Canton de Villé

Villé

1 800 hab., 284 ha, chef-lieu de canton du Bas-Rhin dans l’arrondissement de Sélestat, 16 km au NO de la ville. Sa population a crû lentement depuis les 1 000 hab. du début du 20e s. Elle a toutefois perdu 50 hab. entre 1999 et 2004. La bourgade, équipée d’un collège public, a une petite fabrique d’interrupteurs et de voyants (Signal Lux-Eurolux, passée de 180 à 60 sal.), un négoce de visserie (Ejot, 40 sal.) et un transporteur (Sengler, 30 sal.). Le village est dans la vallée du Giessen au confluent des deux vallées montagnardes, et de l’Erlenbach qui vient d’Albé. Il commande un petit bassin intérieur des Vosges, évidé dans des schistes argileux, qui aboutit côté est à Châtenois. Le finage de Villé se limite à la plaine environnante et aux toutes preières pentes.

Le canton de Villé, qui correspond à ce bassin montagnard, et qui touche au département des Vosges et au Parc des Ballons par le revers oriental du Climont, a 9 800 hab. et 11 102 ha (dont 5 885 de bois) pour 18 communes. Ce petit pays densément peuplé, limitrophe du Haut-Rhin, est limité au nord par le Champ du Feu et le Grande Belle Vue, à l’est par le Bernstein, au sud par la crête du vieux château de Frankenbourg, et engobe à l’ouest le Climont (966 m). Il n’atteint pas la limite de la région et reste à l’extérieur du Parc des Ballons. Emplois et équipements y sont assez bien distribués; outre Villé, des ateliers fonctionnent à Breitenbach, Neuve-Église, Triembach-au-Val, Thanvillé, la plupart en aval de Villé; les villages de plus haute altitude comme Albé et Urbeis misent davantage sur les loisirs et le tourisme. Le pays se flatte d’être la «capitale mondiale» des eaux-de-vie de fruits et compte plusieurs distilleries. Il existe depuis 1992 une communauté de communes du canton de Villé, qui groupe les 18 communes du canton et siège à Bassemberg.


Albé

480 hab. (Albégeois), 1 083 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 2 km au NNE du chef-lieu dans un vallon qui descend vers le Giessen. Elle se nommait Erlenbach (ruisseau des aulnes) avant 1867 et l’émancipation du Hohwald, et s’est dépeuplée depuis la fin du 19e siècle où elle atteignait 900 hab., mais sa population semble stabilisée depuis 1975. Son territoire monte à l’est jusqu’à l’Ungersberg (901 m). Le village, de belle architecture, a un musée d’arts et traditions du Val de Villé et un aérodrome ouvert à tous les sports aériens, avec une piste en pente; village de vacances VVF, distilleries artisanales.


Bassemberg

280 hab., 178 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 1,5 km au SO de Villé au bord du Giessen. Elle est le siège de la communauté de communes du canton de Villé, qui groupe l’ensemble du canton, et a gagné 40 hab. de 1999 à 2007; centre de loisirs. Le petit finage ne laisse que peu de plaine mais grimpe au nord sur un grand versant boisé, jusqu’à 612 m.


Breitenau

290 hab. (Breitenauviens), 429 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 3 km au sud de Villé; en dépit de son nom (large plaine), le village s’étire dans un étroit vallon que draine le Luttenbach, affluent de droite du Giessen. Au nord-ouest, le finage de Breitenau atteint le cours du Giessen juste en amont de Bassemberg. Au sud-ouest, il monte à 690 m dans la forêt domaniale de la Vancelle et atteint le col de Fouchy (607 m) en englobant la large cuve de Froide Fontaine.


Breitenbach

720 hab., 1 173 ha dont 700 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 4 km au NNO de Villé dans un site de confluence de vallons descendant du nord vers le Giessen; au nord, Grande Belle Vue (857 m) et col de Kreuzweg (765 m) vers le Hohwald, où a été établi un Parc Alsace Aventure; au nord-ouest, col de Charbonnière (961 m) vers le Champ du Feu. La commune accueille une fabrique d’appareils de mesure et régulation du froid (Egelhof, 120 sal., allemand), et l’hôtel Villa Mathis (35 sal.) ou Villa Ouragan au col de Kreuzweg, grand site de vol libre avec école. Son territoire avait été diminué du Hohwald en 1867, mais dépassait encore 1 000 hab. vers 1900. Toutefois, Breitenbach a gagné 50 hab. de 1999 à 2007.


Dieffenbach-au-Val

640 hab., 295 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 4 km au SE de Villé sous la crête de l’Altenberg; église classée (14e au 18e siècle), distillerie, restaurant Le Huhnrstall (25 sal.). La population augmente un peu depuis 1954 (350 hab.). Ce nom vient de tief, profond. Le village a une structure très lâche et s’organise sur plusieurs chemins. Le finage atteint au nord-est la valéle du Giessen et grimpe au sud-ouest sur les hauteurs boisées mais il est loin d’atteindre la crête de l’Altenberg et ne dépasse guère 500 m.. La population augmente un peu depuis 1954 (350 hab.). Ce nom et les trois suivants viennent de tief, profond.


Fouchy

620 hab. (Fouchois), 787 ha dont 571 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 3 km au SO de Villé, formant une seule agglomération avec Lalaye; elle fut Grube en allemand (mine, ou fossé). Au sud, la commune touche au département du Haut-Rhin et au Parc régional des Ballons, où l’on entre par le col de Fouchy (608 m).


Lalaye

450 hab. (Lachenois), 818 ha dont 700 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 3 km au SO, au débouché d’un grand vallon sur le versant gauche de la vallée du Giessen. En dépit de l’apparence, le nom serait d’origine germanique, désignant un petit ruisseau. Au sud, la commune touche au département du Haut-Rhin et au parc des Ballons, où l’on entre par le col de Fouchy (608 m). Lalaye est un site de villégiature, et d’une faille géologique majeure allant de Villé à Saint-Dié, ce qui lui valut jadis des exploitations minières, notamment de charbon et de plomb argentifère. Le nom allemand fut Lach. La population dépassait encore 800 hab. vers 1900; le minimum est de 1982 (moins de 350); elle s’est accrue de 40 hab. entre 1999 et 2007. Le finage est étndu vers le nord-ouest, où il englobe jusqu’aux crêtes tout le grand vallon; au fond de celui-ci se tiennent les hameaux de Charbes et la Croisette. Tout au nord-ouest en altitude ont été construits un ensemble de chalets et une colonie de vacances sur les sites de Pransureux et Blanc Noyer entre 550 et 650 m d’altitude; la crête y monte à 819 m.


Maisonsgoutte

850 hab. (Maisongouttois), 487 ha dont 300 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 3 km à l’ouest du chef-lieu. Le nom est une adaptation romane de l’ancien Hesselbach qui, retraduit plus tard en allemand, avait donné Meisengott, le dieu des mésanges… (J. Schweitzer). Le village est dans la vallée du ruisseau du Giessen, rive gauche; il maintient une tradition de bûchers enflammés pour fêter la fin de l’hiver (Schiwahuffa). La commune comprend les hameaux d’Engelsbach et Wagenbach, dans des vallons affluents, tandis que Kuhnenbach est dans la vallée, mais de l’autre côté du Giessen. Le finage monte au nord presque au sommet du Rottling (845 m), au sud à 600 m. La commune a gagné quelques dizaines d’habitants de 1999 (790 hab.) à 2007.


Neubois

680 hab. (Neuboisiens), 1 142 ha dont 700 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 6 km au SE de Villé. Le village se tapit dans un vallon qui ouvre sur le Val, ou plaine du Giessen; charpentes Martin (35 sal.). Il est dominé au sud-ouest par la crête de l’Altenberg, qui a de beaux rochers de grès et monte à 856 m au rocher du Coucou, et par les ruines du château de Frankenbourg, qui couronnent la crête du Schlossberg au-dessus de la vallée de la Liepvrette (site de vol libre). Le finage s’étend assez loin sur les reliefs vers l’ouest, jsuqu’au-dessus du village de Bretienau. La commune a gagné 90 hab. de 1999 à 2007.


Neuve-Église

640 hab. (Novecclésiens), 548 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 2 km au SE de Villé. Une zone d’activités à l’est de Villé, au bord du Giessen, lui apporte quelques entreprises: fabrique d’outillage et travail des métaux Oureval (30 sal.), plastiques IPV (25 sal.), menuiserie Meyer (20 sal.), cosmétiques Coiffance (20 sal.); magasin Super-U (70 sal.). Le village est un peu en retrait, sur les basses pentes septentrionales de l’Altenberg, dont la crête appartient au ban de Neubois. Il a pour annexe au sud-est le gros hameau de Hirtzelbach, dont les maisons voisinent avec celles de Dieffenbach-au-Val.


Saint-Martin

350 hab., 397 ha dont 221 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 1,5 km à l’ouest de Villé, au débouché du Breitenbach dans la vallée du Giessen. Au nord sur le relief, son ban est limité par celui de Breitenbach. Il est un peu plus étendu au sud du Giessen, où un vaste vallon d’ubac contient la forêt domaniale de Honcourt, dont le château est au pied du relief près de la rive droite du Giessen et appartient à un distillateur de Dieffenbach-au-Val. La population a augmenté de 40 hab. entre 1999 et 2007.


Saint-Maurice

390 hab. (Mauriciens), 140 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 3 km au SE de Villé sur la rive gauche du Giessen; son ban se limite à une colline au nord du Giessen mais comprend au nord-ouest quelques maisons du village de Triembach-au-Val.


Saint-Pierre-Bois

730 hab., 730 ha dont 168 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 5 km ESE de Villé. Le village s’étire dans un vallon sous-affliuent du Giessen, dans le prolongement des maisons de Thanvillé. Il est relayé au nord par le long hameau-rue de Hohwarth, lui aussi en fond de vallée. L’église Saint-Gilles et son cimetière sont en hauteur, au milieu de l’angle formé par cette longue file, à l’emplacement d’un ancien monastère; travaux publics Thirion (20 sal.). Le ban monte dans les bois vers le nord en direction de l’Ungersberg, mais s’arrête aux premières pentes et culmine à 540 m au Baerenberg. La population a repris un peu depuis les 440 hab. de 1975 (800 en 1896) et gagné plus de 100 hab. de 1999 à 2007.


Steige

550 hab., 986 ha dont 790 de bois (350 communaux), commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 6 km ONO de Villé dans la haute vallée du Giessen, sur l’ancienne route du sel. Le nom évoque la montée d’un col. Elle a eu près de 1 500 hab. au milieu du 19e s. et en avait encore plus de 1 000 vers 1900; la diminution est toutefois enrayée depuis plus de 30 ans et la population a gagné 40 hab. de 1999 à 2007. IIl lui reste quelques petits ateliers dont une distillerie Nusbaumer de 20 emplois, et d’autres attraits: nombreux linteaux de portes sculptés, une dizaine de fontaines.

Le village s’étiresur 3 km sur la rive gauche du Giessen jusqu’au Haut de Steige. Le finage atteint 1 009 m au nord, est fermé par la crête de la Guiche au nord-ouest, mais il est moins éevé côté sud. Le col de Steige (537 m) donne accès au bassin de la Bruche par la D 424. Steige est le pays de Joseph Meister, fils du boulanger local, mordu en 1885 à 9 ans par un chien enragé et sauvé de la rage par Pasteur. «Pasteur qui n’a traité que des chiens, n’est pas médecin et hésite à passer à l’homme, mais il considère Joseph comme perdu; aussi prend-il l’avis de deux éminents collègues; d’une part, le Dr A. Vulpian de l’Académie des Sciences qui, en qualité de membre de la commission ministérielle de la rage, a bien suivi ses travaux, et d’autre part le Dr J. Grancher, professeur et pédiatre réputé. Ces deux médecins le confortent dans sa décision et dès 8 heures, le soir même, Grancher commence avec son nouveau vaccin, à traiter Joseph, hébergé avec sa mère à l’annexe Rollin du laboratoire de Pasteur. Les inoculations sont poursuivies pendant 10 jours avec le succès que l’on sait. Pasteur entretiendra avec le petit Alsacien une correspondance affectueuse et paternelle. Il suivra l’évolution de sa santé avec une grande attention. Joseph Meister sera par la suite engagé à l’Institut Pasteur en qualité de gardien et ce, jusqu’en mars 1940, date à laquelle il se suicidera lors de l’entrée des Allemands à Paris» (bon site http://perso.wanadoo.fr/steige).


Thanvillé

570 hab. (Thanvilléens), 191 ha, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, la plus en aval à 5 km SE de Villé. Le village est au débouché du vallon du Kientzelgottbach dans la vallée du Giessen, et son habitat s’est diffusé vers le nord-est dans le vallon, jusqu’à rejoindre celui de Saint-Pierre-Bois. Juste à l’ouest s’isole le château renaissance, à tour-porche et tours d’angle; fabrique de stores (Schenker, 25 sal.). Le finage s’étend au nord sur le plateau, atteint à l’ouest les maisons de Saint-Maurice, mais reste limité aux abords du cours du Gissen au sud. La population a augmenté de110 hab. de 1999 à 2007.


Triembach-au-Val

470 hab., 274 ha dont 138 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 1 km en aval au bord du Giessen. Elle se nommait Triembach tout court jusqu’en 1947. Quoique peu étendu dans la plaine du Giesssen, le finage y partage une zone d’activités avec Neuve-Église: fabrique de systèmes de régulation (Burkert, 140 sal.), charpentes Vonderscher (25 sal.), transports par cars Kristinatours (25 sal.). Vers l’est, le territoiree s’étend sur les hauteurs boisées où s’isole l’écart de Sauloch.


Urbeis

320 hab., 1 160 ha dont 904 de bois, commune du Bas-Rhin dans le canton de Villé, 7 km OSO de Villé, sous la crête vosgienne du Climont (966 m, panorama) où elle est limitrophe du département des Vosges. Le col d’Urbeis (602 m) donne accès à Saint-Dié. Urbeis, dont le nom est le même qu’Orbey (ruisseau des ures, c’est-à-dire des bœufs sauvages), a une ancienne mine d’argent (Théophile), les ruines du château de Bilstein (13e s., à 757 m), et de nombreux sentiers balisés. Elle est située sur le tracé d’une fameuse faille qui va du bassin de Villé à celui de Saint-Dié, marquant le contact de deux plaques du socle, et qui porte parfois chez les géologues le nom du village voisin de Lalaye.

Le village s’étire au fond de la vallée du Giessen en trois parties, le Bas d’Urbeis, Urbeis et le Haut d’Urbeis. Le finage n’est pas très étendu au nord et au sud du village, entre des crêtes montant à 600 ou 700 m (851 m à l’extrême sud), mais il s’épanouit au nord-ouest sur le plateau qui porte le hameau du Climont (670 m). Il englobe la grosse butte du Climont, qui culmine à 965 m, porte la tour Julius et dont sort la source de la Bruche à la limite occidentale du finage; la route (D 214) mène au col de la Salcée. La population remonte après le minimum des années 1970 (200 hab.), mais elle atteignait 760 hab. en 1876.