroniques (Estelec, 30 sal.), les travaux publics et paysagers Vogel (85 sal.), les transports Riester (40 sal.), le restaurant À la Couronne (Roeckal, 70 sal.). Le nombre d’habitants n’a guère changé depuis le 19e s. mais a augmenté de 500 hab. entre 1999 et 2007.

Vers l’ouest, son ban s’étend sur le relief, atteignant 519 m au Rittersberg et allant jusqu’à la limite de Thannvillé sur la rive gauche du Giessen. Au nord-est, elle inclut dans la plaine le lotissement original et boisé de Kientzville, qui a 600 hab. et porte le nom de son inspirateur, l’industriel Robert Kientz qui voulait y loger ses ouvriers; les logements sont de 1947 à 1952 puis la crise du textile ruina l’entreprise et la municipalité acquit la cité — le lac, l’hôtel et l’aérodrome ont disparu.. Au sud, le ban de Scherwiller dépasse le cours du Giessen et réunit au sud autoroute, voie ferrée et industries.


Vancelle (La)

420 hab., 788 ha dont 650 de bois, commune du Bas-Rhin formant la pointe occidentale du canton de Sélestat et limitrophe du Haut-Rhin. Juché à 420 m sur le versant nord de la vallée de la Liepvrette au-dessus de Liepvre, et fait de chalets épars, le village est dominé par le rocher du Coucou (856 m) mais son territoire s’arrête au pied du relief. Il contient au sud-est le hameau de Hurst près duquel travaillent deux cartonneries (Rossmann, 220 et 50 sal.) au fond de la vallée, en partie sur Kintzheim. La commune n’a été créée qu’en 1927, par détachement du territoire de Châtenois; sa population croît depuis 1968, où elle n’était que de 210 hab.