Canton de Savines-le-Lac

Savines-le-Lac

870 hab., 2 513 ha dont 1 282 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l’arrondissement de Gap, 28 km à l’est de la préfecture, à 790 m. Le village est sur la rive sud du lac de Serre-Ponçon, qui divise en deux son finage. Celui-ci va au nord jusqu’à 4 km du lac, en amont du Réallon, sur lequel est une usine électrique. De maigres ruines de l’ancien château seigneurial signalent le premier site de Savines, qui était exposé aux crues du Réallon. Le village fut abandonné pour un site de rive gauche de la Durance, occupé depuis le 11e s., qui fut détruit en 1961 avant d’être noyé sous les eaux du lac. Le village actuel est donc des années 1960; son église de style moderne, de 1962, a été dessinée par l’architecte d’origine géorgienne A. de Panaskhet.

La commune a eu 1 300 hab. en 1881, 410 en 1982 et croît depuis. Les deux parties du finage sont reliées par le pont de 1 200 m qui traverse le lac et qu’emprunte la route de Gap à Briançon; la voie ferrée, au contraire, longe la rive nord du lac. Au sud, le territoire communal grimpe dans les bois d’ubac jusqu’au pic Martin Jean (2 098 m) et au pic de Morgon (2 327 m), où la vue est très étendue; mais il laisse le cirque de Morgon à la commune de Crots. Des circuits de promenade, de botanique et de sylviculture y sont tracés. La commune, «station verte de vacances», a de petites entreprises, dont les principales sont celles des antennes Optex (40 sal.) et du nettoyage Orange (45 sal.); elle héberge deux instituts médico-éducatifs. Savines est le siège de la communauté de communes du Savinois-Serre-Ponçon, qui groupe 7 communes (1 700 hab.).

Le canton a 1 500 hab., 6 communes, 13 525 ha dont 3 221 de bois. Peu étendu, il est presque entièrement au nord de la Durance, sauf la moitié sud de Savines avec le village-centre. La commune la plus étendue est Réallon (200 hab., 7 140 ha dont 535 de bois), dont le centre est à 1 400 m; elle occupe la plus grande partie du bassin du Réallon, atteignant au nord le Carabrut (2 916 m), au nord-est le Mourre Froid (2 994 m). Une large pointe septentrionale est dans le Parc national des Écrins, le reste dans le préparc. La principale route, fort tortueuse (D 9), relie Réallon à Embrun (20 km) ou à Chorges (17 km); seules des routes secondaires descendent vers Savines. Le chef-lieu conserve quelques ruines de l’ancien château. Au nord, le hameau des Gourniers, à 1 468 m au bord du Réallon, marque la limite de l’habitat permanent et conserve un four où l’on fête le pain en automne. Une petite station de ski, au sud-ouest du village, occupe les pentes orientales du pic de Chabrières, qui monte à 2 403 m; elle est dotée de 19 pistes et 8 remontées mécaniques; une station de ski de fond avec foyer est également aménagée. Le sommet calcaire de Chabrières a des formes dolomitiques et de grands lapiaz. Réallon est «station verte de vacances»; elle a eu plus de 1 000 hab. en 1846, à peine 180 en 1982. Elle compte près de 400 résidences secondaires et l’on y fête l’amontagnage.

Trois petites communes séparent Réallon de Savines, toutes trois étageant de maigres hameaux en balcon au-dessus du lac de Serre-Ponçon: d’est en ouest Puy-Sanières (160 hab., 1 138 ha dont 484 de bois), Puy-Saint-Eusèbe (120 hab., 1 131 ha dont 325 de bois) et Saint-Apollinaire (110 hab., 754 ha dont 285 de bois), respectivement à 1 125, 1 150 et 1 200 m. La première atteint la rive nord du lac, où la voie ferrée emprunte un tunnel de 1 600 m; son finage atteint au nord le mont Guillaume (2 552 m), comme celui de Puy-Saint-Eusèbe. Saint-Apollinaire est de l’autre côté du Réallon sous le pic de Chabrières et a un petit lac à 1 452 m.

Le Sauze-du-Lac (90 hab., 849 ha dont 310 de bois), 11 km au SO de Savines à 1 050 m, est physiquement séparée du reste du canton par une avancée du département des Alpes-de-Haute-Provence; le village, simplement Le Sauze jusqu’en 1991, est juché sur le promontoire de confluence de l’Ubaye et de la Durance, qui offre l’une des plus belles vues sur le lac et le barrage. La route du tour du lac a été tracée en relief difficile, mais multiplie les angles de vue; un site de demoiselles coiffées se voit au nord-est. La commune a eu 330 hab. en 1846, 55 seulement en 1982; elle a deux fois plus de résidences secondaires (110) que de résidences principales.