Canton de Saint-Tropez

Saint-Tropez

5 500 hab. (Tropéziens), 1 118 ha dont 310 de bois, chef-lieu de canton du département du Var dans l’arrondissement de Draguignan, 60 km au SSE de celle-ci. La ville est sur la côte sud du profond golfe de Saint-Tropez, orienté ouest-est. Elle a été rendue célèbre par la fréquentation médiatisée des personnalités du spectacle et des affaires, et ses bars, ses restaurants et ses glaciers sont surchargés en été par les curieux qu’attire leur réputation. Elle offre une citadelle des 16e-17e s. où sont exposées de nombreuses sculptures, un port de plaisance de 750 places admettant de grands yachts.

La commune n’est pas très étendue. À l’est de la ville s’ouvre la baie des Canebiers, fermée par le cap Saint-Pierre. Puis, au-delà de la pointe de Rabiou, le rivage s’infléchit vers le sud-est jusqu’au cap de Saint-Tropez, puis vers le sud-ouest jusqu’au cap du Pinet. Les châteaux des Salins et de la Moutte (19e s.) sont à l’est, au-dessus de la plage des Salins. Les lotissements de villas s’éparpillent sur tout le plateau, qui porte aussi le château de la Massardière et la chapelle Sainte-Anne.

Saint-Tropez propose le musée de l’Annonciade (peinture du 20e s.) et une maison des Papillons, le musée-galerie de la Massardière. Elle cultive 218 ha de vignes et a une cave coopérative. Elle est dotée d’un collège public et d’un centre hospitalier (50 lits médicaux, 90 en tout). La principale entreprise est le chantier naval de l’armement public DCNS (260 sal.) qui travaille sur les armes sous-marines. Le reste relève surtout des activités de loisir: hôtels Le Byblos (260 sal.), de la Messardière (110 sal.), la Pinède (80 sal.), le Yaca (40 sal.), la Mandarine (40 sal.), la Bastide (35 sal.); constructions Guillec (60 sal.).

Saint-Tropez fut nommée Héraclée en 1793. La commune a eu plus de 3 500 hab. durant tout le 19e s., puis sa population a un peu augmenté dans l’entre-deux-guerres (4 600 hab. en 1931); elle a culminé à 6 200 hab. en 1982 puis a diminué jusqu’en 1999; elle aurait regagné 150 hab. en 2005. Saint-Tropez a aussi 3 400 résidences secondaires (contre 2 800 résidences principales), 800 chambres d’hôtel dont 750 en trois et quatre étoiles, mais pas de camping.

Le canton a 19 800 hab., 7 communes, 16 262 ha dont 8 643 de bois. Les communes les plus peuplées sont les plus proches du chef-lieu: Gassin et Ramatuelle, La Croix-Valmer et Cavalaire-sur-Mer. Celle-ci est suivie vers l’ouest par Rayol-Canadel-sur-Mer (710 Rayolais-Canadelliens, 683 ha dont 385 de bois), qui est à 27 km du chef-lieu par la route et à 10 km à l’est du Lavandou. La commune n’est autonome que depuis 1949, quand elle a été détachée de La Môle, avec 370 hab. Sa population a culminé à 890 hab. en 1982 et diminue depuis; elle serait tombée à 500 hab. en 2005, soit une perte de près de 200 hab. (-28%) depuis 1999. Toutefois, la commune enregistrait près de 1 000 résidences secondaires en 2005, pour 220 résidences principales. Son territoire est très petit, serré entre le cap Nègre, qui est à l’ouest mais hors du finage, et la pointe de la Chappe au sud-est; il s’arrête à la première crête des Maures, que franchit une petite route au col du Canadel; beaux jardins botaniques du domaine du Rayol près du rivage, plages de Canadel à l’ouest et du Rayol au centre.

Au nord, la commune de La Môle (800 Môlois, 4 528 ha dont 4 000 de bois) s’étend plus largement dans le massif des Maures et n’a pas d’accès à la mer. La Môle, rivière qui y reçoit la Verne et qui rejoint la Giscle à Cogolin, traverse toute la commune dans un ample bassin. Outre le parc nautique Niagara, un petit aérodrome a trouvé place dans sa vallée, avec une piste engazonnée de 1 180 m et l’aéroclub de la Côte des Maures et de Saint-Tropez. Un château du 19e s. avec parc est à l’est du village; sur le relief au nord, ancien castrum et chapelle ruinée du 14e s. La Môle cultive 154 ha de vignes. Le nom s’écrivait jadis La Molle mais son orthographe a été changée en 1862. Réduite à 250 hab. après l’émancipation du Rayol, sa population augmente lentement depuis; La Môle a très peu de résidences secondaires; un camping de près de 400 places.


Cavalaire-sur-Mer

5 300 hab. (Cavalairois), 1 674 ha dont 400 de bois, commune du département du Var dans le canton de Saint-Tropez, 18 km au SO du chef-lieu. La commune a été créée en 1929 à partir de Gassin, avec 750 hab., et s’est nommée «sur Mer» l’année suivante. Son origine est rattachée à une fondation peut-être phénicienne qui se serait nommée ensuite Heraklea Cacabaria - et n’aurait donc aucun rapport avec la cavalerie. Elle possède un double rivage de part et d’autre du gros cap de Cavalaire (ou de la Vigie): à l’est, une grande plage le long de la côte du golfe de Cavalaire; à l’ouest, une côte rocheuse et boisée mais offrant de petites criques et de minuscules plages, jusqu’aux pointes de la Nasque et de la Chappe. La ville est à l’abri de son cap, à l’extrémité occidentale de la plage; elle a un port de plaisance public de 570 places et un port privé de 580 places; Maison de la Mer et médiathèque, rencontres d’Art contemporain. L’ancienne voie ferrée de Toulon à Saint-Raphaël, un autre «train des Pignes», y a laissé quelques traces vers l’ouest.

L’urbanisation a gagné presque toutes les pentes, sauf aux abords même de la crête qui marque la limite septentrionale de la commune. Celle-ci monte à 528 m aux Pradels et Cavalaire partage avec La Môle l’oppidum de Montjean à l’ouest (460 m). Les principaux employeurs privés sont le casino du Golfe (80 sal.), une menuiserie Navarro (40 sal.), un supermarché Champion (100 sal.), la maison de retraite du Bois Joli (Orpea, 40 sal.). Cavalaire a aussi un Observatoire marin intercommunal; le domaine Foncin, grande bâtisse blanche de 1890 dominant la pointe de la Nasque et qui fut l’œuvre de Pierre Foncin, géographe et pédagogue (1841-1916), a été légué au Conservatoire du littoral, qui y fait des formations et des expositions et transforme l’ensemble (15 ha) en écosite, avec un pôle de cartographie. La population a crû surtout après 1960 (1 400 hab. en 1962), passant les 4 000 hab. en 1983. La commune avait plus de 7 000 résidences secondaires en 1999 (2 300 résidences principales), 1 500 emplacements de camping (six terrains) et plus de 200 chambres d’hôtel.


Croix-Valmer (La)

2 800 hab. (Croisiens) dont 110 à part, 2 228 ha dont 536 de bois, commune du département du Var dans le canton de Saint-Tropez, 14 km au SO du chef-lieu. La commune a été créée en 1934 à partir de Gassin, avec 850 hab. Sa population est montée à 2 000 hab. en 1982 et a gagné près de 400 hab. entre 1999 et 2005, date à laquelle la commune affichait 4 100 résidences secondaires pour 1 400 résidences principales, plus de 600 places de camping et 300 chambres d’hôtel: La Croix-Valmer est un des sites très fréquentés de la côte varoise, proche de Saint-Tropez sans en avoir l’agitation.

Le village ancien est perché à 2 km du rivage septentrional du golfe de Cavalaire, dont le territoire communal épouse l’arc au nord et à l’est. La commune s’étend ainsi des confins de Cogolin au cap Lardier, pointe méridionale de la presqu’île de Saint-Tropez. À l’est du cap Lardier, la commune possède encore le rivage de la baie de Briande, bordée d’une belle plage et fermée à l’est par le cap Taillat; 220 ha de parc protégé. Toute la partie ouest et nord de la commune est semée de villas. Les principaux employeurs vivent des vacances: hôtels Souleias (90 sal.), les Moulins de Pailles (Varotel, 65 sal.), la Pinède (Maeva, 45 sal.) et Château Valmer (30 sal.), résidence Vacances Bleues (20 sal., Le Grand Cap), gestion immobilière Schreiber (30 sal.); boulangerie des Palmiers (30 sal.). La ville a deux instituts médico-éducatifs, une maison de convalescence; on y cultive 190 ha de vignes.


Gassin

2 800 hab. (Gassinois), 2 474 ha dont 1 612 de bois, commune du département du Var dans le canton de Saint-Tropez. Le village est perché à 9 km au sud-ouest du chef-lieu, à peu près au milieu de l’étranglement de la presqu’île de Saint-Tropez. Il fait partie des «plus beaux villages de France» par son château des 16e et 19e s., ses belles maisons anciennes souvent rénovées; ancien bourg castral de Bourrian un peu au nord. La commune occupe la plus grande partie de cette zone basse, que draine le Bourrian vers le golfe de Saint-Tropez. Elle tient la partie sud-ouest du rivage de ce golfe, entre les marines de Cogolin à l’ouest et le Pilon à l’est. L’urbanisation saint-tropézienne s’y prolonge, sous les hauteurs où trône le vieux moulin de Bestagne.

Gassin a un collège public et un privé, un pôle de santé du Golfe (95 lits, non médicaux, dépendant du centre hospitalier de Saint-Tropez), une clinique du Golfe (85 sal.). Elle accueille un hypermarché Géant Casino (400 sal.) et des équipements hôteliers dont les hôtels Villa Belrose (75 sal.), l’Astragale (55 sal.), le Baou (40 sal.), le Carlina (35 sal.); espace verts (Saint-Tropez Parcs et jardins, 45 sal.), 285 ha de vignes avec cave coopérative. La commune a perdu successivement les territoires de Cavalaire-sur-Mer en 1929, La Croix-Valmer en 1934, passant alors de 2 300 hab. en 1926 à 570 en 1936; sa population augmente depuis la guerre, mais a gagné moins de 80 hab. entre 1999 et 2005. Il est vrai que Gassin a 2 300 résidences secondaires (pour 1 200 résidences principales) et 750 places de camping.


Ramatuelle

2 200 hab. (Ramatuellois), 3 557 h dont 1 400 de bois, commune du département du Var dans le canton de Saint-Tropez. Le beau village perché en colimaçon est au centre de la presqu’île de Saint-Tropez, à 10 km de celle-ci. Il offre fortifications, porte de ville et maisons anciennes, nombreux festivals et expositions, dont jazz et théâtre de variétés. Il domine une assez large plaine drainée vers l’est par le Gros Valat, et doublée plus au nord par la petite plaine du Val de Rian. Toutes deux débouchent sur la longue anse des plages de Pampelonne, étirées sur 5 km et rendues célèbres par le débarquement de 1944, le tournage de films, le passage de vedettes et la précocité de formes libérales du nudisme. Le relief entre les deux vals porte le château de Pampelonne et le lotissement de villas du même nom; le château Saint-Amé (19e s.) est à la limite nord de la commune.

L’anse de Pampelonne est fermée au sud par le cap Camarat, précédé par la petite urbanisation, le village de vacances et le centre de loisirs de Bonne Terrasse juste au nord, au ras de la plaine. Le cap, qui monte à 132 m, porte un puissant phare de 1837 et le château Volterra (de 1912). Au sud, la baie de Bonporteau dessine une anse entre le cap Camarat et le cap Taillat, qui a un dolmen et que Ramatuelle partage avec La Croix-Valmer; elle est bordée par les villas de la petite urbanisation balnéaire de l’Escalet; maison des Douaniers, avec un petit musée. La route sinueuse entre Ramatuelle et La Croix-Valmer passe par le col de Collebasse, à 129 m; moulin de Paillas au-dessus de Ramatuelle.

La commune a 3 200 résidences secondaires pour 1 000 résidences principales, plus de 3 000 places de camping dans 7 terrains dont celui des Tournels (45 sal.), près de 400 chambres d’hôtel dont les hôtels Le Baou (45 sal.) et Tahiti Beach (40 sal.). Elle cultive 629 ha de vignes, avec une cave coopérative. Ramatuelle est restée autour de 800 hab. entre 1890 et 1954, puis sa population s’est mise à croître; elle n’a cependant gagné que 135 hab. entre 1999 et 2006.