Canton de Mormoiron

Mormoiron

1 600 hab. (Mormoironnais), 2 503 ha dont 538 de bois, chef-lieu de canton du Vaucluse dans l’arrondissement de Carpentras, 12 km à l’est de celle-ci. Le village est dans une petite plaine drainée par un affluent de droite de l’Auzon; il a deux tours du 16e s., une église des 12e et 18e s., et propose un musée archéologique et paléontologique et un Moulin à musique (instruments de musique mécaniques). La commune cultive 572 ha de vignes et dispose d’une cave coopérative; le château Saint-Laurent (19e s.) est un domaine viticole. Mormoiron a également équipé aux Salettes un plan d’eau de 2 ha avec baignade et tient une foire aux asperges. Son principal atelier produit des cosmétiques (Derma Développement, 35 sal.). Montée à 2 600 hab. en 1851, la population de la commune était ensuite descendue à 920 hab. en 1954; elle a augmenté, d’abord lentement (1 100 hab. en 1982). Le village est le siège de la communauté de communes des Terrasses du Ventoux, qui associe 5 communes et 4 500 hab.

Le canton a 8 600 hab., 10 communes, 25 056 ha dont 13 460 de bois; il se divise entre les reliefs du plateau du Vaucluse à l’est et au nord, et la plaine de Carpentras à l’ouest, riche en vignes, oliviers, vergers, cultures de légumes et truffières. Bédoin est la grande commune de l’adret du Ventoux. Crillon-le-Brave (400 Crillonnais, 763 ha dont 226 de bois), Saint-Pierre-de-Vassols (440 Vassoliens, 493 ha) et Modène (280 Modénois, 473 ha) se partagent un petit territoire à la pointe occidentale du canton et à une douzaine de kilomètres au nord-est de Carpentras. Crillon est à 4 km à l’ouest de Bédoin et tire parti de la réputation d’un ancien seigneur du 16e s., commémoré par une haute statue de bronze et le nom d’une hôtellerie de luxe (30 sal.), et dont le surnom le Brave a été ajouté à celui de la commune en 1927; c’est un «village de caractère du Vaucluse», avec des restes du château d’origine médiévale, et 74 ha de vignes; son musée de musique mécanique est passé à Mormoiron. La commune n’avait plus que 130 hab. en 1968 (contre 650 à son maximum vers 1850) et croît depuis. Modène a conservé des remparts et une grosse porte, 186 ha de vignes; sa population a gagné d’un coup plus de 110 hab. entre 1999 et 2007, approchant de 400 hab. (contre 120 en 1936). Saint-Pierre-de-Vassols déclare 274 ha de vignes; la commune avait 280 hab. en 1975 et croît également depuis.

Malemort-du-Comtat (1 200 Malemortais, 1 192 ha dont 220 de bois) est à 7 km au SSO de Mormoiron dans la plaine; le village, bâti en rond, a des restes d’enceinte et de tours, une fontaine du 18e s., de vieilles maisons et un musée agraire. Le petit finage se limite à la plaine, bosselée de quelques collines; il porte 437 ha de vignes, des vergers de cerisiers et des oliveraies. La sica du Val de Nesque, créée en 1971, traite 550 ha de cultures fruitières, dont 290 de vignes à raisin de table (2 600 t) et 220 de cerisiers (1 500 t). Le nom de Malemort a été précisé en 1927, en même temps que celui de Crillon. La commune a eu 1 600 hab. en 1846, 590 à son minimum de 1936, et a passé les 1 000 hab. en 1991. Elle a encore gagné 200 hab. de 1999 à 2007. Félix Gras (1844-1901), né à Malemort et qui fut chef de file du «Félibre rouge» opposé à F. Mistral, a évoqué le passé révolutionnaire de la commune dans son roman Les Rouges du Midi (1895, paru en feuilleton dans Le Temps, traduit, réédité en 1989).

Les quatre autres communes ont une fraction de la plaine du Comtat, et une plus ou moins large part des garrigues et lavandes du plateau de Vaucluse; leurs villages sont tous au contact des deux terroirs. Méthamis (400 Méthamisois, 3 681 ha dont 2 432 de bois) est la plus méridionale; le village, à 17 km ESE de Carpentras, est abrité dans un angle du grand talus de séparation et bordé au nord par les gorges de la Nesque. Il a une église romane (12e-13e s.) et se trouve à l’extrémité du mur de la Peste de 1720; gisement mésolithique de Gramari, château de Graille dans la plaine près du village, château Vignal isolé sur le plateau près de la chapelle Sainte-Foy (15e s.). La commune cultive 188 ha de vignes. Elle a eu plus de 1 000 hab. dans les années 1830, moins de 300 dans les années 1960, mais sa population n’augmente que très peu. Blauvac (340 Blauvacois, 2 080 ha dont 1 302 de bois) est un petit village perché sur une butte à 6 km SSE de Mormoiron. Son finage s’étire en une longue queue vers l’est le long des gorges de la Nesque; il contient 258 ha de vignes, le château de Bagnol et, depuis 1991, l’abbaye cistercienne de femmes de Bon-Secours, qui réunit une vingtaine de moniales, fabrique des hosties et vend de l’huile d’olive.

Villes-sur-Auzon (1 000 Villois, 2 708 ha dont 1 856 de bois) est un village en rond à 6 km à l’est de Mormoiron; il conserve une porte et quelques murs des anciens remparts; le plateau y est entaillé par la combe de l’Ermitage et le finage touche à l’est aux gorges de la Nesque. La commune a 256 ha de vignes (en partie pour le raisin de table) et une cave coopérative du nom de la Montagne rouge (1929). Le nom de Villes a été complété en 1918; la commune a eu 1 600 hab. en 1856, 710 en 1954; elle a gagné 220 hab. entre 1999 et 2007. Flassan (350 Flassans, 2 060 ha dont 1 458 de bois) est plus au nord, 7 km au NE du chef-lieu; le village, aux maisons ocre, conserve une église romane à crypte. Le finage a trois fois plus d’étendue de plateau que de plaine et s’arrête au nord à la profonde combe de la Canaud, qui souligne le pied du grand versant du Ventoux. La commune déclare 292 ha de vignes et a gagné 60 hab. de 1999 à 2006.


Bédoin

2 700 hab. (Bédoinais), 9 103 ha dont 5 336 de bois, commune du Vaucluse dans le canton de Mormoiron. Le village est au pied du relief, 8 km au nord du chef-lieu, dans le haut bassin du Mède. Il conserve une chapelle de l’ancien prieuré de la Madeleine (12e s.) au nord-ouest. Il est «station verte de vacances», abrite un village de vacances de 85 chambres et un camp naturiste au domaine de Bélézy (320 emplacements), et n’enregistre pas moins de 700 résidences secondaires, et 800 places de camping (5 terrains). C’est que Bédoin est surtout la grande commune de l’adret du Ventoux; son finage s’étend jusqu’à la crête, qui culmine à 1 909 m, et que la route chère aux coureurs cyclistes franchit au col des Tempêtes. Les vignerons cultivent 818 ha de vignes et disposent d’une cave coopérative; sablières de la Française des Silices (35 sal.). La population de Bédoin avait fléchi de 2 600 hab. en 1846 à 1 500 en 1954; elle augmente depuis et a passé les 2 000 hab. en 1986. Elle a augmenté de 330 hab. entre 1999 et 2004.